marché, de passer devant son huys, il la viendroit souvent visiter.

Ainsi se partit; et la belle dame commença le lendemain à faire son

abstinence, en prenant règle et ordonnance que durant le temps de son

jeune ne mengeroit son pain et son eaue jusques après soleil couché.

Quand elle eut jeuné trois jours, le sage clerc, ainsi qu'il alloit au

marché à l'heure qu'il avoit acoustumé, vint veoir sa dame, à qui se

devisa longuement; puis, au dire adieu, lui demanda si le jeune estoit

encommencé; et elle respondit que oy. «Entretenez vous ainsi, dist il,

et gardez la promesse que m'avez faicte.--Tout entièrement, dit elle; ne

vous en doubtez.» Il print congé et se partit, et elle, poursuyvant de

jour en jour en son jeune, gardoit l'observance en la façon que promis

l'avoit, tant estoit de loyale et bonne nature. Elle n'avoit pas jeuné

huit jours que sa chaleur naturelle commença fort à refroider, et

tellement que force luy fut de changer habillemens, car les mieulx

fourrés et empanés, qui ne servoient qu'en yver, vindrent servir au lieu

des sangles et tendres qu'elle portoit avant l'abstinence entreprinse.

Au quinziesme jour fut arrière visitée de son amoureux le clerc, qui la

trouva si foible que à grand paine povoit elle aller par la maison; et

la bonne simplette ne se savoit donner garde de la tromperie, tant

s'estoit donnée à amours et mis son entente à perseverer à cel jeune,

pour le joyeux et plaisant delict qu'elle attendoit seurement avoir avec

son grand clerc, lequel, quand à l'entrer en la maison la vit ainsi

foible, luy dist: «Quel viaire est ce là et comment marchez vous?

Maintenant j'aperçoy que avez besoigné l'abstinence et comment. Ma

trèsdoulce et seule amye, aiez ferme et constant courage; nous avons

aujourd'huy achevé la moitié de nostre jeusne. Si vostre nature est

foible, vaincquez la par roiddeur et constance de cueur, et ne rompez

vostre loyale promesse.» Il l'ammonesta si doulcement qu'il luy fist

prendre courage par telle façon qu'il luy sembloit bien que les aultres

quinze jours qui restoient ne luy dureroient guères. Le xxve vint,

auquel la simplette avoit perdue toute couleur et sembloit à demi morte,

et ne luy estoit plus le desir si grand qu'il avoit esté. Il luy convint

prendre le lict et y continuellement demourer, où elle se donna

aucunement garde que son clerc luy faisoit faire l'abstinence pour

chastier son desir charnel; si jugea que manière et façon de faire

estoient sagement advisées, et ne povoient venir que d'homme bien sage.

Toutesfoiz, ce ne la demeut point ne destourna qu'elle ne fust deliberée

et arrestée d'entretenir sa promesse. Au penultime jour, elle envoya

querir son clerc, qui, quand il la vit couchée au lict, demanda si pour

ung seul jour qui restoit avoit perdu courage; et elle, interrumpent sa

parole, luy respondit: «Ha! mon bon amy, vous m'avez parfectement et de

bonne amour amée, non pas deshonnestement, comme j'avoie presumé de

vous amer; pour quoy je vous tien et tiendray, tant que Dieu me donnera

vie, mon trèschier et trèssingulier amy, qui avez gardé et moy aprins et

enseigné à garder mon entière chasteté et ma chaste entièreté, l'onneur

et la bonne renommée de moy, mon mary, mes parens et amys. Beneist soit

mon cher espoux, de qui j'ay gardé et entretenu la leçon qui donne grand

appaisement à mon cueur! Or çà, mon vray amy, je vous rends telles

graces et remercie comme je puis du grand honneur et bien que m'avez

faiz, pour lesquelx je ne vous saroie rendre ne donner suffisantes

graces, non feroit mon mary, mes parens, ne tous mes amys.» Le bon et

sage seigneur, voyant son entreprise estre bien achevée, print congé de

la bonne damoiselle, et doulcement l'amonnesta qu'il luy souvint

desoremais de chastier sa nature par abstinence et toutes les foiz

qu'elle s'en sentiroit aguillonnée, par le quel moien elle demoura

entière jusques au retour de son mary, qui ne sceut rien de l'adventure,

car elle luy cela; si fist le clerc pareillement.

