Alexandrie, le 5 fructidor an 7 (22 août 1799).
_Au divan du Caire._
Ayant été instruit que mon escadre était prête, et qu'une armée
formidable était embarquée dessus, convaincu, comme je vous l'ai dit
plusieurs fois, que, tant que je ne frapperai pas un coup qui écrase
à la fois tous mes ennemis, je ne pourrai jouir tranquillement et
paisiblement de la possession de l'Egypte, la plus belle partie du
monde; j'ai pris le parti d'aller me mettre moi-même à la tête de mon
escadre, en laissant le commandement, pendant mon absence, au général
Kléber, homme d'un mérite distingué et auquel j'ai recommandé d'avoir
pour les ulémas et les scheicks la même amitié que moi. Faites ce qui
vous sera possible pour que le peuple de l'Egypte ait en lui la même
confiance qu'en moi, et qu'à mon retour, qui sera dans deux ou trois
mois, je sois content du peuple de l'Egypte, et que je n'aie que des
louanges et des récompenses à donner aux scheicks.