Madame, nous nous sommes conduictz en ceste négociation du propos de
Monseigneur, vostre filz, avec ceste princesse, par le meilleur ordre
et la plus grande pacience qu'il nous a esté possible; et avons esté
bien ferme ez poinctz que nous aviez commandez, jusques avoyr mené la
dicte Dame et ceulx de son conseil au fin bout de ceulx aulxquels ilz
sont résolus de demeurer; et sur lesquels la conclusion ou la ropture
s'en prendra; qui avons esté contans, pour aulcuns bons respects,
d'accepter les responces qu'elle mesme nous a faictes, qui sont bien
fort honnorables, et lesquelles, si on les considère bien, sont pour
vous apporter beaucoup de satisfaction et pour mettre en vostre main
de quoy parfère ou bien de quoy laysser ceste poursuite, sans
altération de l'amityé; ainsy que Vostre Majesté le verra par les
lettres que, moy, de Mauvissière, vous escripray, et que moy, de La
Mothe, vous iray apporter, et vous réciter toutes ces particullaritez
par le menu, aussytost que ceulx qui sont allez devers la Royne
d'Escosse seront de retour, qui sera bientost, Dieu aydant; auquel je
prie, après avoyr très humblement baysé les mains de Vostre Majesté
qu'il vous doinct, Madame, en parfaicte santé, très heureuse et très
longue vie et tout le bien et prospérité que vous desire.
Ce XXe jour de septembre 1575.
FIN DU SIXIÈME VOLUME ET DERNIER DES DÉPÊCHES
DE LA MOTHE FÉNÉLON.