I
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
18 avril, Tambaï.--Depuis Laï, c’est une douceur parfumée qui enivre
jusqu’à l’abolition de toute pensée. Il flotte des odeurs légères et
matineuses. C’est presque un automne, mais plus clair--inattendu: ciels
gris emplis de lumière mourante; rafales furieuses de vent; puis, calme
silencieux, à peine troublé par les longs mugissements des bœufs. Les
jardins du Logone ont des sourires de douceur et d’apaisement...
Ce matin, parmi des buissons et de clairs rôniers, j’ai vu un village
qui semblait un joujou égaré au bord du fleuve. C’est en face de ce
village que vient se perdre, dans le Logone, la Penndé que les noirs
appellent ici Bandoul.