Athiis dans les documents latins) était, en 1201, lieutenant de
Robert de Turnham, sénéchal d'Anjou (Cart. de l'abbaye de Villeloin,
Bibl. nat., lat. 17129, p. 22 ; cf. Bibl. de l'Éc. de » chartes,
XXXII, 120-1). Il fut nommé sénéchal de Tours le 24 août 1202 (Rot.
litt. pat., I, 17a). Le 30 mars 1203 il reçut la garde du château de
la Guierche _(ibid_., 27 a). Il défendit Loches, en 1205, contre le
roi de France, y fut pris et dut payer une rançon considérable (G.
Le Breton, Chron., g 134 ; Phil., VIII, 418-34 ; R. de Coggeshall,
éd. Stevenson, p. 146 et 152). Au mois de mai 1206, le roi Jean
agissait, par l'intermédiaire du Temple, en vue de sa délivrance
(Rot. UU. pat., I, 65 a). Il reçut la garde du château de Gloucester
le 5 janvier 1208 (tbid., 78 b), la garde de l'évéché de Bath le 18
mars suivant (ibid., 80 a). La même année, le 23 mai, il fut nommé
shérif de Hereford (ibid., 83 b). Le 21 septembre, il fut autorisé
par le roi à conclure avec les hommes de Guillaume de Briouze une
convention par laquelle ceux-ci, abandonnant le service de leur
seigneur, devinrent hommes du roi (ibid., 8 6 b). Serviteur dévoué
de Jean, il paraît s'être attiré l'inimitié des barons anglais. Dans
les _Capitula_ présentés par eux au roi le 15 juin 1215 et acceptés
par celui-ci se lit un article ainsi conçu : « Ut rex amoveat
penitus de balliva parentes et totam sequelam Gerardi de Atyes, quod
de cetero bailliam non habeant » (art. 40 ; Stubbs, _Select
charters_, p. 294 ; Bémont, Chartes des libertés _anglaises_, p.
20). — Ce Girard tirait son surnom d'Athée, cant. de Bléré, arr. de
Tours, et était de basse extraction au témoignage de Guillaume Le
Breton : Servus et a servis oriundus utroque parente, Cui satis
obscurus ortum dedit Athia pagus. (Phil., V III, 419-20.)
[1099] On ne trouve nulle part trace de ces lettres.
[1100] Chevalier qui figure de 1209 à 1227 en plusieurs documents
relatifs à l'Irlande (Calendar of doc. rel. to Ireland, n° 392, 403,
422, 448, 452, 1363, 1367, 1504). Sa sœur avait épousé Dermot
Magarthy, roi de Cork (ibid., n- 766).
[1101] On a vu plus haut (p. 188) que Meilier était à la cour du roi du
8 au 14 novembre 1207. Il dut quitter l'Angleterre vers le temps où
le Maréchal se présentait au roi, c'est-à-dire en janvier 1208, en
tout cas, comme on vient de le voir, avant la Chandeleur (2
février).
[1102] La désignation plus ou moins précise du lieu est donnée dans le
texte (v. 13697), mais le passage est corrompu.
[1103] _Weluestire_, v. 13748, en rime avec dire. Dans le poème de la
conquête de l'Irlande, c'est Uiuestere, Huiuesfere (The Song of
Dermot, éd. Orpen, vv. 1756, 2733). Le comte ici désigné est Hugues
de Laci, comte d'Ulster depuis 1204, par don royal, après que Jean
de Courci, son prédécesseur, eut été pris en trahison et livré au
roi d'Angleterre (Rog. de Howden, IV, 176 ; Annales d'Irlande, dans
Chartularies of St Mary s Abbey, II, 308-9).
[1104] Ce personnage est vraisemblablement le même que le Reinfrei Fils
Paien mentionné plus haut, v. 13496. « Radulfus Filius Pain » figure
comme témoin dans une charte de Guillaume le Maréchal (Chartularies
of St Mary's Abbey, II, 139). Dans le même acte paraît un « Rogerius
Filius Pain, »
[1105] Il suffit de jeter un coup d'œil sur l'itinéraire dressé par D.
Hardy pourvoir que le roi Jean passait rarement plus de huit jours
consécutifs dans le même endroit.
[1106] Vers cette époque, le roi séjourna deux fois à Guildford : le 27
et le 28 décembre 1207, et du 25 au 27 janvier de l'année suivante.
Le Maréchal fut témoin à un acte passé dans cette ville le 25
janvier 1208 (Rot. ch., I, 175 a). Ensuite on le voit paraître comme
témoin en plusieurs actes du 6 au 20 mars, à Bristol, à Luggershall,
à Marlborough, à Clarendon (Rot. lltt. pat., I, 79 b ; Rot. ch., I,
175 b, 176 a).
[1107] Odo, v. 13833 ; _Odoth_ dans le poème sur la conquête de
l'Irlande, v. 2051, maintenant _Idouch_, au nord-ouest de Kilkenni.
[1108] Philippe de Prendergast avait deux fils, Gerold et David, qui
furent, l'un après l'autre, otages de Guillaume le Maréchal, mais
plus tard (1214-1215), et, à ce qu'il semble, en d'autres
circonstances que celles dont il est ici question (Rot. OU. pat., I,
123 a, 144a).
[1109] Il était encore en Angleterre le 6 mars 1208, époque où il fut
témoin à un acte royal passé à Bristol (Rot. Ittt. pat., I, 79 6).
[1110] 23 mars 1208 (Roger de Wendover, II, 46 ; Mathieu de Paris,
_Chron. maj_., II, 522).
[1111] Ms. _Glaskant_, faute de copiste pour Glaskaric ou une forme
analogue. Glasscarrick, selon l'orthographe actuelle, est un village
de la côte du comté de Wexford.
[1112] Allusion à la fable du Pigeon et du Renard, qui est courante au
moyen âge et qui est à peu près celle du Coq et du Renard de La
Fontaine (II, xv). J'ai comparé diverses rédactions de cette fable
dans mon commentaire sur _les Contes de Bozon_, p. 255, § 61.
[1113] David de la Roche (en latin _de Rupe_) est un baron qui figure en
d'assez nombreux actes relatifs à l'Irlande, de 1207 à 1235 ; voir
la table du _Cal_. of doc. rel. to Ireland, sous _Rupe_ et sous
Roche. Dans plusieurs, il est placé comme témoin à côté de Philippe
de Prendergast _(ibid_., n° 339, 340, 356). IU 13
[1114] Nous n'avons pas la date de la nomination de Jean, évêque de
Norwich, comme grand juge d'Irlande en remplacement de Meilier. Ce
changement doit avoir eu lieu en 1209. Le dernier acte royal où
Meilier soit encore qualifié de « justiciarius noster ■>est du 19
juin 1208 (Rot. lut. pal., I, 846 ; Cal. of ni. to Irel., n° 385).
Le même Meilier est qualifié de quondam justiciarius Hibernie » à la
date du 9 février 1210 (Rotuli de liberate ac de misis et
_prestitis_, p. 149 ; _Cal. of doc_. rel. to Irel., n° 398). C'est à
la fin de 1208 ou en 1209 qu'il a été remplacé. On sait que les
rôles des lettres royales nous font défaut pour la onzième année du
roi Jean, commençant à l'Ascension 1209. L'évêque de Norwich était
sûrement en Irlande le 2 janvier 1210 (Coi., etc., n° 396) et sans
doute déjà depuis quelque temps. Il exerça les fonctions de juge
d'Irlande jusqu'en 1213 ; son successeur, Henry, archevêque de
Dublin, fut nommé le 23 juillet 1213. Il mourut en 1214.
[1115] « Castrum de Damas, Dunmas, Dumatk » (voir les tables des divers
recueils de rôles, où, du reste, ce nom n'est pas identifié), en
irlandais _Dumach_ ou _Caislen na Dumach_, en anglais Dough Castle,
comté de Clare, sur la rivière d'Oina, à quelques kilomètres à
l'ouest d'Ennystimon (Annals of the Kingdom of Ireland, by the Four
Masters, ed. by J. O'Donovan, II, 853, note n). — On verra plus loin
(vv. 14330 et suiv.) que, en 1210, le Maréchal fut contraint de
remettre ce château, à titre de gage, au roi Jean. Le Maréchal ne
rentra en possession de son château que cinq ou six ans plus tard.
Il y a dans les Rôles des lettres patentes plusieurs actes de 1215
et 1216(I, 153 6, 154a, 1616, 180a, 184a ; cf. _Cal_., etc., n° 644,
647, 664, 684-5) portant injonction de faire remettre ce château au
Maréchal.
[1116] Nous sommes mieux renseignés que le poète et nous n'avons pas les
mêmes raisons que lui pour dissimuler nos informations qui, tirées
de sources différentes, se complètent et se contrôlent. Le roi a
pris soin de nous transmettre, au sujet de sa querelle avec
Guillaume de Briouze, une relation, qui a été analysée par M.
Sweetman dans le _Cal. of doc. rel. to Ireland_, n° 408, et, plus
brièvement, par M. Blain, dans le Cal. _of doc. rel. to Scotland_
(Edimbourg, 1881), n° 680. Selon cet exposé, G. de Briouze devait au
roi de fortes sommes sur ses terres d'Irlande. Le roi fit saisir ses
biens du pays de Galles par Gerard d'Athée, bailli pour le roi en
Galles. Mathilde, sa femme, et plusieurs de ses parents
intercédèrent auprès du roi, et Guillaume lui-même, s'étant présenté
an roi, à Hereford, céda ses châteaux de Galles en garantie de sa
dette, donna hypothèque sur ses biens en Angleterre et s'engagea à
remettre des otages, parmi lesquels un de ses fils. Mais il ne tint
pas sa promesse, essaya de reprendre ses châteaux et brûla la moitié
de la ville de Leominster, tuant plusieurs des hommes du roi. Puis
il s'enfuit en Irlande avec sa femme et ses dis, où il fut reçu par
Guillaume le Maréchal et par Gautier et Hugues de Laci (ce que le
poète conte plus loin). Le roi rassembla son armée, et, s'étant
rendu à Pembroke, se disposa à passer en Irlande. G. de Briouze vint
le trouver et lui offrit 40,000 marcs pour avoir la paix. Le roi,
avant d'accepter, lui enjoignit de l'accompagner en Irlande, où
Mathilde était restée. G. de Briouze refusa. Mathilde, cependant,
apprenant l'arrivée du roi, voulut fuir en Écosse avec ses enfants
et Hugues de Laci. Elle fut prise avec sa fille et son fils par un
chef de Galway, Duncan de Carrick, qui la livra au roi, alors qu'il
était au siège de Carrickfergus. Mathilde offrit au roi une rançon
de 50,000 marcs, mais, l'arrangement conclu, elle dut déclarer
qu'elle n'avait pas cette somme. Le roi termine en déclarant G. de
Briouze banni (_outlaw_), selon la loi d'Angleterre. Ce document,
qui n'est pas daté, doit avoir été écrit en août 1210. Il est
vraisemblable que Jean, selon son habitude, n'a pas dit toute la
vérité. Selon Roger de Wendover (II, 48-9) et Mathieu de Paris
(_Chron. maj_., Il, 523-4), Jean, après la publication de
l'interdit, aurait craint que le pape en vint à délier ses sujets du
serment de fidélité, et aurait cru prudent d'exiger des principaux
d'entre eux la remise d'otages. G. de Briouze s'y serait refusé, et
sa femme, Mathilde, aurait dit, en un moment d'emportement : « Je ne
livrerai pas mes enfants au roi qui a tué son neveu Arthur. » Ces
paroles, rapportées au roi, auraient été la cause de son irritation
contre G. de Briouze et sa femme. On verra plus loin (p. 197, note
5) comment il traita cette dernière. — A propos de l'accusation
portée par Mathilde contre le roi Jean, il est à noter que, selon G.
Le Breton (Phil., V I, 480), G. de Briouze avait refusé d'être
complice de l'assassinat d'Arthur.
[1117] Ceci n'est point exact : nous savons par Giraud de Barri
(Expugnatio Hibernica, II, xxiii, dans Opera, V, 356) qu'il avait
épousé une nièce de Hugues de Laci vers 1182. Toutefois, à l'époque
où Giraud écrivait la lettre au roi Jean qui sert d'introduction à
la seconde édition de l'Expugnatio Hibernica, en 1209 ou 1210,
Meilier n'avait pas d'enfants légitimes (ibid., 409). Il avait un
(ils qui paraît en divers documents, depuis 1207 _(Cal., etc., n"_
310, 314), et qui s'appelait aussi Meilier, mais c'était sans doute
un fils naturel.
[1118] Gautier de Laci avait épousé Marguerite, fille de Guillaume de
Briouze ; voir DM. ofnat. biogr., XXXI, 391 b.
[1119] On trouvera la liste des chevaliers qui accompagnèrent le roi
dans le Rotulus de prestilo de l'année 1210 _(Rotuli_ de liberate ac
de misis et prestitis, p. 176, 179, 180, etc.).
[1120] Ce jour-là (6 juin 1210) et les jours suivants, le roi était, non
pas précisément à Pembroke, mais à Cross-on-the-Sea, tout à côté.
[1121] Le 16 juin, Jean est encore à Cross-on-the-Sea ; c'est sans doute
ce jour-là ou le jour suivant qu'il s'embarqua, puisque le 20 il est
en Irlande, à Crook près de Waterford, d'où, en passant par
Newbridge et Thomastown, il arriva le 23 à Kiikenni. '
[1122] Il y séjourna du 28 au 30 juin.
