14 L'Épitre d'Othéa.

Le ms. 836 comprend les art. 15 à 21:

15 Le Chemin de long estude.

16 Les Enseignements moraux.

17 Oraison Notre Dame.

18 Les quinze joies Notre Dame.

19 Le Dit de la «Pastoure».

20 Oraison Notre Seigneur.

21 Le duc des vrais amants.

Enfin le ms. 605 complète le vol. par les art. 22 à 25.

22 Épitre à la Reine Isabelle.

23 Épitre à Eustache Morel.

24 Proverbes moraux.

25 Le livre de Prudence.

Ces divers numéros d'articles, indiquant l'ordre dans lequel

les différentes pièces ont été transcrites, permettent ainsi de

reconstituer d'une façon certaine l'ensemble du ms. tel qu'il était

à l'origine. D'ailleurs, si quelque doute subsistait encore après ce

rapprochement pourtant bien caractéristique, il serait vite dissipé

par un examen sommaire de l'écriture, de la disposition identique

des quatre fragments, de l'enluminure des miniatures ou des lettres

ornées, dues certainement à la même plume et au même pinceau.

M. Paulin Paris[2] avait déjà reconnu l'ancienne composition du ms.

pour les fractions portant les numéros 835, 836 et 605, mais il n'a

pas reconstitué la totalité du volume. M. L. Delisle a également

soupçonné cette corrélation sans l'expliquer et en l'étendant plus

qu'il n'est légitime, car il semble faire rentrer dans la même famille

des mss. tout à fait disparates[3].

[Note 2: _Manuscrits françois de la Bibl. du Roi_, V, 180, et VI,

399, 402.]

[Note 3: _Inventaire des mss. français_, I, p. 74.]

Cette division existait d'ailleurs dès le commencement du XVIe siècle,

ainsi qu'il est permis de le constater par trois mentions que la même

main a tracées à cette époque sur le premier feuillet de garde collé

aujourd'hui à la reliure des mss. 835, 606 et 605. La première note

indique les oeuvres contenues dans le fragment 835, la seconde (ms.

606) est ainsi conçue: «En ce livre a cent une hystoire et XLVI

feuilletz escriptz, et fut reveu par frere ____ le IIe jour de avril

Mil V c et dix», la troisième mention donne la même date. Il est

donc probable qu'à l'origine le ms. se trouvait en cahiers simplement

rattachés entre eux, mais non recouverts d'une reliure, et que pour

le consulter plus facilement on le sépara bientôt en plusieurs parties

qui furent reliées et inventoriées comme autant de livres différents.

Le fragment 835 fut d'abord relié en velours rouge, aujourd'hui il

l'est en maroquin rouge aux armes de France sur les plats, à la fleur

de lis sur le dos; le ms. 836 était également recouvert de velours

rouge, et aujourd'hui de veau racine au chiffre de Louis XVIII sur

le dos. Quant à la reliure des autres fractions elle paraît avoir été

identique, ainsi qu'il résulte des renseignements que l'on trouvera

plus loin dans l'inventaire de la Bibliothèque des ducs de Bourbon.

Ces différents fragments réunis forment un superbe ms. composé des

principales poésies de Christine, ne comprenant pas moins de 269

feuillets et illustré de 125 jolies miniatures.

Cette reconstitution nous permet en outre de fixer d'une façon précise

l'époque de la confection du recueil. En effet, l'oeuvre la plus

récente qui y soit insérée doit être sans aucun doute les _Épitres sur

le Roman de la Rose_ en tête desquelles se trouve la lettre d'envoi

adressée à la reine Isabelle et datée de l'avant-veille de la

Chandeleur 1407. C'est donc dans un intervalle de quatre ans, entre

1408 et 1413 (date du premier inventaire mentionnant le vol. de

Christine) que notre ms. a été préparé et offert au duc de Berry.

L'importance de l'ouvrage et la valeur des oeuvres qu'il renferme

expliquent maintenant tout le prix que Jean de Berry devait y attacher

et la générosité (200 écus) avec laquelle il sut reconnaître l'hommage

de l'auteur. Il avait du reste accueilli avec beaucoup de grâce et

de largesse le _Livre du Chemin de longue étude_ le 20 mars 1403,

le _Livre de la Mutation de Fortune_ en mars 1404[4], les _Faits et

Bonnes moeurs de Charles V_, le 1er janvier 1405, les _Sept Psaumes_,

le 1er janvier 1410; il reçut encore plus tard, les _Faits d'Armes et

de Chevalerie_, le 1er janvier 1413, et le _Livre de la Paix_ le 1er

janvier 1414; sa riche bibliothèque renfermait aussi un exemplaire

distinct de l'_Épitre d'Othéa_ et le livre de la _Cité des Dames_[5];

Christine lui avait donc offert successivement presque tous ses

ouvrages.

