A LA ROYNE.

Madame, je mettray peyne d'exprimer bien à la Royne d'Angleterre, et

de ne luy obmettre ung tout seul poinct de ce que le Roy, vostre filz,

et Vostre Majesté, par voz lettres du XXIIIIe du passé, me commandés

de luy dire touchant les maulvais rapportz que milord de North luy a

faitz à son retour de France; et j'espère que la vérité du faict luy

fera avoyr regret de s'estre trop tost esmeue du mensonge, et qu'elle

se prendra à son ambassadeur de l'erreur qu'il a commis en matyère de

si grande conséquence et entre si grandes princesses, comme sont Voz

Majestez. Et encores, Madame, que n'ayez jugé d'estre aulcunement

expédient d'escripre à la dicte Dame de vostre main, affin de n'user

d'interprétation ny d'excuse, là où il n'en est besoing, si ne laysse

la satisfaction que luy donnez par les lettres qu'il vous a pleu

m'addresser, d'estre si ample, qu'elle aura occasion d'en avoyr tout

contantement; et je feray tout ce qu'il me sera possible qu'elle

viegne aussy, de son costé, à vous satisfère de ce qu'elle n'a mieulx

examiné le faict, plus tost que de s'en courroucer. Et sur ce, etc.

Ce XVIIe jour de febvrier 1575.

Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de la Motte Fénélon, Tome Sixième Ambassadeur de France en Angleterre de 1568 à 1575 · 第 188 / 273 题