Je commençais mon récit lorsque le général Bertrand, s'approchant de
l'Empereur, lui fit observer que, s'il n'avait pas l'intention de nous
faire coucher à la belle étoile, il était temps de rentrer, et
l'Empereur, d'accord avec le général Bertrand, continua en s'adressant à
moi: «En effet, nous nous sommes oubliés. Il faut que nous allions
reposer. Votre récit ne sera pas perdu: je vous le demanderai.»
Nous rentrions, un violon frappa l'oreille de l'Empereur, l'Empereur me
demanda ce que c'était. Je lui répondis que c'était un bal pour fêter le
mariage d'un marin: «Allons voir danser les marins», dit tout de suite
l'Empereur, et il tourna ses pas vers le lieu de la danse. Ébahi, je lui
observai qu'à une heure aussi avancée, les marins devaient avoir la tête
échauffée par le plaisir et le vin, et qu'il pourrait bien se faire
qu'il s'exposât à un manque de respect: «Bah! me répondit l'Empereur,
ces braves gens m'offriront un verre d'aleatico, voilà tout!» Et il
continuait à marcher: je le priai encore, le général Bertrand le pria
aussi; chacun fit sa prière (_sic_). Alors l'Empereur, s'arrêtant, nous
dit gravement: «C'est en petit comme en grand! Puisque tout le monde est
contre moi, il faut bien que je cède!» Et il alla se coucher.
Nous étions tous debout le lendemain de très bonne heure. Lorsque je fus
présenter mes respects à l'Empereur, il me demanda si je n'avais plus
rien à lui faire voir. Je lui répondis qu'il y avait une pêche matinale
préparée, et des bâtiments du pays prêts à charger du minerai. La pêche
était au filet qu'on appelle la «seyne»; on pêcha trois fois, toujours
abondamment. L'Empereur avait passé un bon moment; mais la manière de
charger le minerai l'intéressa davantage, il témoigna un grand
étonnement. Ce jour-là, le chargement était difficile parce que la mer
était houleuse, et que les bâtiments que l'on chargeait remuaient
beaucoup. Mais les ouvriers chargeurs, stimulés par la présence de
l'Empereur, se jouant du balancement de la planche sur laquelle ils
devaient passer en portant plusieurs quintaux de minerai sur l'épaule
droite, couraient plus vite que jamais, et en courant ils tournaient la
tête pour s'assurer que l'Empereur les regardait. L'Empereur m'ordonna
de leur accorder une gratification.
Il me restait à faire voir à l'Empereur un figuier remarquable et dont
on lui avait parlé. Ce figuier de haute structure a, de son tronc
principal, laissé autour de lui tomber ses branchages à terre, et ces
branchages enfoncés dans la terre sont allés se reproduire à une
certaine distance, former d'autres grands arbres qui, à leur tour, ont
encore laissé tomber leurs rameaux, lesquels rameaux, soumis à
l'impulsion de leurs prédécesseurs, se sont aussi enterrés pour
continuer la reproduction, qui en effet continue; de manière qu'il y a
là plusieurs générations de figuiers qui ont chacun un beau salon à
offrir aux voyageurs qui vont leur demander de l'ombrage, et l'Empereur
en profita. Je m'emparai de cette circonstance pour lui montrer un
abricotier qui, l'année auparavant, avait produit soixante quintaux
d'abricots. Je lui fis également visiter les orangeries du pays, assez
importantes pour qu'on dût penser sérieusement à les propager. Mais je
tenais surtout à le conduire à un arbre vraiment extraordinaire; c'était
un pêcher. Ce pêcher appartenait à un de mes employés; chaque année, le
jour de la Noël, cet employé offrait à ma femme douze pêches cueillies
sur ce pêcher quelques minutes auparavant, et il n'en avait pas une
seule qui ne fût du poids de douze onces. Je dis cela à l'Empereur;
l'Empereur se mit à rire; il m'assura que mon employé m'en contait; je
lui protestai que j'avais vu les pêches de mes propres yeux, l'Empereur
n'était pas convaincu. C'est même dans ce sentiment d'incrédulité qu'il
me suivit au pêcher mystérieux. Il l'examina, il l'examina encore, et,
n'y trouvant rien qui pût fixer son attention, il se retira en disant:
«Nous verrons.» Ce «nous verrons» était un avis, du moins je le regardai
comme tel.