[Note 4: Ce ms. est aujourd'hui à la Bibl. royale de La Haye, n°

701.]

[Note 5: Fonds français, n° 607.]

Le précieux ms., dont nous avons reconstitué l'ensemble, fut recueilli

dans la succession du duc de Berry (inventaire de 1416), par sa fille

Marie, épouse de Jean Ier duc de Bourbon; cette princesse, très versée

dans l'étude des lettres, conserva de la superbe collection de son

père 41 mss. qui lui furent attribués pour une somme de 2,500 liv.[6];

on estima 50 liv. l'exemplaire des oeuvres de Christine. Notre ms.

prit désormais place dans la librairie que les ducs de Bourbon avaient

installée dans leur château de Moulins, et pendant tout le XVe siècle

resta entre les mains de ces princes qui se distinguèrent autant

par la noblesse de leur race que par leur goût des livres et

les encouragements qu'ils aimaient à donner aux savants leurs

contemporains. En 1523 lorsque François Ier fit saisir les biens

du connétable de Bourbon, on dressa l'inventaire de la librairie de

Moulins. Un commissaire du roi, Pierre Antoine, en constata l'état le

19 septembre 1523 et se servit à cet effet d'anciens inventaires qui

lui furent communiqués par Mathieu Espinete, chanoine de Moulins,

commis à la garde des livres du duc de Bourbon. Parmi les nombreux

mss. qui ornaient cette riche bibliothèque, nous trouvons sous la

rubrique suivante (correspondant justement à la date des mentions

inscrites sur les feuillets de garde des volumes et que nous avons

signalées plus haut), une description détaillée et exacte des oeuvres

comprises dans les divers fragments qui formaient à l'origine le ms.

offert par Christine au duc de Berry.

[Note 6: Voy. Delisle, le _Cabinet des manuscrits_, I, 167.]

«Ce sont les livres qui ont été restituez et aportez de Paris l'an

M. V c X. C'est assavoir:

--Ung volume ou a cent ballades, plusieurs laiz et virelay,

l'espitre au dieu d'amours, le débat des deux amans, les troys

jugemens, le dit de Poissy, les espitres sur le rommant de la

Roze, en parchemin, à la main.

--Ung autre ou est le livre du chemin de long estude, les ditz de

la Pastour, une belle oraison de Sainct Gregoires, et le livre du

duc des vraiz amans, en parchemin, à la main.

--Ung autre volume contenant les troys livres de la cité des

Dames, en parchemin, à la main (ms. indiqué à l'inventaire du duc

de Berry, n° 293, auj. f. fr. 607.)

--Ung autre volume des espitres que Othea deesse de prudence

envoya à Hector de Troye, en parchemin, à la main.

--Ung autre volume ou est ecrit le livre de Prudence, les

proverbes moraulx, une espitre à la Royne de France, une autre à

Eustace Morel, en parchemin, à la main.

Lesdits cinq livres sont touz couvers de veloux rouge et tenné,

garnys de fermaus de leton, de boulhons et carrées».

(_Inventaire des livres qui sont en la librairie du chasteau de

Molins, 19 sept. 1523._--Bibl. Nat. coll. Dupuy; vol. 438.--Publié

par M. Le Roux de Lincy, Paris, 1850, dans les _Mélanges de la

Société des bibliophiles français_.--Réimprimé par M. Chazaud à la

suite des _Enseignements d'Anne de France_. Moulins, 1878, in-4°,

p. 255-6).

Ces mss. furent ensuite transportés au château de Fontainebleau où

François Ier se glorifiait d'avoir formé une des collections les plus

considérables de l'Europe. La Bibliothèque du Roi revint à Paris à

la fin du règne de Charles IX; notre ms. y est conservé depuis cette

époque, il figure en effet dans les inventaires de 1620 (Rigault) sous

les cotes 593, 672, 673; de 1645 (Dupuy) comme portant les numéros

408, 409, 466, 862, et enfin dans le catalogue de 1682 sous les

numéros 7088, 7089, 7216, 7217.

