Aujourd'hui quatorzième jour du mois de ventôse de l'an VII de la
République Française une et indivisible.
Des envoyés de Amar Comba, chef de la tribu des Maures Trarzas, se sont
présentés devant le Commandant et les principaux habitants du Sénégal,
assemblés en la maison du gouvernement, et ont dit qu'ils venaient au
nom et de la part de Amar Comba instruire le Gouvernement français que
Ahmed Mokhtar chef des Maures Braknas se préparait à faire la guerre
au Sénégal, qu'il avait député son fils Agris à Amar Comba pour lui
communiquer sa résolution et le presser de se joindre à lui, mais
que Amar Comba s'était refusé à ses sollicitations, et avait répondu
qu'il voulait toujours entretenir la bonne intelligence et l'amitié
qui existait entre lui et les Français; que, d'après ce refus, Ahmed
Mokhtar avait rompu toute liaison avec les Trarzas, et paraissait se
disposer à armer contre eux, ainsi que contre le Sénégal.
En conséquence de ce rapport, le Commandant du Sénégal a déclaré qu'il
ferait mettre dès ce moment à exécution le décret de la Convention
nationale du 29 mars 1793, an 2e de la République, relatif à Ahmed
Mokhtar, qui interdit toute relation avec lui, suspend le payement de
ces coutumes, et prescrit les dispositions nécessaires à cet effet;
décret auquel il avait été sursis d'après les démarches de Ahmed
Mokhtar et les assurances qu'il avait donné pour l'avenir.
En même temps, le Commandant du Sénégal arrête que Amar Comba, chef de
la tribu des Maures Trarzas, sera remercié au nom du Gouvernement de
l'avis amical qu'il a donné à cette colonie, et qu'il lui sera fait en
reconnaissance un présent extraordinaire.
Fait en la maison du gouvernement de l'Ile du Sénégal, les jours, mois
et an ci-dessus.
Signé: BLANCHOT, CORMIÉ, P{re} DUBOIS, MALALLE, BLONDIN fils, PAUL
BÉNIS, FLAMAND, F{s} PELLEGRIN, H. PELLEGRIN et CHARBONIEZ,
greffier.