Frascsti, 3l mars

Je crains, mon ami, d'avoir été bien spleenétique ces jours derniers.

Mon dégoût de Rome s'est terminé par quelques jours de maladie. J'ai

quitté Rome et j'espère être mieux ici.

La principale cause de mon mal, c'est le froid que j'ai éprouvé à

Tivoli. C'est bien beau, Tivoli! Je vous en parlerai un autre jour. Je

sais que vous voulez, avant tout, que je vous parle de moi. La bonne

lady Harriet, me voyant trembler la fièvre,--cela m'avait pris comme un

état convulsif en rentrant de cette course,--a prétendu me soigner et

me veiller elle-même. Son mari a eu beaucoup de peine à lui faire

comprendre que cela me gênait et me contrariait au point de me rendre

beaucoup plus malade, et c'est lui qui s'est chargé de moi. Mais avec

quelle délicatesse et quelle bonté! Cet homme est réellement excellent!

Voyant que j'éprouvais comme les chats, le besoin de me cacher d'être

malade, il s'est caché lui-même derrière mon lit et ne s'est montré

que quand, battant la compagne, j'ai été hors d'état de comprendre la

sollicitude dont j'étais l'objet.

Je suis resté ainsi deux fois douze heures, avec un intervalle de douze

heures entre les deux accès. Un bien habile et bien digne médecin

français m'a médicamenté à propos et sauvé, je crois, d'une plus grave

maladie. Je dois dire que la petite Daniella m'a montré aussi beaucoup

d'intérêt, et que, dans mes moments lucides, je l'ai vue autour de moi,

aidant lord B*** à me dorloter. Et puis je ne l'ai plus revue, et même,

lorsque je l'ai cherchée dans le palais pour lui faire mes remerciements

et mes adieux au moment du départ, il m'a été impossible de

l'apercevoir.

C'est qu'il faut vous dire que je me suis enfui à la sourdine. Aussitôt

que j'ai été sur mes pieds, je me suis fait conseiller la campagne pour

quelques jours, par le docteur Mayer. J'aurais voulu retourner à Tivoli;

mais l'air y est mauvais, et c'est Frascati qui m'a été désigné. Lord

B*** voulait m'y amener et s'occuper de mon installation; mais je

déteste tant occuper les autres de ma sotte personne, encore nerveuse et

irascible comme on l'est quand on se sent affaibli, que je me suis sauvé

avant le jour désigné pour le voyage. J'ai pris une petite voiture de

louage, et me voilà enfin libre, c'est-à-dire seul.

Frascati est à six lieues de Rome, sur les monts Tusculans, petite

chaîne volcanique qui fait partie du Systems des montagnes du Latium.

C'est encore la campagne de Rome, mais c'est la fin de l'horrible désert

qui environne la capitale du monde catholique. Ici, la terre cesse

d'être inculte et la fièvre s'arrête. Il faut monter pendant une

demi-heure, au pas des chevaux, pour atteindre la ligne d'air pur qui

circule au-dessus de la région empestée de la plaine immense; mais cet

air pur est moins dû à l'élévation du sol qu'à la culture de la terre

et à l'écoulement des eaux; car Tivoli, plus haut perché du double que

Frascati, n'est pas à l'abri de l'influence maudite.

Aux approches de ces petites montagnes, quand on a laissé derrière soi

les longs aqueducs ruinés et trois ou quatre lieues de terrains ondulés

sans caractère et sans étendue pour le regard, on traverse de nouveau

une partie de la plaine dont le nivellement absolu présente enfin un

aspect particulier assez grandiose. C'est un lac de pâle verdure qui

s'étend BUT la gauche jusqu'au pied du massif du mont Gennaro. Au

baisser du soleil, quand l'herbe fine et maigre de ce gigantesque

pâturage est un peu échauffée par l'or du couchant et nuancée par les

ombres portées des montagnes, le sentiment de la grandeur se révèle. Les

petits accidents perdus dans ce eadre immense, les troupeaux et leurs

chiens, seuls bergers qui, en de certaines parties du steppe, osent

braver la malaria toute la journée, se dessinent et s'enlèvent en

couleur avec une netteté comparable à celle des objets lointains sur la

mer. Au fond de cette nappe de verdure, si unie que l'on a peine à se

rendre compte de son étendue, la base des montagnes semble nager dans

une brume mouvante, tandis que leurs sommets se dressent immobiles et

nets dans le ciel.

