Je crains, mon ami, d'avoir été bien spleenétique ces jours derniers.
Mon dégoût de Rome s'est terminé par quelques jours de maladie. J'ai
quitté Rome et j'espère être mieux ici.
La principale cause de mon mal, c'est le froid que j'ai éprouvé à
Tivoli. C'est bien beau, Tivoli! Je vous en parlerai un autre jour. Je
sais que vous voulez, avant tout, que je vous parle de moi. La bonne
lady Harriet, me voyant trembler la fièvre,--cela m'avait pris comme un
état convulsif en rentrant de cette course,--a prétendu me soigner et
me veiller elle-même. Son mari a eu beaucoup de peine à lui faire
comprendre que cela me gênait et me contrariait au point de me rendre
beaucoup plus malade, et c'est lui qui s'est chargé de moi. Mais avec
quelle délicatesse et quelle bonté! Cet homme est réellement excellent!
Voyant que j'éprouvais comme les chats, le besoin de me cacher d'être
malade, il s'est caché lui-même derrière mon lit et ne s'est montré
que quand, battant la compagne, j'ai été hors d'état de comprendre la
sollicitude dont j'étais l'objet.
Je suis resté ainsi deux fois douze heures, avec un intervalle de douze
heures entre les deux accès. Un bien habile et bien digne médecin
français m'a médicamenté à propos et sauvé, je crois, d'une plus grave
maladie. Je dois dire que la petite Daniella m'a montré aussi beaucoup
d'intérêt, et que, dans mes moments lucides, je l'ai vue autour de moi,
aidant lord B*** à me dorloter. Et puis je ne l'ai plus revue, et même,
lorsque je l'ai cherchée dans le palais pour lui faire mes remerciements
et mes adieux au moment du départ, il m'a été impossible de
l'apercevoir.
C'est qu'il faut vous dire que je me suis enfui à la sourdine. Aussitôt
que j'ai été sur mes pieds, je me suis fait conseiller la campagne pour
quelques jours, par le docteur Mayer. J'aurais voulu retourner à Tivoli;
mais l'air y est mauvais, et c'est Frascati qui m'a été désigné. Lord
B*** voulait m'y amener et s'occuper de mon installation; mais je
déteste tant occuper les autres de ma sotte personne, encore nerveuse et
irascible comme on l'est quand on se sent affaibli, que je me suis sauvé
avant le jour désigné pour le voyage. J'ai pris une petite voiture de
louage, et me voilà enfin libre, c'est-à-dire seul.
Frascati est à six lieues de Rome, sur les monts Tusculans, petite
chaîne volcanique qui fait partie du Systems des montagnes du Latium.
C'est encore la campagne de Rome, mais c'est la fin de l'horrible désert
qui environne la capitale du monde catholique. Ici, la terre cesse
d'être inculte et la fièvre s'arrête. Il faut monter pendant une
demi-heure, au pas des chevaux, pour atteindre la ligne d'air pur qui
circule au-dessus de la région empestée de la plaine immense; mais cet
air pur est moins dû à l'élévation du sol qu'à la culture de la terre
et à l'écoulement des eaux; car Tivoli, plus haut perché du double que
Frascati, n'est pas à l'abri de l'influence maudite.
Aux approches de ces petites montagnes, quand on a laissé derrière soi
les longs aqueducs ruinés et trois ou quatre lieues de terrains ondulés
sans caractère et sans étendue pour le regard, on traverse de nouveau
une partie de la plaine dont le nivellement absolu présente enfin un
aspect particulier assez grandiose. C'est un lac de pâle verdure qui
s'étend BUT la gauche jusqu'au pied du massif du mont Gennaro. Au
baisser du soleil, quand l'herbe fine et maigre de ce gigantesque
pâturage est un peu échauffée par l'or du couchant et nuancée par les
ombres portées des montagnes, le sentiment de la grandeur se révèle. Les
petits accidents perdus dans ce eadre immense, les troupeaux et leurs
chiens, seuls bergers qui, en de certaines parties du steppe, osent
braver la malaria toute la journée, se dessinent et s'enlèvent en
couleur avec une netteté comparable à celle des objets lointains sur la
mer. Au fond de cette nappe de verdure, si unie que l'on a peine à se
rendre compte de son étendue, la base des montagnes semble nager dans
une brume mouvante, tandis que leurs sommets se dressent immobiles et
nets dans le ciel.
