A Salahieh, le 21 prairial an 7 (9 juin 1799).
_Au général Marmont._
Nous voici, citoyen général, arrivés à Salahieh. J'ai laissé au fort
d'El-Arich dix pièces de canon et cinq à six cents hommes de garnison,
autant à Catieh.
Kléber doit être arrivé a Damiette.
L'armée qui devait se présenter devant Alexandrie, et qui était partie
de Constantinople le 1er rhamadan, a été détruite sous Acre. Si
cependant cet extravagant commandant anglais en faisait embarquer les
restes pour se présenter à Aboukir, je ne compte pas que cela puisse
faire plus de deux mille hommes. Dans ce cas, faites en sorte de leur
donner une bonne leçon.
Le commandant anglais prendra toute espèce de moyens pour se mettre en
communication avec la garnison. Prenez les mesures les plus sévères pour
l'en empêcher. Ne recevez que très-peu de parlementaires et très au
large. Ils ne font que répandre des nouvelles ridicules pour les gens
sensés, et qu'il vaut tout autant qu'on ne donne pas. Surtout, quelque
chose qui arrive, ne répondez pas par écrit. Vous aurez vu par mon ordre
du jour que l'on ne doit à ce capitaine de brûlots que du mépris.
Quand vous aurez reçu cette lettre, je serai au Caire.
Le général Bon et Croizier sont morts de leurs blessures. Lannes et
Duroc se portent bien.
Armez donc le fort de Rosette de manière qu'il y ait huit ou dix mille
coups de canon à tirer.