BONAPARTE.

Rahmanieh, le 20 thermidor an 7 (7 août 1799).

_Au général Destaing._

Vous avez mal fait, citoyen général, d'attaquer les Anadis, et vous

avez encore bien plus mal calculé de penser que je vous enverrais de

la cavalerie pour une attaque que j'ignorais et qui était contre mes

intentions. Je ne vois pas effectivement pourquoi aller sans artillerie,

presque sans cavalerie, attaquer des tribus nombreuses qui sont toujours

à cheval, et qui ne nous disaient rien. Puisque vous pensiez que je ne

devais pas tarder à arriver à Rahmanieh avec la cavalerie, il était

bien plus simple de l'attendre. Je n'ai reçu votre lettre que près de

Rahmanieh, et j'avais alors envoyé le général Andréossi avec toute la

cavalerie et deux pièces de canon à la poursuite des Ouladis. Je ne sais

pas s'il les rencontrera et ce qu'il fera. Vous nous avez fait perdre

une occasion que nous ne retrouverons que difficilement. Nous nous

étions cependant bien expliqués à Alexandrie, de commencer à traiter

avec les Anadis pour pouvoir les surprendre ensuite avec la cavalerie.

J'imagine que les Arabes seront actuellement bien loin dans le désert.

Au reste, je laisse l'ordre à Rahmanieh, au général Andréossi, de

protéger, avec la cavalerie et les dromadaires, les opérations qui

pourraient être nécessaires pour éloigner les Arabes, en supposant

qu'ils ne seraient pas acculés dans le désert.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III. · 第 161 / 342 题