CHAPITRE XI

Ainsi fut engloutie au fond des abîmes cette monarchie, et cette

maison de Bourbon qui n'avait pas son égale sous le soleil!

Maintenant que la route était libre, et déjà se repentait de ses

violences, je ramenai ma mère en son paisible manoir de l'Allemagne.

En passant à Varennes, je revis l'ornière où ma voiture s'était

brisée en venant en France! À cette même ornière, hélas! la reine et

le roi s'étaient brisés! Qui que vous soyez, parcourez lentement

l'espace étroit qui sépare le pont de la ville; les rivages

d'Actium, les champs de Philippes, la fertile plaine d'Ivry, ces

lieux solennels que consacrent la chute ou la grandeur des empires,

n'ont pas, à mon sens, un intérêt égal à l'intérêt que m'inspire

encore cette borne fatale, où le petit-fils de Louis XIV s'avoua

vaincu et fugitif, où il fut décidé, irrévocablement décidé, que la

France, elle aussi, aurait son Charles Stuart. La monarchie, en

cette ornière, ne trouva pas une main tendue pour la secourir; moi,

j'avais trouvé à cette place le bras et le secours de la jolie

villageoise Fanchon. Que dis-je? Elle était assise encore sur le

banc de ses noces, son chapeau sur le côté de sa tête, comme si elle

m'attendait.

Je n'eus pas la force de lui parler. Je la vis, qui nous suivait

d'un regard inquiet et plein de larmes, comme si chaque voiture qui

passait sur la route eût dû contenir un roi fugitif. Bonne Fanchon!

ce regard de pitié me réconcilia avec elle. En la voyant si triste,

j'oubliai sa cruauté envers moi.

Arrivé à la frontière, le Rhin passé, ma mère abattue et muette

d'effroi, je résolus d'attendre sur les bords du fleuve des

nouvelles de la France et de sa reine, et de son roi. Pensez donc si

je suis resté longtemps, attentif aux moindres bruits qui venaient

de ce royaume égorgé dans mon château des bords du Rhin!

Je l'aime et je l'honore, ce vieux père aux flots d'azur! C'est le

fleuve par excellence, et le fleuve de mon choix. J'ai vu le Rhône,

errant et capricieux comme le génie de la France; j'ai vu la Loire,

patiente et marchant lentement, comme le récit d'un vieux trouvère

de la Bretagne; la Seine aussi a son embouchure royale; mais le Rhin

se glorifie à bon droit de ses vieux châteaux sur ses deux rives; de

ses villes crénelées, de ses forêts qui le protégent de leur ombre.

Ah! que d'années j'ai passées sur les bords riants ou sombres du

vieux fleuve allemand! J'y suis encore et j'y veux mourir, pour peu

que les guerres et les révolutions me le permettent.

Si c'est l'été, je vais plonger dans l'ombre errante des vieux murs

et des tours qui le bordent. Qu'il fait bon chercher sous cette eau

plaintive le secret de ces ruines; quelle tâche aimable à suivre au

courant du flot ces seuils et ces balcons qui ruissellent et

murmurent, et s'éloignent jusqu'au fond de son lit! Si c'est

l'hiver, je m'asseois dans la barque des pêcheurs, et je souris à

mon fleuve sous le nuage glacé. C'est lui! Je le connais à toute

heure, le matin quand il s'éveille, en grondant comme un peuple

oisif, et le soir quand il s'endort avec la cornemuse des veilleurs.

Parcourez ses bords. Que de monuments debout encore, et que de

champs de bataille, ensemencés déjà! Partout ce sont des moissons ou

des cathédrales qui jettent leur ombre à ces champs engraissés par

les ossements mêlés des Allemands et des Français. Les flèches

perdues dans le nuage, à savoir Cologne, Bonn, Mayence, Worms, Spire

et Strasbourg, ces forêts de pierre, protégent toujours le vieux

sol, foulé si souvent et si longtemps par les pieds des bataillons.