Mais, en résumé, voici la critique qui se présente à mon esprit sur
l'effet bien souvent manqué de la plaine de Rome. Je dis _manqué_ par
la nature sur l'oeil des coloristes, et peut-être aussi sur l'âme des
poëtes. C'est un défaut de proportion dans les choses. La plaine est
trop grande pour les montagnes. C'est une étoile énorme avec un petit
cadre. Il y a trop de ciel, et rien ne se compose pour arrêter la
pensée. C'est solennel et ennuyeux, comme en mer un calme plat. Et puis
le genre de civilisation de ce pays-ci trouve moyen de tout gâter, même
le désert. Puisque désert il y a, on voudrait le voir absolu, comme
la prairie indienne de Cooper, dont les défauts naturels me semblent,
d'après ses descriptions et les images que j'ai vues, assez comparables
à ceux d'ici: de trop petites lignes de montagnes autour de trop grands
espaces planes; mais, au moins, la prairie indienne exhale le parfum de
la solitude, et l'oeil du peintre qui voit, quoiqu'il fasse, à travers
sa pensée, peut se reposer sur une sensation d'isolement complet et
d'abandon solennel.
Ici, n'espérez pas oublier les maux passés ou présents de l'état social.
Cette plaine est parsemée de détails criards, d'une multitude de petites
ruines antiques plus ou moins illustres; de tours guelfes ou gibelines,
très-grandes de près, mais microscopiques sur cette vaste arène; de
cahutes de paille, assez vastes pour abriter, la nuit, les troupeaux
errants pendant le jour, mais si petites à distance, qu'on se demande si
un homme peut y loger. Ce semis de détails toujours trop noirs ou trop
blancs, selon l'heure et l'effet, est insupportable, et fait ressembler
la plaine à un camp abandonné.
Pardonnez-moi cette critique froide de lieux qu'on est forcé, par
l'usage de trouver admirables de lignes et ruisselants de poésie. Il
faut bien que je vous explique pourquoi, sauf de rares instants où
l'oeil saisit un détail par hasard harmonieux (les troupeaux le sont
toujours et partout) et une échappée entre deux buttes où, par bonheur,
il n'y a pas de ruines _tranchantes_, je m'écrie intérieurement:
--Laid, trois fois laid et stupide le steppe de Rome! Ô mes belles
landes plantureuses de la Marche et du Bourbonnais, personne ne parle de
vous! Voilà ce que c'est que de manquer de peste, de cadavres, de rapins
et de _larmes de poète_!
Enfin, ici, à Frascati, on entre dans un autre monde, un petit monde de
jardins dans les rochers, qui, grâce au ciel, ne ressemble à rien et
vous fait comprendre les délices de la vie antique. Je tâcherai de vous
en donner peu à peu l'idée; car c'est un cachet bien tranché, et voici
la première fois que je me sens vraiment loin de la France et dans
un pays nouveau. Pour aujourd'hui, je ne vous parlerai que de mon
installation dans un domicile étrange comme le reste.
Oubliez vite ce mot que je viens de dire: _les délices de la vie
antique_, en parlant de la villégiature romaine. La campagne qui
m'environne mérite le titre de délicieuse; mais la civilisation n'y a
point de part pour le pauvre voyageur, et, si les villas princières que
je vois de ma fenêtre attestent un reste de magnificence, la population
ouvrière et bourgeoise qui végète à leur pied ne me parait pas s'en
ressentir le moins du monde.
La ville est pourtant jolie, non-seulement par sa situation pittoresque
et son côté de ruines pendant sur le ravin, mais encore par elle-même.