Mais, en résumé, voici la critique qui se présente à mon esprit sur

l'effet bien souvent manqué de la plaine de Rome. Je dis _manqué_ par

la nature sur l'oeil des coloristes, et peut-être aussi sur l'âme des

poëtes. C'est un défaut de proportion dans les choses. La plaine est

trop grande pour les montagnes. C'est une étoile énorme avec un petit

cadre. Il y a trop de ciel, et rien ne se compose pour arrêter la

pensée. C'est solennel et ennuyeux, comme en mer un calme plat. Et puis

le genre de civilisation de ce pays-ci trouve moyen de tout gâter, même

le désert. Puisque désert il y a, on voudrait le voir absolu, comme

la prairie indienne de Cooper, dont les défauts naturels me semblent,

d'après ses descriptions et les images que j'ai vues, assez comparables

à ceux d'ici: de trop petites lignes de montagnes autour de trop grands

espaces planes; mais, au moins, la prairie indienne exhale le parfum de

la solitude, et l'oeil du peintre qui voit, quoiqu'il fasse, à travers

sa pensée, peut se reposer sur une sensation d'isolement complet et

d'abandon solennel.

Ici, n'espérez pas oublier les maux passés ou présents de l'état social.

Cette plaine est parsemée de détails criards, d'une multitude de petites

ruines antiques plus ou moins illustres; de tours guelfes ou gibelines,

très-grandes de près, mais microscopiques sur cette vaste arène; de

cahutes de paille, assez vastes pour abriter, la nuit, les troupeaux

errants pendant le jour, mais si petites à distance, qu'on se demande si

un homme peut y loger. Ce semis de détails toujours trop noirs ou trop

blancs, selon l'heure et l'effet, est insupportable, et fait ressembler

la plaine à un camp abandonné.

Pardonnez-moi cette critique froide de lieux qu'on est forcé, par

l'usage de trouver admirables de lignes et ruisselants de poésie. Il

faut bien que je vous explique pourquoi, sauf de rares instants où

l'oeil saisit un détail par hasard harmonieux (les troupeaux le sont

toujours et partout) et une échappée entre deux buttes où, par bonheur,

il n'y a pas de ruines _tranchantes_, je m'écrie intérieurement:

--Laid, trois fois laid et stupide le steppe de Rome! Ô mes belles

landes plantureuses de la Marche et du Bourbonnais, personne ne parle de

vous! Voilà ce que c'est que de manquer de peste, de cadavres, de rapins

et de _larmes de poète_!

Enfin, ici, à Frascati, on entre dans un autre monde, un petit monde de

jardins dans les rochers, qui, grâce au ciel, ne ressemble à rien et

vous fait comprendre les délices de la vie antique. Je tâcherai de vous

en donner peu à peu l'idée; car c'est un cachet bien tranché, et voici

la première fois que je me sens vraiment loin de la France et dans

un pays nouveau. Pour aujourd'hui, je ne vous parlerai que de mon

installation dans un domicile étrange comme le reste.

Oubliez vite ce mot que je viens de dire: _les délices de la vie

antique_, en parlant de la villégiature romaine. La campagne qui

m'environne mérite le titre de délicieuse; mais la civilisation n'y a

point de part pour le pauvre voyageur, et, si les villas princières que

je vois de ma fenêtre attestent un reste de magnificence, la population

ouvrière et bourgeoise qui végète à leur pied ne me parait pas s'en

ressentir le moins du monde.

La ville est pourtant jolie, non-seulement par sa situation pittoresque

et son côté de ruines pendant sur le ravin, mais encore par elle-même.

