Le 3^{me}

jaÿ pensé tumber en apoplexie can j’aÿ auver vostre lestre, san voir

vostre mains j’aispairaÿ d’attendre _que vous vous porterie mieux_, et

vous faite tous le contraire, j’ay crus du comensemens, que _saitais

fais avec vous_ ne croje pas que je souis fasché que cela ne soÿ de

vostre main, bien loin de la, je vous conjure de continuer, de la

sorte car je ne vos absoluments pas, que vous vous _fa .. ge_. je vous

plein autang q’un ... tendre aÿ passionée, le pos faire, faut il que

le plus parfaist objaÿ de l’univair soufre _si cruellament_, Dieuxs

pour quois aites vous si injuste, mes mon coeur, je saÿ pourquois, _se

malhor tarrive_, pour me randre plus malhoros, le destein te _rang

mallade_, lon _te fais suffrir_ pour me crucifier, L’on j reusit car

on pos pas, m’envojer un plus grans malhors vous m’ordonnes de me poin

_inquietter_, jl faudrois vous gaire aimer, pour ne le pas aistre à la

mors; je souis a tous moments à _genous_ faire _des veux_ pour vostre

éntiere _retablissements_, je me flatte qua la fein on aura pitié de

mois, mes vos son tros devoste, pour ne pas aistre éxhosé, Dieux volje

que _cla sois bintos_ que vous seray _quite ... vos mos_ et moÿ de mes

_crain ... s_ et de mon _inquetude_ avec qu’elle joÿ vous

embrasserage, can j’auraÿ selouis de vous voir je ne saÿ can je le

pouraÿs, mes mon dessien aÿ de _faire en sorte comme si un acsai de

fievre me prenais_, je diraÿ os bon homme, que je vousdraÿ bien allé

pour _tros jour_ à 317 pour éviter que la fievre n’aye poin de prise,

sait a dire prendre des remaides, aux Lieux de demorer à 317 je

_prandray la poste_ et je _voleray_ à _Celle_, je pourais aistre _dos

nuis avec vous_ quelle joÿ qu’elle satisfaction je pouraÿs aistre à

vos pié les beinger de mes larmes, vous voiraÿs dans qu’elle éttas

pitojable, _votre mal ma mis_; Mes je me flatte postaistre envein, car

avan que je pouraÿ _juer_ se _role_ jl faux premierements que le bon

homme se porte mieux ... depans encor de la fortunne de la 9 ... je

n’aÿ rien de bong à Esperer, La rage le desespoir, le schagrein

l’inquiettude la Passions, tous ses schoses énsemble font un aifaÿ sur

moÿ, que je souis comme ses jans que lon voist à Amsterdam dans le

=Dulhaus=, Dieux sait qu’elle feins que cela auras; Les maladie

hogmante de jour en jour, mon vieux Lieute C: et dos Lietenang le song

devenus aujourdoÿ, je ne saÿ comments j’an éschappe, sait un miracle

car avec tous les schagreins, qui m’abastes je le devraÿs avoir;

adieux mon Ange je ne pouis vous Mander davantage, l’expraÿ qui m’a

été envojé, du bon homme par, crojes que vous aves un amang, qui prang

tang de ... r à tous se qui vous tousche que vous le ... ie faire vous

maimes, j laÿ seinsaire vous adore, et à autang de Respect pour vous

que qui que se soit; je merite toute vostre tendraisse, et tous les

soins oblijan que vous aves pour mois, si je ne vous donne pas assaÿ

d’assuranses, de ma passion, et de ma fidelité, se n’aÿ pas ma fostre,

saÿ que j’en aÿ pas l’occasion; je vous annueraÿ avec mes

protestations, car je le repaiste dans tous mes lestres, je me flatte

que vous aite comme mois je ne les sauraÿ trop attendre et tous vos

lestres fusetelles ramplis daustre chose elles me seray toujo ... ...

reable et plus que comme si j liavois rien.

18

Je suis bien aise, que vous aites unnefois contemps de moÿ, mais jl me

semble que cela vous rejouis poin car vous me donne toujours des

mattiere, à vous faire des reprojes; et par la vous m’oté la joy

d’aistre satisfait de vous, vous vous plainjé que vostre passion vous

trouble vostre repos, je le vos croire mes saite passion vous tient

pas tang aux coeur, que vous retranjeraÿ les moindre plaisirs pour

cela, non non sait a moÿ a me blaindre, ma passion me trouble poin

solement, mais me desespaire, Dieux comme je fie les éndrois aux je

saÿ que les divertissemens song, je vousdraÿ bien vous voir à la Porte

de Brusels, aux de Gens sans j maistre le pie, plustos de faire cela

vous m’abandonnerie, et dis austre galang, vous trouve vostre conduite

bonne, moÿ aussÿ, mais je seraÿ hors deséspoir que la mienne ne fus

pas meljor je suis bien aise que vous ne s’ajé, tombé malade, jen

aurais etté inconsolable, quoÿ que je ne suis poin contente de vous,

vous aves étté contente de ma lettre, j’en aÿ de la joÿ, vous j aves

veus les santimens de mon coeur, sans faintes; je vous remersie bien,

humblement, que vous me promaistes, de ne poin donner vostre portraÿ,

à la personne connue Pourquoÿ me flatté vous tang dans vos lettres,

can vous sonjes si pos a me tenir vos promess, vous m’assurés que rien

vous seras dificille et que vous feraÿ tous pour me plaire, saÿ for

bien dis mes for mal tenus; helas vous me dite flattong nous le temps

nous poura randre horos, mais saschés que le temps me rendra le plus

malhoros de tous les hommes, je naÿ poin la hardiesse à vous dire se

que je saÿ deja, mais ma chaire je crois, que lon moblijera a vous

quiter, je ne pos finir saite lettre, de schagrein, tristesse et

collaire adieux, ne me haijsé dumoin pas, car sur mon dieux je ne le

merite en fason du monde.