Ces vastes champs de houblon, qui grandissent pour les solennelles

orgies des étudiants de l'université voisine, ils ont été parcourus

par la révolution française. Le pas des soldats français retentit en

ces campagnes, où l'histoire se mêle à la fiction.

Je vois passer... sur la même route, ici, le coursier de Bonaparte

et l'attelage aux quatre chevaux d'Hermann et Dorothée. Le même écho

m'apporte à la fois les cris de guerre et les sons du clavecin sous

la main du maître d'école, ou le bruit des choeurs qui

s'interrompent en tombant dans les prés. Toute l'histoire que j'ai

vue finir dans ma jeunesse, vieillard, je l'ai vue recommencer sur

lès mêmes bords.

Hélas! la tête tranchée de Marie-Antoinette, notre archiduchesse,

n'a pas-empêché, vingt-cinq ans plus tard, une archiduchesse, jeune

et belle, de passer le Rhin, elle aussi, pour aller chercher en

France un trône, un époux, un maître! Ah! vanité du passé! Les

leçons du passé ne profitent pas au présent: j'aurais pu avertir

cette autre archiduchesse du danger que les reines couraient là-bas,

elle ne m'eût pas écouté.... Triomphante, elle passa le Rhin soumis;

plus tard, elle repassa en fugitive le Rhin qui s'était révolté.

L'histoire... un vain jouet d'enfant!

Nous avons eu cela de bon, chez nous, Allemands, c'est que toute

l'histoire moderne a été faite à notre profit. L'Allemagne a tenu

l'étrier à la France, comme je l'ai tenu à Mirabeau. Quand l'Europe

entière faisait de l'histoire, une histoire sanglante, l'Allemagne

faisait de la poésie et du drame; aujourd'hui avant de mourir, il

m'a été donné de voir encore une révolution française, la révolution

de 1830, comme si la France avait le monopole des révolutions!

Révolution qui frappera, cette fois, sur l'Allemagne, et qui

troublera bien autrement ton onde, ô mon beau fleuve!

C'est très-vrai, nos villages sont encore en apparence aussi

paisibles et contents qu'il y a sept mois; ils resplendissent de

toutes les couleurs tranchées d'une moissonneuse au jour de fête...

au dedans combien tout est changé! Sous ces toits aigus, derrière

ces vitraux de plomb, les hommes ne s'abandonnent plus uniquement à

la fumée des tabagies; ballottés jour et nuit entre deux

civilisations puissantes, le Nord et le Midi, l'Allemagne et la

France, qui les tiraillent à chaque instant, ils songent à prendre

un parti définitif.

Il ne s'agit pas d'un drapeau nouveau, il faut choisir, cette fois,

entre deux races, deux climats, deux mondes! Sans doute, il est

grand, l'effroi qu'on a de voir le noyer qu'on a planté, le bois et

le champ paternel, émondés par la mitraille et les pas des

chevaux... pourtant c'est une des nécessités de l'Allemagne de se

soumettre à ces révolutions qui ne s'arrêtent pas. La résistance de

l'Allemagne à la première révolution française a été belle et

grande... il faut qu'elle cède à la seconde. À l'insu même de

l'Allemagne, l'attraction muette de la France est là s'exerçant sans

relâche à compléter ses destinées. Désormais, malgré tous les

obstacles, les deux climats sont jetés dans le même avenir... mais

quel choc avant de se rejoindre, et que de sang répandu avant de

s'entendre et de se réunir!

J'ai vu sur ces bords nuageux toute la grande migration française.

C'était une honte pour cette vieille noblesse qui fuyait son pays,

vagabonde et tremblante, abandonnant son roi prisonnier. Cependant

ces frivoles gentilshommes, tournant le dos à la France,

imprévoyants, se livraient à la plus folle gaieté, comme s'ils

eussent fait à l'étranger un voyage de quelques jours. De toute

cette noblesse perdue, je n'ai vu qu'un homme qui comprît toute sa

position.