[1123] Ulster, comté d'Antrim. Le roi y fut du 19 au 28 juillet. L'Hist.
des ducs de _Normandie et des rois d'Angleterre_ (p. 1 12-4) nous
apprend que Mathilde, ses enfants et Hugues de Laci (frère cadet de
Gautier de Laci) étaient à Carrickfergus lorsque le roi vint
l'assiéger, mais qu'ils s'enfuirent en l'île de Man d'où ils
passèrent « en la lierre de Gauvoie », c'est-à-dire en Galloway, à
l'extrémité sud-ouest de l'Ecosse. Tandis que Hugues de Laci
réussissait à s'échapper, Mathilde et son fils furent livrés au roi
Jean qui les fit mourir de faim. Cf. les Annales de Waverley, à
l'année 1210 (Annales monaslici, II, 265, coll. du Maître des
rôles).
[1124] Après avoir quitté Carrickfergus, le roi s'arrêta en divers
lieux, entre autres à Drogheda, et séjourna à Dublin du 18 au 24
août.
[1125] Cf. ci-dessus, p. 195, note 1.
[1126] Sahier (Saherus, Seherus) de Quincy figure en de nombreux actes
royaux avec le titre de comte de Winchester depuis 1207 ; cf.
Dugdale, Baronage, I, 686 b. L'auteur de _l'Hist_. des ducs _de
Normandie et des rois d'Angleterre_, qui l'appelle « Sohiers de
Quinci, » dit qu'il fut blâmé pour avoir rendu trop facilement le
château de Vaudreuil, assiégé par Philippe-Auguste en 1203 (éd. de
la Soc. de l'Hist. de Fr., p. 97). Il fut un des barons qui, en
1216, furent envoyés à Louis, fils de Philippe-Auguste, pour lui
offrir la couronne d'Angleterre (Rog. de Wendover, II, 173).
[1127] Roger de Laci, connétable de Chester, défendit énergiquement, en
1203, contre Philippe-Auguste, la Roche-d'Andeli (Rog. de Wendover,
I, 318), et fut pris, en mars de l'année suivante, dans une sortie.
Il mourut en 1211 (ibid., II, 58). Voir DM. of nat. biogr., XXXI,
388.
[1128] Chevalier du roi Jean qui paraît comme témoin dans un très grand
nombre d'actes royaux depuis 1204. Il avait des biens en Galles
(Bot. lilt. pat., I, 86 6, 91 6). Rog. de Wendover (II, 60 ; cf.
Math. de Paris, _Chron. maj_., II, 533) le mentionne parmi les
conseillers « iniquissimos » du roi Jean, dont il abandonna
toutefois le parti. Il figure dans le préambule de la Grande Charte
(1215) ; voir Dugdale, Baronage, I, 624.
[1129] Il s'agit sans doute de l'expédition de Jean dans la Galle du
Nord, qui dura du 8 juillet au 15 août 1211 (Rog. de Wendover, II,
58 ; Math, de Paris, Chron. maj., II, 531). Nous n'avons du reste
aucune preuve que le Maréchal y ait pris part, en dehors de
l'assertion du poème. Il y a bien, dans le Cal. of doc. rel. to
Ireland, n° 435, une lettre par laquelle le roi enjoint au Maréchal
d'être auprès de lui à Chester, le 19 août, à la tête de 200
chevaliers ; mais cette lettre est attribuée par l'auteur du
Calendar à l'année 1212, où, en effet, le roi Jean entreprit contre
les Gallois une nouvelle expédition qui n'aboutit point (voy. Rog.
de Wendover, II, 61 ; Math. de Paris, _Chron. maj_., II, 534 ; Raoul
de Coggeshall, p. 164-5). — Philippe-Auguste avait fait alliance
avec Llewelyn, comme le prouve une lettre de ce dernier,
malheureusement sans date, mais qu'on s'accorde à rapporter en 1212,
qui est conservée en original au Trésor des chartes et qui a été
publiée dans D. Bouquet, XVIII, 168, note, et dans les Layettes du
Trésor, n° 1032 (Delisle, Catal, des actes de Ph. -Aug., n° 1416).
[1130] Les quatre otages mentionnés ci-dessus, mais non pas ses fils,
livrés au roi antérieurement (p. 182, 185), qui restèrent sous la
main du roi (voy. plus loin).
[1131] Par le pape Innocent III, à la suite d'une entrevue avec Étienne
de Langton, qui s'était plaint à lui de la persécution que Jean
exerçait contre le clergé d'Angleterre ; voy. Rog. de Wendover, II,
63. C'est dans une assemblée tenue à Soissons le 8 avril 1213 que
les barons de France promirent à Philippe-Auguste leur aide pour
l'expédition projetée (G. Le Breton, Chron., § 165 ; Phil., IX, 160
et suiv.). Mais les visées du roi de France sur l'Angleterre
remontaient plus haut (voy. la note de M. Delaborde, _Œuvres de
Rigord_ et de G. Le Breton, I, 245-6 ; cf. des actes relatifs à
cette expédition dans Delisle, Catal. des _actes de Ph.-Aug_., n°
1437-9). Le roi de France était, en mai 1213, à Boulogne, où sa
flotte était assemblée, lorsque diverses circonstances, la
soumission de Jean au pape et la défection du comte de Flandres,
l'amenèrent à renoncer à son entreprise ; voir la chronique de G. Le
Breton, § 169, et la note de M. Delaborde, p. 250.
[1132] On va voir que les fils du Maréchal furent, non pas seulement
délivrés, c'est-à-dire rendus à leur père, mais confiés en garde à
l'un des chevaliers du Maréchal, Jean d'Erlée.
[1133] Il avait l'aîné depuis 1206 (ci-dessus, p. 182) et le second
depuis 1207 (p. 185). — Il y a, dans les rôles des lettres closes,
une lettre sans date de Jean au Maréchal, que M. Sweetman (Cal., n°
444) suppose avoir été écrite en octobre 1212, dans laquelle le roi
invite le Maréchal à rester en Irlande et lui propose de confier la
garde de son fils (Guillaume) soit à Jean d'Erlée, soit à tout autre
que le Maréchal préférera. Le roi ajoute (répondant sans doute à une
lettre du Maréchal) qu'il n'a pas, comme le suppose le Maréchal,
l'intention d'envoyer ledit fils en Poitou (Rot. litt. clatu., I,
1326). — Il est à noter que, par lettres patentes du 20 août 1212,
le roi avait mandé à Robert Fils Roger, jusque-là garde de
Guillaume, fils du Maréchal, de remettre ce jeune homme entre les
mains de Guillaume, comte de Varenne, de l'archidiacre de Durham et
de Philippe d'Alcot (Rot. litt. pat., I, 94 6).
[1134] Voy. p. 126, note 1.
[1135] Brandon, en Suffolk, sur la Little-Ouse. Aucun séjour de Jean en
ce lieu n'est mentionné dans l'itinéraire dressé par D. Hardy.
[1136] Jean est à Douvres les 13, 28 et 29 mai 1213. Pendant tout ce
mois on constate sa présence en différents lieux du voisinage, dans
le comté de Kent.
[1137] Le Maréchal dut arriver dans le commencement de mai. Il est
témoin à divers actes royaux passés à Wingham (Kent) du 15 au 31 de
ce mois (Rot. chart., 1926, 193a). Le 21 juillet le roi mande au
grand juge d'Irlande de protéger la terre et les biens du Maréchal
retenu en Angleterre pour son service _(Cal_. of doc. rel. to
Ireland, n° 465).
[1138] Flandre occidentale, à quelques kilomètres au nord-est de Bruges.
[1139] La source la plus détaillée est l'Hist. des ducs de Normandie et
des rois d' Angleterre, éd. de la Soc. de l'Hist. de Fr., p. 130 et
suiv. ; cf. G. Le Breton, Chron., § 170, et la note de M. Delaborde,
p. 252. Les troupes commandées par le comte de Salisbury, frère du
roi Jean, et le comte de Boulogne partirent de Douvres le 28 mai
1213 et le 30 s'emparèrent d'environ 400 navires qui étaient à
flot ; ceux qui étaient à sec, sur la rive, restèrent à l'abri de
leurs attaques (cf. toutefois Math. de Paris, Chron. maj., II, 549,
selon qui une centaine de ces navires furent incendiés). Le roi de
France, qui assiégeait Gand, accourut en toute hâte le 1" juin et
mit les Anglais en fuite. Puis il brûla la ville de Dam et les
navires qui lui restaient.
[1140] Cela n'est point exact, le roi de France au contraire chassa les
Anglais ; voir la note précédente.
[1141] Selon _l'Hist. des ducs de Normandie et des rois d'Angleterre_
(p. 134) les comtes de Salisbury et de Boulogne s'arrêtèrent d'abord
dans l'île de Walcheren, « et Hues de Boves et Jehans li fils Huon
et toute la navie s'en repairierent en Engletierre ; si orent si
grant tormente que a pairies que il ne furent tout perellié. »
[1142] Le roi Jean partit de Yarmouth (lie de Wight) le 9 février 1214.
Il arriva à la Rochelle le 15 du même mois, veille du premier
dimanche de Carême. Ces dates résultent de l'itinéraire dressé par
D. Hardy. Math, de Paris place le départ de Jean le 2 février et son
arrivée à la Rochelle le 8 (Chron. maj., Il, 572).
[1143] Dans le texte « sis empris >. C'est du reste l'expression
qu'emploie le comte Ferrand de Flandres dans l'acte par lequel il
s'allie avec Jean : Notum sit… quod ego Ferrandus Flandrie et Hanoie
comes, _imprisius_ sum karissimi domini mei J. Dei gratia regis
Anglorum, etc., contra Philippum regem Francie et Ludowicum filium
suum… » L'acte est daté de Gand, 1213 (Rot. chart., I, 197a). Peu
après la rédaction de cet acte, le comte Ferrand se rendit en
Angleterre ; pour les détails de sa réception par le roi Jean, voir
Hist. des ducs de Normandie et des rois d'Angleterre, p. 139-40.
[1144] Celui-ci se rendit en effet en Flandre avec le comte de Boulogne
et y prit part à diverses chevauchées (Hist. des ducs de Normandie
et des rois d'Angleterre, p. 141).
[1145] Proverbe dont Le Roux de Lincy (1, 177) ne donne que des exemples
beaucoup plus récents.
[1146] Ce proverbe rappelle le vers d'Horace (I _Epist_. n, 09) : Quo
semel est imbuta recens servabit odorem Testa diu. On disait aussi :
« Tel vaisseau tel vin » (Le Roux de Lincy, II, 224), et
inversement : « De malveis vaissel malvais beivre » (Hist. de
Guillaume le Maréchal, v. 5154).
[1147] Le roi s'embarqua à la Rochelle le 1er octobre 1214 et nous le
retrouvons à Dartmouth le 15 du même mois.
[1148] Voy. sur ce personnage Du Chesne, _Hist. des maisons de Guines_,
_d'Ardres, de Gand et de Coucy_, p. 246, et la table des _Œuvres de_
Rigord et de Guill. Le Breton, éd. Delaborde. Il mourut dans un
naufrage en septembre 1215 (Œuvres de Rigord, etc., II, 51, note 4).
[1149] Je traduis en plaçant dans la bouche du comte ce proverbe (Plus a
_en faire que en dire_, notre proverbe « dire et faire sont deux »)
que dans l'édition j'avais attribué à Hugues de Boves.
[1150] Cette altercation entre le comte de Boulogne et Hugues de Boves
est rapportée par tous les chroniqueurs ; voy. la note de M.
Delaborde sur le § 195 de la _Chronique de Rigord_. La réponse du
comte de Boulogne est presque partout la même ; Guill. Le Breton,
Chron. : « Tu fugies tanc quam formidolosus ; ego autem sub periculo
mei capitis pugnabo, et remanebo captus vel interfectus. » Ph.
Mousket (vv. 21643-5) : Et g'iere mors u pris sans faille, Comme
preudome a la bataille ; Mais vous en partirés fuiant. _Le Ménestrel
de Reims_, éd. de Wailly, g 277 : « Certes, vous i avez menti comme
mauvais traîtres que vous iesles ; et bien devez dire tels paroles…
Et bien sachiez que se la bataille est, je i serai ou morz ou pris ;
et vous en fuirez comme mauvais recreanz et failliz. »
[1151] Seigneur normand établi en Angleterre après 1204, qui figure en
divers actes du temps du roi Jean (Stapleton, _Magni Rot. scacc.
Norm_., II, xlv-xlviij, note ; Rot. litt. pat., 1 b, 89 b, 1906, 195
b). Il est inscrit sur la liste des prisonniers faits à Bouvines
sous la rubrique « redditi vel hostaglati, » avec cette note : « Rex
dedit istum Ingerranno de Corcellis pro redemptione sua » (Bouquet,
XVII, 101 d).
[1152] Le retour du roi, qui eut lieu deux mois après la bataille de
Bouvines, a été conté plus haut.
[1153] Robert III, comte de Dreux, fils de Robert II (sur lequel voy. p.
52, note 2). Il avait chargé imprudemment les gens du roi de France
(cf. G. Le Breton, Chron., § 172, et MU. des ducs de Normandie et
des rois d'Angleterre, p. 143). Il fut plus tard échangé pour
Guillaume de Salisbury (G. Le Breton, Chron., g2 0 0 ; cf. la note
de M. Delaborde).
[1154] Une trêve de cinq ans (Chinon, 18 sept. 1214 ; Delisle, Catal,
des actes de Ph.-Aug., n° 1506).
[1155] Guillaume le Maréchal, deuxième comte de Pembroke (f 1231), et
Richard, son frère, qui lui succéda comme comte de Pembroke (f
1234), ont des notices étendues dans le _Dict. of nat. biogr_.,
XXXVI, 223, 233.
