NAPOLÉON.

Saint-Cloud, le 21 messidor an 12 (10 juillet 1804).

_A M. Régnier, grand-juge, ministre de la justice._

Monsieur Régnier, grand-juge, au moment de la paix générale, j'ai réuni

le ministère de la police à celui de la justice. Les circonstances de

la guerre et les derniers événemens m'ont convaincu de la nécessité que

vous m'avez souvent représentée, de réorganiser ce ministère, et m'ont

décidé à céder au désir que vous m'avez témoigné d'être laissé tout

entier aux fonctions si importantes de grand-juge, ministre de la

justice. Je ne puis adhérer à votre voeu sans vous témoigner la

satisfaction que j'ai eue de vos services, comme ministre de la police

générale. Rendu a votre ministère naturel, vous ne pourrez y apporter

plus de zèle que vous ne l'avez fait jusqu'à ce jour; mais vous aurez

plus de temps a donner à cette partie si essentielle du gouvernement. La

bonne administration de la justice et la bonne composition des tribunaux

sont dans un état ce qui a le plus d'influence sur la valeur et la

conservation des propriétés, et sur les intérêts les plus chers de tous

les citoyens.

Cette lettre n'ayant point d'autre objet, monsieur Régnier, grand-juge,

ministre de la justice, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III. · 第 293 / 342 题