Un matin (j'étais ce jour-là plus inquiet que jamais de la France,

et je m'en approchais de toutes mes forces, car la tempête grondait

au loin), je vis venir à moi un gentilhomme français qui paraissait

accablé de fatigue. Les marches forcées, l'insomnie et la privation

de tout ce qui faisait sa vie et ses loisirs d'autrefois, ne

l'avaient pas tellement défiguré que je ne pusse reconnaître le

vicomte de Mirabeau. À son aspect je me sentis saisi d'une profonde

pitié. Il vint s'asseoir à côté de moi, triste et silencieux, ce

brusque et hardi parleur, naguère si plein de joie et de gros bons

mots. Lui, si fier et si brutal, dont la voix était connue en tous

les lieux consacrés à la bonne chère, au bon vin, il demanda

modestement _de quoi manger un morceau, car il n'avait rien pris

depuis vingt-quatre heures_; disant cela, il poussait le soupir

plaintif d'un homme à jeun de la veille. Ce ne fut qu'après qu'il

eut bu lentement une bouteille de vin du Rhin, que je me hasardai à

lui parler:

--Me permettrez-vous, M. le vicomte, de vous demander des nouvelles

de la France et de sa royauté?

Il parut étonné de ma politesse, et sans répondre à ma question

directement:--Puisque vous osez donner ses titres à un gentilhomme,

appelez-moi comte de Mirabeau, me dit-il; je suis le comte de

Mirabeau ici; là-bas, je ne suis plus que le citoyen Riqueti en

veste courte, en bonnet rouge, en gros souliers.--Disant ces mots,

il soupira profondément, regardant sa bouteille vide, attendant le

déjeuner qu'il avait demandé.

--Et le roi, M. le comte? comment va le roi? je vous prie.

Il me regarda d'un air défiant; puis sa sérénité naturelle reprenant

le dessus:--Figure-toi, citoyen, c'est-à-dire figurez-vous,

Monsieur, que les infâmes jugent le roi... demain!

En même temps, il posait son sabre sur la table, il ôtait son

chapeau, il s'essuyait le visage, il faisait tous ses préparatifs

comme un convive qui se rend à un repas convié. Puis son regard

venant à rencontrer la table nue et la chaise de paille, et moi qui

l'observais, il songea à sa situation présente et reprit en ces

mots:

--Jugez de tout ce qui se passe en ces endroits maudits! Les cheveux

de la reine ont blanchi en vingt-quatre heures: c'est pitié

maintenant de la voir, cette reine, notre amour et notre orgueil,

surprise avant l'âge par la vieillesse; on dirait l'amandier en

fleurs par une gelée de printemps!

Quand il eut dévoré son maigre repas et la première faim calmée, son

visage devint plus serein; et, voyant que je l'écoutais de toute mon

âme, il reprit la conversation interrompue:

--Il est passé, le temps où, quand l'étranger demandait au passant:

_Où demeure le vicomte de Mirabeau?_ le passant lui répondait

gravement: _À ce monceau d'écailles d'huîtres, Monsieur!_

Il soupira, puis revenant à une expression plus grave:

--Par grâce et par pitié, croyez-moi, ne parlons pas de la France!

un si doux royaume! et si fertile, où les femmes étaient si belles,

et les vins si choisis! À cette heure, ami, vous ne reconnaîtriez

pas la France... Et tant de ruines, et tant de malheurs, parce qu'il

a plu à monsieur mon frère de se faire marchand drapier!