19

14^{me}.

Assurement san la vostre du 12^{me} le Bastement de Coeur que 127

m’avois causé, mauraÿt aschevé, mais Pour mon bonhor, je laÿ resu dans

le temps que mon coeur allais craiver, et comme j’ÿ vois que sa

nouvelle aÿ traÿ fose, je commense aussi à me remaistre, jl me disaÿ

pour tres assuré, que _votre fievre_ vous aves, _repris_, assurement

je n’auraÿ peus passer la nouit, avec saite inquiettude san mourir, et

alor que je vous écris, j’aÿ encor lohs de la Raine d’hongrie sur le

née, je crois pourtang que cela se passera, je me san Pourtang

alterré, et éschofé, si cela se passe pas la nouit je me seinjeraÿ

pour prevenir le mal, qui pouraÿ m’en arriver; M. de sporque Mourera

selon tous les apparance encor aujourdouis, j’aÿ 3 Captaine, 5

Lieutenans, et 4 Enseinges mal à lamors, plus de 300, fantasein aÿ

Dragons, de nos troupes sol, son sur les dans, sait un air infecté,

les plus sain j deviene malade, toustefois je me flatte de ne le poin

devenir _vous saschang, hor daffaire_. Vous auraÿ veus par ma lestre

daté le 12^{me} combien je souis contemps de vous, ne prene pas mal

que je vous aÿ prié de me marquer dos mos par vostre main, je savois

que vous vous portié unpos mieux san cela je ne l’auraÿ pas fais, mais

mon incomparable coeur vous en faite tros, car vous m’écrives dos

foiljes éntieres, se que je vous prie très instament de ne poin faire

plus, ni plustos que vous aites tout à fais bien. Le _sieje_ de

_Scharleroi_ feras que _Prince électoral_ seras pas si tos ici, gran

Dieux fais que se _sieje_ nous _delivre_ des _faschos_. Lon dis pour

sertein que les affaires s’acomode, mais les ordres que lon donne pour

soinjer les malades, me fong trambler de pur, que nous quiteron pas

sitos se poste; je souis agité du maime desespoir que vous, de passer

ma vie avec des jans pour les quelles j’aÿ unne aversion et de la

passer si pos avec selle que j’adore, sepandans vous aites plus à

plaindre car je pos forsouvang m’en dispensér, et vous poin, austre

les _embrasades_ que vous aites obligé à essujer, jl me semble si

j’aÿtais obligé a soufrir la maime schose, je ne pouraÿ m’énpescher de

vosmir tous les fois que cela m’ariveraÿt, ah qu’elle horor de

_caraisser_ se que lon hait mortellement, je crois fortement que le

pourgatoire ne donne poin tans de tourments, que des pareiljes

_caraisses_. si j laÿ vraÿ que _Électeur de Hanovre_ vas pas a 308, je

pouraÿ bein j venir, mes nous pouvons pas prendre des mesures avang,

que lon sasche, se que deviendra _Prince électoral la Dujais d’Hanovre

n’arrivera_, que _ver la fein du mois_ qui _vient_ et allors _Prince

électoral_ sera deja de retour, et les _schases_ finÿ. Dieux volje

solement que nous les comension bientos, et que _vous_ fusies _en etas

de vous rendre_. Je vous plains que vous _aites_ tan _maigri_ mes

(avec vostre permission) je trouve redicule, et absourde, la question

que vous me faite, si je n’aimes en vous que vostre bosté je vous le

pardonneraj mes vous aites persuadé, que se n’aÿ pas solement cela que

j’adore, se son vos merites vostre humor, je vous avoue que de vous

voire belle cela aÿ scharmang pour la veus, mes je vous proteste que

fusie vous laide comme Mad: Kopstein, je vous aimeraÿ pas un brein de

moin; du degous pour vous, ah postong faire unne question pareile à

selle ici, à un amang qui vous aime tendrement, non non Leonis vous

n’aite pas persuadé de ma sainsaire passion, que fostil que je fasse

pour vous en bien conveincre je n’auraÿ du repos, que j’usques à se

que je sache que vous laite toust à fais; croje vous q’unne passion

pareilje à la mienne, saÿ formée sur unne schose si passaschaire que

la bosté, quois que vous en aje beaucoup, et plus coqunne de vostre

sexe, je vous pos dire que se n’ay pas elles qui ma mis dans l’estas

aux je souis, j laÿ vraÿ que la Bosté que vous possedé, mas énflame,

et sans elles je n’auraÿ postaire pas étté si huros que je souis, mes

se qui ma randu comme je souis saÿ vostre ésprit, vostre seinserité,

vos maniere de vivre, et a lafein saÿ saite ame si bien née, et si

juste, la quelle prodouit en vous unne dousor non pareilje, unne

jenerosité sans égale, de la Clemanse, au dela de l’imagination, se

son saÿs vertues qui mon mis dans saite aimable Esclavage dans la

qu’elle je me fois à sait hors, et dans la quelle je pretans mourir

aussÿ. En verité Leonis vous me schagrines beaucoup, avec vos

questions, vous crainjes que je deviendrays invidelle à la plus grande

Boté du siecle, et à la vertue maime, pour qu’elque gose de

_preinsaises_ qui n’aurong poin d’austre merite que selle de _venir de

Paris_ encore unne fois, je vois que tros que vous n’aite pas éncor

bien persuadé de mon amour, je me flatte qu’a la fein je vous en

donneraÿ tans de marques que vous n’en saurie plus douster. Pour

prendre des messures juste jl faux se parler, nous avon du temps

jusques à _la fein_ du _moi_ qui _viens_ et avang se temps nous avons

point à craindre le _retour_ de _Prince électoral_ et de _la Dujaiÿse_

vous entames encor des _preinsai_ crojes vous postaitre que j’aime