* * * * *

_A²_--Musée britannique, Harl. 4431.--Ornée de riches miniatures et

d'une exécution très soignée, cette belle copie a été préparée pour

être offerte à la reine Isabelle de Bavière, comme le témoigne la

Dédicace de Christine de Pisan. Il est probable qu'à l'époque des

malheurs qui affligèrent la France au XVe siècle ce ms. fut transporté

en Angleterre. Une mention inscrite sur un feuillet de garde permet de

constater qu'au XVIIe siècle il faisait partie de la collection du

duc de Newcastle; cette indication est ainsi conçue «Henry Duke of

Newcastle, his booke, 1676.» Le volume renferme 398 feuillets et est

illustré de superbes miniatures[7]. Ce bel exemplaire est d'un grand

prix en raison de son origine, de sa richesse et de la qualité de son

texte, mais ce qui lui donne surtout une valeur exceptionnelle, c'est

qu'il renferme un certain nombre de poésies qui n'existent pas dans

les divers mss. des dépôts publics de notre pays; il nous fournit

le texte de cinq nouvelles ballades et de quatre rondeaux, plus une

complainte amoureuse inconnue jusqu'ici; il contient, en outre,

un poème tout entier intitulé «_Cent Balades d'Amant et de Dame_»,

véritable peinture des impressions délicates et variées de deux

amoureux dont les sentiments sont tracés avec beaucoup de grâce et

d'expression. Cette oeuvre assez considérable a dû être composée

uniquement pour la reine Isabelle de Bavière, ainsi que peuvent

le laisser supposer quelques mots de la Dédicace et de la première

ballade[8]. Ce recueil de ballades n'est mentionné dans aucune des

publications qui comprennent l'énumération des compositions poétiques

de Christine de Pisan et nous serons heureux d'en offrir la primeur

dans l'un des volumes suivants. Nous donnons dès à présent la Dédicace

à la reine Isabelle:

[Note 7: Voy. _Bibliographer's Decameron_, par Rev. T. F.

Dibdin, London, 1817, p. 134.--Schaw. _Dresses and Decorations of

the Middle Age_, London, 1843; et _The Illuminator's Magazine_, 1862,

numéros 8 et 9.]

[Note 8: Voy. vers 50 à 60 de la Dédicace à la reine Isabelle et

le passage suivant des «_Cent Balades d'amant et de dame_»:

Quoy que n'eusse corage ne pensée

Quant a present de dits amoureux faire,

Car autre part adès suis a pensée,

Par le command de personne, qui plaire

Doit bien a tous, ay empris a parfaire

D'un amoureux et sa dame ensement,

Pour obeïr a autrui et complaire,

Cent balades d'amoureux sentement.

]

Trés excellent, de grant haultesse

Couronnée, poissant princesse,

Trés noble roÿne de France,

Le corps enclin vers vous m'adresce 4

En saluant par grant humblece;

