_Malepeste du_ sot que je suis aujourd’hui!
(_L’Ét._ II. 5.)
(Que la) male peste (soit) du sot...
(Voyez PESTE.)
MALFAIT, substantif; UN MALFAIT:
Peux-tu me conseiller un semblable forfait,
D’abandonner Lélie et prendre _ce malfait_?
(_Sgan._ 2.)
MALGRÉ QUE J’EN AIE ou QU’ON EN AIT:
--Me voulez-vous toujours appeler de ce nom?
--Ah! _malgré que j’en aie_, il me vient à la bouche.
(_Éc. des fem._ I. 1.)
Madame tourne les choses d’une manière si agréable, qu’il faut
être de son sentiment _malgré qu’on en ait_.
(_Crit. de L’Éc. des fem._ 3.)
Cet exemple n’autorise point l’emploi de _malgré que_. _Malgré que vous
disiez..._ pour _quoi que vous disiez_, sera toujours un solécisme.
Voici la différence: dans _malgré qu’on en ait_, _mal gré_ ou _mauvais
gré_ est le complément naturel et direct d’_avoir_. C’est une espèce
d’accusatif absolu: mauvais gré, tel mauvais gré que vous en ayez.
Mais cette explication n’est plus possible dans _malgré que vous
disiez, fassiez..._, parce que _gré_ ne saurait être ici le complément
des verbes _faire_, _dire_: on ne dit pas, on ne fait pas un gré. Au
contraire, _quoi_ (_quid_) s’allie très-bien aux verbes _faire_ et
_dire_: _quoi que vous fassiez_, mot à mot _quid quod agas_.
La faute est venue de ce qu’on a fait de _malgré_ une sorte d’adverbe,
en perdant de vue ses racines. Cela ne fût pas arrivé si l’on avait
retenu l’usage d’écrire en deux mots _mal gré_. Personne ne s’est
jamais avisé de dire: _En dépit que vous fassiez_; parce que _dépit_
est resté visiblement substantif.
(Voyez DÉPIT.)