La fête de Noël arriva, les pêches l'accompagnèrent. Mon employé porta
ses douze pêches à ma femme. Ma femme me chargea de les présenter à la
princesse Pauline. La princesse Pauline les fit servir à la table de
l'Empereur; j'avais l'honneur d'être à table. L'Empereur crut tout à
coup que c'était un de ces fruits de fabrique italienne dont le
perfectionnement peut tromper l'oeil le plus exercé: il manifesta son
étonnement pour cette exacte imitation de la nature; la princesse
Pauline jouissait de l'erreur de l'Empereur. L'Empereur s'en aperçut; il
se rappela le pêcher de Rio-Marine; il me regarda, et il prit une pêche.
La pêche n'était pas l'oeuvre de l'homme, c'était un enfant de la terre.
L'Empereur l'admira, la mangea, et convint que j'avais eu raison.
J'ai promis de parler encore de ce commandant Gottmann qui, après avoir
désolé les habitants de Longone, porta la perturbation sur la Pianosa,
et que l'Empereur avait destitué. L'Empereur allait partir, il était
déjà à cheval, lorsque le commandant Gottmann se présenta à lui pour
réclamer contre la destitution dont il avait été frappé, et qu'il s'y
présenta avec le ton d'un énergumène qui voulait ameuter le public.
L'Empereur l'engagea avec dignité à s'adresser au général Drouot, que
cela regardait, et il l'assura que justice lui serait rendue s'il y
avait eu erreur dans la mesure prise à son égard. Le commandant
Gottmann, trompé par le calme de l'Empereur, crut qu'il l'avait
intimidé, et il parla plus fort. Ce fut une scène scandaleuse, à tel
point que le général Bertrand dut menacer le commandant Gottmann de le
faire arrêter s'il continuait ses inconvenantes criailleries. L'Empereur
resta impassible, mais, lorsque tout le monde fut prêt à le suivre, il
piqua son cheval, se mit en route au grand trot et laissa le commandant
Gottmann au milieu de la rue. Le commandant Gottmann s'épuisa en paroles
de véhémence, accusa le ciel, s'en prit à la terre, et, resté seul, il
quitta le champ de ses tristes prouesses.
L'Empereur m'avait engagé à aller avec lui à Monte Serrato, où il se
rendait, et je l'accompagnais. Je montais le cheval de ma femme, joli
petit corse, magnifique de beauté, infatigable de marche, et qui
plaisait beaucoup à l'Empereur. Le général Bertrand avait une grande
monture: l'Empereur croyait que le général Bertrand pouvait aller plus
vite que moi, le général Bertrand le croyait aussi. Nous courrûmes
(_sic_); je dépassai le général Bertrand avec une facilité étonnante.
L'Empereur louait tellement mon petit cheval que je me crus obligé de le
lui offrir; il me répondit qu'il se ferait un cas de conscience d'en
priver Mme Pons.