[1156] Il avait en effet été élevé pour l'état ecclésiastique, mais il
ne paraît avoir reçu que les ordres mineurs. Il succéda, comme
quatrième comte de Pembroke, à son frère Richard, en 1234, et mourut
en 1241 d'une chute de cheval. Voir sur ce personnage une brève
notice à la fin de la biographie du premier Guillaume le Maréchal,
dans le Diclionarg of nat. biography, XXXVI, 231.
[1157] Il fut le cinquième comte de Pembroke, ayant succédé à son frère
Gilbert en 1241. Il mourut, sans postérité, comme ses frères, en
1245. Voir le Dict. of nat. biography.
[1158] Il mourut peu de semaines après son frère Gautier, à qui il avait
succédé comme sixième comte de Pembroke. Il ne laissa pas d'enfants,
et avec lui s'éteignit la descendance mâle du premier comte de
Pembroke.
[1159] Ci-dessus, p. 184, note 2. Hugues Bigot succéda, comme comte de
Norfolk, à son père, Roger Bigot, en 1221, et mourut en 1225. Il est
évident qu'il vivait encore au temps où l'auteur composait son
poème.
[1160] Il y a là un jeu de mots que le copiste ne paraît pas avoir
compris, car le texte (voy. la note du v. 14934) est corrompu. Cette
interprétation par à peu près du nom d'Isabelle (en ancien français
Isabel) devait être d'usage courant. Dans le roman de l'Escoufle, la
belle Aélis, parlant à une jeune fille ainsi nommée, lui dit : Si
m'ait Diex, cis nons est biax : S'en devés Dieu grant guerredon,
Quant li, etdevieetdenon, Vos a soufert a estre bele. (w.
5298-5301).
[1161] Gilbert de Clare, comte de Hertford par son père et de Gloucester
par sa mère. Le mariage eut lieu en 1217. Gilbert mourut en 1229 ou
1230 (Dugdale, Baronage, I, 211 ; cf. _Dict. of nat. biogr_., X,
378). Isabel épousa ensuite (1231) un fils puîné du roi Jean,
Richard de Cornouailles, qui fut empereur des Romains (élu en 1257,
+ 1272). Elle mourut en 1239 (Dugdale, ibid.).
[1162] Guillaume III de Ferrières (en anglais Ferrers ou _Ferrars_),
comte de Derby à la mort de son père, en 1248. Il mourut en 1254
(Dugdale, I, 262).
[1163] Mort en 1229 (Dugdale, I, 418 a). Son père, Reinaut de Briouze,
mort en 1221, était fils du Guillaume de Briouze que persécuta le
roi Jean (ci-dessus, p. 195).
[1164] Guillaume, l'aîné des frères.
[1165] Cette charte nous est parvenue. Elle est imprimée dans les Rot.
chart., I, 1126, 113 a. Baudouin donne à sa fille Alice tous ses
biens situés en Angleterre, mais il n'est pas question des biens
qu'il possédait en Normandie et en Flandres. On y remarque cette
clause singulière : « Si contigerit Aeliciam predictam decedere,
predictus Willelmus, filius predicti Willelmi comitis, alteram
filiam predicti Balduini comitis, si Deus eam ei dederit, habebit in
uxorem cum predicto maritagio. Si vero de predicto Willelmo, filio
predicti Willelmi comitis, humaniter contigerit, Ricardus junior
filius suus habebit predictam filiam cum predicto maritagio. » Cette
clause, qui resta sans effet puisque les deux fiancés vécurent assez
pour être unis, montre assez que l'arrangement constaté par la
charte est bien antérieur au mariage. En effet, l'acte est de
novembre 1203. A cette date, le fils aîné du Maréchal pouvait avoir
une douzaine d'années, et la fille unique de Baudouin, marié vers
1195 (Stapleton, Magni rot. scacc. Norm., I, clvij), pouvait en
avoir six ou sept. Le mariage paraît avoir été célébré en 1211
(Dict. of nal, biogr., XXXVI, 233).
[1166] Probablement en 1215 (art. précité du Diet. of nat. biogr.,
XXXVI, 233). Guillaume, fils aîné du Maréchal et après lui comte de
Pembroke, épousa en secondes noces (avril 1224) Éléonore, fille du
roi Jean (Dugdale, I, 603 a ; Dict. of nat. biogr., XXXVI, 234 6).
[1167] Le poète fait allusion aux propositions des barons assemblés en
armes à Brackley (Nortbampton) le lundi après l'octave de Pâques (20
avril 1215) ; voir Rog. de Wendover, II, 115, Matb. de Paris, II,
585-6.
[1168] Londres ouvrit ses portes aux barons révoltés le 24 mai 1215
(Rog. de Wendover, II, 116 ; Math. de Paris, Chron. maj., II, 587).
[1169] En effet, le Maréchal fut l'un des pleiges du roi envers les
barons, quand ceux-ci, lors de la cour tenue par le roi à Worcester,
à Noël 1214, présentèrent pour la première fois leurs réclamations
(Rog. de Wendover, II, 113 ; Math. de Paris, Chron. maj., II, 584).
Ensuite, après l'assemblée de Brackley, il fut, ainsi que
l'archevêque de Cantorbéry, chargé par le roi de négocier avec les
barons (Rog. de Wendover, II, 115 ; Math. de Paris, Chron. maj., II,
585). C'est plus tard seulement, après l'entrée des barons dans
Londres, qu'il se rallia à ces derniers. Par suite, il figura, dans
le préambule de la Grande charte, en tête des barons par le conseil
de qui cette charte est octroyée (15 juin 1215).
[1170] Cf. la note 2 de la page suivante.
[1171] Le 22 août 1215, le roi est à Wareham (Dorset), à l'extrémité
occidentale III du havre de Poole. Il dut partir de là pour Douvres,
car, le 28, 14 nous le retrouvons à Sandwich, sur la côte du Kent,
et, du 1" au 22 septembre, il est à Douvres, sauf deux courts
séjours à Cantorbéry.
[1172] Math. de Paris _(Chron. maj_., II, 622) parle défavorablement de
ces mercenaires, ajoutant pour les qualifier quelques mots assez
durs au récit de Roger de Wendover (II, 147).
[1173] Rochester fut pris le jour de la Saint-André (30 novembre) après
trois mois de siège (Rog. de Wendover, II, 150 ; Math. de Paris, II,
625). Le roi se tint à Rochester du 13 octobre au 6 décembre 1215.
[1174] Louis, fils de Philippe-Auguste, débarqua à Stonar (Kent) le 21
mai 1216 (Rog. de Wendover, II, 180 ; cf. Math. de Paris, II, 653).
Les habitants de Londres le reçurent à grande joie (Rog. de
Wendover, II, 181).
[1175] Cette marche victorieuse de Louis est contée avec détail par
l'auteur de Y His t. des ducs de Normandie et des rois d'Angleterre,
p. 172-4.
[1176] Village situé à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de
Winchester, entre Southampton et Salisbury.
[1177] Ce personnage nous est connu par _l'Hist. des ducs de Normandie
et des rois d'Angleterre_, qui le mentionne en ces termes : « Es
Wans (lisez _Waus_) ot j.. siergant, qui, par sa proece, fu mout
sires de Want dois _(lisez_ Waudois). Chil guerroia mout puis as
gens Looys. Apielés esloit Willekins de Kasingehem, mais il François
l'apeloient Willekin des Wans (Waus), qui ne sorent nommer
Kasingehem. Molt fu puis chil renommés (lisez redoutés ?) en l'ost
Looys » (éd. de la Soc. de l'Hist. de Fr., p. 181). Plus loin (p.
189), la même chronique nous montre ce Willekin incendiant les loges
des Français qui assiégeaient Douvres. Vaut ou Waus, pays dont il
tirait son surnom, en anglais _the Weald_, est le nom d'une région,
autrefois sauvage et peu habitée, qui forme le sud-ouest de Kent et
s'étend jusqu'en Sussex ; voir, sur les limites, assez mal définies,
de ce territoire, Edw. Hasted, The History and lopographical survey
of the county of Kent, in-fol., I, cxxxiv. On peut se demander si ce
Willekin de Kasinghem on de Waus n'est pas le même qu'un certain
« Willelmus » qui, au témoignage de Roger de Wendover (II, 182 ; cf.
Math. de Paris, II, 655), aurait, à la même époque et dans la même
région, résisté énergiquement aux attaques de Louis : « Deinde
[Lodowicusj progrediens, Suthsexam, cum villis et munitionibus,
potenter obtinuit, ubi juvenis quidam, Willelmus (Math, de Paris
ajoute de Colingeham) nomine, Lodowico fidelitatem facere
contemnens, con — gregatis ad mille sagittariis, loca deserta et
nemorosa (c'est le Weald) quibus i lia abundabat regio, petivit,
atque toto hostilitalis tempore, Francigenis nimis infestus, multa
ex eis millia interfecit. »
[1178] Probablement Lindsey en Sufiblk. On n'a aucune autre mention d'un
séjour du roi Jean en ce lieu.
[1179] D'après l'itinéraire dressé par Th. Duffus Hardy, le roi arriva à
Newark upon Trent (Nottingham) le 16 octobre 1216. Il y mourut dans
la nuit du 18 au 19 octobre ; cf. Rog. de Wendover, II, 196 ; Math.
de Paris, II, 668 ; Hist. des ducs de Norm. et des rois d'Angl.,
180.
[1180] Pierre, dont il sera souvent question plus loin, et qui, après la
mort de Jean, prit une grande part au gouvernement de l'Angleterre.
[1181] L'un des exécuteurs testamentaires du roi Jean. Il remplit des
fonctions importantes sous Henri III et mourut vers 1247. Il a sa
notice dans le _Dict. ofnat. Biogr_., XX X V I II, 177.
[1182] Gautier de Clifford, qui, en 1233, s'unit à Richard le Maréchal
(le second fils de Guillaume), et à d'autres seigneurs du pays de
Galles, contre Henri III (Rog. de Wendover, III, 54 ; Math. de
Paris, III, 247).
[1183] Rogier de Gaugi ? Voir ci-dessus, p. 43, n. 2. Après la mort de
Jean, il eut la garde du château de Newark, où le roi était mort ;
voir Hist. des ducs de Noria., p. 181.
[1184] « Ançois k'i(morust manda il a Guillaume le Mareschal, le comte
de Pembroc, que il metoit Henri son aiasné fill en la garde Diu et
en la soie, et por Diu li pria qu'il mesist conseil en son afaire »
_(Hist_. _des ducs de Norm_., p. 180).
[1185] La même remarque fut faite par d'autres. Le chroniqueur Th. Wikes
s'exprime ainsi : « Corpus ejus inde delatum usque Wigorn, in
ecclesia conventuali monachorum honorifice tumulatum est inter
feretra sancti Wulstani et sancti Oswaldi. Quamobrem vere bruti
Britones fabulanc tur ridicule fabellas vanas Merlini, quas, falso
tamen, prophetias arbitrantur, in eo fuisse completas, dicentis quod
inter sanctos collocabic tur » (Gale, Rut. anglic. script., II, 38 ;
_Annales monastici_, IV, 59, coll. du Maître des rôles). Cf.
Galfridi de Monemula Vtta Merlini, publiée par Fr. Michel et Th.
Wright (Paris, 1837), p. xxxm. Toutefois cette prophétie ne se
trouve pas parmi celles que Geoffroi de Monmouth a enregistrées dans
le quatrième livre de son Historia Britonum.
[1186] C'est le vœu qu'il avait exprimé en mourant : « Deo et sancto
Vulf stano animam meam commendo » (Rog. de Wendover, II, 196). Son
tombeau se voit encore dans le chœur de la cathédrale de Worcester,
mais il n'est plus à sa place originaire ; voy. Valentine Green, An
account of the discovery of the body of King John in the Cathedral
church of Worcester, july 17, 1797. London and Worcester, 1797,
in-4* (8 pages).
[1187] Raoul de Blondeville, quatrième comte de Chester en 1181, qui
mourut en 1232 (Dugdale, I, 41, et Dict. of mat. biogr., V, 267).
[1188] Ville du comté de Wilts.
[1189] Ci-dessus, p. 184, n. 4.
[1190] Saint-Sanson-La Ferté, arr. de Neufchâtel, cant. de Forges, ou
Saint-Sanson-du-Bon-Fossé, arr. de Saint-LÔ, cant. de Canisi. —
« Rad. de Sancto Sansone » est qualifié de serviens regis dans des
lettres closes du 17 mai 1218 (Rot. lut. dans., I, 362 a). Il figure
en d'autres lettres du même recueil : voir la table.
[1191] Le jeune Henri avait alors neuf ans.
[1192] Cependant Rog. de Wendover, II, 197 (cf. Math. de Paris, III,)1,
mentionne le comte de Chester au nombre de ceux qui assistèrent au
couronnement.
[1193] Le 28 octobre 1216.
[1194] Rog. de Wendover (/.) /. cite, parmi les personnes présentes au
couronnement, Philippe d'Aubigni et Guillaume (non pas Richard) de
Ferrières. Philippe d'Aubigni fut un personnage considérable sous
Jean et sous Henri III. Il figure, dans le préambule de la Grande
charte (1215), parmi les conseillers du roi. Il était, depuis 1212,
gardien des Iles de la Manche, titre qu'il conserva sous Henri III,
jusque vers 1220 ou 1221 (J. Havet, dans _Bibliothèque de l'École
des chartes_, XXXVII, 190, ou _Œuvres de Julien Havet_, II, 388).
Dès le commencement du règne, et plus encore après la mort du
Maréchal, il fut l'un des conseillers les plus intimes du jeune roi.
