Au camp d'Aboukir, le 9 thermidor an 7 (27 juillet 1799).
_Au général Menou._
La place d'Aboukir est un poste important, je n'ai pas cru pouvoir la
confier en meilleures mains que celles de l'adjudant-général Jullien.
Le bataillon de la soixante-neuvième va se rendre auprès de vous pour
remplacer celui de la quatre-vingt-cinquième, qu'il est très-urgent de
faire passer au Caire.
Dix-huit vaisseaux de guerre français ont passé de Brest à Toulon, où
ils sont bloqués par l'escadre anglaise. L'hiver les fera arriver.
Restez à votre position jusqu'à ce que le fort soit pris.
La moitié de la garnison veut se rendre, et l'autre moitié aime mieux se
noyer. Ce sont des animaux avec lesquels il faut beaucoup de patience.
Au reste, la reddition ne nous coûtera que des boulets.