[Décoration]

NOTES.

TOME I.

P. xxj. Dans le manuscrit, la dédicace suit la table; mais j'ai adopté

de préférence l'ordre des éditions imprimées.

P. xxij. _De Dijon_, etc. Cette date, qui me paroît une erreur évidente,

est reproduite très exactement d'après le manuscrit; mais elle est d'une

écriture un peu plus récente que celle du manuscrit lui-même, et d'une

encre plus pâle. L'édition de Verard ne donne pas de date, mais

l'éditeur (sans doute) a ajouté à la dédicace les mots: _Et notez que

par toutes les nouvelles où il est dit par monseigneur, il est entendu

par monseigneur le Daulphin, lequel depuis a succédé à la couronne, et

est le roy Loys unsiesme, car il estoit lors ès pays du duc de

Bourgoingne._ Voyez ce que j'ai dit à ce sujet dans l'Introduction.

P. xxvj. _La dousiesme nouvelle._ Il manque ici au manuscrit un cahier

de quatre feuillets qui contenoit les titres des nouvelles 12e à 96e

inclusivement; j'ai suppléé cette lacune d'après l'édition de Verard.

P. 1. _La première nouvelle._ Ce conte se trouve dans un fabliau

probablement du treizième siècle, intitulé _Des deux changeors_, et

imprimé dans la collection de Barbazan, t. III, p. 254, et aussi dans le

Pecorone, nov. 11. Brantôme, dans ses _Dames galantes_, le raconte comme

une aventure qui étoit véritablement arrivée à Louis, duc d'Orléans, et

à sa maîtresse Mariette d'Enghien, mère du bâtard comte de Dunois.

P. 6, l. 3. _Serure._ Le manuscrit lit _ceruse_, qui n'est probablement

qu'une erreur de l'écrivain.

P. 8, l. 12. _Meiser._ _Penser_, Verard.

P. 9. _La secunde nouvelle._ On ne trouve ce conte dans aucun ouvrage

plus ancien que _Les Cent Nouvelles nouvelles_; mais Malespini l'a imité

dans les _Ducento Novelle_, nov. 37.

P. 16. _La troysiesme nouvelle._ Imitée des _Facéties_ de Pogge, p. 64,

édit. de 1798. Ce conte a été reproduit souvent sous différentes formes

par les conteurs des seizième et dix-septième siècles.--_Monseigneur de

la Roche._ Philippe Pot, seigneur de la Roche de Nolay, un des plus

intimes et plus fidèles conseillers de Philippe le Bon et de son fils

Charles le Téméraire, ducs de Bourgogne. En 1449, on le trouve nommé

comme un des échansons du duc Philippe. Plus tard, il avoit l'office de

chambellan dans la maison de Bourgogne, sous lequel titre il est

mentionné dans un compte de l'année 1457, et il le tenoit encore en

1474. En 1466, Charles le Téméraire lui a donné l'office de capitaine

de Lille, et il tenoit en même temps la capitainerie de Douai et

d'Orchies. En 1470, le seigneur de la Roche reçut du duc Charles la

charge de grand maître d'hôtel et chambellan de Bourgogne. Après la mort

de son bienfaiteur, il entra dans la faveur de Louis XI, qui le nomma

grand sénéchal de Bourgogne en 1477. Il est mort vers l'année 1498.

P. 26. _La quarte nouvelle._ Ce conte et les trois suivants se trouvent

pour la première fois dans _Les Cent Nouvelles nouvelles_.

P. 29, l. 15. _Sainct Trignan._ Sainct _Engnan_, Verard.

P. 32. _Philipe de Loan._ Cet individu est mentionné sous le titre

d'écuyer d'écurie du duc Philippe le Bon, en 1461, dans un manuscrit de

la Bibliothèque impériale, ancien fonds, n. 6702. Verard a toujours

changé ce nom en Philippe de _Laon_.