Pendant que l'Empereur était à Rio-Marine, une ancienne religieuse,
habitante de Rio-Montagne, avait demandé plusieurs fois à lui parler, et
comme elle ne jouissait pas d'une bonne réputation, outre qu'elle avait
quitté le voile, on ne l'avait pas présentée. Nous la trouvâmes sur la
route de Longone: évidemment elle attendait l'Empereur. Elle portait un
costume qui était presque le costume obligé du cloître dont elle s'était
volontairement séparée, c'est-à-dire la robe noire, le fichu blanc, le
béguin, la croix. L'Empereur la vit de loin; surpris, il me demanda
pourquoi une personne de couvent se trouvait ainsi seule sur un chemin à
peu près désert et exposée aux outrages de quiconque voudrait
l'insulter. Je lui répondis que je ne croyais pas me tromper en
l'assurant que c'était une contribution qui allait l'atteindre, et de
suite il mit la main à la poche. Je lui répétai l'opinion du pays, et
alors il dit en riant: «Il est inutile de donner à une Magdelaine qui
n'est ni pénitente ni repentante.» La prétendue religieuse s'était mise
à genoux, le chapelet à la main, et, ferme au poste, elle attendait que
l'Empereur l'avoisinât pour opérer une manoeuvre d'éclat. En effet, dès
que l'Empereur fut près d'elle, elle se leva comme une folle, comme une
furieuse, et elle se jeta dans les jambes du cheval de manière à se
faire fouler si le cheval avait pris peur. L'Empereur eut des craintes;
il recula et il demanda à cette femme ce qu'elle voulait. Elle répondit
seulement: «L'aumône.» L'Empereur lui fit l'aumône quoiqu'il n'eût pas
l'intention de la lui faire; puis il dit au général Bertrand: «L'opinion
publique vient de me faire économiser quelques centaines de francs que
j'aurais indubitablement donnés à cette femme.»
À partir de la plaine de Rio, le chemin de Longone, toujours montagneux,
presque toujours à mi-côte, domine sur des vallons dont la plupart sont
bien cultivés. Dans l'un de de ces vallons, sur un penchant faisant face
au septentrion, l'Empereur aperçut avec un vif intérêt des plantations
de châtaigniers; il demanda le nom du propriétaire. Il voulut s'arrêter
en face de la plage de l'Ortanno pour savoir ce que je pensais, quant à
l'embarquement des marbres provenant des carrières qu'il faisait
exploiter sur ce point. Il avait fait faire des études pour pouvoir
ouvrir une bonne route de Longone à Rio, car celle que nous parcourions
n'était guère qu'un chemin vicinal sans nivellement.
En approchant du Monte Serrato, nous marchâmes quelques minutes sur un
sol d'amiante, et je le fis observer à l'Empereur. L'Empereur voulait
des faits. J'appelai un vigneron qui, après quelques coups de pioche,
arracha un gros morceau d'amiante d'un blanc un peu jaunâtre, et il alla
joyeux le présenter à l'Empereur, ce qui lui valut la récompense d'un
napoléon. C'était ce que l'Empereur avait l'habitude de donner dans de
pareilles circonstances; il ne portait pas d'argent blanc sur lui. Le
vigneron assura l'Empereur que ce filon d'amiante serpentait dans toute
la contrée. L'Empereur le questionna pour savoir si les productions du
sol d'amiante valaient mieux ou valaient moins que celles qui venaient
sur un fonds tout de terre végétale. Le vigneron parut assez embarrassé;
il réfléchit, porta ses regards autour de lui, sembla interroger les
propriétés qu'il voyait, et ensuite il dit à l'Empereur: «Le vin blanc
du sol d'amiante, qui du reste n'est pas considérable, vaut mieux, mais
la terre végétale l'emporte pour le vin rouge.» Il lui indiqua plusieurs
vignes d'une qualité supérieure. L'Empereur lui demanda si ces vignes ne
lui appartenaient pas: c'était à peu près cela.
Nous arrivâmes à Monte Serrato ou plutôt à l'ermitage qui porte ce nom,
et que l'on peut considérer comme l'une des plus intéressantes
curiosités de l'île d'Elbe.
L'ermitage est assis sur le plateau d'une des hauteurs montagneuses, au
milieu de l'agglomération qui forme le Monte Serrato. Il y a là un mont
principal couvert d'un schiste qu'on peut tout bonnement appeler
«pourri». Il n'a que quelques arbustes sauvages qui naissent et qui
meurent sans jamais être d'aucune utilité pour les besoins matériels de
la société. En se cramponnant à ces arbustes sauvages, on peut, quoique
difficilement, grimper jusqu'à la crête de cette montagne, d'où l'on
retrouve une vue aussi admirable que des hauteurs de Volterrajo. Mais
pour descendre, ce n'est pas seulement difficile, c'est si dangereux
qu'on peut rouler du haut en bas sans rien trouver qui arrête sur la
pente: j'ai appris cela à mes dépens.
