Le 14 juillet, à Fez, a été marqué par une cérémonie très émouvante
qui s'est déroulée dans l'intimité, pour ainsi dire, entre soldats, à
l'hôpital Auvert.
C'est là qu'ont été évacués les blessés des troupes du Maroc occidental
frappés au cours des combats livrés autour de Taza, tant de ceux que le
général Gouraud dut engager pour s'ouvrir le passage que de ceux qu'il
eut à subir depuis pour se maintenir, assurer notre occupation, et dont
nous sommes loin, probablement, d'avoir livré le dernier: mardi encore,
on recevait la nouvelle de deux très importants engagements, dans
la vallée de l'Innaouen, au cours desquels nous aurions eu plus de
cinquante morts.
Donc, le jour de la Fête nationale, le général Gouraud se rendait à
l'hôpital Auvert afin d'y remettre aux braves qui, sous ses ordres,
avaient versé leur sang pour la patrie les décorations si vaillamment
gagnées.
On avait transporté sous les beaux oliviers du jardin de l'hôpital,
ancien palais chérifien, les héros de la journée, encore étendus sur
leurs lits, ayant endossé pour la circonstance leurs plus coquets
uniformes, coloniaux, tirailleurs, et le général dut se pencher vers
leurs couches pour agrafer sur ces poitrines les rubans où pendaient la
croix ou la médaille.