tans la nouvosté, le schangementes, et les jans qui vienne de _Paris_

comme vous, vous vous trompes beaucoup, je porte mes schaines avec

beaucoup de plaisir, et je ne les janjeraÿ pas, pour le Raujome du

grand mogol. La lestre de la Lieutenan Colonelle ay for sotte mes la

personne aÿt assaÿ resonable, elle à randus un for galant homme aux

baÿ bas, de grande Calité, fort amouros, jl sapelle le marquis de

Spinosa, saÿt un des galans de se paÿ la; mais pouis que je vous aÿ

énvojes unne tres sotte lestre, je le recompenseraÿs par unne qui aÿ

forbien écrit; si elle n’aitois écrit d’un livre, on la doist, admirer

particoulierement venan de saite personne, mes sasche qu’elle se

trouve mot en mot dans un livre, sepandans elle ne laisse pas, que

d’aistre tourné assaÿ aprospos, je vous prie de me la ranvojé, je vous

l’envois parse que jè crois que cela vous divertiras adieux.

20

je vois que le plaisir que je maitait fais à vous émbrasser s’évanuit

entieremens puisque l’incomode à paru si brusquement, je vous avoue

que se visaje m’a bien deplus can je lay appersu, un cous de foudre

m’auray pas plus pus surprendre, mais jl faux qui lÿ aÿe toujor des

faschos visajes qui empesche, un doux éntretien comme celuÿ que nous

devien croir, selong tous épparance devray aître, ouÿ j’an nay eus

l’idé si remplis de joÿ, que je naÿ pus dormir toute la nuit, mais

helas tout est vanuis, et il faux que je passe la seconde nuit sans

dormir, et avec du jagrein aux lieux que la premiere me rejouissay, j

laÿ sur qu’a moin que vous n’aje la bonté de me consoler, je me

beinjeray dans mes larmes, consolé moy dong divine bosté, et soulajes

un homme qui se mor pour vous, et qui est si éntesté de vos merite que

la servelle luy en tourne.

Pour unné joué merveilje

je brule d’un fos si beaux

que ma raison ma conseilje

De l’aimer jusques aux tombos

Voila ma maxime, et vous me le vairreraÿ éxecuter éxactement, ma plus

grande satexfaction seras de vous montrer, que la mort sol est

sollement capable d’éfasser mon amour. mais pour l’amour de Dieux

sonjes à la divise, rien d’inpure mallume, adieux.

21

à 6 heurs.

je ne sauraÿ partir dici sans vous remersier, de l’ambaras aux vous

maves tiré, assurement j’aitois un homme fricassé sans la conversation

d’hier aux soir, je pars aussi contemps, q’un homme qui laisse ce qui

addore, le pos faire, mais se qui me consolle, ces que je suis bien

persuadé de vôtre amitié, et que mon absance me fais poin de tors,

j’ay lame si reposé que je suis tout autre que je naÿs étté; je vous

prie, poin de tait à tet, avec personne, particulierment avec M. R: je

sauraÿ tout, car j’ay des bons amÿ ici que vous soupsonne poin. adieux

Bella dea, sonjé autang à moy que je sonje à vous, je vous émbrasse

les jenous un million de fois, et suis eternellement vôtre esclave.

22

ce 25 aoust

4 septembre

Je prens tant de plaisir a vous entretenir que dabord que jai un

moment de liberté je lemploȳe a vous assurer de ma tendresse je vous

aȳ escrit hier mais jl me semble que ie ne vous aȳ pas assez marqué

linquietude ou je suis sur ce que vous me dites je nen aȳ pas dormi

toute la nuit j aȳ repassé toute mes actions et plus ie mexamine et

moins je deuine ce que vous pouuez auoir contre moi il est seur que

vous deuez estre content de ma conduite ma passion la regle et cela

suffit je vous conjure encore une fois de me mander tout le plus tost

que vous pourrez ce que ce peut estre jl me sera fort aisé de me

justifier puis que ie naȳ jamais pense qua vous plaire et je vous

feraȳ auec plaisir tous les sermens les plus affreus sur mon jnnocence

mais je vous demande jnstamment de me dire qui sont ceus qui vous

disent de semblables Calomnies jls ont sans doute leurs raisons pour

nous brouiller et selon toutes les aparences ils nen demeureront pas

la soȳez persuadé je vous en conjure que je suis jncapable de rien

faire qui vous déplaise mes manieres vous lont fait voir jusques icȳ

et jen feraȳ encore plus a lauenir je suis au desespoir de ne pouuoir

vous faire connoistre au tant que ie le voudrois mon attachement pour

vous les occasions me manque et point la volonté et je ne seraȳ point

contente que ie naȳe fait voir a toute la terre que vous me tenez lieu

de grandeurs de plaisirs et de tous les agremens du monde le seul que

je souhaitte est celuj de posseder vostre coeur je nen demande point

dautre et ce seul bonheur me rendra toujours tous les autres

jndifferens je suis persuadée que si jestois a han. on me feroit bien

des histoires de vous mais je me fie trop a vous pour croire

legerement ce que lon me pourroit dire faites en de mesme et croȳez

fortement que rien nest capable de me faire changer je suis dans un

chagrin mortel on dit quil sest donné un combat depuis peu et je ne

saȳ encore ce qui en est je tremble que vous ne vous exposiez sans

necessité et quil ne vous soit arriué quelque accident conseruez vous

je vous en conjure sil vous reste encore quelque tendresse moȳ que

deuiendrois je si japrenois que vous fussiez blessé ie croȳ que ien

mourois.