Elle est bien coupée et assez bien bâtie. On y arrive par une porte
fortifiée qui a du caractère; la place, bien italienne avec sa fontaine
et sa basilique, annonce une importance, une étendue et une aisance qui
n'existent pas; mais c'est comme cela dans toutes ces petites villes des
États de l'Église: toujours une belle entrée, des monuments, quelques
grandes maisons d'aspect seigneurial, quelque villa élégante ou quelque
riche monastère ayant à vous montrer quelques; tableaux de maîtres; et
puis, pour cité, une bourgade d'assez bon air, peuplée de guenilles et
recélant à l'intérieur une misère sordide ou une insigne malpropreté.
Je suis entré dans vingt maisons pour trouver un coin où je pusse
m'établir, et Dieu sait, qu'élevé dans un pauvre village de paysans, je
n'apportais pas là de prétentions aristocratiques. J'ai trouvé partout
le contraste particulier à ce pays: un luxe de décoration inutile au
milieu d'un dénûment absolu des choses les plus nécessaires à la vie.
Dans la plus pauvre demeure, des sculptures et des peintures: nulle
part, à moins de prix exorbitants, un lit propre, une chaise ayant ses
quatre pieds, une fenêtre ayant toutes ses vitres. J'entrais dans ces
maisons sur leur mine. Bien bâties et tenues fraîches, au dehors, par un
air pur, elles annonçaient l'aisance. On est tout surpris de trouver,
dès l'entrée, une sorte de vestibule voûté qui sert de latrines aux
passants; un escalier noir, étroit, avec des marches de deux pieds de
haut, conduisant à un bouge infâme dont l'odeur vous fait reculer. Il
est vrai que l'on a du marbre sous les pieds et des fresques telles
quelles sur la tête. Le superflu est le nécessaire pour le Romain, et
réciproquement.
L'intérieur de l'_Albergo Nobile_ de Frascati, ancien palais vendu et
revendu, est une curiosité sous ce rapport. On traverse de vastes salles
remplies de statues de marbre blanc, copiées sur des antiques. Dans un
grand hémicycle qui sert de salon principal, il y a tout un Olympe
d'une colossale bètise. Ailleurs, ce sont des chambres représentant des
paysages vus à travers des colonnes, des salles de bain fort agréables,
avec des baignoires de marbre blanc sur le modèle des vasques antiques;
d'autres endroits plus secrets encore sont aussi en marbre blanc et
décorés de sculptures. Puis sur tout ce luxe de parois, loques de tapis
rapiécés, des fauteuils dépareillés, si gras et si vermoulus, qu'on
n'ose s'y asseoir; des lits rembourrés d'ardoises, et, pour ornements,
des vases en cartonnage fané, rouge et or, contenant des bouquets de
plumes de paon. Je m'imagine que le roi de Tombouctou, ou le grand
chef des Têtes-Plates, se pâmerait d'aise devant un pareil goût de
décoration.
Ce que j'ai enfin trouvé de plus confortable et de moins cher, c'est la
villa Piccolomini, où me voilà installé. C'est une grande maison carrée,
largement bâti, et qui, malgré son dénûment et son état de dégradation,
mérite encore le titre de palais. Un perron, à marches brisées et
disjointes, où il faut se baisser pour passer sous le linge qui sèche
sur des cordes, donne entrée à un vestibule fermé, qui, rempli de
fleurs, ferait une jolie serre. Au rez-de-chaussée s'étendent d'immenses
appartements voûtés, d'une élévation disproportionnée, et percés de
petites fenêtres qui ont fermé jadis. Tout cela est disposé pour le
frais en été; mais, au temps où nous sommes, c'est glacial. La fresque
qui garnit tout, de la base au faîte de ces chambres-édifices, est d'un
goût insupportable. Tantôt cela veut imiter les arabesques de Raphaël
et n'imite absolument rien; tantôt d'atroces bonshommes nus, soi-disant
divinités mythologiques, se tordent au plafond dans des poses terribles
qui imitent grotesquement les Michel Ange. Les portes sont à fond d'or,
rehaussées du chapeau et des cordelières du cardinalat, emblèmes qui
vous poursuivent dans toutes ces demeures seigneuriales, puisqu'il n'est
pas d'ancienne famille qui n'ait eu quelques-uns de ses membres pourvus
des hautes dignités de l'Église.
