Cette ballade a été publiée par M. Thomassy (_Op. cit._, p. 131) et
par M. Leroux de Lincy dans son _Recueil de chants historiques_, I, p.
289 à 292.
Le duc de Bourgogne, dont Christine pleure la mort, est Philippe
le Hardi, quatrième fils de Jean, roi de France, et de Bonne de
Luxembourg, né le 15 janvier 1342, marié à Marguerite, fille unique
et héritière de Louis de Male, comte de Flandre. Il mourut le 27 avril
1404 au château de Hall en Hainaut; grand admirateur de Christine
de Pisan, il fut l'un de ses plus généreux protecteurs. Celle-ci
d'ailleurs ne tarissait pas en éloges sur sa personne et sur sa
cour (voy. la ballade XXXVIII). Pour répondre à son désir elle avait
commencé à écrire en cette même année 1404 le _Livre des fais et
bonnes moeurs du Roy Charles le Sage_, et c'est avec un désespoir
presque prophétique que se traduit dans la présente ballade
l'expression de sa vive douleur, à laquelle elle associe celle du
roi, de la reine, du duc de Berry, de Louis d'Orléans, du jeune duc
de Bretagne (Jean VI) désormais privé des sages conseils et de la
puissante sollicitude de son tuteur.