On ne connaît qu'un manuscrit de l'Histoire de Guillaume le Maréchal, et
il est peu probable qu'on en découvre jamais un second. Cet exemplaire
unique fait actuellement partie de l'immense collection de livres et
documents manuscrits formée au cours d'une longue vie par feu sir Thomas
Phillipps et conservée à Cheltenham. Il y porte le n° 25155. Sir Thomas
l'avait acquis en vente publique, à Londres, au mois de février 1861
J'ai fait connaître ailleurs par suite de quelles circonstances j'avais
eu quelques instants le manuscrit entre les mains le jour de la vente,
sans arriver, faute de temps, à déterminer le sujet du poème ; j'avais
pourtant vu, en parcourant les premières pages, qu'il y était question
de la guerre civile qui éclata en Angleterre après la mort de Henri Ier
et dura pendant tout le règne du roi Étienne. D'autres, et notamment sir
Frederik Madden, alors conservateur des manuscrits au musée Britannique,
sans réussir mieux que moi à se former une idée précise de la nature de
l'ouvrage, avaient cependant reconnu que ce poème, jusque-là ignoré,
avait une réelle valeur historique. Le catalogue rédigé pour la vente le
mentionnait vaguement sous le titre de : « Norman-french chronicle on
english affairs (in verse) ». Tant que sir Thomas vécut, le précieux
manuscrit demeura invisible. Les démarches que je fis auprès du
possesseur demeurèrent sans réponse, et celles de sir Fr. Madden
n'eurent pas plus de succès. Le manuscrit ne figura même pas dans le
catalogue imprimé par les soins de sir Thomas. C'est seulement en 1881
qu'il fut retrouvé, sur mes indications, par les héritiers de
l'acquéreur qui en ignoraient même l'existence. J'obtins, à des
conditions fort raisonnables, l'autorisation d'en prendre copie et de le
publier, et je m'empressai de le faire connaître par une analyse
sommaire accompagnée d'ex traits[235].
Le manuscrit se compose de 127 feuillets, à deux colonnes par page.
Chaque colonne contient trente-huit vers. La lettre initiale du premier
vers de chaque paire est isolée ; l'initiale du second vers de la paire
est alignée sur la seconde lettre du vers précédent[236]. Cette
disposition, qui s'observe en d'autres manuscrits d'anciens poèmes
français[237], le plus souvent exécutés en Angleterre ou en Normandie, a
pour objet de mettre le copiste en garde contre l'omission d'un vers. On
comprend que si le copiste venait à sauter un vers, il s'en apercevrait
immédiatement, car ce serait dès lors le second vers de la paire et non
le premier, dont l'initiale devrait être isolée[238]. Le manuscrit est
formé de cahiers de cinq feuillets doubles. Le premier cahier n'a que
neuf feuillets simples, dont le dernier n'a pas de correspondant, ce qui
équivaut à dire que le premier feuillet a été coupé ; mais il est bien
probable qu'il était resté blanc, car il ne paraît pas qu'il manque rien
au commencement. Le dernier cahier n'a que huit feuillets simples (ff.
120 à 127) ; à la suite devaient se trouver deux feuillets qui, étant
restés blancs, ont dû être enlevés. La reliure, toute simple, en cuir
noir, est du xviie ou du xviii* siècle.
En fait, le livre est bien complet : il n'y a point de lacunes résultant
de mutilations. Mais, en revanche, j'ai dû signaler dans les notes du
texte ou dans celles de la traduction un grand nombre d'omissions dont
le copiste ou son original doit être rendu responsable. Plusieurs de ces
lacunes ont dû être causées par la similitude de deux rimes placées à
une certaine distance l'une de l'autre. Ce sont des bourdons, qui
peuvent être attribués aussi bien au copiste de notre manuscrit qu'à son
original. Mais, en d'autres cas, il y a lieu de supposer que
l'exemplaire suivi par notre copiste présentait des passages effacés ou
difficiles à lire : ces cas sont ceux où notre copiste laisse une partie
du vers en blanc[239]. Il est probable qu'il espérait remplir ces blancs
à l'aide d'un autre exemplaire qu'il n'a pas réussi à trouver. Le
manuscrit a été revisé en certains endroits, non pas, semble-t-il, par
le copiste lui-même, mais bien plus probablement par un lecteur
contemporain[240], qui a introduit dans le texte un certain nombre de
corrections, soit en marge, soit entre les lignes, soit sur grattage.