P. 32, l. _1. Monseigneur Talelot._ _Thalebot_, Verard. C'étoit le

célèbre guerrier, sir John Talbot, créé comte de Shrewsbury en 1441. Ses

beaux faits d'armes faisoient la merveille du quinzième siècle. Il fut

défait et fait prisonnier par Jeanne d'Arc à Patai en 1429, et tué à

Châtillon le 20 juillet 1453, à l'âge de quatre-vingts ans.

P. 32, l. 2. _Si preux, si vaillant, et aux armes._ Ces mots sont omis

dans le texte de Verard, qui n'approuvoit pas, sans doute, l'éloge qu'un

Bourguignon faisoit de l'ennemi de la France.

P. 33, l. 1. _Couroye._ _A sa ceinture_, Verard.

P. 36, ll. 16 et 28. _Ciboire._ _Tabernacle_, Verard. Le dernier mot est

tout simplement une traduction de l'autre. On seroit porté à croire que

le mot _ciboire_ n'étoit plus en usage général à Paris.

P. 38. _Par monseigneur de Launoy._ Le nom de Jean de Launoy (ou Lannoy)

est assez connu dans l'histoire de Bourgogne. En 1451, il fut créé

chevalier de la toison d'or, et nous le trouvons plus tard gouverneur de

Lille. Il paroît avoir secrètement servi les intérêts de Louis XI, et sa

trahison étoit devenue si évidente, qu'en 1464 il fut obligé de se

sauver en France, tandis que le comte de Charolois s'empara de son

château. Durant le règne de Charles le Téméraire, il étoit en complète

disgrâce à la cour de Bourgogne; mais après la mort de ce prince il

reprit une grande influence en Bourgogne. Il n'est mort qu'en 1481.

P. 39, l. 3. _Maistre curé._ Ici et dans la suite, le texte de Verard a

toujours substitué le mot _prieur_ au mot _curé_.

P. 41, l. 7. _Mesmes._ _Au mains_, Verard.

P. 43, l. 4. _Feste._ _Foire_, Verard.

P. 43, l. 4. _Feste de Lendit et d'Envers._ La célèbre foire tenue à

Saint-Denis dans le mois de juin.

P. 46. _La huitiesme nouvelle._ Cette nouvelle, qui est l'origine des

_Aveux indiscrets_, de la Fontaine, est imitée des _Facéties_ de Pogge,

p. 165 de l'édition de 1798.

P. 50. _La neufiesme nouvelle._ Ce conte étoit assez populaire dans le

moyen âge, et se trouve dans des ouvrages bien antérieurs à la date des

_Cent Nouvelles nouvelles_, comme le fabliau du _Meunier d'Aleu_ par le

trouvère Enguerrand d'Oisi, le _Décameron_ de Boccace, où il forme la 4e

nouvelle de la 8e journée, et les _Facéties_ de Pogge, p. 248. Les

imitations modernes en sont nombreuses. C'est _Les Quiproquos_ de la

Fontaine.

P. 56. _La dixiesme nouvelle._ Imitée par la Fontaine et par d'autres

conteurs; mais on ne la trouve dans aucun recueil antérieur aux _Cent

Nouvelles nouvelles_.Verard a changé beaucoup le texte de cette nouvelle

et de la suivante.

P. 61. _La onziesme nouvelle._ Imitée d'après Pogge, _Facéties_, p. 141.

C'est le conte bien connu de _L'Anneau d'Hans Carvel_, de Rabelais.

P. 62, l. 21. _Des fantaisies et pensées._ C'est la leçon de Verard. Le

manuscrit ne donne qu'un mot, que je n'ai pas pu déchiffrer d'une

manière satisfaisante, mais qui ressemble à _ermons_.

P. 63. _La douziesme nouvelle._ Ce conte se trouve dans les _Cento

Novelle antiche_ et dans Pogge. Les imitations modernes sont très

nombreuses.

P. 67. _Monseigneur de Castregat._ _Par monseigneur l'amant de

Brucelles_, Verard. Jean d'Enghien, sieur de Kessergat, étoit

maître-d'hôtel de duc de Bourgogne en 1461. Il tenoit en même temps

l'office de chambellan. Il étoit amann (une charge municipale) de

Bruxelles.

P. 67, l. 8. _Procureur en Parlement._ L'auteur des _Cent Nouvelles

nouvelles_ supposoit que le Parlement de Londres étoit une institution

semblable à celui de Paris.