Tout cela est sale, crevassé, moisi, terni d'une croûte de piqûres
de mouches. De lourdes consoles dorées, à dessus de riches et laides
mosaïques, et menaçantes de vétusté garnissent les coins. Les glaces,
de quinze pieds de haut, sont dépolies par l'humidité, et raccommodées,
dans leurs brisures, avec des guirlandes de papier bleu. Le pavé de
petites briques s'égrène sous les pieds. Les lits de fer, sans rideaux,
disparaissent dans l'immensité. Le reste du mobilier est à l'avenant de
cette misérable opulence. Une pauvre cheminée pour tout un appartement
de cinq pièces énormes, est à peu près inutile: on ne trouve de bois à
acheter à aucun prix à Frascati, bien que ses collines soient couvertes
d'une magnifique végétation; mais tout cela appartient à trois ou quatre
familles qui, à bon droit, respectent leurs antiques ombrages, et n'ont
rien de superflu à vendre de leur bois mort. Le pauvre monde et les
étrangers qui s'imaginent, comme moi, qu'il faut aller chercher un hiver
doux et un printemps chaud en Italie, se dégèlent le bout des doigts à
la flamme rapide de quelques tiges de bambous pourris qui ne peuvent
plus servir d'échalas aux vignes, et qu'on daigne leur vendre aussi cher
que, chez nous, des bûches de Noël.
Au-dessus de ce rez-de-chaussée qui, sur l'autre face de la maison,
bâtie à mi-côte, est un premier étage, s'étendent des appartements
encore plus vastes, habités en été par une famille suisse, aujourd'hui
propriétaire de la villa Piccolomini. Maintenant la maison serait
entièrement vide sans la présence de quatre ouvriers qui viennent passer
la nuit dans une cave, et celle de la Mariuccia, qui demeure dans les
combles.
La Mariuccia, c'est-à-dire la Marion ou la Mariette (j'avoue que j'ai
été influencé par cette similitude de nom avec la vieille gouvernante
de mon oncle le curé), la Mariuccia est la gardienne, la servante, la
gouvernante, la cuisinière, le régisseur, le _factotum_ de cette grande
habitation et des terres qui en dépendent. C'est un être assez singulier
et assez remarquable: petite, maigre, plate, édentée, malpropre,
hérissée, elle s'attribue _una trentasettesina_ d'années. J'ai été fort
effrayé quand elle m'a offert de faire mon ménage et ma cuisine;
mais, en causant avec elle, j'ai reconnu qu'elle était excessivement
intelligente, spirituelle même, et qu'elle me serait une ressource dans
ces heures de spleen où l'on a besoin d'échanger quelques paroles,
quelques idées avec une créature humaine, si bizarre qu'elle soit.
Elle m'a promené et piloté minutieusement dans _son_ palais en
commençant par les plus belles chambres et en finissant par les plus
humbles, et débattant les pris avec une âpreté énergique. Comme ces prix
étaient, en somme, les plus raisonnables que j'eusse encore rencontrés,
je ne les discutais que pour me divertir de sa physionomie et de sa
parole, étourdissantes de vivacité. Je m'attendais à être rançonné comme
partout et mis au pillage comme une proie acquise aux exigences de
détail d'une servante-maîtresse. J'y étais tout résigné; mais à peine
eus-je fait choix de mon gîte, que les choses changèrent subitement. La
Mariuccia, soit qu'elle m'eût pris en amitié, soit qu'elle ait dans le
caractère un fonds de bonté réelle, commença à me dorloter comme si elle
m'eût connu toute sa vie. Elle s'inquiéta de ma pâleur et se mit en
quatre pour réchauffer ma chambre, défaire ma malle et préparer mon
dîner. Elle apporta chez moi le meilleur fauteuil et les meilleurs
matelas de la maison, fouilla l'appartement de ses maîtres pour me
trouver des livres, une lampe, un tapis propre; bouleversa le grenier
pour me choisir un paravent, et courut au jardin pour me procurer
quelques poignées de bois mort. Enfin, elle fixa le prix de ma
consommation et celui de son service avec une discrétion remarquable.
