A LA ROYNE.

Madame, j'ay bien cognu que ceste princesse s'attendoit que je lui

deusse maintenant apporter quelque response du propos[5] que je vous

ay dernyèrement mandé par le Sr de Vassal; mais je luy ay touché, en

passant, que le gentilhomme, que j'avoys dépesché à cest effect vers

Voz Majestez, s'estoit, pour quelque accidant, retardé en chemin, et

j'espéroys qu'il seroit bientost de retour, icy, avec mon successeur;

dont je l'yrois retrouver à Quilingourt, au plus tost et aulx

meilleures journées que ma santé le pourroit permettre, affin de luy

fère entendre le tout. Et croy, Madame, que sur cella, quand je luy ay

demandé si elle avoit encores nommé le seigneur qu'elle dellibéroit

d'envoyer en France, et quand il partiroit, qu'elle m'a respondu que,

au dict Quilingourt, elle le nommeroit, et que, dans troys sepmaynes,

elle le feroit partyr. Dont depuis, le comte de Lestre m'a dict que,

si la response venoit bonne, il ne despéroit pas d'estre celluy qui

feroit le voïage en France. Et sur ce, etc.

Ce XIIIe jour de juillet 1575.

[5] Du mariage d'Élisabeth avec le duc d'Alençon.

Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de la Motte Fénélon, Tome Sixième Ambassadeur de France en Angleterre de 1568 à 1575 · 第 246 / 273 题