P. 68, l. 14. _Malebouche... Dangier._ Personnages du Roman de la Rose.

P. 73. _La quatorzième nouvelle._ La 2e nouvelle de la 4e journée du

_Décameron_ de Boccace. C'est le conte de _L'Ermite_ de la Fontaine.

P. 73. _Monseigneur de Créquy._ Jean, seigneur de Créquy, de Canaples et

de Tressin, fut élu chevalier de la Toison d'or lors de la fondation de

cet ordre en janvier 1431. A la mort de Philippe le Bon, Jean de Créquy

étoit un des douze seigneurs choisis pour porter son corps. Ce fut lui

qui, en 1469, introduisit auprès du duc Charles le Téméraire les

ambassadeurs de Louis XI.

P. 74, ll. 9 et 13. _Ung soir... se trouva._ _Ung soir, environ la

mynuyt, qu'il faisoit fort et rude temps, il descendit de sa montaigne

et vint à ce village, et tant passa de voyes et sentiers que à l'environ

de la mère et la fille sans estre oiseux se trouva_, Verard. Un bon

exemple des corruptions que Verard introduisit dans le texte de son

édition.

P. 75, l. 11. _Reclusage._ _Hermitaige_, Verard.

P. 76, l. 17. _Et pitié._ Le texte de Verard ajoute: _Et la povre fille

aussi plouroit, quand elle véoit ce bon et sainct hermite en si grande

dévocion prier et ne sçavoit pourquoy._ En comparant les deux textes, on

trouvera plusieurs additions semblables, qu'on y a mises probablement

dans l'idée de rendre le récit plus piquant.

P. 77, l. 15. _Crochette._ _Potense_, Verard.

P. 84. _La seiziesme nouvelle._ Un des contes les plus populaires du

vieux temps, et qui a eu le plus grand nombre d'imitateurs. On le trouve

dans la _Disciplina clericalis_ de Pierre Alfonse, dans les _Gesta

Romanorum_, dans les _Fabulæ Adolphi_ publiées par Leyser, et dans

Boccace. Les imitations modernes sont innombrables.

P. 85, l. 15. _Perusse._ _Prusse_, Verard. Les Chevaliers de l'ordre

Teutonique, en Prusse, étoient toujours en guerre contre les infidèles.

P. 92, l. 13. _Thamisoit de la fleur._ _Buletoit de la farine_, Verard.

P. 101. _La dix-neuviesme nouvelle._ Ce conte se trouve assez souvent

répété dans les manuscrits du moyen âge. Il forme le sujet d'un fabliau

publié par Barbazan, tom. III, p. 215, _De l'enfant qui fu remis au

soleil._

P. 101. _Philipe Vignier._ Philippe Vignier est nommé parmi les valets

de chambre de Philippe le Bon sous la date de 1451. Voyez les _Mémoires

pour servir à l'Histoire de France et de Bourgogne_, p. 225.

P. 106. _La vingtiesme nouvelle._ Ce conte ressemble un peu à une des

_Facéties_ de Pogge, _Priapi vis,_ p. 118 de l'édition de 1798.

P. 114. _La vingt-uniesme nouvelle._ Le conte de _L'Abbesse guérie_ de

la Fontaine, liv. IV, conte 2.

P. 120. _Caron._ G. Chastelain, dans ses _Chroniques de Bourgogne_, 3e

partie, ch. 73, appelle Caron «le clerc de chappelle» de Philippe le

Bon.

P. 121, l. 17. _Sourdantes._ C'est la leçon de Verard. Le manuscrit lit

_soudaines_, une erreur évidente.

P. 125. _La vingt-troisiesme nouvelle._ Imitation du fabliau _De celui

qui vota la pierre_, imprimé dans la collection de Méon, t. I, p. 307.

Ce conte a été souvent reproduit par les conteurs des seizième et

dix-septième siècles.

P. 125. _Monseigneur de Quievrain._ _Monseigneur de Commesuram_, Verard.

P. 125, l. 19. _Le servir de landes, Dieu scet, largement._ _Le servir

d'aubades assez largement_, Verard.

P. 127, ll. 23-25. _E de ce cas... de léans. Or est-il vray que là

present y estoit ung jeune enfant de environ deux ans, filz de léans_,

Verard. J'aurais peut-être dû admettre dans le texte la leçon de Verard.