J'ai eu soin d'indiquer en note ces corrections dont on trouvera
plusieurs exemples dans la page reproduite en fac-similé. Elles ne sont
pas toutes bonnes, et je doute fort qu'elles aient été faites d'après un
autre exemplaire, car, si le correcteur avait eu un second manuscrit
sous les yeux, il aurait sans doute rempli les blancs laissés par le
copiste.
Quoi qu'il en soit, il est certain que notre unique manuscrit présente
un texte très incorrect. Le copiste, qui était Anglais, a introduit
presque partout, mais d'une façon peu régulière, la graphie en usage en
Angleterre. On trouvera plus loin des indications précises à ce sujet.
Ce qui est plus fâcheux, c'est qu'il lisait mal son original et souvent
ne le comprenait pas. Il n'est pas de page où je n'aie eu à faire des
corrections, souvent assez graves, qui intéressent le sens ou la mesure.
Certains noms propres sont tellement corrompus qu'on peut à peine les
restituer par conjecture[241]. Malgré tous mes efforts pour donner un
texte lisible, il reste encore beaucoup de passages douteux ou, je le
crains, irrémédiablement corrompus.
La présente édition de l'Histoire du Maréchal étant une édition
princeps, j'ai cru devoir conserver le plus possible les leçons du
manuscrit. J'ai introduit dans le texte, ou, en cas de doute, proposé en
note les corrections qu'exigeaient le sens et la mesure, et elles sont
fort nombreuses. De plus, et ici j'avoue que j'ai fait un choix un peu
arbitraire, j'ai écarté beaucoup de formes anglaises qui certainement
sont étrangères à l'auteur et ont été introduites par le scribe à qui
nous devons notre unique exemplaire du poème. Assurément, j'aurais pu
aller beaucoup plus loin dans cette voie ; mais il était essentiel que,
dans cette première édition, la leçon du manuscrit fût reproduite
exactement, sinon dans le texte, du moins dans les notes. Or, si j'avais
tenté de reconstituer le texte tel qu'il a dû être écrit par l'auteur, —
tentative peut-être prématurée, — il m'aurait fallu faire des
corrections presque à chaque vers et souvent plusieurs par vers. La
masse des leçons rejetées en note eût été si grande qu'il eût été plus
simple d'imprimer le poème deux fois, d'abord tel que le présente le
manuscrit, puis en forme restituée. Mais, outre que cette disposition
eût, sans grand avantage, augmenté d'un volume la présente publication,
il m'a paru qu'il valait mieux réserver pour une seconde édition, que le
poème ne peut manquer d'avoir tôt ou tard, le travail de restitution
complète, qui ne serait pas à sa place dans une édition princeps. Le
texte que je donne est très suffisant pour les historiens. Quant aux
philologues, ils préfèrent en général avoir sous les yeux un texte aussi
peu modifié que possible.
J'ai maintenant à présenter quelques observations sur la graphie du
copiste. Je ne relèverai, bien entendu, que les particularités les plus
caractéristiques. On devra, la plupart du temps, les chercher dans les
notes où je les ai reléguées comme trop visiblement étrangères à la
langue de l'auteur.
(nous), 421, 433 ; non (nomen), 78, 382, nun, 383, molt, 85,
Avant /"ou v il y a quelques exemples du passage d'n à m : emvie, 2663,
2669, emfle, 3176 ; sum fiz, 1943 ; éicm /aire, 3157. Cette notation est
fréquente dans le français d'Angleterre. Voir Murray, New english
Dictionary, sous comfit.
