LXI

Accord entre les fermiers du poids-le-roi et les marchands parisiens

homologué par le Parlement.

Juillet 1322.

Charles...... Nous faisons assavoir à touz que dou descort ci après

contenu entre les parties ci dessous nommées les dites parties furent à

accort et le baillerent en nostre Parlement en la maniere qui s’ensuit.

Ce sont les poins des quiex accors est faiz pour appaisier le contens

qui pour cause du pois entre les tenens le pois que l’en dit le poys

le Roy et les marchans bourgois de Paris usanz du pois en la dite

ville. Primierement il est accordé que touz marcheanz de pois qui sont

et seront demeuranz à Paris, pour tant que il soient à present et ou

temps avenir bourgois de Paris et tenuz pour borgois, puissent de ci en

avant à touz jours mais, perpetuelment peser leurs marchandises, que

il acheteront les uns aus autres et que il vendront en leur hostieux

à quelconques personnes privées ou estranges en leurs hostieux à leur

pois, consentens à ce leurs marcheanz, et, où il ne seroient d’acort,

les denrées soient portées et pesées au pois dessus dit. _Item_ que

toutes les denrées que il acheteront ou feront achater hors de Paris

et hors de metes de Paris et de la banlieue, comme en Champaigne, en

Flandres, à Monpellier et ailleurs..., il les puissent faire venir à

Paris en leur hostieux... et vendre et peser les en leurs hostieux à

toutes manieres de genz en la maniere dessus dite. _Item_ toutes foiz

que les diz marcheanz bourgois de Paris acheteront denrées qui se

vendent à pois de marcheans estranges en la ville de Paris et dedenz

la banlieue qui ne seront bourgois comme euls de la dite ville, que

icelles denrées soient pesées au pois dessus dit une foiz, et après,

quant il seront en leurs hostieux, se peseront en la maniere que

dessus est dit, et se il avenoit que les achateurs vousissent recevoir

des vendeurs des denrées que il acheteront par le pois dont elles

vendront avalué à celui de Paris, ce que il avient aucunes foiz, ou

que les vendeurs feussent à accort que les acheteurs les passasent à

leur pois, que par paiant de ce le droit du pois faire le peussent,

et de ce soient les marchanz par leurs seremens, et pour ce que grant

grief seroit de porter au pois au dessouz de vint et quatre livres, il

sera fait en la maniere que il a esté acoustumé ou cas où le vendeur

et acheteur si assentiroient.... _Item_ que les pois soient ygaus, se

il ne le sont et pesera l’en les marcheandises au pois qui est appellé

le pois le Roy par mi langue, comme dessus est dit. _Item_ que toutes

foys et quantes foiz que esconvendra ordener, mettre ou changier

peseurs ou dit pois, que les tenenz iceli, appelé aveques euls quatre

ou sis des plus souffisans marcheanz, les y metront les plus proudes

hommes et les plus seuffisans que il pourront et qui sachent maniere de

peser, et aura au dit pois un clerc sage et souffisant, qui escrira par

journées tout ce qui au dit pois sera pesé et retendra et escrira en

son registre ce que les avoirs peseront, et qui vendra et qui achatera,

si comme l’en fait en Champaigne et en plusieurs autres lieus, pour

ce que les descors qui aucunes foiz naiscent entre les marcheanz

puissent estre appaisiéz par le dit reguistre.... _Item_ que toutes

les fois que les dis marcheanz feront à ajouster, il yront au prevost

de Paris ou à son lieuxtenant, qui les fera en sa presence par la main

le Roy ajouster au patron du pois que le prevost de Paris garde ou

Chastellet de par nous.... Et ce ont il accordé... et nostre Cour, pour

appaisier le content dessus dit et pour le commun proufit, a reçeu cest

accort.... En tesmoing de la quele chose, nous avons fait mettre nostre

seel en ces presentes lettres données à Paris en nostre Court l’an de

grâce mil trois cenz vint et deus, ou mois de julet.

(Trésor des Chartes, reg. 61, pièce XI{xx}IIII.)

Études sur l'industrie et la classe industrielle à Paris au XIIIe et au XIVe siècle · 第 155 / 199 题