ÉCHAPPER (L’) BELLE:

Je viens de l’_échapper bien belle_, je vous jure!

(_Éc. des fem._ IV. 6.)

Le substantif de l’ellipse paraît être _occasion_, comme dans _vous

nous la donnez belle_! On comprend que, dans ces formules, l’absence

du mot précis a permis à l’usage d’étendre un peu le sens et les

applications.

Nous l’avons en dormant, madame, _échappé belle_!

(_Fem. sav._ IV. 3.)

L’usage a consacré cette forme avec cette orthographe, parce qu’elle

date d’une époque où l’on n’était pas bien rigoureux sur l’accord des

participes, et que d’ailleurs l’ellipse du substantif féminin dissimule

un peu la faute. Il est certain que, à la rigueur, il faudrait

_échappée belle_. Cependant, en prose même, personne n’a jamais écrit

le participe au féminin:

«Ma foi, mon ami, _je l’ai échappé belle_ depuis que je ne t’ai

vu!»

(LESAGE, _Gil Blas_.)

L’italien possède beaucoup de locutions faites, où l’adjectif est

ainsi au féminin par rapport à un substantif sous-entendu:--_come la

passate?_--_questa non l’intendo_;--_ei me l’ha fatta_;--_questa non

mi calza_, etc., etc., où l’on peut supposer dans l’ellipse les mots

_vita_, _cosa_, _burla_, _scarpa_.

Lexique comparé de la langue de Molière et des écrivains du XVIIe siècle · 第 175 / 467 题