Cela m'a mis fort à l'aise avec elle, non que je sois d'humeur à
regimber contre le système d'exploitation auquel tout voyageur doit
se soumettre en Italie pour avoir la paix, mais parce qu'on se sent
vraiment soulagé, dès que l'on peut voir dans un être de son espèce,
quoiqu'il soit, un égal sous le niveau de la probité.
Me voilà donc dans un appartement situé au troisième; un troisième qui,
en raison de la hauteur des étages inférieurs serait un sixième à Paris.
De là, j'ai la plus admirable vue qui se puisse imaginer. Je devrais
dire les deux plus admirables vues, car les deux pièces que j'occupe,
faisant l'angle de la maison, j'ai, d'un côté la chaîne des montagnes
depuis le Gennaro jusqu'au Sokafe, la campagne de Rome et Rome tout
entière, visible à l'oeil nu, malgré les treize milles de plaines qui
m'en séparent à vol d'oiseau; de mon autre fenêtre, c'est plus beau
encore: au delà de la plaine immense, je vois la mer, les rivages
d'Ostie, la forêt de Laurentum, l'embouchure du Tibre, et, au-dessus
de tout cela, montant comme des spectres dans le ciel, les pâles
silhouettes de la Sardaigne. C'est immense, comme vous voyez, et un
rayon de soleil m'a fait paraître tout cela sublime. Je peux donc être
ici languissant de santé, paresseux ou enfermé par la pluie. J'ai le
vivre et le couvert assurés, une bonne femme pour me montrer de temps en
temps une figure comique et bienveillante, deux pièces très-basses, mais
assez vastes, trop mal closes et trop haut perchées d'ailleurs pour
n'être pas suffisamment aérées; quelques livres propres à me renseigner
sur le pays, et, n'eussé-je que quelques rares éclaircies de soleil, un
des plus beaux spectacles que j'aie jamais contemplés.
En ce moment, tenez, c'est splendide. Les montagnes sont d'union d'opale
si fin, si doux, qu'on les croirait transparentes. Tout ce côté de
l'est se baigne dans des reflets d'une exquise suavité. Le couchant,
au contraire, est embrasé d'un rouge terrible. Le soleil, abaissé sur
l'horizon, éclate d'autant plus ardent que des masses opaques de nuages
violets s'amoncellent autour de lui. Les méandres marécageux du Tibre se
dessinent en lignes étincelantes sur des masses de forets encore plus
violettes que le ciel. La mer est une nappe de feu, et, comme pour
rendre le tableau plus lumineux et plus bizarre, une riche fontaine,
située sur la terrasse d'une villa voisine, semble faire jaillir, aux
premiers plans, une pluie d'or fondu qui se détache sur un fond de
sombre verdure.
Mes deux chambres sont, à mon sens, les moins laides de la maison,
parce qu'elles n'ont aucune espèce d'ornement. C'est pour cela que la
Mariuccia me les a cédées au moindre prix possible, estimant que je
devais être bien pauvre, puisque je consentais à me passer de fresques
et de bustes. C'est peut-être aussi pour cela qu'elle m'apporte les
meubles les plus propres de l'établissement, compensation qui lui paraît
probablement moins sérieuse qu'à moi.
Vous voilà tranquille sur le compte de votre serviteur et ami, qui,
un peu fatigué de sa journée, va se coucher avec le soleil, comme les
poules.