23

ce 2 septembre

12

Il estoit si tard quand ie vous aȳ escrit que ie naj peu repondre a

tout ce que uous me dites jaȳ releu plusieurs fois vostre lettre cest

un mélange de tendresse et dairs railleurs que ie trouue fort plaisant

et jl me parroist quelque mine que uous fassiez que mon uoȳage ne uous

plaist point uous auez cependant tous les torts du monde car selon

toutes les aparances ie repartiraj dicȳ sans auoir ueu une personne

raisonable et je le souhaitte de tout mon coeur. Je ne croȳ pas aller

a la foire de jllifrancjllifortjlli et ie ne dirai pas un mot pour ȳ

contribuer il me semble que cela uous doit persuader que ie ne cherche

pas le monde et que ie suis jncapable de songer aus plaisirs quand ie

ne uous uoȳ point jespere partir dicȳ en quinze jours le peda. a pris

aujourdhui cette resolution ie men retourne auec elle trouuer le

grondeur et je me rendrai à Han. un peu auant le retour du Reformeur

ie ne saurois encore uous dire rien de positif pour ce qui regarde le

_jlligörjlli_ ie ne croj pourtant pas ȳ aller car la saison sera trop

auancée pour que le Reformeur en puisse estre et je me flatte pourueu

que rien ne vous retienne ou vous estes que ie pourraȳ vous voir

bientost je jugerai de uostre tendresse par uostre empressement mais

je uous conjure de prendre si bien uos mesures que ie uous uoje en

particulier la premiere fois. Jl me seroit jmpossible de soustenir

uostre ueue en public et mon transport me trahiroit, on dit que les

françois pourroient nous enleuer aisément cela fait que ie souhaitte

fort de men aller car je naȳmerois point du tout a estre prise et ie

ueus uous conseruer uostre conqueste je suis charmée de uostre Careme

et je uous en fais tous les remerciemens que uous meritez jen suis

surprise et je ne mȳ attendois point cest en quoi la chose est plus

obligeante jl nȳ a point de sentinelle au monde que uous deuiez

craindre et le prisonnier doit Conter sur la prison qui sera toujours

ouuerte pour luý et fermée pour toute la terre cest dequoi ie uous

réponds et dune passion qui seruira dexemple ie ueus uous en persuader

malgré que uous en aȳez et que ie ne trouue de bonheur nÿ de

satisfaction qua vous aimer et la Estre aimée uous me paroissez si peu

seur de cette uerité que ien suis sensiblement touchée dites moÿ ce

quil faut faire pour que uous nen puissiez plus douter il nȳ a rien

que ie ne fasse auec joȳe pour vous faire uoir que vous me tenez lieu

de toutes choses et que tous mes desirs et mon ambition sont bornez a

uous plaire sil ne faut que cela pour vous rendre heureus vous lestes

plus que personne du monde car ie ne ueus viure que pour uous seul et

ie renonce auec plaisir a toute la terre pour nestre jamais qua uous.

