Accord entre les fermiers du poids-le-roi et les marchands parisiens
homologué par le Parlement.
Juillet 1322.
Charles...... Nous faisons assavoir à touz que dou descort ci après
contenu entre les parties ci dessous nommées les dites parties furent à
accort et le baillerent en nostre Parlement en la maniere qui s’ensuit.
Ce sont les poins des quiex accors est faiz pour appaisier le contens
qui pour cause du pois entre les tenens le pois que l’en dit le poys
le Roy et les marchans bourgois de Paris usanz du pois en la dite
ville. Primierement il est accordé que touz marcheanz de pois qui sont
et seront demeuranz à Paris, pour tant que il soient à present et ou
temps avenir bourgois de Paris et tenuz pour borgois, puissent de ci en
avant à touz jours mais, perpetuelment peser leurs marchandises, que
il acheteront les uns aus autres et que il vendront en leur hostieux
à quelconques personnes privées ou estranges en leurs hostieux à leur
pois, consentens à ce leurs marcheanz, et, où il ne seroient d’acort,
les denrées soient portées et pesées au pois dessus dit. _Item_ que
toutes les denrées que il acheteront ou feront achater hors de Paris
et hors de metes de Paris et de la banlieue, comme en Champaigne, en
Flandres, à Monpellier et ailleurs..., il les puissent faire venir à
Paris en leur hostieux... et vendre et peser les en leurs hostieux à
toutes manieres de genz en la maniere dessus dite. _Item_ toutes foiz
que les diz marcheanz bourgois de Paris acheteront denrées qui se
vendent à pois de marcheans estranges en la ville de Paris et dedenz
la banlieue qui ne seront bourgois comme euls de la dite ville, que
icelles denrées soient pesées au pois dessus dit une foiz, et après,
quant il seront en leurs hostieux, se peseront en la maniere que
dessus est dit, et se il avenoit que les achateurs vousissent recevoir
des vendeurs des denrées que il acheteront par le pois dont elles
vendront avalué à celui de Paris, ce que il avient aucunes foiz, ou
que les vendeurs feussent à accort que les acheteurs les passasent à
leur pois, que par paiant de ce le droit du pois faire le peussent,
et de ce soient les marchanz par leurs seremens, et pour ce que grant
grief seroit de porter au pois au dessouz de vint et quatre livres, il
sera fait en la maniere que il a esté acoustumé ou cas où le vendeur
et acheteur si assentiroient.... _Item_ que les pois soient ygaus, se
il ne le sont et pesera l’en les marcheandises au pois qui est appellé
le pois le Roy par mi langue, comme dessus est dit. _Item_ que toutes
foys et quantes foiz que esconvendra ordener, mettre ou changier
peseurs ou dit pois, que les tenenz iceli, appelé aveques euls quatre
ou sis des plus souffisans marcheanz, les y metront les plus proudes
hommes et les plus seuffisans que il pourront et qui sachent maniere de
peser, et aura au dit pois un clerc sage et souffisant, qui escrira par
journées tout ce qui au dit pois sera pesé et retendra et escrira en
son registre ce que les avoirs peseront, et qui vendra et qui achatera,
si comme l’en fait en Champaigne et en plusieurs autres lieus, pour
ce que les descors qui aucunes foiz naiscent entre les marcheanz
puissent estre appaisiéz par le dit reguistre.... _Item_ que toutes
les fois que les dis marcheanz feront à ajouster, il yront au prevost
de Paris ou à son lieuxtenant, qui les fera en sa presence par la main
le Roy ajouster au patron du pois que le prevost de Paris garde ou
Chastellet de par nous.... Et ce ont il accordé... et nostre Cour, pour
appaisier le content dessus dit et pour le commun proufit, a reçeu cest
accort.... En tesmoing de la quele chose, nous avons fait mettre nostre
seel en ces presentes lettres données à Paris en nostre Court l’an de
grâce mil trois cenz vint et deus, ou mois de julet.
(Trésor des Chartes, reg. 61, pièce XI{xx}IIII.)