PUER SON ANCIENNETÉ:

... Ah! _sollicitude_ à mon oreille est rude;

Il _put_ étrangement son ancienneté.

(_Fem. sav._ II. 7.)

Ce présent se dérive de la forme _puir_, qui est la primitive; _puer_

est moderne. «C’est _puir_ que sentir bon.» (MONTAIGNE.)

«PUER ou PUÏR, verbe neutre. L’Académie ne parle que de _puer_,

et point du tout de _puir_. Danet en parle comme l’Académie; mais

Richelet, aussi bien que Furetière, les admet tous deux, en disant

que ce sont deux verbes défectueux; que _puïr_ ne se dit point à

l’infinitif, mais seulement _puer_, et qu’ils empruntent l’un de

l’autre quelques temps. Quoi qu’il en soit, on ne conjugue point _je

pue_, ni _je puïs_, comme il semble qu’on devroit conjuguer; mais _je

pus_, _tu pus_, _il put_.» (TRÉVOUX.)

L’exemple tiré de Montaigne, auquel on en pourrait ajouter mille

autres, prouve l’erreur de Richelet et de Furetière quant à l’infinitif

_puïr_: ils ont pris pour défectueux deux verbes très-complets chacun

de sa part, mais différents d’âge. Les dernières lignes de Trévoux

prouvent qu’en 1740 la forme moderne n’avait pas encore supplanté

l’ancienne complétement, et que _puïr_ subsistait toujours dans le

présent de l’indicatif. A plus forte raison, en 1672 Molière ne

pouvait-il écrire, comme le mettent certaines éditions: «Il _pue_

étrangement.....» (Voyez SENTIR.)

Lexique comparé de la langue de Molière et des écrivains du XVIIe siècle · 第 386 / 467 题