Mathieu de Paris, parlant de lui à l'occasion de son départ pour la
Terre sainte, en 1222, le qualifie de « miles strec nuus ac morum
honestate commendabilis, regisque Anglorum magister et eruditor
fidelissimus » (III, 67). Il mourut en 1236 (Math. de Paris, III,
375), en Terre sainte, où il était retourné. Son épitaphe a été
retrouvée à Jérusalem en 1867 ; voir à ce propos une note de J.
Havet, dans la _Revue critique_ du 9 sept. 1876 (p. 173), reproduite
dans les Œuvres de _Julien Havet_, II, 438. L'histoire de sa famille
est dans Dugdale, _Baronage of England_, I, 115.
[1195] Voy. ci-dessus, p. 51.
[1196] Au château de Gloucester.
[1197] Son neveu.
[1198] Raoul Musart fut nommé gardien du château de Gloucester le 8
juillet 1215 _(Rot. litt. pat_., I, i48 6 ; cf. 1936).
[1199] Il semble qu'il ait exercé les fonctions de président.
[1200] Voy. p. 143, n. 3.
[1201] C'est-à-dire la garde ou la tutelle du roi et le gouvernement du
royaume. Son titre officiel était regis rector (ou custos) et regni
(Rog. de Wend., II, 208, 211, etc.). Le roi l'appelle « rectorem
nostrum et regni nostri » (Rymer, Fœdera, éd. de La Haye, I, 75).
[1202] Le Maréchal s'adresse probablement au comte de Cbester, à
l'évêque de Winchester et au cardinal, qui ont été mentionnés plus
haut. Mais le texte ne le dit pas, ce qui donne à croire qu'il y a
ici une lacune de quelques vers ; voir la note du v. 15580.
[1203] On voit par les Rotuli litierarum clausarum que le roi et le
Maréchal quittèrent Gloucester le 2 ou le 3 novembre. Ils se
rendirent à Tewkesbury (3 nov.) et séjournèrent à Bristol du 13 au
20 novembre. De là ils retournèrent à Gloucester, d'où sont datées
des lettres du 22 novembre au 9 décembre. Ensuite on les trouve à
Devizes, puis à Gloucester. D'après Rog. de Wendover (II, 204 ; cf.
Math. de Paris, III, 11), le roi, le Maréchal et le légat se
trouvaient à Bristol le jour de Noël 1216 (1217 selon le style suivi
par ces historiens) ; cela n'est pas impossible, toutefois, le
Maréchal était à Gloucester le 24 et le 28 décembre, d'après les
Rot. Litt. _claus_., I, 295.
[1204] En Poitou. De là il se rendit en Terre sainte, et prit part à la
croisade de Damiette, où il arriva en septembre 1218 ; voir la Prise
de Damiette, relation provençale inédite, dans la Bibl. de l'École
des chartes, XXXVIII, 561, note sur la ligne 495, et cf. Wilken,
Gesch. d. Kreuzziiçe, VI, 214, note 16. Pendant les dernières années
du règne de Jean, il avait été gardien du château de Bristol.
L'Hist. des ducs de Normandie et des rois d'Angleterre dit (p. 181)
qu'il était parti pour le Poitou avant la mort du roi Jean.
[1205] Rog. de Wendover, suivi par Math. de Paris, rapporte les faits
autrement. Selon cet historien, la ville de Hertford, assiégée par
Louis du 11 novembre au 6 décembre, se rendit, les défenseurs
conservant leurs bagages et leurs armes (II, 200 ; cf. Math. de
Paris, III, 5). Il n'est pas question de trêve. De Hertford Louis se
rendit à Berkhampstead (à l'extrémité occidentale du comté de
Hertford), qui se rendit par ordre du roi, « ex prscepto regis i, le
20 déc. (Rog. de Wendover, II, 200-1 ; cf. Math. de Paris, III, 6).
_L'Hist. des ducs de Normandie et des_ rois d'Angleterre énumère (p.
182) les divers châteaux pris par Louis, mais ne fait, non plus que
Rog. de Wendover, aucune mention de la trêve. Cependant, on sait par
d'autres témoignages qu'une trêve fut en effet conclue dans les
circonstances qu'indique le poème ; voir la chronique du chanoine de
Barnwell, dans Walter de Coventry, II, 234 (coll. du Maître des
rôles), et cf. Petit-Dutaillis, _Étude sur la vie et le règne de
Louis VIII_, p. 139, note. Quant à la date que Rog. de Wendover
assigne au siège de Hertford, elle est confirmée par le fait qu'on a
publié une charte de Louis datée du siège de Hertford, le 21
novembre 1216 (_Archxologia_, XXII, 426-428).
[1206] Cette assertion est contestée ; voir Petit-Dutaillis, _Étude_ sur
la vie et le règne de Louis VIII, p. 141.
[1207] _Faukes_ de Breauté est appelé dans les actes latins Falkesius,
Faukesius, rarement Falco (voir les tables des divers recueils de
rôles), dans la chronique de Roger de Wendover _Falcasius_. La forme
Faukes est garantie par la rime avec _auques_ (vv. 15731-2). Bréauté
est un village de la Seine-Inférieure. L'Histoire des ducs de
Normandie et des rois d'Angleterre dit de lui : Cil Foukes ot esté
povres sergans au roi (Jean) ; Uus fu a un chevalier de Normendie,
de soignant, mais puis siervi il tant le roi et tant crut ses
afaires que il fu puis uns des riches homes d'Eogletierre. Petis fu
de cors, mais mout fu vailc lans ; puis tint il. vij. contées en ses
mains » (p. 173). Ces comtés sont, comme on le voit par la même
chronique (p. 181), ceux de Northampton, Oxford, Buckingham,
Hertford, Bedford, Cambridge et enfin l'île de Wight, qui ne formait
pas un comté entier. Voir, sur cet aventurier, _Dict. ofnat.
biogr_., VI, 247.
[1208] Suffolk, autrefois port de mer d'une certaine importance ; peu à
peu la mer s'est retirée et la ville est tombée en décadence.
Norwich et Orford furent rendus à Louis dans les premiers jours de
janvier 1217 (Walter de Coventry, II, 235).
[1209] Hubert de Burgh, qui défendait Douvres assiégé par Louis. Il
était justice d'Angleterre depuis 1215. Voir une longue notice sur
ce personnage dans le _Dict. of nat. biogr_., VII, 315.
[1210] C'est le reproche habituel ; voy. _Chanson de la croisade contre
les_ Albigeois, II, 351, note 2.
[1211] D'après Rog. de Wendover (II, 206 ; cf. Math. de Paris, III, 13),
Louis, averti que, s'il ne quittait pas l'Angleterre,
l'excommunication prononcée contre lui par le légat serait confirmée
par le pape, quitta l'Angleterre, pendant le carême, après avoir
conclu une trêve qui devait durer un mois après Pâques. C'est alors,
en mars 1217, que plusieurs seigneurs anglais, entre autres
Guillaume de Salisbury et le fils aîné du Maréchal, quittèrent le
parti de Louis pour celui du roi (Walter de Coventry, II, 235). Les
actes de soumission de ces personnages nous sont par venus ; voir
Petit-Dutaillis, ouvr. cité, p. 144, note.
[1212] Surrey, au sud-ouest de Londres, sur la Tamise. D'après la suite
des événements c'est en février que le Maréchal se serait rendu à
Chertsey. Il est vrai que son itinéraire, tel qu'on peut le dresser
d'après les chartes, ne mentionne aucun séjour dans cette localité à
l'époque indiquée, mais du 22 au 25 le Maréchal était à Reading
(Rot. litt. claus., p. 298) et le 27 nous le trouvons à Dorking. Il
a dû presque inévitablement passer le 26 à Chertsey, qui était sur
sa route.
[1213] Sussex, à deux kilomètres de la mer ; Winchenetel, dans le texte,
forme qui se trouve aussi dans le roman d'Eustache le Moine (édit.
Fr. Michel, v. 1932, Vinceneset) et que l'éditeur explique
bizarrement (p. 108) par Vincent, help.
[1214] Sussex, l'un des « cinq ports », à l'est et tout près de
Winchelsea. Il est établi, par des actes inédits que cite M.
Petit-Dutaillis (p. 142, note), que les troupes royales occupèrent
Rye, abandonné par les Français, vers la fin de février. M. Petit
ajoute toutefois : « Les récits contenus dans l'Hist. de Guill. le
Maréchal (v. 15771 à 15869) où le plan de ce guet-apens) ? (est
attribué au comte de Pembroke, dans les Annales de Dunstaple (p. 48)
et de Worcester (p. 407) et dans les chron. de Mailros (p. 130) et
de Lavercost (p. 25) sont plus ou moins fantaisistes. » Aucune
preuve n'est donnée à l'appui de cette opinion, qui, au moins en ce
qui concerne notre poème, ne paraît pas fondée.
[1215] Devant Winchelsea.
[1216] On peut admettre que ce plan ait été conçu par le Maréchal, qui
était alors la principale autorité du royaume, mais il ne paraît pas
qu'il ait pris une part très active aux opérations, car le 27
février il était à Dorking et, dès le 7 mars, nous le trouvons à
Farnham, en Surrey, sur la limite de Hampshire (Roi. Hit. clans., p.
299). Entre ces deux dates, ses mouvements ne nous sont pas connus.
C'est dans cet intervalle qu'il a dû opérer contre les Français.
[1217] Voir p. 210, note 6.
[1218] Ce qui était regardé comme une malédiction ; voir, par ex., C han
_son de la croisade des Albigeois_, vv. 8465, 8478, 8537.
[1219] « Guillaume » est une correction probable (voir la note du v.
15828). Le texte porte _Alsemen_, forme évidemment corrompue. Un t
Willelmus « de Ponte Arche » figure en de nombreux documents du
temps ; voir la table des _Rot. litt. claus_. Ayant fait sa
soumission au roi, ses terres lui furent rendues par lettres du 10
août 1217 (Roi. litt. clans., I, 318).
[1220] Jean Fils Hugues paraît devoir être identifié avec un « Johannes
Filins Hugonis » qui, par lettres royales du 24 juillet 1217 _(Rot.
litt_. claus., I, 316 b), fut remis en saisine de la terre qui lui
avait été enlevée lorsqu'il s'était retiré (vraisemblablement en
1215 ou en 1216) de la foi et du service du roi.
[1221] Le poète écrivait peu d'années après la mort du Maréchal.
[1222] Hugues Tacon d'Aubigni figure en plusieurs actes de
Philippe-Auguste (Delisle, Cat. des actes de Philippe-Auguste, n°
1542 (1215), 1588 (1215), 1763 (1217). Il tirait probablement son
surnom d'Aubignien-Artois, Pas-de-Calais, car sur son sceau (Douët
d'Arcq, Collection de sceaux, n° 3666), il prend le titre de
« dominus de Orrivilla. » Orville est dans l'arrondissement d'Arras.
L'Hist. des ducs de Normandie et des rois d'Angleterre le nomme à
diverses reprises parmi les partisans de Louis et le qualifie (p.
161) de « uns des barons de Flandres. »
[1223] Le poète semble annoncer un récit qui, en fait, manque. Y a-t-il
une lacune ? Nous ne voyons nulle part que la flotte anglaise ail
été détruite, mais il est vrai qu'elle fut obligée de se retirer
devant la flotte française venue de Douvres. Voir le récit de Y
Hist. des ducs de Normandie analysé dans la note qui suit.
[1224] La date de son départ ne peut être déterminée avec une parfaite
exactitude. Rog. de Wendover (II, 206 ; cf. Math. de Paris, III, 13)
dit que Louis passa la mer « tempore quadragesimali, » c'est-à-dire
vers le milieu de février, le dimanche de la quadragésime tombant,
en 1217, le 12 février ; mais, si on combine un passage de _l'Hist.
des ducs de Normandie_ et des rois d'Angleterre où le retour de
Louis est fixé au 22 avril, avec un passage du poème (v. 16034) où
son absence est fixée à sept semaines et cinq jours, on est conduit
à placer son départ vers le 27 février ; voir ci-après, p. 225, note
5. Cette date coïncide approximativement avec celle que Walter de
Coventry (II, 236) assigne au départ de Louis, qu'il place « ante
mediam quadragesimam. » En ce qui concerne les circonstances de ce
départ, Rog. de Wendover ne fait aucune allusion aux difficultés
qu'éprouva Louis à quitter l'Angleterre. Mais l'Hist. des ducs de
Normandie et des rois d'Angleterre (p. 183-187) fait un récit qui,
en somme, s'accorde avec le poème, bien que différent dans les
détails : Louis se rend à Winchelsea (= poème, 15768) ; les
bourgeois de cette ville brisent leurs moulins, et, s'étant
embarqués sur des navires, vont rejoindre Philippe d'Aubigni à Rye.
Louis et les siens sont en grande détresse à Winchelsea, n'ayant pas
les moyens de moudre leur blé. De Londres viennent à leur secours
plusieurs seigneurs français, entre autres Hugues Tacon (= poème,
15850). Ils s'arrêtent à Romney (Kent), d'où ils envoient des
messagers en Boulonnais, avec mission de rassembler une flotte pour
venir au secours de Louis. Cette flotte aborde à Douvres, où,
pendant quinze jours, elle est retenue par des vents contraires.
Enfin, elle peut mettre à la voile et aborde à Winchelsea, après
avoir forcé à la retraite les navires anglais qui barraient le
passage. Louis s'empare de Rye (= poème, 15860), où il trouve des
vivres dont il avait grand besoin, et de là part pour la France, où
il séjourne jusqu'après Pâques. D'après cette chronique, Louis se
serait embarqué pour la France sur la flotte de secours ; d'après le
poème (15868), il serait allé s'embarquer à Douvres, ce qui semble
moins naturel.
