BONAPARTE.

Au camp d'Acre, le 19 germinal an 7 (8 anil 1799).

_Au général Marmont._

Vous aurez sans doute reçu, citoyen général, les différentes lettres que

je vous ai écrites depuis la prise d'El-Arich jusqu'à celle de Jaffa.

Nous sommes depuis quinze jours devant Saint-Jean d'Acre, où nous tenons

enfermé Djezzar-Pacha. La grande quantité d'artillerie que les Anglais

y ont jetée avec un renfort de canonniers et d'officiers, joint à notre

peu d'artillerie, a retardé la prise de cette place; mais les deux

vaisseaux de guerre anglais se sont lâchés hier contre nous, et nous ont

tiré plus de deux mille boulets, ce qui nous en a approvisionnés: j'ai

donc lieu d'espérer que sous peu de jours nous serons maîtres de cette

place.

Nous sommes maîtres de Saffet-Sour: les Mutuelis et les Druses sont avec

nous.

J'espère que vous n'aurez pas perdu un instant pour l'armement et pour

l'approvisionnement d'Alexandrie, et que vous serez en mesure pour

recevoir les ennemis, s'ils se présentent de ce côté. Je compte, dans

le mois prochain, être en Egypte et avoir fini toute mon opération de

Syrie.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III. · 第 20 / 342 题