24

ce 13 septembre

23

au lieu de lextresme plaisir que me donnent toutes uos lettres celle

que Jaý receue ce soir ma percé le cœur Lon ne peut rien jmaginer de

plus offensant que ce que uous mescriuez ie ne le repeteraȳ point ie

croȳ que uous uous en souuiendrez bien encore et ie donnerois tout

au monde pour pouuoir loublier par quel endroit de ma uie aȳ je peu

meriter lopinion que uous me tesmoignez auoir de moȳ si ie croyois ȳ

auvoir donné Lieu ie uoudrois estre morte mais plus ie mexamine et

plus ie me trouve esloignée de pareils sentimens et graces a dieu je

me sens le coeur aussi noble que ie le dois auoir ie ne ueus plus

uous rien dire sur ce suiet ie pourrois me facher et ie hais fort

laigreur mais pour repondre aus quatre points qui uous ȳ tiennent si

fort ie suis bien trompée si ie ne uous aȳ mandé ȳ que

jliisparrjllii a esté a L. et si je ne laȳ point fait cest

assurément par oublȳ et par ce que ie naȳ pas trouué quil ualust la

peine que ie me souuinsse de luj. je puis uous faire tous les

sermens quil uous plaira quil nȳ a aucune raison que celle la et de

plus ie ne luj aÿ pas dit deus mots pour la joye que uous me

reprochez dauoir eue de trouuer jliiguljlljdenjllyleujlii icȳ ie ne

uous ȳ repondrez point car cest une opinion ridicule, et rien au

monde n’est si mal jmaginé a lesgard de la foire ie uous assure que

ie naȳ pas dit un mot pour ȳ aller mais comme ie suis de bonne foȳ

ie ueus bien uous _’auouer_ et pour mon nouuel amant uous estes fou

de uous jnquieter pour luj car jl est loin dicȳ et selon toutes les

aparences ie ne le uerraȳ point et ses soeurs nȳ personne du monde

ne me feront jamais faire aucune demarche contre la tendresse dont

jaȳ le coeur si rempli ie uous aȳ déia mandé que ie suis persuadée

quil ne uiendra point a han. mais si cela arriuoit pourueu que ie

sois plus contente de uous que ie ne la suis ce soir ie brutaliseraȳ

plustost que de soufrir ces uisites ie suis bien sotte de uous

rendre raison sur toutes uos uisions uous qui en auez peu sur tout

ce qui me regarde et qui mauez desesperée par uos tre belle lettre

jl est uraȳ que uous uoulez ensuitte reparer uostre faute mais cela

ne suffit point et ie ne suis pas contente car ie ueus uostre estime

et uous ne temoignez pas en auoir pour moȳ, la Confidente en a receu

hier une de laimé jlliketjllilerjlli qui lui escrit par lordre du

jlljlandjlljgrajlliuejlli pour faire ses complimens a Leonisse puis

que uous uoulez lappeller ainsi et pour lassurer quil fera son

possible pour la uoir icȳ ou a la foire ie ne croȳ pourtant pas que

cela se puisse par ce que nous partons demain et lon nȳ sera quun

seul jour ie uous escriraȳ dabor, que ie seraȳ arriuée et ie uous

rendrai un conte sincere et fidelle de tout ie ne uous diraj rien de

tendre pour ce soir car uous ne le meritez point ie crains bien que

ie nauraj pas la mesme force demain et que ie ne me souuiendrai plus

de ma colere car Jai furieusement du tendre pour uous et quoi que ie

ne uous le dise point ie sens bien que ie uous aime auec une passion

qui neut iamais desgale.

25

fra ce 14/24

je suis ici depuis deus heures le peda. a esté descendre chez la p.

jllitajllirenjllitejlli ou ie naý ueu que de soste figures de la nous

auons esté a la foire ou ie naý pas ueu une personne de qualité la

Marionette est icȳ et sa belle soeur ie ne les uerraȳ que demain dont

ie suis bien aise car ie pourraȳ me reposer dont jaȳ grand besoin

naȳant pas fermé loeil toute la nuit un aȳ passé la moitié a uous

escrire et lautre a me chagriner sur ce bel endroit de uostre lettre,

ie nous prie bien fort de ne me plus donner de pareils suiets dennuý

car ie suis fort delicate sur le chapitre dont il est question hors ce

uilain endroit que ie ne saurois oublier et qui gaste tout uostre

lettre est charmante et rien nest si dous que tout ce que uous me

dites. raccomodez cette affaire si uous uoulez estre bien auec moȳ car

elle me tient fort au coeur le mien est si rempli de uous que quoi que

jaȳe suiet de men plaindre ie ne saurois mempecher de uous dire que ie

me suis faite une uiolence horrible hier au soir pour ne uous point

parler de ma tendresse jamais on nen a tant eu et jamais lon a moin

merité de reproches que ie le fais uous estes le plus jnjuste de tous

les hommes dauoir la moindre défiance sur ce qui me regarde je suis

trop ueritablement auous pour que uous aȳez rien a craindre toute mes

actions uous en persuaderont car jl est certain que ma passion pour

uous ua jusqua lexces je uous conjure destre bien persuadé de cette

uerité et quil nȳ a rien au monde que ie ne fasse pour uous faire uoir

que ie suis plus a uous qua moi mesme iespere que ie ne uerraȳ nȳ le

Land. nȳ personne et ie le souhaitte de tout mon coeur si uous trouuez

quelque chose qui ne nous plaise point dans ce que ie uous aȳ escrit

hier nen accusez que le dépit ou uous mauez mise. Il a esté jusqua me

faire pleurer et tous les charmes de vostre lettre nont peu me faire

pardonner larticle ofensant soȳez en repos sur ma conduite elle sera

diuine ie uous en repons et pour le Riual.

26

au nom de dieu menagez vous ma uie est unie a la vostre jl me vient

mille pensée desesperante dans lesprit et je suis accablée de douleur

jaurois peine a vous parler dautre chose jaȳ tout loisir de nourrir

mon chagrin et je suis auec une veritable joȳe dans cette solitude Jai

oublié hier a vous rendre graces de ce que vous me dites au suiet de

la boule rien nest si obligeant je consens a cette condition quelle

deuienne ma riuale car je vous auoue que jaime le triomphe et quil est

fort de mon goust adieu rien nest capable de me faire changer ie suis

née pour vous aimer vous estes ma seule passion je nen aȳ jamais en

auant de vous Connoistre et je mourraȳ en vous aȳmant plus que lon na

jamais aime.

27

mecredi 24.

Il faut vous rendre conte de ce que jaȳ fait hier jai esté tout le

jour seule il est venu un envoȳé du maistre de ce lieu faire

compliment au peda. il sest si fort embarassé dans sa harangue que iaȳ

eu peine a mempecher den rire jl en a fait un aussi au coeur gauche et

sen est allé dabord lon sest promené a pied au retour lon a soupé et

je me suis entretenue auec la Confidente cest le seul plaisir que jaȳe

car nous parlons toujours de vous.

