Anselme Mallet, chef de bataillon.
Laborde, capitaine adjudant-major.
Victor Mélissent, lieutenant en premier, sous-adjudant-major.
Joseph-Félicien Arnaud, lieutenant en premier.
Apollinaire Emery, chirurgien de deuxième classe.
Louis Ebérard, sous-aide-major.
Carré, sergent-tambour.
Antoine Gaudiano, chef de musique.
Laurent Fresco, sous-chef de musique, première clarinette.
Joseph Parconini, clarinette.
Joseph Donizetti, première flûte.
Joseph Cicero, premier cor.
André Brascelli, deuxième clarinette.
Louis Deferrari, deuxième clarinette.
Dominique Giuli, chasseur.
_Première compagnie._
Lamouret, capitaine.
Thibault, lieutenant en premier.
Lerat, lieutenant en second.
Joachim, sergent-major; Bertrand Chanais, Mathieu Lapra, Jacques
Gavin, Charles Bretet, sergents; Antoine Cicero, fourrier.
_Deuxième compagnie._
Michel Combe, capitaine.
Joseph Duguenot, lieutenant en premier.
André Bigot, lieutenant en second.
Louis Perrier, sergent-major; Jean Perrier, Pierre Fouque, Jean
Riverain, Jean Martin, sergents; Jacques Chanat, fourrier.
_Troisième compagnie._
Charles Dequeux, capitaine.
Jean-Pierre-Édouard Paris, lieutenant en premier.
Jean-François Jeanmaire, lieutenant en second.
Étienne-François Puyroux, sergent-major.
Antoine Délaye, Antoine Blanc, Jean-Louis Crollet, Joseph Brunon,
sergents; Baptiste Leromain, fourrier.
_Quatrième compagnie._
Jules Loubers, capitaine.
Pierre Seré Lanaure, lieutenant en second.
François Franconnin, _idem_.
Antoine Escribe, sergent-major; Berthel Thomas, Charles Lefebvre,
Charles Grenoulliot, François Pierson, sergents.
_Cinquième compagnie._
Louis-Marie-Charles-Philippe Hurault de Sorbée, capitaine.
Louis Chaumont, lieutenant en second.
Charles-Claude Noisot, _idem_.
Edme Tassin, sergent-major; Pierre Auge, Laurent Blamont, François
Belais, Pierre Vendremish, sergents; Narcisse Tassin, fourrier.
_Sixième compagnie._
Jean-B. Mompez, capitaine.
Barthélémy Bacheville, lieutenant en second.
Mallet, _idem_.
Georges Souffio, sergent-major; François Talon, François Matthieu,
Nizier Lacour, François Scaglia, sergents; Michel Huguenin,
fourrier.
_Compagnie de marins._
Jacques Benigni, sergent-major.
Victor Cordeviole, sergent.
François Juliany, caporal.
Joseph Rubiani, Antoine-Joseph Lotta, _idem_.
Marins de première classe: Jean Vilchy, Mathieu Dolphy, Vincent
Jeard, Louis Chansonnet, Tranquille Coquet, Jean Debos, Levasseur,
Jérôme Legrandy, Augustin Voicogne, Simon Coste.
Marins de seconde classe: Jean Lambert, Grosard, Vido Samianti,
Vincenti, Jean-Antoine Leroux, Louis Jansonnetti.
_Escadron chevau-légers lanciers._
Jean Schultz, capitaine.
Balinski, _idem_.
Guitonski, lieutenant en premier.
Skoirresuski, lieutenant en second.
Radon Séraphin, Joseph Zielenluenoicz, _idem_.
Piotronky, _idem_.
Raffaezynski, Alexandre Piotronsky, maréchaux des logis chefs.
Maréchaux des logis: Marthe Bielicki, Joseph Zaremba, Louis
Trzebiatonski, François Fierzeiecoski, Jean Fuszezenski, Stanislas
Borocoski, Nicolas Schultz; Jean Nuchmewiez, fourrier; Joseph
Policaski, _idem_.
Si cela avait dépendu de moi, j'aurais fait la biographie de tous les
braves qui avaient suivi l'Empereur à l'île d'Elbe; mais pendant mon
long exil la famille elboise s'est totalement dispersée, et, faute de
matériaux positifs, je ne puis parler que des officiers dont il m'a été
possible d'étudier le caractère. Lorsque je fais l'histoire du père, que
je cherche à ne rien oublier de ce qui était lui, de ce qui tenait à
lui, je ne dois pas omettre de dire ce que je sais de ses enfants.
