Tu me demandes si tu dois m'envoyer mes livres?... Au nom du ciel! mon
ami, ne les laisse pas approcher de moi! Je ne veux plus être guidé,
excité, enflammé; ce cœur fermente assez de lui-même: j'ai bien
plutôt besoin d'un chant qui me berce, et de ceux-là, j'eu ai trouvé
en abondance dans mon Homère. Combien de fois n'ai-je pas à endormir
mon sang qui bouillonne! car tu n'as rien vu de si inégal, de si
inquiet que mon cœur. Ai-je besoin de te le dire, à toi qui as
souffert si souvent de me voir passer de la tristesse à une joie
extravagante, de la douce mélancolie à une passion furieuse? Aussi je
traite mon cœur comme un petit enfant malade. Ne le dis à personne; il
y a des gens qui m'en feraient un crime.