[1225] Sussex. C'est un petit port situé à quelques kilomètres à l'ouest
de Brighton, qui n'existait pas en ce temps-là.
[1226] Guillaume, le fils aîné du Maréchal.
[1227] Le poète ne dit pas que jusqu'à ce moment le jeune Guillaume et
le comte de Salisbury avaient tenu le parti de Louis : « En cele
demeure que Looys fist en France empira moult sa besoigne en
Angletierre, car Guillaume » Longhe-Espée, li cuens de Salesbieres,
se torna encontre « lui deviers le jovene roi son neveu, et
Guillaumes li jovenes Marest chaus et pluiseur autre » (Hist. des
ducs de Normandie et des rois d'Angleterre, p. 187). Devenu roi,
Louis garda rancune au jeune Maréchal de cette défection, et, en
1224, ce seigneur ayant été envoyé en ambassade auprès de lui, il
refusa de le recevoir, le considérant comme coupable de trahison
(Liber de antiquis legibus (Camden Society), p. 205).
[1228] Knepp Castle (_La Kenape_, dans le texte, v. 15886), Sussex ;
lieu appelé dans les documents Cnappe, Knappe, La Cnappe, voir
l'index des Rot. titt. pat. Knepp Castle est à une quinzaine de kil.
au nord de Shoreham, entre ce port et Farnham où se rendait le
Maréchal.
[1229] Hyde abbey, ou New Minster, monastère de Bénédictins à
Winchester ; voir _Mon. anglic_., n e w. ed., II, 427.
[1230] Devant Farnham.
[1231] Alresford est à peu de distance de Winchester, sur la route qui
mène à Farnham. Le texte porte la leçon inintelligible _Aurefobest_
(v. 15914).
[1232] La prise de Farnham par les Anglais est relatée dans l'Hist. des
ducs de Normandie et des rois d'Angleterre, qui ne dit rien du
Maréchal à cette occasion. Mais nous voyons par la même chronique
que cet événement eut lieu alors que Louis était encore en France,
d'où il ne revint qu'après Pâques, c'est-à-dire après le 26 mars.
Or, nous avons un assez grand nombre d'actes qui constatent la
présence du Maréchal à Farnham du 7 au 12 mars. C'est donc vers
cette époque que cette ville fut prise.
[1233] On verra plus loin qu'il y avait à Winchester deux châteaux.
L'un, le plus fort, avait été construit par Guillaume le
Conquérant ; l'autre appartenait à l'évêque.
[1234] D'après la correction proposée au v. 15986. Southampton est, en
effet, mentionné par L'Hist. _des ducs de Norm_. et des rois d'Angl.
(p. 189) avec Winchester, Marlborough et Montsorel li (sera question
plus loin de ces deux dernières places) au nombre des châteaux
repris par les Anglais.
[1235] Le texte parle du butin qui fut fait à la prise de la ville, sans
dire toutefois que cette ville fut Winchester. Il est probable qu'il
manque quelques vers après le v. 15990. La prise de Winchester dut
avoir lieu dans la seconde quinzaine de mars, car le Maréchal est
témoin à un grand nombre d'actes royaux passés à Winchester du 14
mars au 25 avril. W. de Coventry (Stubbs, II, 336) dit seulement que
Marlborough, Farnham, les châteaux de Winchester et de Chichester
furent repris par les Royaux après le départ de Louis pour la
France.
[1236] On a vu plus haut, p. 209 (v. 15072-96), que le roi Jean avait
repris Rochester sur les rebelles ; mais Louis s'en était emparé de
nouveau (_Hist. des ducs de Norm_. et des rois d'Angl., p. 171).
[1237] Le poète se réfère au récit qu'il a mis en vers. De même plus
haut (v. 15909) : « Tant me fait li escriz entendre. »
[1238] Le 31 mars.
[1239] Nous savons par _l'Hist. des ducs_ de Norm. (p. 188) que Louis
s'embarqua à Calais « le venredi devant le mois de Pasques. » Le
texte de l'édition porte « devant le jour », mais il faut substituer
au mot jour le mot mois qui est donné en variante. Pâques tomba, en
1217, le 26 mars. Il est de toute impossibilité que Louis se soit
embarqué le vendredi saint, 24 mars, date que donnerait le texte de
l'édition, mais la substitution très légitime de mois à jour fixe la
date de l'embarquement de Louis au vendredi de la quatrième semaine
après Pâques (mot à mot « le vendredi avant l'achèvement du mois qui
suivit Pâques >), c'est-à-dire au vendredi 21 avril. Dès lors, la
concordance des dates et des événements est parfaite. C'est vers
cette date qu'expirait la trêve, qui, on l'a vu plus haut (p. 219,
note 6), devait durer jusqu'à la fin du mois suivant Pâques. Parti
le 21 avril, Louis débarqua à Sandwich le lendemain 22. La date du
départ de Louis pour l'Angleterre est fixée par d'autres témoignages
au 22 avril, ce qui est une différence insignifiante ; voir
Petit-Dutaillis, p. 146, note 2, qui, du reste, n'a pas remarqué que
la leçon devant le jour de Pasques » devait être corrigée d'après la
variante donnée au bas de la page. Si le chiffre de sept semaines et
cinq jours donné par le poème est exact, et il n'y a guère lieu de
le révoquer en doute, Louis avait dû quitter l'Angleterre le 27
février.
[1240] De Marlborough.
[1241] _l'Hist_. des ducs de Norm. et des rois d'Angl. (p. 190) dit que
Louis attaqua, sans succès, le château de Farnham. Cette tentative
aurait eu lieu le jeudi 27 avril : « L'endemain, au joesdi, vint
Loys a Farnehem que il trova garni encontre lui… Et quant Loys vint
a Fernehem, il c fist assaillir le castel. Si fu tantost li premiers
bailes pris, mais li castiaus n'ot garde » (p. 190).
[1242] Le comte de Nevers était venu rejoindre Louis en Angleterre le
lendemain (23 avril) de l'arrivée de celui-ci [Hist., p. 189). Selon
la même chronique Louis séjourna à Winchester, dirigeant la
réparation des remparts, du dimanche 30 avril au jeudi jour de
l'Ascension (4 mai).
[1243] Louis se rendit d'abord à Londres, d'où il se dirigea vers
Douvres, dont il commença le siège le 12 mai (« le vendredi devant
le _Pentecouste_. d Hist., p. 192). Le poète est sans doute dans
l'erreur quand il dit que la division de l'armée française en deux
corps eut lieu au départ de Winchester. Elle eut lieu plus tôt, à
Farnham, selon l'Histoire (p. 190). Selon Rog. de Wend. (II, 209),
la colonne qui alla délivrer Montsorel fut formée à Londres.
[1244] Le château de Lincoln était à ce moment assiégé par une troupe de
partisans de Louis. Le siège avait commencé vers le milieu du carême
(Walter de Coventry, II, 236). C'est à la requête des assiégeants,
impuissants à réduire le château, que les Français, après avoir fait
lever le siège de Montsorel, se rendirent à Lincoln (Rog. de Wend.,
II, 211 ; Hist., p. 194).
[1245] Le 13 mai. Le Maréchal est témoin à des actes passés à cette date
à Northampton. Les quatre jours précédents, il était à Oxford ; voy.
Bot. litt. claus., I, 308 b.
[1246] La guerre contre Louis était assimilée à une croisade contre les
infidèles.
[1247] On trouvera plus de détails sur la levée du siège de Montsorel
(Mount- _Sorrell_, Leicester) dans Rog. de Wend., II, 211 (cf.
Matth. Par., III, 17) et dans l'Histoire, p. 190-191. L'expédition
qui fit lever le siège avait à sa tête le comte de Winchester et
celui du Perche. Elle dut arriver le 3 mai devant Montsorel.
[1248] 17 mai.
[1249] Ils y passèrent trois jours, au rapport de Rog. de Wendover (II,
212), ce qui est exact, si on compte le jour de l'arrivée et celui
du départ. Nous avons vu plus haut (p. 227) que le Maréchal se
trouvait le 13 à Northampton. Nous savons (Rot. lilt. clam., II, 308
b) qu'il était le 16 à Oakham, à mi-chemin entre Northampton et
Newark. Le poème nous apprend que l'armée conduite par le Maréchal
arriva le mercredi 17 à Newark et en repartit (voy. plus loin) le
vendredi 19.
[1250] On considérait comme un grand honneur le privilège de porter les
premiers coups en bataille. Dans Girart de Roussillon (§ 671 de ma
traduction), ce droit est attribué aux Bretons. J'ignore sur quelle
autorité se fondait la réclamation des Normands. Dans le roman de
L'Escoufle (vv. 846-9) un seigneur normand demande pour ses hommes
la faveur de porter les premiers coups, mais il ne la réclame pas
comme un droit.
[1251] Cf. Rog. de Wendover, II, 213.
[1252] Torksey (dans le ms. Cortesie, par erreur, pour _Torkesie_) est
un village du Lincolnshire situé sur le Trent, à environ quinze
kilomètres au nord-ouest de Lincoln et à vingt-quatre kilomètres au
nord de Newark. C'était autrefois une ville d'une certaine
importance (Freeman, Norman Conquest, IV, 217). Au lieu d'aller
directement de Newark à Lincoln, ces deux villes n'étant séparées
que par une distance de vingt-cinq kilomètres environ, le Maréchal
jugea à propos, pour des motifs stratégiques, de prendre une voie
détournée. En procédant ainsi, il abordait Lincoln du côté ouest ou
nord-ouest, quand les Français devaient s'attendre à le voir venir
par le sud-ouest. En outre, il tournait le Fossdyke, canal antique
qui couvrait la ville du côté du sud et mettait en communication le
Witham, rivière qui passe à Lincoln, avec le Trent. Selon Roger de
Wendover (II, 213), les Anglais, après avoir quitté Newark, se
seraient arrêtés la nuit, non pas à Torksey, mais à Stow, village
situé à quelques kilomètres au nord-est ' de Torksey (voy. Pegge,
Account of the baille of Lincoln, dans 1' Archxologia, VIII (1787),
p. 201). L'esquisse ci-jointe permettra de se rendre compte de la
marche des troupes royales.
[1253] 20 mai.
[1254] Il était, selon Rog. de Wendover (II, 212), in opere martio eruc
ditus. »
[1255] En étendant leur front, les arbalétriers augmentaient l'espace
qu'ils pouvaient couvrir par leur tir.
[1256] Simon de Poissi était un chevalier français à qui Louis avait
donné le château de Cambridge (llisl. des _ducs de Norm_., p. 182).
On possède d'assez nombreux actes émanés de lui ou le concernant ;
voy. Delisle, Cal. des actes de Ph. -Aug., 1008 (1206), 1404 (1212
ou 1213), 1405 (id.), 1888 (1219), 2191 (1223). Deux sceaux de lui
ou de son fils sont décrits dans Douët d'Arcq, Collection de sceaux,
n° 3258, 3259 (actes de 1229 et de 1230). Guillaume Le Breton, dans
sa chronique (§ 223), l'appelle Simo Pisstanita.
[1257] R. de Wendover (II, 214) donne plus de détails sur cette
reconnaissance. Il dit notamment que les Français, trompés par le
nombre des bannières, s'exagérèrent l'effectif des combattants, et,
par suite, renoncèrent à attendre les Royaux en rase campagne.
[1258] Geffrei de Seriant (dans les documents latins _de Serlande_ ou de
Serlaunde) était, depuis les dernières années du règne de Jean,
gardien du château de _Salvata_, dans le comté de Northampton, lieu
que sir Th. Duffus Hardy n'a pas réussi à identifier (Itin. of ktng
John, dans les Rot. litt. pat.,) I. On trouvera de nombreuses
mentions de ce personnage dans les divers recueils d'actes des rois
Jean et Henri 111.
[1259] Sans doute la porte de l'ouest, maintenant murée.
[1260] Le château de Lincoln « estoit en la garde d'une dame que on
apeloit madame Nichole, qui le devoit garder par iretage, et elle le
garda molt loiaument » (Hist. des _ducs de Norm_., p. 182). C'était
Nicole de la Haie (_de Haia_), veuve de Gérard de Canville (sur
lequel voy. plus haut, p. 125). Celui-ci avait obtenu de Jean la
garde du château de Lincoln, alors que Richard était en Palestine.
Il en fut dépossédé au retour du roi, mais il l'obtint de nouveau à
l'avènement de Jean. Il mourut vers 1215. Sa veuve fut récompensée
de l'énergie dont elle avait fait preuve pendant le siège de Lincoln
par le don de terres confisquées sur Guillaume de Huntingfield,
partisan de Louis (voy. Dict. of nat. Biography, art. Canville
[Gerald of]). Des lettres en date du 26 novembre 1217 l'avaient
autorisée à lever une aide sur ses chevaliers et tenanciers libres
pour payer les dettes qu'elle avait contractées pendant le siège
(Rot. tilt. claus., p. 344). M. Petit-Dutaillis a publié sur Nicole
de la Haie une notice substantielle dans les _Mélanges Julien Havet_
(Paris, Leroux, 1895), p. 371-380.
[1261] Le texte est obscur, probablement par la faute de l'auteur, qui
sans doute ne connaissait pas la topographie de Lincoln et a pu mal
comprendre les renseignements qui lui ont été fournis. Il faut, pour
se peut pas s'agir d'une porte du château, puisqu'au moment où
l'évêque fait cette découverte il est déjà hors du château. C'était
donc une porte pratiquée dans un des murs de la cité. Mais nous ne
voyons pas qu'il y eût entre le château et la cité d'autre mur que
celui du château. Il pouvait bien y avoir un mur devant la
cathédrale, en face la porte orientale du château, et autour du
palais épiscopal, situé au sud de la cathédrale, et il semble en
effet, d'après ce qui suit (v. 16528 et suiv.), que la porte
débloquée donnait accès à ce palais, mais on ne s'explique pas
comment les Royaux auraient pu, sans être inquiétés, y percer une
ouverture. La difficulté est la même si on suppose que la porte
murée était pratiquée dans le mur occidental de la ville basse, au
pied du château, et, de plus, on ne voit pas quel avantage les
Royaux auraient eu à conduire leur attaque de ce côté.