Le général Cambronne commandait la compagnie dans laquelle La Tour
d'Auvergne trouva une mort glorieuse. Il était d'une bravoure à toute
épreuve. Sa carrière militaire est illustrée par beaucoup de traits de
dévouement, mais la violence de son caractère était quelquefois
effrayante. De retour de l'île d'Elbe, l'Empereur le nomma lieutenant
général, et il refusa. À la funeste journée de Waterloo, il fut
grièvement blessé, et les Anglais, qui l'avaient ramassé sur le champ de
bataille, le conduisirent prisonnier en Angleterre. On lui a prêté ces
belles paroles qu'il n'avait pas dites, qu'il n'avait jamais été en
position de dire: «La garde meurt, elle ne se rend pas», et pour rendre
hommage à la vérité il les désavoua. De mauvais conseils lui firent
prendre du service sous la Restauration.
Le commandant Mallet, chef de bataillon de la garde, avait peu
d'instruction, mais c'était une belle nature de soldat, de bon soldat
franc, loyal, dévoué, pouvant honorablement remplir sa tâche et la
remplissant à la complète satisfaction de l'Empereur, ainsi qu'à celle
des braves qui étaient immédiatement sous ses ordres.
Le capitaine Laborde, adjudant-major, avait reçu une bonne éducation, en
avait profité, et, malgré son exaltation méridionale, tout en lui
témoignait d'un bon coeur ainsi que d'une belle âme. Il était brave comme
l'épée de Bayard.
Le lieutenant en premier Mélissent, sous-adjudant-major, ne fit que
paraître et disparaître, et lorsqu'il s'en alla, ses camarades se
demandèrent pourquoi il était venu. Son départ prématuré fit que
personne ne le regretta; c'était cependant un bon officier.
L'officier payeur, Félicien Arnaud, était à la fois un excellent soldat
et un bon comptable, et tous les braves l'entouraient d'estime.
D'un talent distingué, homme de science et homme d'épée, généreux,
dévoué, religieusement soigneux pour les blessés, le chirurgien Emery,
chirurgien en chef de la garde, était une des belles illustrations de ce
corps éminemment illustre, et Grenoble, qui a donné tant de grands
hommes à la patrie, peut le compter parmi ses enfants d'une noble
distinction. Nous le retrouverons à notre débarquement en France.
Voilà pour l'état-major.
Le capitaine Lamouret, doyen des capitaines de la garde, renfermé
strictement dans le cercle de ses devoirs militaires, cherchait peu à
aller au delà, et l'estime l'entourait.
Le lieutenant en premier Thibaut avait la réputation d'un bon officier,
et avec les braves de la garde, il était impossible que ce fût une
réputation usurpée.
Je ne connaissais pas le lieutenant en second Lerat. Toutefois, je
savais qu'il était considéré.
La seconde compagnie avait pour son chef le capitaine Combe, qui s'était
fait honorablement remarquer le jour de l'infâme trahison de Marmont, et
qui est mort glorieusement au siège de Constantine. Le capitaine Combe
avait beaucoup d'esprit naturel; il était instruit, les beaux-arts
occupaient ses loisirs, il dessinait assez bien. Il avait une force
musculaire remarquable. Son père, colonel, l'avait élevé très durement,
et il s'était de bonne heure habitué à cette dureté; on pourrait même
dire qu'il se l'était appropriée, ce qui quelquefois le rendait gênant
pour ses camarades. Son courage était à toutes les épreuves; mais il
était au moins aussi ambitieux que brave, et, s'il avait vécu, il aurait
donné de la tablature au pouvoir.
Je n'ai pas connu le lieutenant en premier du capitaine Combe, M. Joseph
Duguenot. Le capitaine Combe en parlait avantageusement.
Le lieutenant en second Bigot faisait honneur à son habit. Je l'avais
quitté avec la réputation du bon soldat, je l'ai retrouvé avec les
sentiments d'un bon citoyen, ce à quoi MM. les Impériaux ne m'ont pas
habitué.
La troisième compagnie n'avait pas son capitaine titulaire. Elle était
provisoirement commandée par le lieutenant en premier Charles Dequeux,
officier capable qui la commandait bien et qui méritait de la commander
définitivement. Un autre lieutenant en premier, Jean-Pierre-Édouard
Paris, avait une noble conduite et jouissait d'une belle réputation.
M. Jean-François Jeanmaire, sous-lieutenant dans cette compagnie, tenait
une belle place dans le rang des bons officiers, et, jeune encore, il
était considéré comme un excellent militaire. Ce brave est maintenant
messager d'État à la Chambre des députés.