Cependant l'ermitage de Monte Serrato, quoique ainsi entouré, n'a rien
d'effrayant, même de lugubre, et le regard est de suite absorbé par une
foule de détails importants. Là tout n'est pas inculte, et les ermites
titulaires qui depuis des siècles s'y sont succédé, ont trouvé le moyen
d'y ramasser un peu de terre, d'y planter quelques arbres, quelques
vignes, et de faire un enclos pour la culture des herbages. Puis une
chèvre, deux brebis, et un bon petit bidet que l'on garde «parce qu'il y
a de quoi l'entretenir». L'on y est à l'abri des amertumes de la vie,
les jours s'y écoulent presque en dormant. L'église est simple et
pauvre, mais elle est bien tenue toujours; le dimanche un prêtre va y
dire la messe; il y a une fête annuelle. La cellule de l'ermite,
maisonnette assez commode, est située sur une terrasse spacieuse
entièrement couverte de treillages, et qui dans la belle saison forme un
salon extrêmement agréable. La charpente de ce salon est toute en tiges
d'aloès.
L'ermite de Monte Serrato vit autant avec les habitants de la terre
qu'avec les habitants du ciel, car l'on va à l'ermitage encore plus pour
se divertir que pour prier. Jadis les marins avaient une grande
confiance dans la vierge de Monte Serrato: ils lui consacraient beaucoup
de messes, ce qui faisait de l'ermitage de Monte Serrato une
chapelainerie (_sic_) fort importante. Les temps sont changés; les
messes sont rares. L'ermite me disait: «Cela durera jusqu'à ce que la
Vierge nous ait fait quelque bon miracle!»
Pour arriver à l'ermitage, en quittant la route de Longone on prend un
sentier très étroit, bordé par des cyprès d'une grande hauteur, dominant
un ravin de haut en bas couvert d'aloès et de figuiers d'Inde (_cactus
opuntia_), et au fond duquel coule un ruisseau qui va se perdre dans la
mer à la «fontaine de Barberousse». Ce sentier parfois obscur, toujours
très onduleux, fait arriver sur la terrasse devant la cellule. C'est
surtout en débouchant du sentier que l'on est surpris de l'ensemble
vraiment pittoresque de ce lieu, et qu'on est presque forcé de se livrer
à un moment de contemplation. Ces montagnes sans vie semblent faire
encore partie du chaos, où rien en principe n'avait imprimé les traces
de l'homme, dont l'homme s'est pourtant emparé pour y reposer sa tête,
peut-être même pour se séparer des hommes. Et par-dessus, un ciel pur
qui enivre l'imagination de l'immensité de ses richesses!... Ensuite la
nuit, la lune, les étoiles, chaque chose projetant sa lumière ou son
obscurité, ajoutant aux horreurs ou aux beautés, idéalisant le regard...
et la rosée du matin qui semble couvrir la terre de perles orientales,
et la fraîcheur de la soirée que des milliers de plantes odoriférantes
parfument, et un air vivifiant qui se lie amoureusement à la brise de la
mer... Je veux parler de l'enchantement que j'ai vingt fois éprouvé en
entrant dans cette enceinte de solitude et de méditation, sans que j'aie
jamais bien pu analyser toutes les causes de mes différentes émotions,
et, je l'avoue, je sens que maintenant je ne suis pas plus avancé. Ce ne
sont pas là les saintes baumes de la Provence, ni la grotte de saint
François d'Assise en Italie. Le caractère m'en paraît moins religieux.
Néanmoins, tout y élève la pensée vers la divinité; on y prie
d'instinct.
