Au palais des Tuileries, le 12 pluviose an 13 (1er février 1805).
_Message au sénat conservateur._
Sénateurs,
Nous avons nommé notre beau-fils, Eugène Beauharnais, archi-chancelier
d'état de l'empire. De tous les actes de notre pouvoir, il n'en est
aucun qui soit plus doux à notre coeur.
Elevé par nos soins et sous nos yeux, depuis son enfance, il s'est
rendu digne d'imiter, et avec l'aide de Dieu, de surpasser un jour les
exemples et les leçons que nous lui avons donnés.
Quoique jeune encore, nous le considérons dès aujourd'hui, par
l'expérience que nous en avons faite dans les plus grandes
circonstances, comme un des soutiens de notre trône, et un des plus
habiles défenseurs de la patrie.
Au milieu des sollicitudes et des amertumes inséparables du haut rang
où nous sommes placé, notre coeur a eu besoin de trouver des affections
douces dans la tendresse et la constante amitié de cet enfant de notre
adoption; consolation sans doute nécessaire à tous les hommes, mais plus
communément à nous, dont tous les instans sont dévoués aux affaires des
peuples.
Notre bénédiction accompagnera ce jeune prince dans toute sa carrière;
et, secondé par la Providence, il sera un jour digne de l'approbation de
la postérité.