Pry Dieu qu'il vous tiengne en souffrance

Lonc temps vive, et après l'oultrance

De la mort vous doint la richece 8

De Paradis, qui point ne cesse,

Et au monde sanz decevrance

Paix, joye et toute recouvrance

De quanqu'il affiert a leece. 12

Haulte dame, en qui sont tous biens,

Et ma trés souvraine, je viens

Vers vous, comme vo creature,

Pour ce livre cy que je tiens 16

Vous presenter, ou il n'a riens,

En histoire n'en escripture,

Que n'aye en ma pensée pure

Pris ou stile que je detiens 20

Du seul sentement que retiens

Des dons de Dieu et de nature,

Quoy que mainte aultre creature

En ait plus en fait et maintiens. 24

Et sont ou volume compris

Plusieurs livres es quieulx j'ay pris

A parler en maintes manieres

Differens, et pour ce l'empris 28

Que on en devient plus appris

D'oÿr de diverses matieres,

Unes pesans, aultres legieres,

A qui se delitte ou pourpris 32

Des livres, qui maint ont en pris

Fait monter et prendre manieres

Belles; si doit on avoir chieres

Escriptures, non en despris. 36

Car, si que les sages tesmoignent

En leurs escrips, les gens qui songnent

De lire en livres voulentiers,

Ne peut qu'aucunement n'eslongnent 40

Ygnorence, que ceulx ressongnent

Qui de sens suivent les sentiers,

Si en valent mieulx ceulx le tiers,

Voire plus qui s'en embesongnent 44

Et qui la peine ne ressongnent

D'apprendre, il n'est si beaulx mestiers

Ne qui face gens si entiers,

Quoy que les folz, peut estre, en grongnent. 48

Si l'ay fait, ma dame, ordener

Depuis que je sceus qu'assener

Le devoye a vous, si qu'ay sceu

Tout au mieulx et le parfiner 52

D'escripre et bien enluminer,

Dès que vo command en receu,

Selons qu'en mon cuer j'ay conceu

Qu'il faloit des choses finer 56

Pour bien richement l'affiner

A fin que fust apperceü

Que je mets pouoir, force et sceu,

Pour vo bon vueil enteriner. 60

Dont vous plaise, trés haulte et digne,

Le prendre en gré, tout soye indigne

Que mon euvre estre presentée

Vous doye, mais vostre benigne 64

Condicion qui ne decline

D'umilité, trés redoubtée

Dame, tout soiez hault montée,

Ne vous seuffre en fait ne en signe 68

Que ne soyez, comme roÿne

Doit estre, humaine et arrestée;

Et pour ce ne me suis doubtée

Que vous l'ayés a ce termine. 72

De mon labour et lonc travail

Du livre que mes en vo bail,

Qui contient grant euvre et penible,

Combien que peut estre g'y fail 76

En maint lieux parce que je vail

Trop pou en sens, bien est possible,

Ne vueillez pas, dame sensible,

Pour tant prendre garde au deffail, 80

Mais a ce que je me travail

Voulentiers de ce que possible

M'est a faire en chose loisible,

Qu'a haulte gent voulentiers bail. 84

Si suppli en conclusion,

Haulte dame d'atraction

D'empereurs de digne memoire,

Qu'en benigne devocion 88

Vous plaise mon entencion

Prendre en gré, qui loyale et voire

Est et sera, et si notoire

Ceste mienne posicion 92

Vous soit qu'a tousjours mencion

Soit de moy en vostre memoire,

Si que vostre grace m'avoire

Qu'ayés a moy affection. 96

Le ms. du Musée Britannique contient les mêmes formes de langue que

nous rencontrons dans le ms. de la Bibl. Nat. Comme ce dernier il

renferme 50 ballades «_de divers propos_», tandis que 29 seulement se

trouvent dans les autres mss.; de plus il n'apporte pour ainsi dire

pas de variantes au texte du ms. que nous avons reconstitué plus haut

et paraît avoir été confectionné sur le même plan ou d'après les mêmes

documents, mais à une époque un peu postérieure. Il contient en effet

des oeuvres qui ne se trouvent pas dans le ms. du duc de Berry, à côté

duquel nous le jugeons cependant digne à tous égards de prendre place.

Toutefois, malgré les avantages que peut offrir le ms. du Musée

britannique, nous n'avons pas eu d'hésitation pour adopter dans cette

édition le texte du ms. du duc de Berry et lui donner la préférence

pour toutes les poésies qu'il renferme. Il est facile du reste

d'invoquer en sa faveur les meilleures considérations, tirées non

seulement de son origine bien établie, mais surtout de l'excellence de

son texte. Enfin une dernière raison, et elle a bien son importance,

il est de tous les mss. que nous ayons retrouvés, celui qui se

rapproche le plus de la date de composition des différentes pièces

dont il donne le texte[9].

[Note 9: La confection du ms. du Musée britannique ne peut en

aucune façon être considérée comme antérieure à celle du ms. du duc de

Berry. Ces recueils contiennent tous deux les Epîtres sur le Roman de

la Rose renfermant une pièce datée de la fin de l'année 1407, or nous

avons vu que notre ms., figurant à l'inventaire de 1413, a dû être

composé entre cette dernière date et 1408, on pourrait tout au plus

admettre que les deux mss. sont absolument contemporains, mais comme

le ms. de Londres se trouve complété de diverses poésies nouvelles, il

est logique d'en inférer qu'il est plus jeune de quelques années que

son frère de la Bibl. Nat. (Voy. plus loin ce que nous disons au sujet

des ballades _de divers propos_, _Autres Balades_ § VII, p, XXXVI.)]

Ce ne sera donc que pour mémoire, et afin d'établir une généalogie

complète, que nous signalerons les mss. suivants, exécutés vers le

milieu du XVe siècle et bien inférieurs sous tous les rapports aux

deux mss. précédents:

* * * * *

_B¹_.--Le ms. 604 du fonds français, sur vélin, très volumineux (314

feuillets), mais incomplet de plusieurs feuillets, contient la

plus grande partie des oeuvres poétiques de Christine; cependant sa

préparation est restée inachevée, la place des miniatures est en blanc

et les lettres initiales, destinées à recevoir une ornementation

ne sont même pas indiquées[10]. Il était coté dans l'ancien fonds

(Inventaire de 1682) sous le n° 7087-2 et provenait de la collection

De La Mare n° 413.

