BONAPARTE.

Menouf, le 2 fructidor an 7 (19 août 1799).

_Au général Kléber._

Je reçois, citoyen général, votre lettre du 27. Je suis à peu près

certain qu'il n'y a dans la Méditerranée aucun armement considérable

dirigé contre nous. Ainsi, les vingt-quatre bâtimens mouillés devant

Damiette, ou sont les mêmes qui étaient à Aboukir, et ont quitté cette

rade, ou c'est une arrière-garde que le pacha attendait et qui porte

fort peu de monde.

La division Reynier, réorganisée avec une bonne artillerie, se portera

contre ce qui pourrait venir du côté de la Syrie. Je destine pour le

même objet les mille ou douze cents hommes de cavalerie que j'ai au

Caire prêts à marcher.

Je me rends à Rosette, où je me trouverai bien au fait de tous les

mouvemens de la côte, depuis la tour des Arabes, jusqu'à El-Arich. Si

vous avez besoin de quelque secours, je vous ferai passer des troupes

qui se trouvent dans le Bahhireh et à Alexandrie, désirant tenir

intactes les divisions Reynier, Bon et Lannes pour s'opposer à ce qui

pourrait venir par terre, quoique les derniers renseignement que j'ai,

me tranquillisent entièrement. J'ai le quinzième de dragons et différens

détachemens de cavalerie dans le Bahhireh.

Vous recevrez cette lettre le 3 ou le 4; partez, je vous prie,

sur-le-champ, pour vous rendre, de votre personne, à Rosette, si vous ne

voyez aucun inconvénient à vous absenter de Damiette: sans quoi, envoyez

moi un de vos aides-de-camp: je désirerais qu'il pût arriver à Rosette

dans la journée du 7. J'ai à conférer avec vous sur des affaires

extrêmement importantes.

Vous devez avoir reçu l'effendi ou commissaire de l'armée, fait

prisonnier à Aboukir, et que j'envoie à Constantinople.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III. · 第 191 / 342 题