Il y a plusieurs observations à faire au sujet de Vs. Cette lettre se
rencontre doublée en des cas où le son paraît être celui de Vs douce :
baissa (baisa), 14015 ; dedusseient, 1799 ; faisseit, 2432 ; enveissast,
2904 — L's suivie d'une consonne était sans doute muette pour le
copiste*, qui l'omet dans [em]plau[s]tre, 1791 ; sou[s]prendre, 2162 ;
sou[s]pris, 410, 12115 ; de[s]feit, 1930 ; de[s]plout, 2396 ; seu[s]t,
12912 ; et qui, bien souvent, l'écrit hors de propos, paraissant
confondre le plus-que-parfait du subjonctif avec le prétérit : sucurust,
95, corust, morust, 113, 265, 687-8, pour sucurut, corut, morut. Nous
avons vu plus haut (p. cxxxix) ust pour ot. Un cas plus délicat est
celui de osrunt, 21, esrer, 1541, 2023, desriere, 1649, Asraz, 2449,
vesrai, 5324, vesrez, 4044, chasrunt, 6093, etc., pour orrunt, errer,
derriere, etc. Ici, Vs ne peut guère avoir sa valeur ordinaire. Je
suppose qu'elle sert simplement à allonger la voyelle précédente. En
tout cas, cet emploi de Vs vient du français continental. On lit dans
une charte de 1222, écrite aux environs de Paris : Ce sachent… vesront*.
— Enfin, le copiste prononçait sûrement de même façon Vs et le p, car il
écrit sa, 570, 981, seleement, 12936, pour ça, celeement, et inversement
cachiez, 13069, ce, 635, ci, 734, ces, 345, 536, 1582, 1586, pour
sachiez, se, si, ses.
Il y a probablement lieu de rattacher originairement à l'affaiblissement
d's suivie de consonne le fait que dans le français d'Angleterre le
préfixe es est souvent remplacé par un simple a : poème de Dermot
naufrez (éd. Orpen, v. 579, 1953), et dans la Vie de saint Edouard
publiée par Luard. J'ai trouvé aussi naufré dans le ms. 0. 1. 20 de
Trinity Coll., Cambridge.
1. Même particularité dans un ms. exécuté, selon toute apparence, à
Arras, dont j'ai publié des extraits (Romania, XVII, 369). 2. Nous avons
vu, p. cxxm, qu'elle l'était probablement aussi pour l'auteur. 3.
Fac-similés en héliogravure de l'École des chartes, n° 49. abaïrent,
11203, abaudirent, 11200, atraier, 230, pour esbairent, esbaudirent,
estraier. Notons cependant aspleiter, 13626, pour espleitier. c suivi
d'i est remplacé de temps à autre part : avant ié, 2734, comentierent,
3709, 5385, bobantieres, 4184, (entier, 320, 3502.
Les livres du genre de celui-ci, j'en ai déjà fait la remarque en
commençant, ne sortaient guère de la famille pour laquelle ils avaient
été composés, ce qui explique leur rareté. Nous ne savons pas si l'aîné
des fils du Maréchal fit présent à chacun de ses frères et sœurs d'un
exemplaire de l'histoire de leur père : ce qui est certain c'est que le
manuscrit qui nous est parvenu n'est aucun de ceux qui furent exécutés
sous les yeux de l'auteur. C'est la copie médiocre d'un de ceux-là. J'ai
cherché dans les anciens inventaires des librairies du moyen âge la
trace de quelque autre exemplaire. Tout ce que j'ai trouvé c'est la
mention suivante dans l'ancien catalogue de la bibliothèque de
Saint-Augustin de Canterbury : Liber Guill. le March. in gallico[242].
Je ne saurais dire si cette mention se rapporte à notre manuscrit ou à
un autre. Les manuscrits de Saint-Augustin de Cantorbéry portent
certaines indications bien connues qui permettent de les identifier à
coup sûr, et notre manuscrit ne porte aucun indice de provenance ; mais
nous avons vu[243] qu'il devait commencer par un feuillet, probablement
blanc, qui a été enlevé, et où pouvaient se trouver quelques marques
d'origine.
