Paris, le 12 pluviose an 10 (1er février 1802).
_Réponse du premier consul à une députation du corps législatif[35]._
Il était de la gloire et de l'intérêt de la France d'assurer pour
toujours le sort d'une république qu'elle a créée[36].
J'espère que sa constitution et ses nouveaux magistrats feront son repos
et son bonheur.
Ce bonheur et ce repos ne seront pas étrangers au nôtre. Notre
prospérité ne peut désormais être séparée de la prospérité des peuples
qui nous environnent.
J'ai recueilli dans mon voyage la plus douce récompense des efforts que
j'ai faits pour la patrie; j'y ai recueilli surtout l'expression libre
et franche de l'opinion publique, dans l'abandon de la confiance
particulière, dans le langage simple du commerçant; du manufacturier;
du cultivateur. Tous demandent que le gouvernement soit fidèle aux
principes qu'ils a développés; c'est de là qu'ils attendent leur
Bonheur.
J'étais déjà plein de reconnaissance pour les marques d'intérêt dont la
nation a honoré mes premiers efforts. Je reviens, pénétré de sentimens
encore plus profonds. Le sacrifice de toute mon existence ne saurait
payer les émotions que j'ai senties. J'en éprouve une bien douce en vous
voyant associer votre voeu au voeu de la nation.