Elle est bien coupée et assez bien bâtie. On y arrive par une porte

fortifiée qui a du caractère; la place, bien italienne avec sa fontaine

et sa basilique, annonce une importance, une étendue et une aisance qui

n'existent pas; mais c'est comme cela dans toutes ces petites villes des

États de l'Église: toujours une belle entrée, des monuments, quelques

grandes maisons d'aspect seigneurial, quelque villa élégante ou quelque

riche monastère ayant à vous montrer quelques; tableaux de maîtres; et

puis, pour cité, une bourgade d'assez bon air, peuplée de guenilles et

recélant à l'intérieur une misère sordide ou une insigne malpropreté.

Je suis entré dans vingt maisons pour trouver un coin où je pusse

m'établir, et Dieu sait, qu'élevé dans un pauvre village de paysans, je

n'apportais pas là de prétentions aristocratiques. J'ai trouvé partout

le contraste particulier à ce pays: un luxe de décoration inutile au

milieu d'un dénûment absolu des choses les plus nécessaires à la vie.

Dans la plus pauvre demeure, des sculptures et des peintures: nulle

part, à moins de prix exorbitants, un lit propre, une chaise ayant ses

quatre pieds, une fenêtre ayant toutes ses vitres. J'entrais dans ces

maisons sur leur mine. Bien bâties et tenues fraîches, au dehors, par un

air pur, elles annonçaient l'aisance. On est tout surpris de trouver,

dès l'entrée, une sorte de vestibule voûté qui sert de latrines aux

passants; un escalier noir, étroit, avec des marches de deux pieds de

haut, conduisant à un bouge infâme dont l'odeur vous fait reculer. Il

est vrai que l'on a du marbre sous les pieds et des fresques telles

quelles sur la tête. Le superflu est le nécessaire pour le Romain, et

réciproquement.

L'intérieur de l'_Albergo Nobile_ de Frascati, ancien palais vendu et

revendu, est une curiosité sous ce rapport. On traverse de vastes salles

remplies de statues de marbre blanc, copiées sur des antiques. Dans un

grand hémicycle qui sert de salon principal, il y a tout un Olympe

d'une colossale bètise. Ailleurs, ce sont des chambres représentant des

paysages vus à travers des colonnes, des salles de bain fort agréables,

avec des baignoires de marbre blanc sur le modèle des vasques antiques;

d'autres endroits plus secrets encore sont aussi en marbre blanc et

décorés de sculptures. Puis sur tout ce luxe de parois, loques de tapis

rapiécés, des fauteuils dépareillés, si gras et si vermoulus, qu'on

n'ose s'y asseoir; des lits rembourrés d'ardoises, et, pour ornements,

des vases en cartonnage fané, rouge et or, contenant des bouquets de

plumes de paon. Je m'imagine que le roi de Tombouctou, ou le grand

chef des Têtes-Plates, se pâmerait d'aise devant un pareil goût de

décoration.

Ce que j'ai enfin trouvé de plus confortable et de moins cher, c'est la

villa Piccolomini, où me voilà installé. C'est une grande maison carrée,

largement bâti, et qui, malgré son dénûment et son état de dégradation,

mérite encore le titre de palais. Un perron, à marches brisées et

disjointes, où il faut se baisser pour passer sous le linge qui sèche

sur des cordes, donne entrée à un vestibule fermé, qui, rempli de

fleurs, ferait une jolie serre. Au rez-de-chaussée s'étendent d'immenses

appartements voûtés, d'une élévation disproportionnée, et percés de

petites fenêtres qui ont fermé jadis. Tout cela est disposé pour le

frais en été; mais, au temps où nous sommes, c'est glacial. La fresque

qui garnit tout, de la base au faîte de ces chambres-édifices, est d'un

goût insupportable. Tantôt cela veut imiter les arabesques de Raphaël

et n'imite absolument rien; tantôt d'atroces bonshommes nus, soi-disant

divinités mythologiques, se tordent au plafond dans des poses terribles

qui imitent grotesquement les Michel Ange. Les portes sont à fond d'or,

rehaussées du chapeau et des cordelières du cardinalat, emblèmes qui

vous poursuivent dans toutes ces demeures seigneuriales, puisqu'il n'est

pas d'ancienne famille qui n'ait eu quelques-uns de ses membres pourvus

des hautes dignités de l'Église.