Qu'on ne pense pas que l'Empereur avec toute sa puissance morale pût à
volonté se soustraire à une impression de surprise. Sans doute
l'Empereur commandait à sa figure, mais il obéissait à son coeur, et il
lui était impossible de taire les vibrations de son âme. Il s'arrêta sur
le seuil de l'enceinte: dans une fixité absolue, considérant avec
attention tout ce qui l'entourait, il resta dix minutes sans parler: et
enfin il rompit son silence par ces paroles: «C'est beau, mais ce doit
être bien plus imposant que ce n'est beau durant ces tempêtes
équinoxiales qui sont sillonnées par les éclairs, labourées par le
tonnerre, et qui menacent d'engloutir la terre.» Puis il alla s'asseoir,
toujours en raisonnant sur les choses qui lui paraissaient les plus
remarquables. De sa place il pouvait voir la mer, et cette vue lui fit
beaucoup de plaisir; il se plaignit de ce qu'on n'avait pas apporté sa
lunette d'approche, ce qui l'empêchait d'observer la manoeuvre de
quelques bâtiments qui étaient à la voile.
L'Empereur demanda à l'ermite si la foudre ne faisait pas des ravages
sur le Monte Serrato ou autour du Monte Serrato. L'ermite lui répondit
qu'elle tombait fréquemment, mais qu'elle n'avait jamais atteint
l'ermitage. L'Empereur lui fit observer que la montagne de l'ermitage
était garantie parce que les montagnes qui l'entouraient étaient plus
hautes et plus aiguës. L'ermite dit à l'Empereur: «Il vaut mieux encore
que le peuple croie à la protection de la Vierge.»--«Ce que je
n'empêcherai pas forcément», répliqua l'Empereur, et il ajouta en
parlant italien, assez mauvais italien: «Pourtant, monsieur l'ermite,
notre religion est assez riche de vérités pour pouvoir se passer
d'assertions qui ne sont pas positivement vraies.» L'ermite lui demanda
la permission de le conduire à l'église: elle était illuminée;
l'Empereur s'agenouilla un moment. Il donna à l'ermite, je ne vis pas ce
qu'il lui donnait. Mais immédiatement l'ermite s'entoura de quelques
personnes qui par hasard se trouvaient là, et avec elles il fit des
prières; je crois que ces prières étaient pour l'Empereur.
Par une heureuse précaution, l'Empereur avait fait venir une collation
de Longone: nous la dévorâmes, nous avions tous bon appétit. L'Empereur
se plut beaucoup à nous voir manger «comme des conscrits qui venaient de
faire une corvée». Ce fut là son expression de contentement. L'Empereur
était gai comme tout le monde; ces moments furent vraiment des moments
heureux. Il y eut pourtant un temps de profond silence: l'Empereur
dormit pendant un quart d'heure sur sa chaise.
Au moment du départ, l'Empereur me demanda si je connaissais le
caroubier qui était à la campagne de Saint-Joseph appartenant à M.
Rebuffat, et si ce caroubier méritait la réputation de beauté qu'on lui
faisait. Je répondis à l'Empereur qu'il y avait deux caroubiers, le mâle
et la femelle; que le caroubier mâle, sans être aussi considérable que
celui de la reine Jeanne en Sicile, était cependant fort important,
puisqu'on pouvait dresser sous son ombrage une table de soixante
couverts, ce qui était arrivé à l'occasion du repas nuptial de Mlle
Rebuffat auquel j'avais assisté: «Allons visiter l'arbre de noces», dit
l'Empereur. Nous allâmes; l'Empereur se promena sous les deux
caroubiers; il nous assura qu'il payerait beaucoup pour avoir deux
arbres semblables à son château de Saint-Martin Saint-Cloud.
Il fallait retourner au logis. Je pris congé de l'Empereur: «Je suis
bien content de ma journée d'hier et de ma journée d'aujourd'hui.»
Telles furent les dernières paroles de son adieu; il allait coucher à
Longone.