P. 128, l. 2. _Approucha._ C'est la leçon de Verard. Le manuscrit lit,

_il apperceu de la raye_.

P. 128, l. 2. _Monseigneur de Fiennes._ Thibaut de Luxembourg, seigneur

de Fiennes, étoit un des chevaliers qui accompagnoient le comte de

Charolois à Lille en 1466. Vers la fin de sa vie, il devint

ecclésiastique, et mourut, en 1477, évêque du Mans.

P. 134. _Philipe de Saint Yon._ Peut-être le fils de Garnot de

Saint-Yon, qui étoit un des officiers de la maison du duc Jean

Sans-Peur.

P. 135, l. 13. _Larrier._ _Levrier_, Verard.

P. 136, ll. 10, 12, 22. _Duyere._ _Terrier_, Verard.

P. 137. _Monseigneur de Foquessoles._ G. Chastelain parle d'un bailli de

Fouquerolles, en 1419, qui étoit peut-être le père de notre conteur.

P. 140, l. 24. _L'abbayt._ _Sans passer grans langaiges_. Verard.

P. 151, l. 9. _Mestrier_, leçon de Verard; _mestre_. dans le manuscrit.

P. 154, l. 7. _Tendreur._ J'ai adopté la leçon de Verard; le manuscrit

lit _teneur_.

P. 157. _Monseigneur de Beauvoir._ Jean de Montespedon, seigneur de

Beauvoir, écuyer, conseiller, et premier valet de chambre de Louis XI,

dont il étoit partisan avant son accession au trône.

P. 160, l. 20. _Queues._ _Traynées_, Verard.

P. 166. _Messire Michault de Changy._ Michault de Changy étoit

conseiller du grand conseil, chambellan, premier écuyer tranchant, puis

premier maître d'hôtel des ducs Philippe le Bon et Charles le Téméraire.

P. 166, l. 22. _Boccace._ L'ouvrage de Boccace auquel il est fait

allusion ici est le livre latin _De Casibus virorum illustrium_, dont il

existoit déjà des traductions françoises.

P. 173, l. 17. _Boulevars, bailles. Bellèvres, baublières_, Verard.

P. 177, l. 12. _La ville de Chambery._ Le nom de la ville manque dans le

texte de Verard.

P. 183. _Monseigneur de la Barre._ Une faute d'impression. Lisez

_Barde._ Jean d'Estecer, seigneur de la Barde, étoit compagnon d'exil du

Dauphin de France, et conserva sa faveur lorsqu'il fut roi. En 1462, il

fut envoyé par Louis XI comme son ambassadeur à la cour d'Angleterre.

P. 184, l. 29. _Courre. Coucher_, Verard.

P. 192. _La trente-deuxiesme nouvelle._ Ce conte se trouve dans Pogge

(_Facetiæ_, p. 163, _decimæ_), et dans La Fontaine, liv. II, conte 3.

L'auteur des _Cent Nouvelles nouvelles_ l'a pris sans doute du premier

de ces conteurs.

P. 192. _Monseigneur de Villiers._ Ce doit être Antoine de Villiers,

premier écuyer du duc de Bourgogne, qui fut, à ce qu'on dit, un des

seigneurs qui formoient la cour du Dauphin à Genappe. En 1475, il fut un

des courtisans de Louis XI chargés de traiter les Anglois au camp devant

Amiens.

P. 192, l. 9. _La ville d'Ostellerie en Casteloigne._ _Hostelerie_,

Verard.

P. 205, l. 29. _Trop mieulx soulier à son pié._ _Trop mieulx garny au

pongnet_, Verard.

P. 218. _La trente-quatriesme nouvelle._ Ce conte est le sujet d'un

fabliau par un trouvère nommé Jean de Condé, publié dans la collection

de Méon, tom. I, p. 165, sous le titre: _Du Clerc qui fut repus deriere

l'escrin_. On en trouve plusieurs imitations aux XVIe et XVIIe siècles.

P. 221, l. 8. _Le survenu._ C'est la leçon de Verard que j'ai adoptée,

en place de celle du manuscrit, _souvenir_.

