On sait que la difficulté de conserver les fruits réside dans la
rapidité avec laquelle les fruits charnus s'altèrent sous l'action des
organismes, champignons et bactéries, vivant à leur surface.
Partant de ce point de vue, des savants anglais en ont déduit que, si
ces micro organismes pouvaient être détruits, la période durant laquelle
le fruit peut se maintenir en excellente condition serait
considérablement prolongée.
La méthode qui a fourni les meilleurs résultats à ces auteurs repose sur
l'immersion des fruits dans de l'eau froide contenant 3% de la solution
commerciale de formol.
S'il s'agit de fruits à pulpe molle, comme les cerises, les fraises et
les raisins, on les plonge seulement durant dix minutes dans la dite
solution, puis on les trempe pendant cinq autres minutes dans de l'eau
froide et, finalement, on les étend sur une toile métallique ou tout
autre dispositif convenable pour y égoutter et sécher.
Mais, lorsque les fruits ont une pelure ou peau qu'on ne mange pas, il y
a tout avantage à ne les soumettre qu'à la solution formolée.
L'expérience a montré que les fruits ayant subi ce traitement sont
restés absolument sains, après qu'une même quantité de fruits de chaque
sorte, pris comme témoins, étaient devenus moisis et décomposés, pendant
une durée de sept jours pour les cerises, quatre jours pour les fraises
et raisins, et dix jours pour les poires.
M. Truelle, en faisant connaître ces faits à la Société d'agriculture, a
remarqué que ce traitement pourrait être appliqué aux fruits de
pressoir, dont le grand ennemi est la pourriture.