Il me reste à donner quelques explications sur la façon dont j'ai conçu
la traduction et le commentaire qui occupent la plus grande partie de ce
troisième volume. L'une et l'autre s'adressent spécialement aux
historiens, lesquels se préoccupent surtout des faits et des jugements
portés sur ces faits par les contemporains, et se soucient peu des
développements plus ou moins littéraires auxquels se laisse assez
naturellement entraîner un auteur qui écrit en vers. J'ai donc cru
devoir abréger certaines parties du poème où ces développements sont
particulièrement abondants, celles, par exemple, qui sont consacrées au
récit des tournois auxquels le Maréchal prit une part si brillante. J'ai
pu ainsi réduire à de justes limites l'étendue de ce volume. J'ajoute
qu'une traduction littérale n'offrirait aucun intérêt et serait même
d'une lecture insupportable. Il y a dans tous nos vieux poèmes une
proportion variable de mots ou même de vers entiers qui sont un pur
remplissage et ne servent guère qu'à amener la rime. Traduire en prose
tout ce verbiage, qui n'aurait plus l'excuse de la rime, serait imposer
au lecteur une fatigue inutile. J'ai été attentif, cela va de soi, à ne
rien supprimer qui offrît un intérêt historique quelconque. Tous les
noms de lieux, tous les noms de personnes figurent dans la traduction
comme dans le texte. Ma traduction donne, sous un volume réduit, toute
la substance historique du poème. Le commentaire aussi a été rédigé en
vue des historiens. Il donne, pour chaque personnage, une brève notice
historique avec les références nécessaires. Il a surtout pour objet de
contrôler chaque récit, de dater chaque événement à l'aide des
chroniques du temps ou des documents diplomatiques. Les documents
diplomatiques sont rares et d'une utilité médiocre au temps de Henri II,
dont les chartes ne sont pas datées. Ils rendent déjà plus de services,
bien que relativement peu nombreux, sous le règne de Richard Ier, qui
date ses actes. Mais, pour le règne de Jean, ils sont en nombre infini
et facilement utilisables. La chancellerie de ce prince était organisée
avec méthode, et l'immense majorité des actes qui en émanent nous ont
été conservés dans les _Rotuli chartarum_, les Rotuli litterarum
patentium, les _Rotuli litterarum clausarum_, tous publiés par le Record
Office. Sir Thomas Duffus Hardy a dressé, à l'aide de ces nombreux
documents, un itinéraire assez complet du roi Jean, encore bien que les
rôles de certaines années aient été perdus[244]. Dans beaucoup de ces
actes, le Maréchal paraît comme témoin ; j'ai donc pu à mon tour dresser
un tableau chronologique de l'Histoire du Maréchal, qui est en même
temps, surtout à partir de l'avènement de Jean (mai 1199), un
itinéraire[245]. On le trouvera à la suite de cette introduction. Il
offre un moyen efficace de contrôler les dires du poète et surtout de
dater les événements. Ce contrôle est constamment favorable à l'Histoire
du Maréchal, au moins à partir de l'année 1174 ou environ. Pour une
période d'environ quarante-cinq ans, il y a parfaite concordance entre
les récits de l'Histoire et les données fournies par des documents à
date certaine. L'itinéraire a une autre utilité moins immédiate. Il sera
un guide de tous les instants pour qui voudra écrire l'histoire du
Maréchal[246]. Il sera sans doute possible de le perfectionner en
certaines parties pour les quelles les documents m'ont manqué : tel
qu'il est, dans les années les plus complètes, celles de la régence
(1216-1219), il donne, par le simple rapprochement des dates et des
lieux, une idée singulièrement précise de l'activité du Maréchal,
parcourant sans cesse le pays qu'il avait à administrer, ne faisant que
de courts séjours à Londres ou dans ses châteaux, manifestant ainsi,
jusqu'au moment où il fut terrassé par la maladie, une énergie que l'âge
n'avait pas diminuée.
Août 1901.
[235] En 1882 (Romania, XI, 22-74). — J'en ai publié un autre extrait
(l'entrevue de Richard et du cardinal Pierre de Gapoue) dans le
Bull, de la Soc. de l'hist. de France, 1882, p. 244 et suiv.
[236] Voirie fac-similé, fait d'après un cliché pris par moi à
Cheltenham, qui accompagne le deuxième volume de la présente
édition.
[237] J'en ai cité divers exemples dans ma notice sur un ms. d'Orléans
contenant des miracles de la Vierge en vers français (Notices et
extraits, XXXIV, 2" partie, p. 36). On en pourrait citer d'autres
encore, par exemple le ms. de la Règle de saint Benoît, traduite en
vers français par Nicole (Rouen 536).
