La jolie scène de «pouponnière» que nous reproduisons ici est de celles
que l'on se plaît toujours à regarder; elle évoque simplement la
faiblesse de l'enfant, la protection du bienfaiteur discret qui se
penche vers elle. Les petits, habillés des mêmes robes, tous pareils,
s'amusent sagement avec leurs menus jouets. Et le vieillard souriant qui
veille sur eux a le bon visage, les yeux heureux des grands-pères, de
ceux qui aiment les berceaux, et que ravit la joie puérile.
C'est à la «pouponnière» fondée à Rueil par M. Cognacq qu'a été prise
cette photographie; là sont élevés gratuitement, pendant leurs trois
premières années, les enfants des vendeuses de la _Samaritaine_, dont
M. Cognacq est le propriétaire et le directeur. Il eût pu se contenter
d'assurer, de loin, l'existence de l'oeuvre, et d'y faire sentir les
effets d'une générosité un peu distante. Mais, au soir d'une vie
laborieuse, il a pris goût à cette nouvelle activité que lui permettait
sa fortune. Chaque dimanche, il se rend à la «pouponnière» de Rueil pour
s'enquérir de ses petits pensionnaires; il s'inquiète des soins qu'on
leur donne, il leur apporte des jouets, il passe près d'eux de longues
heures. Et voilà qui est vraiment d'un joli exemple.
M. Cognacq ne s'est pas occupé que des enfants de ses employés. Il
a voulu faire participer ses employés eux-mêmes aux bénéfices de sa
maison, dont le tiers leur sera dorénavant réparti à la fin de chaque
exercice: ainsi leurs intérêts vont-ils être liés étroitement à ceux de
l'entreprise que leur travail fait prospérer, et dont ils sont devenus
de véritables actionnaires.