Le capitaine Jules Loubert affectait les allures de ce qu'on appelle une
personne bien née: ce qui n'est pas toujours la preuve d'une haute
naissance. Cependant le capitaine Loubert était «fils de famille», comme
on disait jadis. Ses prétentions aristocratiques le rendaient
impopulaire; il n'était pas aimé. L'Empereur le chargea d'aller à Gênes
acheter des draps. Puis il le choisit pour être le danseur de la
princesse Pauline, ce qui était un bon choix, car le capitaine Loubert
dansait parfaitement. On le considérait comme le Vestris de la garde,
qui avait cependant d'autres fort bons danseurs. Bien manier les jambes
n'empêche pas de bien manier l'épée, le capitaine Loubert était un bon
officier. La garde nationale de Paris lui donna une grande marque
d'estime: elle le nomma colonel d'une de ses légions.
Le lieutenant en second Seré-Lanaure comptait au nombre des braves. Le
lieutenant en second Franconnin se faisait remarquer par une politesse
exquise; il était aussi bien placé dans un salon que dans un camp. À
travers la douceur de son caractère, ses yeux brillaient de courage, et
comme soldat son rang était au premier rang des braves.
Une grande nomenclature de prénoms a quelque chose de la prétention
d'une grande série de titres. Ce n'est pas le capitaine
Louis-Marie-Charles-Philippe Hurault de Sorbée qui me fera changer
d'avis à cet égard. Ce capitaine arriva à l'île d'Elbe avec la garde; il
était officier distingué. Mais il avait laissé son épouse auprès de
Marie-Louise; l'Empereur lui donna une mission qui le rendit à sa
compagne conjugale. Le capitaine Hurault de Sorbée est maintenant
maréchal de camp; il était déjà colonel sous la Restauration.
Le lieutenant en second Chaumet dirigea cette compagnie lorsque le
capitaine Hurault de Sorbée en quitta le commandement, et il la dirigea
très bien.
Cette compagnie avait aussi le lieutenant en second Claude Charles
Noisot. La nature du lieutenant Noisot était l'une de ces belles natures
qui se font aimer à tort et à travers. Jeune, léger, étourdi, impétueux,
aimant, dévoué, brave, plein d'honneur, il avait tous les légers défauts
ainsi que toutes les belles qualités du jeune chevalier français.
C'était un de ces bons soldats qui savent aussi être bons citoyens. Le
lieutenant Noisot a conservé dans toute sa pureté sa religion d'amour
pour la mémoire de l'Empereur, et, à ses frais, il vient dans sa
propriété de faire élever une statue en bronze au héros de la France:
hommage pieux qui n'est même venu à la pensée d'aucun des maréchaux de
l'Empire! Je paye un tribut de reconnaissance nationale au lieutenant
Noisot. Que ma parole amie aille lui faire comprendre combien j'ai été
profondément ému du bel exemple qu'il a donné[63]!
Le capitaine Mompez était un officier capable. Ce n'était pas l'officier
sur l'amour duquel l'Empereur pouvait le plus compter; il se préparait à
rentrer en France lorsque l'Empereur quitta l'île d'Elbe[64].
Un lieutenant en second, Barthélémy Bacheville, était aussi attaché à la
6e compagnie, commandée par le capitaine Mompez. Il avait toutes les
qualités d'un soldat, et lorsque le gouvernement de la Restauration eut
crié haro sur tous les hommes de coeur, le lieutenant Bacheville dut
s'expatrier.
Le lieutenant en second Mallet n'avait pas à beaucoup près les belles
qualités du commandant Mallet. C'était un officier ordinaire.
Les officiers polonais qui n'avaient pas quitté l'Empereur se
comportèrent à l'île d'Elbe comme des officiers modèles, et le colonel
Germanovski y apparut avec une haute supériorité; les capitaines Schultz
et Balinski étaient aussi des hommes dignes. L'Empereur honorait tous
ces enfants adoptifs de la France; il aimait à s'entretenir avec eux, et
il était toujours satisfait de leur entretien. Malheur à la France,
alors qu'elle est gouvernée de manière à ne pouvoir pas se dévouer à sa
soeur la Pologne! Le gouvernement de la France qui abandonne la Pologne
est un gouvernement de malédiction pour les Français. Ce n'est pas ici
de l'exaltation, c'est de l'honneur. L'abandon de la Pologne est un
crime de lèse-humanité. Ce crime sera puni le jour même où la nation
française reprendra l'exercice de sa puissance suprême.