Puis se levant brusquement:

--Comme ils l'ont récompensé, mon frère! Et c'était bien la peine,

en vérité, d'être un héros d'éloquence, un révolutionnaire

irrésistible, un Jupiter tonnant! Figurez-vous, Monsieur, qu'ils

l'avaient porté triomphalement... vous ne devineriez jamais dans

quel panthéon? Ils l'avaient porté, ils l'avaient enseveli dans

l'église Sainte-Geneviève. La Vierge sainte avait fait place à

l'amant de Sophie, et les saints, étonnés de cet étrange camarade,

en faisaient des gorges chaudes sur leurs autels délabrés. Mais

quoi! Monsieur mon frère a gardé son temple, moins longtemps que la

sainte elle-même. Le peuple a repris à Mirabeau le tombeau qu'il lui

avait donné; ils ont brisé sa pierre et son épitaphe et l'urne

lacrymale; ils ont repris ce corps en pourriture; ils l'ont traîné

sur la claie, après quoi ils l'ont jeté à la voirie! Ainsi s'est

accompli le triomphe éternel de cet ami du peuple. Ah! ce pauvre

diable, au fond de l'âme, il était un bonhomme; il avait beau nier

et renier, sa négation respirait la grâce chevaleresque des temps

anciens. C'était un lion sous plusieurs peaux de bêtes puantes, un

vrai gentilhomme en dépit de sa carmagnole. Il eût mieux fait d'être

honnêtement et simplement un grand homme, et de se venger en

pardonnant. Prisonnier et roi, dieu et pourriture, à l'autel, à la

voirie! Son sort est le même durant sa vie, après sa mort!

À ce nom de Mirabeau, je me sentis remué presque autant que je

l'avais été au nom de la reine. Mirabeau, mon héros, mon ami, mon

maître, à qui je portais un dévouement même domestique... J'allais

parler de Mirabeau et le pleurer tout à mon aise, lorsqu'un jeune

homme, un nouveau venu, vint s'asseoir à nos côtés, et tout de suite

il aborda la grande question:--Quelles nouvelles de la France,

Messieurs? Puis, sans trop hésiter: Comment va la reine? dit-il en

s'inclinant.

Nous comprîmes tout d'abord, le vicomte de Mirabeau et moi, que cet

étranger était de nos amis.

Ce jeune homme était un Allemand de la vieille race; au premier coup

d'oeil, on comprenait que le génie avait envahi ce front jeune

encore et déjà dépouillé; sa taille était déjà légèrement courbée

vers la terre, sur laquelle il ne devait pas rester longtemps.

Je lui répondis, charmé de le voir à mes côtes:--La reine est en

prison, Monsieur; ses cheveux ont blanchi dans l'espace d'une nuit,

à force de tourments.

«O Dieu! fit-il, où donc est ta justice? ô peuple ingrat! où donc

est ta pitié? O ma reine! Ah! qu'elle était belle et charmante en

ses jours de vie et de splendeur! Je n'étais qu'un petit enfant, un

pauvre enfant allemand; j'avais quatre ans alors; je mendiais ma vie

et j'allai mendier en France: en France, il n'y eut que la reine qui

me fit l'aumône d'une louange, à la prière de Haydn, en souvenir du

vieux Glück!»

Le vicomte de Mirabeau nous voyant, le jeune homme et moi, tout

remplis d'une vague curiosité, nous prit tous les deux par la

main:--Je vous répète que je ne vous dirai pas un mot de la France!

Mais voulez-vous savoir ce que j'ai vu avant de quitter Paris,

Messieurs? C'est une histoire assez plaisante, et si vous étiez

poète, ami jeune homme, comme je le crois, dit-il au nouveau venu,

vous pourriez en faire une bonne comédie un jour à venir.

Le vicomte était retombé dans une de ses gaietés d'autrefois, mais

celle-ci était empreinte d'une indicible tristesse; il avait le

sourire d'un homme frappé à mort.

