Note du 21 juillet 1577.
(Coustureau, _Vie du duc de Montpensier_, p. 225.--Bibl. nat.,
mss. f. fr., vol. 3.182, fº 54.)
»Monseigneur le duc de Montpensier prie monsieur le président Barjot
se ressouvenir, estant à Paris, d'envoyer quérir monsieur de
Beauclerc, son secrétaire, logé en la rue de la Coustellerie, près le
carrefour Guillery, pour luy donner les lettres que ledit seigneur luy
escrit, et suivant icelles, retirer de monsieur André les pièces qu'il
luy mande mettre entre les mains dudit sieur président; lequel,
icelles receues, assemblera tous ceux auxquels mondit seigneur escrit,
à tel jour et en tel lieu qu'il advisera, à sa commodité et à la leur,
et leur fera entendre comme par la crainte que mondit seigneur a de
laisser quelque trouble en sa maison, après sa mort, pour raison du
partage que madame la princesse d'Orange, sa fille, pourroit demander,
il desire sçavoir si, sans offenser Dieu en sa conscience, il pourra
de son vivant, assigner dot et partage à ladite dame princesse
équipolent au mariage qu'ont eu mesdames ses soeurs, moyennant lequel
elle renoncera tant aux biens délaissez par feu madame sa mère, qu'à
la succession de mondit seigneur, son père, et ce, au profit de
monseigneur le prince Dauphin, son frère, et de monseigneur le prince
de Dombes, son nepveu, et leursdits enfans; parceque ladite dame
princesse a esté religieuse, professe, et abbesse en l'abbaye de
Jouarre, par l'espace de quatorze ans ou environ, n'en est sortie
qu'après l'âge de vingt-cinq ans accomplis, et s'est après mariée,
sans le sceu de mondit seigneur, son père, à monsieur le prince
d'Orange, qui avoit encores sa femme vivante (bien est vray que, pour
s'estre forfaite en son mariage, elle avoit esté reléguée et confinée
en certain lieu où elle a vescu assez longuement, et tant qu'avant sa
mort, il seroit issu dudit mariage dudit prince d'Orange et de sadite
fille trois enfans): et si ne pouvant ledit seigneur redresser et
convertir sa fille à la religion catholique, par les admonestemens
qu'il lui a faicts et pourra faire, ne aussi la ranger à vouloir
obtenir de nostre saint-père le pape les dispenses qui luy sont
nécessaires pour estre libérée de ses voeux, et pour le faict dudit
mariage, il suffira, pour la descharge de ladite conscience de mondit
seigneur, desdits admonestemens avec protestations qu'il n'entend et
ne veut la favoriser, supporter ne gratifier en son erreur: et si
ledit conseil est d'advis dudit dot, mondit sieur le président fera,
s'il luy plaist, dresser la minute des lettres et contracs qu'il sera
besoing d'estre passé et stipulé pour ce regard entre mondit seigneur
et ladite dame princesse, et la procuration nécessaire pour aller
stipuler ledit contract au nom de mondit seigneur, faire accepter
ledit dot à ladite dame, et lui faire faire ainsi lesdites
renonciations ci-dessus et autres que ledit conseil jugera estre
nécessaires.
Et envoyera mondit sieur le président à mondit seigneur ladite
consultation écrite et signée, avec les minutes de contract et
procuration, le plus tost que faire se pourra.
»Faict à Champigny, le 21e jour de juillet, l'an 1577.
»LOYS DE BOURBON.»