[238] Cependant, quelques vers ont été omis (3017, 3180, 16262) ; mais
le copiste s'en est aperçu et il a laissé un blanc. Il est très
probable que ces lacunes existaient dans son original.
[239] Par exemple, v. 15788, 16570, 17722, 17791.
[240] Voir la note du v. 1449. — Au fol. 60<i (v. 9113), le rubri cateur
avait peint, par erreur, un D majuscule au lieu d'un T ; le
correcteur a écrit au bas du feuillet falsa littera, et le D a été
assez grossièrement corrigé en T.
[241] Notamment des noms de lieux appartenant à l'Irlande ou au pays de
Galles : Eserie, 13475, pour Oserie ; ceiste (ou teiste) de mot,
13697, pour Tristerdermot ; Glaskant, 13941, pour Glaskaric ; ge
dus, 15355, pour Godris, etc. Mais, même dans les noms français, les
erreurs ne sont pas rares : Tordingne, 3188, pour Toroingne ;
Valcengeniart, 4519, pour Valengoujart ; Reiger de Haradeincort,
4599, pour Rogier de Hardencort, ou plus probablement de Hardecort ;
Clikebou, 4685, Clikebeu, 5149, pour d'Ikebou, d'ikebeu ; Molmeals,
6674, pour Montmerals ; Morlou, 7477, pour Merlou ; Nolins, 8070,
pour Molins, etc. Nous avons vu (ci-dessus, p. cxviii) que l'auteur
distinguait ié d'é. Le copiste faisait-il cette distinction dans sa
prononciation ? Je l'ignore ; ce qui est sûr c'est qu'il ne
l'observe guère dans sa manière d'écrire : il écrit chevaler, 53,
bruisée, 157, premers, 180, pour chevalier, bruisiée, premiers. J'ai
corrigé cette faute en rétablissant « entre crochets. Le copiste
réduit très souvent iée à ie (52, 486, 939, 1169, 2077, 2285, 2565),
usage qui, du reste, est loin d'être particulier au français
d'Angleterre, car la même réduction avait lieu en France aussi,
notamment dans le nord. ien (lat. in tonique) est souvent écrit
ein : bein, 10, 299, 346, 503, rein, 95, 324, reins, 580 ; parfois
en : ben, 352, 353, 384, 419. J'ai rétabli la forme correcte. Le
copiste, à la différence de l'auteur, écrit souvent s pour z : asés,
171, ois, 902, esfors, 7370, mors, 10039. Il est au moins probable
que pour l'auteur et était le correspondant régulier d'ê, I. Le
copiste se contente souvent d'un e simple : arder, 855, poer, 860,
et emploie aussi oi, probablement sous une influence littéraire qui
est très sensible dans un grand nombre de manuscrits français
exécutés en Angleterre : bevoit, 776, esloit, 66, savoit, 57,
avaient, 37, disoient, 708, voie, 759, voir, 45. Dans les imparfaits
de la première conjugaison, notre copiste a parfois une graphie,
fondée peut-être sur une prononciation particulière, où eu est
substitué à ou : ainsi, aneienteut, 11078, essauceut, 11077,
porteut-douteut, 525-6, doteuent, 6281. o et m sont employés
indifféremment pour le son ou (lat. 5 û) devant des consonnes
variées : vos2, 89, vus, 1603, nus
[242] Edward Edwards, Memoirs of Libraries, I, 104. L'original de ce
catalogue est à Trinity College, Dublin (D. 1. 19).
[243] Ci-dessus, p. cxxxv.
[244] Voir ci-dessus, p. lxxxiv, n. 5.
[245] On possède un certain nombre de chartes du Maréchal, mais, comme
elles ne sont pas datées, je n'ai pu en faire usage.
[246] La seule biographie du Maréchal qui existe est celle que M. C. L.
Kingsford a écrite pour le Dictionary of national Biography, et pour
laquelle il a tiré grand parti du poème. C'est un travail fort bien
fait, mais qui, naturellement, a dû être resserré en des limites
assez étroites.