Tout cela est sale, crevassé, moisi, terni d'une croûte de piqûres

de mouches. De lourdes consoles dorées, à dessus de riches et laides

mosaïques, et menaçantes de vétusté garnissent les coins. Les glaces,

de quinze pieds de haut, sont dépolies par l'humidité, et raccommodées,

dans leurs brisures, avec des guirlandes de papier bleu. Le pavé de

petites briques s'égrène sous les pieds. Les lits de fer, sans rideaux,

disparaissent dans l'immensité. Le reste du mobilier est à l'avenant de

cette misérable opulence. Une pauvre cheminée pour tout un appartement

de cinq pièces énormes, est à peu près inutile: on ne trouve de bois à

acheter à aucun prix à Frascati, bien que ses collines soient couvertes

d'une magnifique végétation; mais tout cela appartient à trois ou quatre

familles qui, à bon droit, respectent leurs antiques ombrages, et n'ont

rien de superflu à vendre de leur bois mort. Le pauvre monde et les

étrangers qui s'imaginent, comme moi, qu'il faut aller chercher un hiver

doux et un printemps chaud en Italie, se dégèlent le bout des doigts à

la flamme rapide de quelques tiges de bambous pourris qui ne peuvent

plus servir d'échalas aux vignes, et qu'on daigne leur vendre aussi cher

que, chez nous, des bûches de Noël.

Au-dessus de ce rez-de-chaussée qui, sur l'autre face de la maison,

bâtie à mi-côte, est un premier étage, s'étendent des appartements

encore plus vastes, habités en été par une famille suisse, aujourd'hui

propriétaire de la villa Piccolomini. Maintenant la maison serait

entièrement vide sans la présence de quatre ouvriers qui viennent passer

la nuit dans une cave, et celle de la Mariuccia, qui demeure dans les

combles.

La Mariuccia, c'est-à-dire la Marion ou la Mariette (j'avoue que j'ai

été influencé par cette similitude de nom avec la vieille gouvernante

de mon oncle le curé), la Mariuccia est la gardienne, la servante, la

gouvernante, la cuisinière, le régisseur, le _factotum_ de cette grande

habitation et des terres qui en dépendent. C'est un être assez singulier

et assez remarquable: petite, maigre, plate, édentée, malpropre,

hérissée, elle s'attribue _una trentasettesina_ d'années. J'ai été fort

effrayé quand elle m'a offert de faire mon ménage et ma cuisine;

mais, en causant avec elle, j'ai reconnu qu'elle était excessivement

intelligente, spirituelle même, et qu'elle me serait une ressource dans

ces heures de spleen où l'on a besoin d'échanger quelques paroles,

quelques idées avec une créature humaine, si bizarre qu'elle soit.

Elle m'a promené et piloté minutieusement dans _son_ palais en

commençant par les plus belles chambres et en finissant par les plus

humbles, et débattant les pris avec une âpreté énergique. Comme ces prix

étaient, en somme, les plus raisonnables que j'eusse encore rencontrés,

je ne les discutais que pour me divertir de sa physionomie et de sa

parole, étourdissantes de vivacité. Je m'attendais à être rançonné comme

partout et mis au pillage comme une proie acquise aux exigences de

détail d'une servante-maîtresse. J'y étais tout résigné; mais à peine

eus-je fait choix de mon gîte, que les choses changèrent subitement. La

Mariuccia, soit qu'elle m'eût pris en amitié, soit qu'elle ait dans le

caractère un fonds de bonté réelle, commença à me dorloter comme si elle

m'eût connu toute sa vie. Elle s'inquiéta de ma pâleur et se mit en

quatre pour réchauffer ma chambre, défaire ma malle et préparer mon

dîner. Elle apporta chez moi le meilleur fauteuil et les meilleurs

matelas de la maison, fouilla l'appartement de ses maîtres pour me

trouver des livres, une lampe, un tapis propre; bouleversa le grenier

pour me choisir un paravent, et courut au jardin pour me procurer

quelques poignées de bois mort. Enfin, elle fixa le prix de ma

consommation et celui de son service avec une discrétion remarquable.