28

Quo que je vous aÿ ecrit hier aux soir je ne pos m’empescher, de vous

dire que j’aÿ passé la plus meschante nuit du monde, j’ay sonjé a vous

mais je vous aÿ veus infidelle, voila le sonje, il me semblais, que je

vous avois prie de ne poin voir un sertain grant homme, et que malgre

vos promesse vous lavie fais entré ché vous pour luÿ dire adieux, j’en

fus avertis, ne pouvan énduré cette infidelité, je feinjis d’avoir une

lettre de Mad: vot̂re maire pour vous donner j’entraÿ prusquement dans

vostre schambre, et je vis le spectacle le plus affros du monde, ces

grans M. vous tenais émbrassé, et que pis aÿ, vous aitié sol dans

vostre schambre. vous faisie unpos la vasché contre vostre adonus en

luÿ disant qui laitois impertinent, je voulus aussi me retire mais

vous m’apellaté, je fus ravis de cela parce que cela me donna lieux de

vous dire en oreilje que vous aitié la plus ingrate de tous les dames,

et que ce seraÿ la dernierefois que je vous parleraÿ, en éffaÿ je fus

trouver M. de Pude, pour luÿ prier de m’envojer en Hongrie, ce qu’il

fit. je vous demande pardong du sonje criminel, mais je me croirais

bien plus criminel si je vous en avertissaÿ poin, ne croje pas que je

l’invante non j lay surmondieux vraÿ, pourlamour de tous ce qui vous

aÿ le plus schaire, aje soin de me fortifier l’esprit, et tiremoÿ de

ma crainte, j’ay por que ce sonje saÿ qu’elque pressage funeste, et

qui ne vos dire rien de bong. Il seraÿ injuste q’un tendre amour

m’attiras des infidellites, je ne l’éspaire pas car pourquoÿ

voudrievous abandonner un coeur qui vous adore, et qui vous jure de

vous aistre fidelle, si des telles vos vous pove attascher uniquemens

à moÿ, je vous proteste devan Dieux, que jamais je vous serraÿ

infidelle, et que je vous aimeray toute ma vie avec la maime passion

que je fais astor. Can j’auray l’honnor de vous éntretenir de la

debeausche faite hier vous riraÿ bien, la baronne si aÿ sinjales et

les grande barbe suedoise, on faite le meljor ... du monde, elle a

tens aites fro ... os que la planjer de song tei ... turel, à commensé

à paraistre se qui à fais le plus plaisans spectacle de monde; Elle ma

demande pourquoÿ je me divertissaÿ poin je luÿ respondis que j’aitois

venus faire ma cour à M. Bil. et non pour me divertir, en me quitans

elle ma donné le non de traiter, surquoÿ je louÿ ai repliqué, que je

ne laistas pas encor mais que je le pouraÿ bien devenir. M. le Duck, a

joué à l’homber hier au soir sches Elle, voila le Diable, je finiraÿ

en vous prians de vous preparer à me tirer de l’inquiettudes aux je

suis, et de me croire, inviolablement attasches à vous et à tous sos

qui vous regarde, je vous émbrasse de tous mon coeur, et je paise un

milion defois vostre portrais, adieux.

29

venes sur un vendredis au soir ici, et attandes que l’Elector vient

ici, si lon oste pas _Prince Max_ vous vous pouves retourner, et cela

vous servira de pretexte aupraÿ _Duc de Celle_ et _Prince électoral_

mande mois si vous agrees, ma pense, si vous le pouves faire faite que

je vous vois car franjement je ne puis plus vivre de la sorte, pour la

mour de mois de vous faite que je vous vois et que je vous embrasse,

car san saite satisfaction la vie may rien.

30

La joÿ de voir le Ref: partÿ a étté interrompu par le schagrein de

vous voir malade, j’aispaire pourtang que cela ne sera pas grans

schose, car san cela je n’en pouraÿ dormir toute la nouit, j’aispaire

a vous émbrasser demain aux soir, j’attemps le sinjal ordinaire, et le

meschang temps m’enpescheras pas de gouter du plaisir, de vos

scharmantes émbrassades, amoin que vous me l’ordonnié austrement je me

flatte du contraire et j’aispaire que vostre émpressement reponderas

aux mien; si vous ne sorte pas demain, sisi souffira pour vous assuré

que les momens me durerong des siecles, et que le temps que je suis

éloinjé de vous sont sos que je posse inutilement dans le monde et que

je suis prait a venir demain aux lieux connus, j’áttemps le sinjal et

je suis vostre tres-obeissant valet.

31

Lon ne pos aistre plus contemps de vous que je le suis vos mamire

obligante d’hiair, vostre tres-schere lestre, enfein tous me scharme,

je commense à revivre, et la journé d’hiaire et unne de sos quil fos

que je marque dans mon livre; pour bien en profiter je vous prie que

je vous vois se soir, j’attendraÿ le sinjal avec bien de l’impatiance

car je mor d’anvie de vous temoinger ma joÿ elle ait axsaissive, et ne

se post exprimer, pour lamour de vous de moÿ, et de tous se qui vous

aÿ schaire, continue _de la_ sorte, vous pouraÿ allors me persuader

que je n’aÿ rien à craindre, que je seraÿ toujour horos et contemps,

voila le plaisir de l’amour, son la les scharmes d’un attaschement

seinsaire et veritable; L’avos du Grond: me donne encor beaucoup

d’ésperanse tasché de l’attendrir, vous le pouraÿ si vous voules, mais

il faux vous j appliquer, et bien prendre vostre temps saye avec cela

persuadé, que si le siel me destinne le bonhor de vous posseder, que

j’auraÿ les maniere tous austre, que vous vous les immaginée, et je

vous jure que je le regleraÿ sur les vostre, ajouté fois a set avos

car j laÿ seinsaire et par d’un amme san fosseté, et san finesse;

Comme le temps aÿ bos je me flatte à vous voir a la volerie,

j’aispaire de vous j trouver tendre, et contemps adieux jusque la,

vous me diraÿ bien un petit mos, du quel je pos voir que vous accorde

ma priaire.