[1262] Ces paroles donneraient à croire que la porte murée était
pratiquée dans le« mur du palais épiscopal.
[1263] L'attaque dirigée par Faukes de Bréauté est contée par Rog. de
Wendover (II, 215-6) avec plus de détails. Ayant pénétré dans le
château avec les arbalétriers, il fit de là pleuvoir une grêle de
traits sur les Français ; puis il fit une sortie dans la ville :
entouré par des troupes supérieures en nombre, il fut fait
prisonnier, mais, peu après, les arbalétriers réussirent à le
délivrer. Pendant ce temps, le reste de l'armée royale pénétrait par
la porte du nord. Si les choses se sont ainsi passées, l'attaque
dirigée par Faukes, bien qu'ayant été repoussée, servit du moins à
créer une diversion utile.
[1264] Sans doute ceux que conduisait Faukes de Bréauté (voy. plus
haut).
[1265] Il y a probablement ici une lacune (voy. la note du v. 16576).
[1266] C'était, semble-t-il, le cri de guerre du Maréchal ; cf., plus
haut, vv. 5862, 6226.
[1267] Ce vœu semble indiquer qu'au moment où le poète composait,
Guillaume Longuépée était récemment décédé. Or, il mourut au
commencement de l'année 1226 (Rog. de Wendover, II, 297 ; Math, de
Paris, III, 104).
[1268] Ce moutier, dont il sera de nouveau question plus loin, ne peut
être que la cathédrale située tout près du château.
[1269] Le poète ajoute (16766-7) que le comte du Perche mourut lorsqu'on
lui retira la lame de l'œil. Mais cette assertion est en
contradiction avec ce qui précède, puisque le comte n'avait
apparemment pas une lame d'acier dans l'œil au moment où il porta
trois coups successifs au Maréchal. Les détails que le poème donne
sur la mort du comte du Perche sont en partie nouveaux (cf. Rog. de
Wendover, II, 216 -, Math. de Paris, III, 21-2). Guillaume Le Breton
_[Chron_., I 223 ; Phil., XII, 708) et _l'Hist. des ducs de Norm_.
(p. 194) se bornent à une simple mention.
[1270] Il n'est dit nulle part ailleurs que l'auteur de la mort du comte
ait été ce Reinal Croc. Mais le même personnage est mentionné par
Rog. de Wendover comme l'un des deux seuls combattants de l'armée
royale qui aient succombé dans cette bataille : « Reginaldus etiam
cognomento Crof eus, miles de familia Fulcasii (Faukes de Bréauté),
vir strenuus, ibi interfectus est et apud abbatiam de Crocstune
honorifice sepultus » (Rog. de Wendover, II, 217 ; cf. Math. de
Paris, III, 23).
[1271] Il y a plusieurs lieux du nom de Montigni dans le Calvados.
Ils'agit probablement ici de Guillaume de Montigni, fils de Richard,
qui figure dans les Magni rot. scacc. Norm. (S tapie ton, II, 130).
[1272] Ropley, Hampshire ? Un Robertus de Roppelé » figure, en 1214,
parmi les témoins de la charte du roi Jean relative à la trêve
conclue avec Philippe-Auguste, en septembre 1214 (Teulet, Layettes
du Trésor des chartes, I, 406 b). On a beaucoup d'actes le
concernant ; voir la table des Rot. litt. clans., I. Il est
mentionné par Rog. de Wendover (II, 217 ; cf. Math. de Paris, III,
22) au nombre des prisonniers faits à Lincoln. Il avait pourtant été
un des fidèles de Jean, car il figure au nombre des conseillers de
ce prince dans le préambule de la Grande charte.
[1273] Les Français durent se retirer vers la ville basse, par Steep
Hill et High Street, ce qui les amenait en effet à Wigford, quartier
situé au sud de la ville, sur la rive gauche de la rivière.
Saint-Mary-le-Wigford est tout près de la station du Great-Northern.
[1274] Il y a ici (vv. 16789-16806) un dialogue entre le Maréchal et son
fils aîné qui se rattache mal à ce qui précède ; peut-être y a-t-il
une lacune entre les vv. 16788 et 16789.
[1275] La cathédrale.
[1276] Les Français étaient donc remontés vers le château par le chemin
qu'ils avaient suivi dans leur mouvement de retraite.
[1277] Voy. ci-dessus, p. 143, note 3.
[1278] Sûrement High Bridge, pont très ancien sur le Witham, au sud de
la ville, et traversé par High Street.
[1279] L'auteur paraît vouloir dire qu'avant ce moment ils avaient
chevauché sur la terre battue dans les rues de Lincoln.
[1280] L'occasion de faire acte de chevalier.
[1281] Cette expression rappelle les « vautances de l'ostel » du v. 907.
[1282] J'omets un long développement sur les conditions et les mérites
de la chevalerie.
[1283] Il était frère d'un Roland Bloët dont il sera question plus loin
(v. 17766). Il obtint, en 1218, moyennant finance, la garde de la
terre de Roger de Meisy, qui avait été confiée à son frère Roland
par le roi Jean _(Rot. litt. clans_., I, 294 b, 335, 354). Un
Guillaume Bloët figure dans une pièce publiée par Madox, Formulare
anglicanum, n° 298.
[1284] Voy., sur ce personnage, Dugdale, Baronage, I, 686-7. On suppose
que le surnom de la famille était tiré de Cuinchy-lez-la-Bassée,
arr. de Béthune, cant. de Cambrin.
[1285] Un personnage du même nom paraît, dans une liste de chevaliers
anglais, au v. 4615 (ci-dessus, p. 56, n. 8), mais il est douteux
que ce soit le même. Celui-ci figure comme témoin, après le comte de
Winchester ^ comme ici), dans une charte de Louis, datée du 21
novembre 1216, qui a été mentionnée plus haut, p. 219. Le roi Jean
l'avait nommé gardien du château de Hertford en 1202 _(Rot. litt.
pat_., I, 17 b).
[1286] Deux listes plus étendues des prisonniers faits à Lincoln ont été
données l'une par Rog. de Wendover (II, 217 ; cf. Math. de Paris,
III, 22), l'autre par l'auteur de _l'Hist. des ducs de Norm_., p.
194. Robert de Quinci, qui était fils de Sahier de Quinci, comte de
Winchester, n'est pas nommé dans la première ; mais on lit dans la
seconde : « Li cuens de Winciestre fu pris et Robiers ses fils, ki
mout fu biaus bacelers. » Robert était le fils aîné du comte de
Winchester. Tous deux moururent en 1220, le fils avant le père. Voy.
Math. de Paris, III, 60, et l'addition du manuscrit C, publiée en
note, où il est dit en parlant de Robert « quo non, ut creditur,
fuit in mundo miles speciosior », ce qui est à rapprocher du
témoignage précité de _l'Hist. des ducs de Normandie_.
[1287] L'hôpital des Saints-Innocents (Dugdale, Monasticon, VI, 627),
situé hors la ville, près de la porte dont il va être question.
[1288] Bargate, à l'extrémité méridionale de la ville. Lincoln s'étend
en longueur du nord au sud ; il y a plus de deux kilomètres du
château à Bargate.
[1289] Cet accident est rapporté autrement par Rog. de Wendover. Selon
cet auteur (II, 216-7 ; cf. Math. de Paris, III, 22), le fléau de la
porte se fermait automatiquement après chaque ouverture, de sorte
que les chevaliers étaient obligés de descendre de cheval l'un après
l'autre pour le faire basculer et ouvrir la porte. — La porte dont
il est ici question était sûrement _Great Bargate_, à l'extrémité
sud de High Street. Elle communique avec un pont qui passe sur un
fossé dont le nom est _Sincil dyke_ et qui, en réalité, n'est qu'un
bras de la rivière Witham.
[1290] Le poète ajoute au sujet du châtelain d'Arras : « Celui qui vint
chasser les rats aux dames qui vinrent à Londres pour se rendre à
eux (aux Français) ; » plaisanterie peu claire qui a son origine
dans un jeu de mots sur le nom d'Arras. On sait que cette ville
portait trois rats dans ses armes. « De cels d'outremer n'en
eschaperent que trois haut home : de ces trois fu li uns Symons de
Poissi, et li aultres Hues li castelains d'Arras et li tiers
Wistasses de Merlingehem, qui connestables esloit de Boulenois. »
_Hist. des ducs de Norm_., p. 195.
[1291] Holland est le nom d'un district du Lincolnshire qui forme la
partie sud-est de ce comté. Le pont de Hollande, actuellement
Bridgend, est situé dans la paroisse de Horbling, entre ce village
et Donington, sur la chaussée connue sous le nom de Holland Road, à
la limite du Kesteven (l'un des districts du comté de Lincoln) et du
Holland. Toute cette région était autrefois un vaste marais.
L'ancien nom de Bridgend était Holland's Priory.
[1292] Richard de Samford, probablement frère de Hue de Samford,
mentionné plus haut v. 9422 (ci-dessus, p. 120), fut au nombre des
chevaliers qui, lors du traité avec Louis, furent rétablis dans les
possessions qu'ils avaient avant la guerre. On trouvera dans les
Rot. litt. claus. (I, 321) b des lettres datées de Kingston en
septembre 1217, et adressées au vicomte de Lincoln à ce sujet. — Il
y a dans le Formulare anglicanum de Madox (n* cxlii) une convention
entre Richard de Samford et un certain Benoît Pernaz où est nommée
la femme de Richard. Elle s'appelait Mathilde de Bayeux. L'acte est
de 1199. Il s'agit peut-être du père de celui qui figure dans le
poème.
[1293] Voy. p. 229-230.
[1294] Il faut se souvenir que Louis et ses partisans avaient été
excommuniés par le légat (voy. p. 228).
[1295] On voit que le Maréchal désirait ne pas compromettre par de
nouvelles entreprises les succès obtenus et qu'il tendait par-dessus
tout à faire la paix. R. de Wend., Il, 219 (cf. Math. de Paris, III,
24) : « Omnibus igitur in hune modum consummalis, precepit Willelmus
Marescallus castellanis omnibus ut cum prisonibus suis redirent ad
propria, eosque sub arcta servarent custodia donec de illis regis
volunc tatem audirent. »
[1296] Voy. p. 220, d. 1. Le Maréchal est à Chertsey ou dans les
environs du 6 au 23 juin.
[1297] Selon le texte imprimé de l'_Hist. des ducs de Norm_., p. 195, la
nouvelle de la défaite de Lincoln serait parvenue à Louis « le
joesdi apriès la Pentecouste. » Il y a là une erreur évidente, qui
du reste a déjà été faite à la page précédente où elle est corrigée
par une variante donnée en note : Pentecouste a été écrit au lieu de
Trinité. C'est le 25 mai.
[1298] Ces paroles de Philippe-Auguste sont assurément d'une
authenticité contestable. Elles ont toutefois beaucoup plus de
vraisemblance que celles que lui prête dans la même circonstance
Mathieu de Paris. Selon cet écrivain, quand le roi eut appris la
situation critique où se trouvait son fils, il aurait dit : « Nonne
adhuc vivit W. Marescallus ? » et, sur la réponse affirmative qui
lui fut faite, il aurait repris : « Non ergo timeo de filio meo. »
Le chroniqueur ajoute : « unde W. Marescallus post haec semper
notatus fuit de proditione » (III, 25-6). Cette petite scène a été
intercalée par Mathieu dans le récit de R. de Wendover. Si elle
n'est pas de pure invention, elle ne peut se fonder que sur un
malentendu. La loyauté du Maréchal était proverbiale et n'a jamais
été suspectée par les contemporains. Mais les bruits calomnieux dont
Mathieu de Paris s'est fait l'écho se répandirent bientôt après sa
mort ; voy. Petit-Dutaillis, _Étude_, p. 170, note.
[1299] C'est peu probable. Le roi Jean était mort depuis sept mois ;
Philippe ne pouvait guère l'ignorer.
[1300] Blanche de Castille, femme de Louis. On sait d'ailleurs qu'elle
déploya une grande activité pour venir en aide à son époux ; voy. R.
de Wend., II, 221 ; Hist. des _ducs de Norm_., p. 198, et les
curieuses paroles que lui prête le Ménestrel de Reims, éd. N. de
Wailly, g 301. Cf. E. Berger, Hist. de Blanche de Castille, p. 28.
[1301] Robert de Courtenai, seigneur de Champignelles (Yonne),
bouteiller de France depuis 1223. Il prit part à la croisade contre
les Albigeois (voy. ma traduction du poème de la croisade
albigeoise, p. 80, n. 1). Il accompagna Thibaut, comte de Champagne,
dans son expédition outre mer et y mourut en 1239 (Alb. de
Trois-Font., dans Bouquet, XXI, 625 h) ; cf. Du Bouchet, Hist.
généal. de la maison de Courtenay, p. 109-117.
[1302] On sait que cet aventurier avait été au service du roi Jean et
que partout il s'était signalé par sa cruauté et sa fourberie. Il a
été composé sur lui, peu après sa mort, un poème, qui paraît
incomplet dans le seul ms. qu'on en possède, et qui a été publié en
1834 par Fr. Michel. Cet éditeur a réuni sans beaucoup d'ordre, dans
sa préface, la plupart des témoignages historiques (tirés de
chroniques et de chartes) qu'on possède sur ce personnage. Ces
divers documents n'ont pas encore été mis en œuvre. Une nouvelle
édition du poème, parue récemment en Allemagne, n'ajoute rien à ce
qu'on savait par la préface de Fr. Michel (voy. _Romania_, XXI,
279), et le poème lui-même n'a pas encore été étudié avec critique.
