BONAPARTE.

Rahmanieh, le 3 thermidor an 7 (22 juillet 1799).

_Au général Dugua._

Je reçois, citoyen général, votre lettre du 30. J'attends avec la plus

grande impatience la cavalerie que vous m'annoncez. Le général Reynier

a dû vous envoyer tous les hommes du quatorzième qu'il a. Bessières

m'assure qu'une trentaine de mes guides seraient disponibles en leur

donnant des chevaux.

Ecrivez à Destrées d'activer sa marche avec le plus de monde qu'il

pourra.

La trente-deuxième et la dix-huitième ont laissé, à elles deux, plus de

six cents hommes au Caire. Si vous ne faites pas partir tous ces hommes

de suite, je me trouverai avec fort peu de monde. Faites une revue

scrupuleuse, et que tout ce qui appartient à la vingt-deuxième, même le

bataillon qui doit être arrivé de Bénêçoùef, à la dix-huitième, à la

trente-deuxième, à la treizième, à la soixante-neuvième, parte sans le

moindre délai.

Le général Rampon aura sans doute, à l'heure qu'il est, dépassé le

Caire. Il avait avec lui soixante hommes d'artillerie à cheval qu'il

faut m'envoyer.

Faites partir le chef de bataillon Faure avec cent canonniers qui sont

nécessaires pour jeter dans Alexandrie.

L'ennemi débarque toujours à Aboukir.

J'ai trouvé ici et à Rosette des pièces de campagne. Je m'organise. J'ai

été joint par les généraux Lanusse, Robin et Fugières. On a cependant

laissé à Menouf une centaine d'hommes.

J'attends aujourd'hui à midi le général Menou qui est de retour du lac

Natron.

Je vous envoie une lettre que vous remettrez au divan du Caire.

Que tous les envois que vous me faites soient toujours de deux cent

cinquante à trois cents hommes, afin d'éviter toute espèce d'accidens.

Je demande au payeur de nous envoyer 100,000 fr.; il sera bon alors pour

l'escorte de profiter d'un moment où vous aurez quatre cents hommes à

nous envoyer.

Je vous recommande de nous envoyer jour par jour, et même deux fois

par jour, les hommes qui doivent nous rejoindre: vous en sentez

l'importance. Toutes les heures il peut y avoir une affaire décisive, et

dans le petit nombre de troupes que j'ai, trois cents hommes ne sont pas

une faible chance.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III. · 第 146 / 342 题