BONAPARTE.

[Footnote 4: Masséna.]

Paris, 4 nivose an 8 (25 décembre 1799).

_Aux citoyens de Saint-Domingue._

Citoyens,

Une constitution qui n'a pu se soutenir contre des violations

multipliées, est remplacée par un nouveau pacte destiné à affermir la

liberté.

L'art. XCI porte: que les colonies françaises seront réglées par des

lois spéciales.

Cette Disposition dérive de la nature des choses et de la différence des

climats.

Les habitans des colonies françaises situées eu Amérique, en Asie, en

Afrique, ne peuvent être gouvernés par la même loi.

La différence des habitudes, des moeurs, des intérêts, la diversité du

sol, des cultures, des productions, exigent des modifications diverses.

Un des premiers actes de la nouvelle législation sera la rédaction des

lois destinées à vous régir.

Loin qu'elles soient pour vous un sujet d'alarmes, vous y reconnaîtrez

la sagesse et la profondeur des vues qui animent les législateurs de la

France.

Les consuls de la république, en vous annonçant le nouveau pacte social,

vous déclarent que les principes sacrés de la liberté et de l'égalité

des Noirs n'éprouveront jamais, parmi vous, d'atteintes ni de

modification.

S'il est, dans la colonie de Saint-Domingue, des hommes mal

intentionnés, s'il en est qui conservent des relations avec les

puissances ennemies, _braves Noirs, souvenez-vous que le peuple français

seul reconnaît votre liberté et l'égalité de vos droits._

Le premier consul, BONAPARTE.

Paris, le 5 nivose an 8 (26 décembre 1799).

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III. · 第 209 / 342 题