P. 232. _La trente-septiesme nouvelle._ Imitée par La Fontaine (liv. II,

conte 10), et reproduite assez souvent par les conteurs des seizième et

dix-septième siècles.

P. 232, l. 25. _Les Quinze Joyes de mariage._ Ouvrage célèbre d'Antoine

de la Sale; voyez mon Introduction.

P. 233, l. 6. _Qu'un follastre de sa massue._ _Que ung fol de sa

marote_, Verard.

P. 238. _La trente-huitiesme nouvelle._ On trouve ce conte dans Boccace

(_Décam._, journée VIIe, nov. 8), et dans un fabliau (voy. _Legrand

d'Aussy_, Fabl., tom. II, p. 340). L'origine se trouve dans les

collections de contes indiens.

P. 238. _Monseigneur de Loan._ _Monseigneur de Lau_, Verard.

P. 245. _Monseigneur de Saint Pol._ Louis de Luxembourg, comte de

Saint-Pol, fut créé connétable de France en 1465, et décapité par ordre

de Louis XI en 1475.

P. 254, l. 2. _Dedans la dicte cheminée._ _Dedens le bouhot de la dicte

cheminée_, Verard.

P. 256, l. 20. _Jaserant._ _Haubergon_, Verard. Cette variante, répétée

dans le courant de la nouvelle, nous feroit croire qu'entre la date de

la rédaction des _Cent Nouvelles nouvelles_ et celle de l'édition de

Verard, le _jaserant_, qui étoit une pièce d'armure plus légère que

l'_haubergeon_, avoit cessé d'être en usage.

P. 261. _Racomptée par Mériadech._ Les documents contemporains parlent

de Hervé de Mériadec au nombre des officiers de la maison de Bourgogne.

Selon la chronique de Jacques de La Laing, il avoit accompagné

l'expédition en Ecosse, et s'y étoit fait remarquer par ses exploits. En

1461, Louis XI lui donnoit le gouvernement de Tournai.

P. 283. _Monseigneur de Thieuges_, lisez _Thienges_. Thianges étoit la

seigneurie de Chrestien de Digoine, conseiller et chambellan de Philippe

le Bon. On le retrouvera dans les _Cent Nouvelles nouvelles_, cité comme

le conteur de la nouvelle LXVIII.

P. 286, l. 7. _Sa goune._ _Son manteau_, Verard.

P. 287. _La quarante-septiesme nouvelle._ On a prétendu que cette

aventure étoit arrivée à Grenoble, à Chaffrey Carles, président du

parlement, au commencement du seizième siècle; mais la date de la

nouvelle est évidemment trop ancienne pour que l'aventure de Chaffrey

ait pu en être l'origine.

P. 295. _Pierre David._ Cet individu n'est connu que par un compte de la

maison de Bourgogne, daté du 30 mai 1448, qui le porte aux appointements

de 12 sols par mois.

P. 301. _La cinquantiesme nouvelle._ On trouve l'origine de cette

nouvelle dans les _Facéties_ de Pogge et dans l'ancienne collection

italienne de Sacchetti, nov. XIV.

P. 301. _Monseigneur de la Salle._ Lisez, d'après le manuscrit, _la

Sale_; ce n'est qu'une faute d'impression. Voyez sur Antoine de la Sale

notre Introduction.

P. 301, l. 7. _Au pays de Lannoys._ Lannois, ou Lannoy, dans le

Beauvoisis.

TOME II.

P. 5. _L'acteur._ Probablement Antoine de la Sale. Voyez notre

Introduction.

P. 8. _La cinquante-deuxiesme nouvelle._ Se trouve dans la collection de

Sacchetti, nov. XVI, et dans les _Contes tartares_.

P. 14, l. 32. _Canonicque._ A ce mot, assez expressif, Verard a

substitué _cronique_.

P. 15, l. 2. _Deux advis._ _Trois advis_, Verard.

P. 15. _Monseigneur l'Amant de Bruxelles._ Voyez la note à la treizième

nouvelle, p. 255.

P. 15, l. 24. _L'église de Saincte Goule._ L'église principale de

Bruxelles est dédiée à sainte Gudule.