Cela m'a mis fort à l'aise avec elle, non que je sois d'humeur à

regimber contre le système d'exploitation auquel tout voyageur doit

se soumettre en Italie pour avoir la paix, mais parce qu'on se sent

vraiment soulagé, dès que l'on peut voir dans un être de son espèce,

quoiqu'il soit, un égal sous le niveau de la probité.

Me voilà donc dans un appartement situé au troisième; un troisième qui,

en raison de la hauteur des étages inférieurs serait un sixième à Paris.

De là, j'ai la plus admirable vue qui se puisse imaginer. Je devrais

dire les deux plus admirables vues, car les deux pièces que j'occupe,

faisant l'angle de la maison, j'ai, d'un côté la chaîne des montagnes

depuis le Gennaro jusqu'au Sokafe, la campagne de Rome et Rome tout

entière, visible à l'oeil nu, malgré les treize milles de plaines qui

m'en séparent à vol d'oiseau; de mon autre fenêtre, c'est plus beau

encore: au delà de la plaine immense, je vois la mer, les rivages

d'Ostie, la forêt de Laurentum, l'embouchure du Tibre, et, au-dessus

de tout cela, montant comme des spectres dans le ciel, les pâles

silhouettes de la Sardaigne. C'est immense, comme vous voyez, et un

rayon de soleil m'a fait paraître tout cela sublime. Je peux donc être

ici languissant de santé, paresseux ou enfermé par la pluie. J'ai le

vivre et le couvert assurés, une bonne femme pour me montrer de temps en

temps une figure comique et bienveillante, deux pièces très-basses, mais

assez vastes, trop mal closes et trop haut perchées d'ailleurs pour

n'être pas suffisamment aérées; quelques livres propres à me renseigner

sur le pays, et, n'eussé-je que quelques rares éclaircies de soleil, un

des plus beaux spectacles que j'aie jamais contemplés.

En ce moment, tenez, c'est splendide. Les montagnes sont d'union d'opale

si fin, si doux, qu'on les croirait transparentes. Tout ce côté de

l'est se baigne dans des reflets d'une exquise suavité. Le couchant,

au contraire, est embrasé d'un rouge terrible. Le soleil, abaissé sur

l'horizon, éclate d'autant plus ardent que des masses opaques de nuages

violets s'amoncellent autour de lui. Les méandres marécageux du Tibre se

dessinent en lignes étincelantes sur des masses de forets encore plus

violettes que le ciel. La mer est une nappe de feu, et, comme pour

rendre le tableau plus lumineux et plus bizarre, une riche fontaine,

située sur la terrasse d'une villa voisine, semble faire jaillir, aux

premiers plans, une pluie d'or fondu qui se détache sur un fond de

sombre verdure.

Mes deux chambres sont, à mon sens, les moins laides de la maison,

parce qu'elles n'ont aucune espèce d'ornement. C'est pour cela que la

Mariuccia me les a cédées au moindre prix possible, estimant que je

devais être bien pauvre, puisque je consentais à me passer de fresques

et de bustes. C'est peut-être aussi pour cela qu'elle m'apporte les

meubles les plus propres de l'établissement, compensation qui lui paraît

probablement moins sérieuse qu'à moi.

Vous voilà tranquille sur le compte de votre serviteur et ami, qui,

un peu fatigué de sa journée, va se coucher avec le soleil, comme les

poules.

La Daniella, Vol. I. · 第 18 / 46 题