A LA ROYNE.

Madame, il n'y a, à présent, icy, aultre chose digne de Voz Majestez,

aulmoins qui soit encores venue à ma cognoissance, depuis mes

précédentes dépesches, du XXVIe du passé, et premier d'estui cy, que

ce qu'il vous plerra voyr en la lettre que j'escriptz, de ceste dathe,

au Roy, vostre filz; en laquelle je luy touche ung faict duquel l'on

m'est venu fère grande plaincte, et sur lequel j'estime, Madame, qu'il

est expédient d'y fère bien regarder, affin que le cas n'en aylle à

plus d'altération; et que, sur ce renouvellement de ligue, les

subjectz de ces deux royaulmes, non seulement trouvent une mutuelle

seureté, mais qu'ilz sentent beaucoup de faveur et de support les ungs

des aultres en leurs communs traffics: aultrement le sèrement du Roy

et celluy aussy que ceste princesse a faict seroyent violez, au grand

mespris de Dieu, à qui ilz ont esté sollennellement jurés, et à

l'offance des hommes, et mesmement des princes et gens de bien, qui en

demeureroyent fort scandalisez. Ce que je m'assure que le Roy, ny

Vous, Madame, ne voudriez pour aulcun pris que telle chose advînt. Et

sur ce, etc.

Ce IVe jour de juillet 1575.

Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de la Motte Fénélon, Tome Sixième Ambassadeur de France en Angleterre de 1568 à 1575 · 第 241 / 273 题