Le général Drouot qui présidait à toutes les prises de possession
présida aussi à celle de l'hôpital militaire, et il l'inspecta dans
toutes ses parties; l'Empereur l'examina également avec une attention
scrupuleuse. De cette inspection et de cet examen il résulta une
nouvelle organisation.
L'Empereur nomma:
MM. Squarci, médecin;
Émeri, chirurgien;
Gatti, pharmacien;
Vivier, directeur comptable;
Soumaire, garde-magasin et commis aux entrées.
Tous les employés subordonnés furent désignés à la suite de ces
nominations.
L'Empereur nomma également au conseil d'administration. Le général
Cambronne, M. Lacour, commissaire des guerres, M. (_nom en blanc_),
capitaine d'infanterie de la garde, M. Lanoue, lieutenant d'artillerie
de la garde, et M. le docteur Foureau de Beauregard en furent les
membres titulaires; le général Cambronne était le président du conseil;
le docteur Foureau de Beauregard était l'inspecteur de l'hôpital; le
chirurgien du bataillon franc et celui du bataillon corse furent
adjoints au chirurgien Émeri.
Le conseil d'administration se réunissait deux fois par mois, plus
souvent lorsque le bien du service l'exigeait. Il se faisait sévèrement
rendre un compte exact de tout ce qui se passait à l'hôpital; les
employés craignaient, ils marchaient droit. Jamais les malades ne furent
mieux soignés. L'Empereur les visitait souvent.
On se plaignait généralement de l'hôpital civil: l'Empereur ordonna
qu'il lui fût fait un rapport sur la tenue de cet hôpital. Il crut qu'il
pouvait adoucir le sort des malades, il les fit transférer à l'hôpital
militaire: la translation eut lieu avec les précautions les plus
délicates; les femmes eurent un local absolument séparé de celui des
hommes. L'hospice civil fut supprimé.
La police reçut l'ordre d'exercer la surveillance la plus rigide sur les
maladies honteuses. Cette rigidité était d'autant plus nécessaire que
Livourne était pour Porto-Ferrajo une sentine constamment dangereuse à
cet égard.