Paris, le 21 pluviose an 13 (10 février 1805).
_Réponse de l'empereur à une députation du corps législatif[73]._
Messieurs les députés des départemens au corps législatif,
«Lorsque j'ai résolu d'écrire au roi d'Angleterre, j'ai fait le
sacrifice du ressentiment le plus légitime et des passions les plus
honorables. Le désir d'épargner le sang de mon peuple m'a élevé
au-dessus des considérations, qui déterminent ordinairement les hommes.
Je serai toujours prêt à faire les mêmes sacrifices. Ma gloire, mon
bonheur, je les ai placés dans le bonheur de la génération actuelle.
Je veux, autant que je pourrai y influer, que le règne des idées
philantropiques et généreuses soit le caractère du siècle. C'est à moi à
qui de tels sentimens ne peuvent être imputés à faiblesse, c'est à
nous, c'est au peuple le plus doux, le plus éclairé, le plus humain, de
rappeler aux nations civilisées de l'Europe qu'elles ne forment qu'une
seule famille, et que les efforts qu'elles emploient dans leurs
dissensions civiles sont des atteintes à la prospérité commune.
Messieurs les députés des départemens au corps législatif, je compte sur
votre assistance, comme sur la bravoure de mon armée».