32

le 2^{me}

Vous me faite mourir can vous faite des complimens, parseque vous ne

me reponde poin sur tous les poin des miennes je vous aÿ prié de ne

poin écrire de tous, et à me fair solement savoir par _Mlle. von dem

Knesebeck l’etas de votre santé_ je le repaite éncor ici, et vous

conjure de ne le poin faire si cela vous donne la moindre fatigue, jl

soufit pourvos que vous me marques dos mos, affein que je voje saite

devinne écriture la quelle aÿ capable a bannir tous les craintes que

je me forme. La resolution que je dois prendre selong l’avis de tous

mes amis, me mait à l’hasar, que can _joray quité_, je feraÿ resonner

tous le monde, et postaistre me feraitong dire par un troisiemme, que

_lon souhaite_, que _je me retire_, que deviendrage allors, crojé moy

quil fos penser a toust avan que de prandre unne ferme resolution, la

schose m’aÿ de tros grande consequence; _Duc de Hanovre_ trouvera

mille jans comme _Königsmarck_ mais je me flate que _Princesse

héréditaire_ n’én trouveras jamais qui sois si fidelle, et que aime

avec plus d’ardor que moÿ, L’exaÿ de ma passion vas à la follie, helas

ma très schaire vous merites bien d’autres que _Königsmarck_, je souis

tres persuadé que si lon vous devraÿ avoir donné un galang selong vos

merite, je n’auraÿ pas eus le bonhor d’aistre vostre Esclave, mais si

qu’elcun d’unné passion Extraordinaire d’une constanse sans Egalle

auraÿ dus aistre vostre galang j lay juste que se soÿ mois, car je le

desputeraÿs non pas oh Mortels, mais aux dieux maime, et je leur defie

d’en faire un qui m’égalise; Que les sermans on daifaÿ cant on aÿ dans

l’estas, _aux vous aites_, jamais je naÿs etté plus contemps de vous,

jamais je vous aÿ plus crus, qu’a presang, vous m’aimeraÿ dong toujour

jan pos aistre assuré, car vous me iuré que tan que je vous aimeraÿ,

vous feraÿ demaime je vous aimeraÿ touste ma vie, et vous me jures la

maime schose, que poje plus pretandre, tous mes vos sont éxhausé, je

souis l’homme du monde le plus horos; _gerisse_ vous, et je pos aistre

aux comble de may joÿ, je souis poin contemps, que vous preferais á

m’ecrire, plus qu’a prendre du repos, je vous conjure sonjes à

_prendre vostre repos_, et pouis à vostre _amang_. Que je vos du mal à

vostre coeur, de son mauvaÿ gous, vous quiter pour venir sché moÿ, jl

ne connais pas la diferance, laisse cela aux mien, jl faux pas

schanger en mal mes en bien. Vostre resit me fait tramblé, et je

crains que _la fievre_ laustre _accidans_ ne vous _abate tang_ que

vous _ne saurie vous remaitre si tos_. je ne saÿ mon coeur me dis que

vous _aite hor de danje_ je naÿ plus tans d’inquiettude que j’aÿ eus

du comensements, je pran cela pour un traÿ bon sienge, dumoin je m’én

flatte et je souhaite ardaments que cela soit einsÿ, j’espaire que mes

vos sont éxhausé, et qu’a lor qui laÿ vous vous _portes mieux_. La

resolution que vous aves prisse, de prandre _se que je vous avois

laise_ aÿ _grande_, je vous avoue que si je l’avois seus auparavang,

j’an auraÿ tramblé, mais comme toust aÿ bien allé, je souis enrepos, j

lia que le schagrein, _daitre caus_ que vous _soufres bien plus_ et si

vous vous _trouvie astor plus mal_ je serais inconsolable. je souis

obligé d’avouer que les marques de vostre tendraise surpasse à presan

beaucoup les miennes rien nay si touschang, que se que vous m’écrives

... de _devenir malade_ je ne trouveraÿ pas _locasiong_ à vous faire

voire combien de tendraisse j’aÿ pour vous. Atil possible que _Duc de

Hanovre_ soit assaÿ _baite de vous avoir refuser la pose_ je feray

plustos, mourir 20 _feltmarescho_ que de _refuser_ unne fois à

_Princesse héréditaire_ pareilje schose. Quois que _Prince

héréditaire_ ne _revienne_ pas si tos et sur les ordres que lon avois

devulgué con avois envojé, nous somme pourtang _deja dans le mois_ de

_septembre et la campanjeay bintos finnis_ faite reflextion la desu

adieux.

33

se tienne à 8 heure du soir aupres la porte de la grande salle, aux la

Pr: à cutume de jouer, jla poura recevoir la en toute sureté, puisque

personne j passe, Demain éstang le Dimange.

34

j lÿ sera à leur sudite ne doute pas de sa fidellite. Adieux

inconparable Deesse je vous donne le bonsoir, et souhaite que vous

sonjé autang à moy comme je fais à vous, appres avoir relus éncor une

fois votre lettre, je m’endormiray, avec l’esperane de songer d’autre

schose que de vous. je vous émbrasse un Million de fois, et suis votre

tres-obeissant ser.

CORRESPONDENCE OF SOPHIA DOROTHEA

AND COUNT KÖNIGSMARCK

F 3

[FROM KÖNIGSMARCK TO SOPHIA DOROTHEA]

[_Spring of 1692._]

What sufferings one has to bear when it is necessary to separate from

you! All the torments in the world cannot cause such suffering! But I

recover from my trouble, since you are of opinion that I ought not to

have any feeling of jealousy. I must avow to you that it is difficult

to feel none when one is far away from the object one adores. But, my

angel, you have made me so many promises of behaving well that I place

confidence in you; and I can assure you that at the present moment I

am free from jealousy, but not without feeling troubled; and your

departure troubles me more than ever. I cannot understand what is to

become of me in the end; I well know that I cannot always be in sight

of you, and yet I feel [only] too much that I cannot separate from

you. See in what condition your beautiful eyes have put me. I send you

a copy of the letter of which I spoke to you, word for word like the

original; and I ask your pardon for the scrawling hand of which I have

made use; I had it copied by my page, who does not know what he

writes.