P. 17, l. 7. _Les amis de l'espousée la prennent et mainent._ _Sic_,

manuscrit. La leçon de Verard paroît préférable et plus en accord avec

ce qui suit: _Les amis de l'espousé prennent l'espousée et l'emmainent_.

P. 17, l. 24. _Sa faille._ _Ses atournements_, Verard. Il paroît que les

imprimeurs de Paris ne comprenoient pas le mot _faille_, qui se trouve

néanmoins dans le Dictionnaire de Cotgrave.

P. 21. _Par Mahiot d'Anquasms._ _D'Auquesne_, Verard. On trouve les noms

de Mahiot Regnault et Mahiot Noël dans les comptes de la maison de

Bourgogne, dont le premier étoit argentier.

P. 35, l. 5. _Tapissées._ Changé par Verard en _pavées_.

P. 41. _Par Poncellet._ Ce nom de Poncellet et Poncelet, mis en tête de

cette nouvelle et des deux suivantes, ne se trouve dans aucun des

documents contemporains.

P. 46, l. 12. _Sorner._ _Farcer_, Verard.

P. 46, l. 18. _Mousseau._ _Une très bonne pièce de beuf_, Verard.

P. 49. _La soixantiesme nouvelle._ Un conte à peu près semblable forme

le sujet de: _Li diz de frere Denise, cordelier_, de Rutebeuf. Voyez les

_Oeuvres de Rutebeuf_, publ. par Jubinal, tom. II, p. 260.

P. 49, l. 1. _Malines._ _Troyes_, Verard.

P. 53. _La soixante-uniesme nouvelle._ C'est le fabliau _Des Tresces_,

par le trouvère Guérin, publié par Babazan, tom. IV, p. 393.

P. 60. _Monseigneur de Gueuvain._ Voyez la soixante-deuxième nouvelle.

P. 60, l. 23. _A laquelle assemblée._ Cette assemblée fut tenue au

château d'Oye, entre Calais et Gravelines, au mois de juillet 1440, pour

négocier la délivrance de Charles, duc d'Orléans, prisonnier en

Angleterre depuis la bataille d'Azincourt. Notre nouvelle donne des

renseignements intéressants sur les circonstances de cette conférence.

P. 61, l. 3. _Le cardinal de Viscestre._ L'évêque de Winchester, Henri

Beaufort, fils de Jean de Gand, duc de Lancastre, un prélat qui a joué

un rôle très remarquable en Angleterre sous le règne d'Henri VI.

P. 71. Le texte de Verard ajoute à la fin de cette nouvelle: _Et ainsi

fut tout le maltalent pardonné, et la paix faicte entre les parties,

c'est assavoir entre le dit Jehan Stotton et le dit Thomas Brampton, et

furent bons amys ensemble_.

P. 72. _Par monsieur Montbleru._ Guillaume de Montbléru fut bailli

d'Auxerre de 1467 à 1469, et dans un compte de la maison du comte de

Charolois, de l'année 1459, il est qualifié écuyer d'écurie. Il étoit le

neveu de Jean Regnier, bailli d'Auxerre, qui a laissé un volume de

poésies. Pierre de Montbléru, écuyer-échanson du duc Philippe en 1420,

fut probablement le père de Guillaume.

P. 72, l. 14. _Monseigneur d'Estampes._ Jean de Nevers, comte

d'Etampes, cousin du duc Philippe.

P. 78. _La soixante-quatriesme nouvelle._ Le sujet de ce conte est

identique avec celui du fabliau du _Prestre crucifié_, publié dans la

collection de Barbazan, tom. III, p. 14. On le trouve aussi dans une des

nouvelles de Sacchetti.

P. 82. _La soixante-sixiesme nouvelle._ Cette nouvelle se trouve, dans

une forme un peu moins développée, dans le fabliau _Du Fevre de Creeil_,

publié dans Barbazan, tom. IV, p. 265.

P. 82. _Le prévost de Wastennes._ Le chroniqueur Jacques du Clercq parle

de ce personnage comme d'un de ceux qui étoient attachés au comte de

Charolois, mais il ne nous donne pas son nom.

P. 94. _Messire Chrestian de Dygonye._ Voyez la note à la

quarante-sixième nouvelle, p. 262.

Les Cent Nouvelles Nouvelles, tome II · 第 14 / 17 段