--Figurez-vous, nous dit-il, que le même jour sont revenus de

Londres madame la comtesse Dubarry et S. A. R. le duc d'Orléans,

comme un honnête taureador qui veut assister à un combat de

taureaux. Arrivés à Paris, à la même heure, le prince et la

courtisane se rencontrent à la même porte de la ville. Alors les

voilà qui se font politesse et mille compliments à qui passera le

premier. «C'est à vous à entrer, Madame, qui avez jeté la monarchie

en ce désordre!--C'est à vous, Monseigneur, qui avez vendu le roi et

la reine!» Et voilà ces deux crimes qui se complimentent à qui mieux

mieux. Il faut avouer que Son Altesse est bien modeste! Nos deux

crimes seraient encore à la même place à se complimenter, si le

prince, en toute hâte, n'avait pas eu à voter la mort du roi: vous

concevez qu'il se soit hâté!

Notre jeune homme écoutait ces choses dans le plus morne

étonnement:--Mais, dit-il, je croyais que le plus criminel de ces

criminels de là-bas, c'était Mirabeau, non pas Mirabeau l'honnête

homme, mais celui qui est mort.

Le vicomte, hors de lui-même, leva les mains au ciel!--Oui,

s'écriait-il, vous dites bien, vous êtes dans la vérité! sinon dans

la démence. À coup sûr, le plus scélérat, c'est Mirabeau! Honte à

lui, honte à Mirabeau, celui qui est mort! malédiction sur Mirabeau!

--Messieurs, Messieurs, m'écriai-je, il ne faut pas être injuste

pour le génie, et croyez-moi, ne maudissez pas Mirabeau! Il a été

pardonné par la reine; moi qui vous parle, j'ai vu aux pieds de la

reine Mirabeau vaincu par Sa Majesté!--Donc silence à vous, jeune

homme, et silence à vous, son frère! Il est mort innocent. Il est le

seul qui ait compris son époque, et vous ne l'avez pas plus

comprise, vicomte, que Marat lui-même ne l'avait comprise. Ainsi,

bénissez le nom de votre frère, et loin de le maudire, honorez sa

mémoire! Soyez-en fier, et puisque son temple est brisé par ce

peuple impie, ardent à détruire avec rage ce qu'il adorait avec

crainte, rendons dans notre coeur son temple à Mirabeau!

Le vicomte se découvrit, ses yeux se remplirent de larmes: Vous me

soulagez d'un grand malheur, me dit-il, et d'un grand doute. À

présent je puis mourir avec le nom de mon frère; à présent je

mourrai en gentilhomme, en confessant que je suis le frère de

Mirabeau.

Il se leva. Il reprit son sabre et le remit à sa ceinture.--J'ai sur

le flanc une blessure que m'a faite Barnave, un coup d'épée qu'il

m'a donné dans ses beaux jours, et qui me fait toujours souffrir.

Pourtant j'imagine que j'aurais rendu un grand service à Barnave, si

je l'avais tué, ce jour-là. Pauvre Barnave! Hélas! que d'honnêtes

gens se sont perdus dans ce gouffre, sans me compter! À ces mots, il

prit congé de nous deux, en homme qui se fait violence; il prit ma

main et celle de l'étranger.--Je m'appelle Mirabeau, nous dit-il;

_Dieu sauve le roi et la reine!_

Le jeune homme répondit modestement:--_Sauve Dieu la reine et le

roi!_ Je m'appelle Mozart.

Je dis avec eux: _Sauve Dieu le roi et la reine!_ Nos adieux furent

une prière. Je priai aussi pour vous, Hélène, et cette prière, je la

fis tout bas dans mon coeur. Quant à mon nom, je n'osai pas le dire

après ceux de Mirabeau et de Mozart.

Nous nous séparâmes pour ne plus nous revoir. Chacun de nous finit

comme il devait finir. Le gentilhomme est mort de misère; l'artiste

mourut d'ennui, victimes l'un et l'autre de la révolution.

Et moi, resté seul de ce grand naufrage, errant autour du Rhin,

ombre vieille et grondeuse, je m'aperçois que je viens de vous faire

un conte allemand.... Mon conte finit comme tous les vieux contes

français commencent: _Il y avait autrefois un roi et une reine._

Barnave · 第 61 / 63 题