M. Gor brought me a complimentary message from the Duchess of

Eisenach;[197] she sent word to me that, though I had avoided speaking

to her, she would show that she takes more thought of me than I take

of her. I will swear to you that not only did this compliment give me

no pleasure, but, on the contrary, it vexes me that she ordered it to

be delivered to me. I have not left my room all to-day, and I think

that I shall do the same thing to-morrow. Let me know, by way of

consolation, how you are faring and when you will return. I shall die

with vexation and trouble if I do not see you soon. Good-bye, my

beloved heart; think of your faithful lover, and do not forget him [?]

among all this crowd of people. Once more, adieu!

_Thursday, at 12 o’clock after midnight._

My pain in the chest continues, but I have had no fever....

-----

Footnote 197:

Amalia, Duchess of Saxe-Eisenach, a born Princess of Nassau-Dietz. Cf.

as to her visit to Celle in March 1692, Colt _ap._ Wilkins, p.

163.—Königsmarck mentions a “M. de Goritz” as a brother-officer in the

Flemish campaign, ib. pp. 216, 232; he appears to be identical with

Count Frederick von Schlitz-Goertz, who afterwards became Marshal of

the Court and President of the Chamber, and, after accompanying George

I to England, died as Prime Minister at Hanover. See Vehse, _Gesch. d.

Höfe d. Hauses Braunschweig_, Part I. pp. 116, 187, and Part II. p.

10.

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F 6

[FROM KÖNIGSMARCK TO SOPHIA DOROTHEA]

_Sunday [Spring of 1692]._

Yes, Madam, I will suffer for your sake, as you command me to do so;

but when shall I be fortunate enough to find myself at the point to

which I aspire—I mean in your arms? But when shall I have this

satisfaction? I lose all hope, for in the way in which things go on, I

cannot flatter myself that it will come about. My mind gives way over

it all, and, if I write to you without rime or reason, do not find

fault with me on that account—it is [because of] the despair to which

I find myself reduced. If you disbelieve me, I beg you to look at

these [gray] hairs which I had pulled out of my head this morning: I

cannot declare to you that they turned last night; but I can swear to

you that a week ago I had none. Believe me that my despair is great,

and that my trouble is extreme. I stay on for the love of you; I risk

honour, reputation, and ambition; for, since I do not join in the

campaign, what will they say of me; and why do I risk this, without

seeing you after all? I have reached this extremity that I must either

conquer [?] or die. Use therefore your force [influence] with the

_Gro[ndeur]_; it is he who alone can save us, and I call this to

conquer. I absolutely must have your commands as to what I am to do.

To stay on in this way at Han[over] is out of the question; for after

three weeks you will go [away] with the _Gron[deur]_. What shall I

then do in a place from which you are absent? I beg you to reflect on

that, and after that give your commands; I am ready to show you by my

obedience that my love does not listen to reason. You see to what

state you have reduced me, for I sacrifice to you my ambition, which

is the single thing that up to this time I had preserved. See to what

length my passion goes; judge in what state I find myself; do not ruin

me utterly—be more ambitious than I am, and encourage a lover who no

longer has any [ambition]! You would pity me if you quite understood

the troubles that oppress me. I see clearly that it is your trouble

which is killing me; for although we actually are together we never

have anything but trouble; and this is an ill beyond cure. The only

consolation is to play [cards] with you; but the pleasure of looking

at you is never allowed me; for at one time the _Schwartz gesicht_

[black face], at another the Innocent One, at another some one else

among the maids [of honour], comes to watch us. All this is enough to

make me die of it. Console me, I entreat you, or I shall despair; and

my despair may drive me to seek remedies unworthy of a man of honour.

You wait for me, certainly; but, Madam, when one is in the Labyrinth

as I am, honour and trust come to an end. It is well to come to a

close, or I shall be still more enraged.

F 1

[FROM SOPHIA DOROTHEA TO KÖNIGSMARCK]

On the Brockhausen journey.[198]

_Tuesday [1 June 1692]._

The Hereditary Princess is very impatient to know whether Königsmarck

has arrived safely. Many things have happened which the Hereditary

Princess has written on a quite clean half-sheet. I cannot console

myself for having lost Königsmarck so soon; this makes his absence a

thousand times harder to bear. I am worn out to the point of being

unable to keep up any longer. The excess of enjoyment and the sorrow

at seeing no more what I love reduce me to this condition. How hard it

is to take oneself away from you! You are the most amiable of men. The

more one sees you the more charm one finds in you. How happy I am to

be loved by you, and how well I know all my happiness! All my bliss

depends on the continuance of this tender affection. If I am deprived

of it, I no longer wish to live. You take the place of everything else

for me, and I care nothing for the whole of the world besides. I wish

that you may be as pleased with me as I am with you. You have

enchanted me, and I feel fonder of you than ever. Be you the same, and

nothing will be wanting to my happiness. I need not tell you that all

the actions of my life shall declare my attachment to you; for you

must be convinced of this, and time will show you that I do not wish

to live except for you. The Hereditary Princess leaves to-morrow.

The Electress Sophia and the Hanoverian succession · 第 40 / 71 题