Au Caire, le 27 prairial an 7 (15 juin 1799).
_Au général Desaix._
Je suis arrivé hier ici, citoyen général, avec une partie de l'armée.
J'ai laissé une bonne garnison dans le fort d'El-Arich, qui est déjà
dans une situation respectable.
Le général Kléber est à Damiette. Vous trouverez dans les relations
imprimées le véritable récit des événemens qui se sont passés.
Il est nécessaire que vous me fassiez une relation de tout ce qui s'est
passé dans la Haute-Egypte depuis votre départ du Caire, afin que je
puisse le faire connaître.
Je crois qu'il me manque de vos lettres, de sorte qu'il y a des lacunes.
D'ailleurs, c'est un travail que personne ne peut bien faire que
vous-même.
J'attends, d'ici à deux ou trois jours, la nouvelle que vous occupez
Cosseir, ce qui me fera un très-grand plaisir.
Nous voici arrivés à la saison où les débarquemens deviennent possibles,
je ne vais pas perdre une heure pour me mettre en mesure; les
probabilités sont cependant que cette année, il n'y en aura point.
Je vous écrirai plus au long dans trois jours, en vous envoyant un
officier de l'état-major.