_L'Hist. des ducs de Norm_. confirme le récit de notre poème et y
ajoute quelques détails : « En la nef Eustache le Moine entra
Robiers de Courtenay et Wistasses li Moines o lui etc Raous de la
Tourniele, li boins chevaliers, qui puis fu ocis el service Diu
devant la cité de Toulouse, et Guillaumes des Bares, le boin
chevalier et le bien entechié… » (p. 200-201). Le roman d'Eustache
le Moine, qui raconte très sommairement le combat naval dans lequel
Eustache trouva la mort dit aussi (v. 2267) que Raoul de la
Tournellc était avec Eustache ; mais ses autres compagnons n'y sont
pas mentionnés. Voir aussi la chronique de Melrose, dans Bouquet,
XIX, 261 c.
[1303] On fête les saints le jour anniversaire de leur mort.
[1304] Le Maréchal était à Oxford dans la première quinzaine d'août. Le
14 il est à Reading, le 16 à Farnham, d'où il dut se diriger vers
Sandwich, où il se trouvait le 24 (Rot. UU. claus., p. 317 6 à
320a).
[1305] Il semble que le poète ait eu à sa disposition deux récits qu'il
n'a pas su fondre, car il va recommencer le récit de la bataille
navale sans la rattacher à la première action qu'il vient de conter
et dans laquelle les Anglais auraient éprouvé un moment de panique.
En réalité, il paraît bien que les marins anglais furent d'abord
effrayés en voyant combien la flotte française était supérieure à la
leur. C'est ce que constate Roger de Wendover : c… Pirata regis
Anglorum, ex obliquo venientes, recensitx « sunt in parte adversa
naves quater vigenti ; quapropter timuerunt bellum conserere cum
navibus paucis, quae, inter galeias et naves alias, numerum
quadragenarium non excesserunt ; sed tandem de casu qui apud Lincoln
iam acciderat, in quo pauci de multis triumpharunt, animati (_c'est
ce que dit le Maréchal, vv_. 17316 et suiv.), audactera tergo
irruerunt in hostes » (II, 221). Il est du reste fort naturel qu'il
ait circulé, au lendemain même des événements, des récits plus ou
moins divergents d'une victoire aussi éclatante. Mathieu de Paris
nous en fournit la preuve. On sait que cet historien reproduit
jusqu'à l'an 1235, dans sa grande chronique, les _Flores
historiarum_ de Roger de Wendover, se bornant à intercaler çà et là
quelques mots ou quelques lignes de son cru. Or, à la suite du récit
de Roger, Mathieu insère (III, 28-29) un récit différent de la
bataille, où l'initiative de l'attaque est attribuée à Hubert du
Bourg (qui eut certainement une grande part dans la direction du
combat), tandis que le Maréchal est représenté s'opposant à toute
offensive sur mer.
[1306] Guillaume, comte de Varenne et de Surrey, fils de Hamelin de
Varenne, sur lequel voy. plus haut, p. 164, note 8. Il eut la garde
de divers châteaux, et notamment, depuis 1216, celle des Cinq ports.
En 1225, il épousa, en secondes noces, Maude, fille du Maréchal,
veuve de Hugues Bigot, comte de Norfolk (ci-dessus, p. 207, note 2).
Il mourut en 1240 (Dugdale, Baronage of England, I, 77).
[1307] Voy. p. 214, note 3.
[1308] L'auteur fait probablement allusion à l'arrivée à Douvres d'une
flotte française peu de jours après la bataille de Lincoln. La
flotte anglaise avait tenté de s'opposer au débarquement, mais sans
succès (voy. _l'Hist. des ducs de Norm_., p. 195-6).
[1309] A Lincoln.
[1310] Sorte de poisson plat ; voy. ce mot au glossaire.
[1311] Il paraît bien que ce fut aux habiles dispositions prises par
Hubert du Bourg que les Royaux durent leur victoire ; voy. l'article
très approfondi du Dictionary of National biography sur ce
personnage, notamment p. 316.
[1312] Locution fréquente empruntée au jeu d'échecs.
[1313] Le trésor envoyé par le roi Philippe-Auguste (voy. _Récits d'un_
ménestrel de Reims, éd. de Wailly, § 302).
[1314] Guillaume V, châtelain de Saint-Omer depuis 1192 environ jusqu'en
1247 (voy. Giry, _Les Châtelains de Saint-Omer_, dans la Bibl. de
l'Éc. des chartes, XXXV, 350).
[1315] Thibaut VI, comte de Blois et de Chartres depuis 1205, mort en
1218 (Art de vérifier les dates, II, 622). Sa participation à cette
expédition est attestée par un des continuateurs de Guillaume de Tyr
(Hist. _occid. des croisades_, II, 321), et par les _Récits d'un
ménestrel de Reims_ (éd. de Wailly, § 295). D'après ce dernier
ouvrage, ce personnage, désigné par son titre de comte de Chartres,
aurait fait partie de la première expédition de Louis, ce qui n'est
pas exact.
[1316] Voy. ce mot au glossaire.
[1317] Les détails du combat varient selon les historiens, mais le
stratagème consistant à jeter sur l'adversaire de la chaux en poudre
est conté en divers récits (R. de Wend., Il, 222 ; Hist. des ducs de
Norm., p. 201-2 ; _le Roman d'Eustache le Moine_, vv. 2290 et
suiv.). Il était en quelque sorte classique. Dans le dernier
chapitre du _De re militari veterum_ de Gilles de Rome, on lit :
« In navali bello hec est cautela adhibenda seu attendenda ut de
calce alba pulverisata habeant multa vasa plena, que ex alto sunt
proicienda in naves hostium, quibus ex impetu projectis et fractis,
elevatur pulvis… et subintrat hostium oculos, et adeo offendit eos,
ut quasi videre non possint » (Hahn, Collectio monumentorvm _veterum
ac recentium ineditorum_, I, 67).
[1318] On savait, par le _Roman d'Eustache le Moine_ (v. 1268), que
Raoul de la Tournelle (sur lequel voy. ci-dessus, p. 242, note 2)
était dans la nef d'Eustache.
[1319] « Et Wistasses li Moines ot la tieste trenchée, si li trencha un
maronniers que on apieloit Estievene Trave (_var_. Crave) qui
longhement ot esté a lui » (Hist. des ducs de Norm., p. 202). Le
même nom, sous la forme d' « Estefne Crabbe, » est donné par le
_Polistorie_ de Jean de Cantorbéry, chronique française compilée à
Cantorbéry après 1313 et qui contient, particulièrement en ce qui
concerne la bataille de Sandwich, beaucoup de fables (voy., sur
cette chronique, _Histoire littéraire_, XXVIII, 480-6). Fr. Michel
en a extrait (_Roman d'Eustache le Moine_, p. xxxvi) le passage qui
concerne cette bataille. Selon R. de Wend. (II, 222), ce serait
Richard, fils naturel du roi Jean, qui aurait lui-même coupé la tête
à Eustache.
[1320] Notre auteur agit prudemment en ne prenant point la
responsabilité de cette évaluation peut-être exagérée. Il est
certain toutefois que les pertes subies par les Français furent très
considérables (voy. R. de Wend., II, 222 ; Hist. des ducs de Norm.,
p. 202).
[1321] Voy. plus haut, p. 244.
[1322] Fr. Michel a groupé, dans une longue note de son introduction au
Roman d'Eustache le Moine (p. xxxviii et suiv.), les données
fournies par les historiens modernes sur la fondation de l'hôpital
de Saint-Barlhélemi à Sandwich, hôpital qui existe encore. Selon
certains d'entre eux, il aurait été fondé en 1190 ; aucun ne
rapporte cette fondation à la bataille navale gagnée par les Anglais
le 24 août, jour de la Saint-Barthélemi. Mais Fr. Michel a cité
également un long passage du _Polistorie_ de Jean de Cantorbéry, où
il est déclaré formellement que l'hôpital fut fondé en mémoire de la
bataille du 24 août. En présence du témoignage concordant et
contemporain fourni par le poème, il ne peut subsister aucun doute
sur ce point.
[1323] Sorte de marmotte (le souslic), dont la fourrure était
précieuse ; voy. Du Cange, Cismos.
[1324] C'est le nombre des chevaliers pris dans la nef de Bayonne, que
montait Eustache le Moine (v. 17458).
[1325] Si, comme le poète semble l'indiquer, le Maréchal accompagna les
prisonniers à Douvres, il dut se trouver dans cette ville entre le
30 août et le 4 ou le 5 septembre. En effet, il était à Sandwich le
28 août et à Cantorbéry le 29 (Rot. lut. clam., I, 320). Ensuite on
le trouve à Chertsey (Surrey) le 6 septembre et jours suivants
(ibid.). C'est dans l'intervalle qu'il dut se rendre à Douvres.
[1326] Pour la date, voy. p. 248, note 5.
[1327] D'après l'Hist. des ducs de Norm., p. 202, les négociations
auraient commencé, du côté de Louis, dès le 28 août. Cette chronique
est le document qui fournit le plus de détails sur les préliminaires
de l'accord par suite duquel Louis dut renoncer à ses prétentions
sur l'Angleterre.
[1328] Ils ne furent cependant pas sacrifiés. Le traité de paix spécifia
que leurs châteaux, leurs biens, leurs droits leur seraient rendus.
Il y a dans les Rot. _lut. claus_. une quantité d'actes réintégrant
dans leurs possessions les Anglais qui avaient pris le parti de
Louis. Du reste le poète va ' le dire à la fin du paragraphe.
[1329] 15,000 marcs selon G. Le Breton (I, 314), 17,000 selon L'Hist.
des ducs de Norm., p. 204. Voy. Petit-Dutaillis, _Étude_, p. 176.
[1330] Kingston-upon-Thames, rive droite de la Tamise. Selon l'Hist. des
ducs de Norm., l'accord aurait été conclu dans l'île en question le
mardi 5 septembre, et l'absolution de Louis et des siens aurait été
prononcée au même lieu le lendemain (p. 204-5). Le traité (Rymer, I,
74) est du 11 septembre. — Selon R. de Wend. (II, 224 ; cf. Math. de
Paris, III, 30), les conférences auraient eu lieu près de Staines, à
l'ouest de Kingston, en remontant la Tamise. On pourrait concilier
ces deux témoignages en supposant que les conférences commencèrent à
Staines et que la paix fut définitivement conclue à Kingston. Il y a
dans la Tamise, entre Kingston et Staines, plusieurs Îles, et il
n'est pas possible de déterminer celle où le traité fut conclu. On
voit par les Rot. lilt. clans, que le Maréchal était à Chertsey, sur
la rive droite de la Tamise, du 6 au 10 septembre ; puis, du 13 au
19, on le trouve à Kingston.
[1331] Les historiens ne font pas mention de cette humiliante
condition ; voy. les textes cités par M. Petit-Dutaillis, Étude, p.
172.
[1332] Louis s'embarqua vers la Saint-Michel, 29 septembre (voy. G. de
Coventry, II, 239).
[1333] Le départ de Louis eut lieu vers la Saint-Michel (29 septembre)
selon W. de Coventry, II, 239.
[1334] Monmouthshire, sur l'Usk.
[1335] Il y eut en novembre 1217 des négociations à la suite desquelles
Llewelyn fit hommage au roi ; voy. dans Rymer (p. 75) un
sauf-conduit donné à ce prince le 18 novembre pour venir faire
hommage au roi, et, à la date du 18 février 1218, un acte relatif à
la même affaire. En mars 1218 (ibid.), Llewelyn rappelle qu'il s'est
engagé, à Worcester, à remettre au légat Galon, pour le roi, les
châteaux de Caermarthen et de Cardigan, et à décider les seigneurs
gallois à faire hommage au roi.
[1336] Ce personnage, souvent mentionné dans les rôles, avait pris le
parti de Louis, car il fut fait prisonnier à Lincoln (R. de Wend.,
II, 217).
[1337] Ce chevalier était l'un des fidèles du roi Jean qui lui avait
confié la garde de Knep Castle, et lui ordonna ensuite de le brûler,
par lettres du 13 juin 1216 _(Rot. litt_. pat., p. 187). Il était
frère de Guillaume Bloët, mentionné plus haut, v. 16915.
[1338] Le nom est corrompu : « Wat. _et muni_, » v. 17768.
[1339] On lit dans le _Brut y Tywysogion_ (collection du Maître des
rôles), à l'année 1217, que le Maréchal attaqua Caerleon et s'en
empara, parce que les Gallois (Morgan n'est pas nommé) se refusaient
à observer la trêve conclue par Louis. La chronologie de cette
chronique est peu sûre ; le fait peut s'être passé en 1218 comme
l'indique le poème.
[1340] Il ne semble pas pourtant que le différend ait été dès lors
terminé. Il dorait encore, ou du moins avait recommencé, en 1220,
époque où on voit Morgan de Caerleon constituer deux _atournés_
chargés de soutenir sa cause contre Guillaume le Maréchal (fis du
grand Maréchal) devant la cour du roi (Rot. litt. clans., p. 4366).
[1341] Selon toute apparence, il y a ici une lacune. Le parlement auquel
l'auteur fait allusion ne doit pas être celui de Worcester, mais
c'est plus probablement celui qui fut tenu à Londres, « post festum
Sancti Michaelis, » selon les Annales de Waverley (éd. Luard, II,
220), c'est-à-dire au commencement d'octobre 1218. A cette date, le
Maréchal était à Westminster. Le 6 octobre, nous le trouvons à
Dunstaple, mais, du 9 du même mois jusqu'au 10 novembre, il résida
sans interruption à Westminster (_Rot. litt. claus_., I, 370-372 6,
380 6-381 b).