[Note 10. C'est d'après ce ms. inférieur que M. Guichard a donné

le texte des Cent Ballades dans le _Journal des savants de Normandie_

(année 1844, p. 371 et s.). Cette publication est, en outre, parsemée

de fautes ou de mauvaises lectures.]

* * * * *

_B²_.--Le ms. 12779 (174 feuillets), à peu près de la même époque

que le précédent, mais plutôt de la seconde moitié du XVe siècle,

ne présente pas grand intérêt; défectueux de quelques feuillets, il

renferme des miniatures très médiocres. Il a appartenu à La Curne

de Sainte-Palaye qui en fit faire deux copies, l'une conservée

aujourd'hui à la Bibliothèque de l'Arsenal sous le n° 3295 (provenant

de la collection Mouchet, n° 6), et l'autre à la Bibl. Nat. Fonds

Moreau, 1686 (Mouchet, n° 8).

* * * * *

_B³_.--Nous devons indiquer en même temps un autre ms. faisant partie

de la même famille, et déposé par M. le comte de Toustain chez MM.

Morgand et Fatout, libraires.[11] Il contient en deux volumes presque

toutes les poésies de Christine, mais il est absolument identique pour

le texte aux mss. 604 et 12779. Nous ferons également remarquer que ce

ms. porte, comme ses deux contemporains de la Bibl. nat., la rubrique

suivante inscrite sur la feuille de garde:

«Cy commencent les rebriches de la table de ce présent volume, fait

et compilé par Christine de Pisan, demoiselle, commencié l'an de grâce

Mil c.c.c. iiij xx xix, Eschevé et escript en l'an Mil quatre cens et

deux, la veille de la nativité Saint Jean-Baptiste.»

[Note 11: Voir le Répertoire général de la librairie Morgand et

Fatout, 1882, p. 190 (n° 1482).]

Cette mention, qui ne peut se rapporter qu'à la date de composition

des premières poésies contenues dans ces trois mss., nous fournit

une indication certaine pour établir la parenté rapprochée qui existe

entre eux. Cette alliance se manifeste sous bien d'autres rapports.

Nous en trouvons la preuve dans l'ordre identique suivi pour la

transcription des différentes pièces, dans le nombre des ballades

_de divers propos_ qui est le même dans les trois mss., dans la forme

orthographique des mots, dans la similitude des variantes, et enfin

dans certaines lacunes et quelques vers faux qui se trouvent rectifiés

dans les mss. _A_[12].

[Note 12: Voici quelques renvois qui prouvent en faveur de

l'excellence du texte donné par la famille _A_:

Ainsi les vers suivants manquent dans la famille _B_: _Cent Ballades_,

XI vers 22 à 25, XXIX v. 12 et 21, LXXII v. 22 à 25; _Virelais_, IX v.

10; _Ier Lai_, v. 73 et 74, 77, 208, 213, 241; _IIe Lai_, v. 55, 61,

74 à 76, 212; etc.

De plus, les vers indiqués ci-dessous se trouvent justes dans _A_

tandis qu'ils sont faux dans _B_: _Cent Ballades_, III vers 5, XV v.

16, XX v. 7, XXIX v. 3, XXXVIII v. 13, XLIX v. 18; _Virelais_, XIII v.

5; _Autres Ballades_, VI v. 6, XII v. 6, etc.

Nous pourrions multiplier les exemples, mais ces indications nous

semblent suffisantes pour édifier le lecteur.]

Ces divers rapprochements nous ont permis de reconstituer dans le

tableau suivant la généalogie probable des mss. contenant les oeuvres

que nous publions dans ce premier volume:

ORIGINAL

/\

A¹ A² «B»

/--------\

B¹ B² B³

Les quelques indications données plus haut sur la disposition des

différentes oeuvres d'après les familles de manuscrits et sur le

nombre variable des compositions, principalement des _ballades de

divers propos_, ressortiront plus clairement encore des deux

tableaux ci-joints, qui seront en même temps les meilleures pièces

justificatives de la généalogie que nous venons d'établir.

_Ordre suivant lequel sont disposées les diverses oeuvres contenues

dans les manuscrits des familles A et B._

Oeuvres poétiques Tome 1 · 第 8 / 339 题