[1342] Le texte semble indiquer que ce parlement dura jusqu'à la
Chandeleur (2 février), mais cela paraît invraisemblable.
[1343] Du 16 janvier au 24 février, le Maréchal est témoin à un grand
nombre d'actes datés de Westminster. Puis, le 7 mars et jours
suivants, nous le retrouvons à la Tour de Londres.
[1344] Le dimanche de la Quadragésime tombait en 1219 le 24 février.
C'est au plus tôt à cette date (voy. la note précédente) que le
Maréchal se rendit à la Tour de Londres.
[1345] Son fils aîné, Guillaume.
[1346] Voy. ci-dessus, p. 181, note 2.
[1347] Ce voyage dura plusieurs jours. Le Maréchal est encore à la Tour
le 15 mars, mais le 24 nous le retrouvons à Caversham _(Rot. litt.
clans_., p. 389 6).
[1348] _Mongiu_ (v. 17939) ; c'est le Grand-Saint-Bernard, l'un des
passages les plus fréquentés pour aller en Italie.
[1349] C'est environ six mois avant l'arrivée du Maréchal à Caversham
qu'eut lieu le remplacement de Galon par Pandolfe. La lettre du pape
Honorius III, qui nomma ce dernier légat du saint-siège en
Angleterre, est du 12 septembre 1218 (Honorii lll regesta, éd.
Pressutti, n° 1621 ; Potthast, n° 5905). Cf. dans Pressutti, n-
1609, une lettre du 1" septembre ayant le même objet.
[1350] Je ne trouve rien dans les historiens sur ce concile tenu à
Reading.
[1351] Voy. ci-dessus, p. 216-7. L'évêque de Winchester n'était en effet
gardien du roi que par délégation. Dans les actes royaux, le
Maréchal est toujours qualifié de « rector noster et regni
nostri » ; chez Rog. de Wend. « regis et regni nostri rector » (II,
223). Cf. p. 216, note 3.
[1352] Allusion probable à Jean son père.
[1353] Lacune (voy. la note du v. 18123).
[1354] Ci-dessus, p. 186, note 4.
[1355] Il y a ici an nom corrompu (v. 18174). Il s'agit probablement de
quelque localité du pays de Galles, où le Maréchal avait de grands
biens et de turbulents vassaux.
[1356] Voy. p. 207, note 1.
[1357] Jeanne se maria après la mort de son père ; voy. ci-dessus, p.
208, note 1.
[1358] Le Maréchal revint de terre sainte au commencement de l'année
1187 (ci-dessus, p. 83, note 3).
[1359] Serait-ce _Upleadon_, comté de Gloucester, et au nord de cette
ville ? On trouvera dans le _Monasticon anglicanum_ (VI, 821 a et
843 a) deux donations du comte de Pembroke au Temple, mais dans
aucune il n'est fait mention du lieu ici indiqué. La seconde de ces
donations doit dater de la maladie du comte, car l'abbé de Nutley,
qui assistait à ses derniers moments, y apparaît comme témoin.
[1360] C'était l'usage que le drap, généralement de soie ou d'une étoffe
précieuse, qui avait servi à recouvrir le corps fût laissé en don à
l'église où se faisait le service. Voy. les exemples cités dans Du
Cange, sous pxlliom, V, 37, col. 1.
[1361] Frère d'Alain et de Gilbert Basset ; voy. p. 143, note 3.
[1362] Quelles lettres ? T a-t-il une lacune ?
[1363] De Cantorbéry.
[1364] Dans le texte « maître ». On a vo plus haut que le Maréchal lui
avait remis la garde du roi et du royaume.
[1365] De peur de le fatiguer.
[1366] La femme de Hugues Bigot ; voy. ci-dessus, p. 184, note 2.
[1367] Isabel ; voy. p. 207, note 4.
[1368] Femme de Guillaume de Briouze ; ci-dessus, p. 207, note 6.
[1369] Femme de Guillaume de Ferrières ; voy. p. 207, note 5.
[1370] Guillaume, l'aîné des fils du Maréchal, la maria ; voy. p. 208,
note 1.
[1371] C'est toujours le fils aîné qui est ainsi désigné.
[1372] On a vu plus haut, p. 44 (v. 3477 et suiv.), que le Maréchal
savait chanter.
[1373] Pièce à refrain ; voy. _Romania_, XIX, 36-40.
[1374] Nutley ou Park Crendon, dans le comté de Buckingham, à peu de
distance de Caversham, où résidait en ce moment le Maréchal. C'était
un prieuré de chanoines réguliers de saint Augustin fondé en 1162.
Guillaume le Maréchal avait obtenu, par charte du roi Jean (16 août
1201, la Réole), la collation du bâton pastoral de ce prieuré. Le
prieur en fonctions en 1219 se nommait Edouard (Monaslicon
Anglicanum, VI, 277-9).
[1375] Le prieuré de Nutley ne figure pas au nombre des congrégations
affiliées à l'ordre d'Arrouaise que Gosse énumère dans son Histoire
de l'abbaye et de l'ancienne congrégation des chanoines réguliers
d'Arrouaise (Lille, 1786), 2e partie, ch. m. Mais il est visible que
cet auteur n'a eu sur les établissements religieux de l'étranger, où
était suivie la règle d'Arrouaise, que des renseignements très
incomplets. Rien n'autorise à révoquer en doute l'assertion du
poème, dès que l'on sait que les religieux de Nutley suivaient,
comme ceux d'Arrouaise, la règle de saint Augustin. L'abbé de
Nutley, est-il dit ici, revenait du chapitre. Nous savons que le
chapitre général de l'ordre d'Arrouaise se tenait à la Saint-Mathieu
(24 février). Une lettre du pape Innocent III (9 décembre 1201)
invite les archevêques, évéques, abbés et chanoines d'Irlande qui
suivaient l'ordre d'Arrouaise à y envoyer un ou deux délégués
(Gosse, p. 430). L'époque de l'année où se tenait ce chapitre
concorde assez bien avec le moment où l'abbé de Nutley, revenant
d'Arrouaise, visita le Maréchal. Cette visite doit en effet être
placée au commencement de mai, puisque le Maréchal mourut le 14 de
ce mois.
[1376] Voy. ci-dessus, p. 248, note 3.
[1377] Admettre quelqu'un en ses bienfaits ou en son bienfait, c'était,
pour les personnes vouées à la vie religieuse, lui donner part aux
mérites de leurs prières et de leurs bonnes œuvres. Cette expression
est très fréquente au moyen âge. Du Cange : « Bbnepactuh, societas
monacbica qua quis particeps fit orationum et bonorum operum
monasterii. »
[1378] Le Maréchal veut-il parler des terres de Normandie, qu'il tenait
du chef de sa femme (voy. p. 120, note 4, et 177, note 1), ou de sa
terre d'Irlande ?
[1379] L'abbé d'Arrouaise était à ce moment Jean II (1209-1224) ; voy.
Gosse, Hist. d'Arrouaise, p. 152-3.
[1380] En 1219, la Pentecôte tombait le 26 mai.
[1381] Le 13 mai.
[1382] C'était une croyance répandue au moyen âge que l'âme, avant de se
séparer du corps, pouvait avoir la vision du sort qui lui était
réservé. Ainsi on lit au commencement de la légende latine du
Purgatoire de saint Patrice (Colgan, Acta Sanctorum veteris et
majoris Scotix s eu Hibernlx. Lovanii, 1647, II, 273 ; cf. Ed. Mail,
dans les Romanische Forschungen, VI, 144) : « In multis enim
exemplis quae proponit [papa Gregorius], ad exituin aniioarum,
angelorum bonorum sive malorum prssentiam adesse dicit ; qui animas
pro meritis vel ad tormenta pertrahant, vel ad requiem perducant.
Sed et ipsas animas, adhuc in corpore positas, ante exitum multa
aliquando de his quae ventura sunt super eas, sive ex responsione
conscientiae interioris, sive per revelationes factas, prasscisse
fatetur. »
[1383] 14 mai.
[1384] L'eau de rose était employée en lotions comme fortifiant ; voy.
_Roman de la Violette_, éd. Fr. Michel, p. 120. Cf. Le Grand
d'Aussy, Hist. _de la vie privée des Français_, éd. Roquefort
(1815), II, 244. *
[1385] Il s'agit de l'absolution pontificale, comportant indulgence
plénière.
[1386] Il fut cousu dans un cuir de taureau, à ce que rapporte Math, de
Paris, sous l'année 1245 (Chron. maj., éd. Luard, IV, 495).
[1387] Restitution conjecturale. Par suite d'une lacune (voy. la note du
v. 18990), le nom de celui qui dit la messe manque dans le texte.
[1388] Comté de Middlesex, sur la rive gauche de la Tamise, à mi-chemin
entre Reading et Londres.
[1389] Guillaume, comte de Varenne et de Surrey ; voy. ci-dessus, p.
244, note 1.
[1390] Guillaume de Mandeville, souvent appelé Fils Pierre, succéda
comme comte d'Essex à son frère Geoffroi, tué en 1216 dans un
tournoi (Rog. de Wend., II, 176). Il prit part à la révolte des
barons contre Jean et ne fit sa soumission qu'après la mort de ce
roi. Il mourut en 1227 (Rog. de Wend., II, 317). Cf. Dugdale,
Baronage of England'l, 706.
[1391] Robert de Ver, comte d'Oxford, d'une famille dans laquelle
l'office de grand chambellan était héréditaire. Il succéda à son
frère Aubri de Ver en 1214. Il fut l'un des vingt-cinq barons nommés
pour veiller à l'observation des articles de la Grande Charte et
prit part à la révolte contre Jean. Il mourut en 1221 (Dugdale,
Baronage of England, 1, 190).
[1392] Gilbert de Clare, l'un des gendres du Maréchal ; il avait épousé
Isabel, la seconde de ses filles ; voy. p. 207, note 4.
[1393] Sans doute l'archevêque de Cantorbéry, Étienne Langton.
[1394] Probablement celui de Londres, Guillaume de Sainte-Marie.
[1395] On montre actuellement dans l'église du Temple, à Londres, la
tombe du Maréchal. Ce serait, dit-on, la première à droite en
entrant (par conséquent du côté sud) des huit tombes disposées deux
par deux, qui sont placées dans le centre de la nef, des deux côtés
du chemin qui conduit au chœur. Elle a été plusieurs fois dessinée,
par exemple dans Stothard, Monumental effigies (1817), pl. 26 et 27.
Mais cette tradition est contestable. Déjà, au siècle dernier, Gough
(Sepulchral Monuments _in Great Britain_, 1786, 1, 50) disait qu'on
ne pouvait identifier les tombes. De plus, on n'a pu tenir compte,
dans les attributions qu'on en a faites à divers personnages, de la
circonstance révélée par le poème, que l'une d'elles devait être
celle du frère Aimeri. Pour la bibliographie des ouvrages et
dissertations où il est question des tombes du Temple, on peut voir
The Temple Chureh and Chapel of S' _Anne_, etc., an historical
record and guide by T. Henry Baylis, second edit., London, 1895,
in-12.
[1396] Le Maréchal étant mort le 14 mai, la nouvelle de sa mort a dû par
venir au roi de France vers la fin du même mois. On n'avait jusqu'à
présent aucune notion précise sur les séjours de Philippe-Auguste
entre avril et octobre 1219 ; voy. L. Delisle, Catal, des actes de
Ph. -Aug., p. cix. Le roi était probablement à Nemours ou à
Montargis, où nous savons qu'il séjourna à diverses reprises.
[1397] Il paraît donc que Richard, le second fils du Maréchal (voy.
ci-dessus, p. 206, n. 3), se trouvait en 1219 à la cour de
Philippe-Auguste, circonstance dont on n'a aucune autre trace. On a
vu plus haut que, dans les derniers jours de sa vie, lorsqu'il se
préparait à la mort en son manoir de Caversham, le Maréchal n'avait
auprès de lui, d'après le poème, qu'un seul de ses fils, qui n'est
pas nommé, mais qui ne peut avoir été quel'aîné ; entre les autres
fils, un seul, Ansel, le plus jeune, est désigné nominativement à
l'occasion du testament (ci-dessus, p. 256).
[1398] Selon l'usage, le roi et les principaux barons mangeaient les
premiers ; les jeunes hommes qui avaient servi mangeaient ensuite.
[1399] Voy. ci-dessus, p. 32, note 1.
[1400] Jean de Rouvrai figure fréquemment dans les actes de
Philippe-Auguste depuis 1197 jusqu'en 1219 ; voy. Delisle, Catal,
des actes de Phil. -Aug., n° 513, 819, 881, 914, 961, 990, 1887. Il
est l'un des auteurs et des témoins de la capitulation de Rouen en
1201 (Teulet, Layettes du Trésor, n° 716). Il fut nommé bailli de
Caux après la conquête de la Normandie, en 1204 (Stapleton, Magni
Rot. Scacc., II, cxxxii). Il était aux côtés de Philippe-Auguste à
la bataille de Bouvines _(Chron. de Guill_. 1-e Breton, i 184, éd.
Fr. Delaborde, p. 272). Il y a en France beaucoup de Rouvrai,
Rouvroi ; nous ne savons duquel il tirait son surnom.
[1401] Comes Marescallus, c'est le titre habituel du Maréchal dans les
actes, depuis l'époque (20 avril 1200) où la fonction de maréchal
d'Angleterre lui fut conférée.