Les Id ag Jemouella (au sing. Jemouelli) se divisent aujourd'hui
administrativement en dix fractions à savoir:
Al-Hofra.--Cheikh: Sidi Mohammed ould Kebd (Othman).
Ahel Bilal.--Cheikh: Hamed ould Hamed (Othman).
Ahel Mokhtar Mohammed.--Cheikh: Sidi ould Al-Hazzey (Eïdyé).
Ahel Sidi Youssef.--Cheikh: Taleb Othman ould Sidi (Eïdyé).
Ahel Taleb Abeïdi.--Cheikh: Mohammed Fal ould Ahmed (Othman).
Oulad Tegueddi.--Cheikh: Abada ould Cebbar (Izzoun).
Ahel Idyé.--Cheikh: Baba ould Sidi Cheikh (Othman).
Ahel Ahmeïdat.--Cheikh: Cheikh ould Ahmeïdat (Massanes).
Ahel Mohammed Sidi.--Cheikh: Brahim ould Brahim (Hassanes).
Haratines.--Cheikh: Cheikh ould Mokhtar.
Ce fractionnement a été voulu par eux lors de la réorganisation de la
tribu; ethniquement, ils se divisent en trois fractions et quatorze
sous-fractions, conformément aux données historiques exposées plus
haut. A savoir:
{ Ahel Bilal
{ Ahel Alem
{ Oulad Othman proprement dits
Oulad Othman { Ahel Taleb Abeïdi
{ Ahel Idyé
{ Id ab Emchif
{ Id ag Messaad
{ Oulad ben Brahim
{ Ahel Bou Daha
{ Ahel Obeïd ould Cheïn
{ Oulad Tegueddi
Oulad Izzoun { Id ag Bounka (d'où descend la tente des
{ Ahel Cheikh Abd Allah, des Id ag Fara
{ Brahim).
Oulad Eïdyé { Ahel Sidi Youssef
{ Ahel Mokhtar ould Mohammed
Les Id ag Jemouella _hassanes_, qui ne sont d'ailleurs guère plus
guerriers que de nom, forment deux sous-fractions, issues des
groupements précités:
Id Abd Allah, provenant des Oulad Othman,
Oulad Eïdyé, provenant de la fraction du même nom.
Ces deux groupements n'ont plus que quelques tentes, qui vivent mêlées
soit au tolba, soit surtout aux haratines. Certaines tentes sont allées
chercher fortune chez les Dieïdiba-Asbat Negza et chez les Touabir.
Elles s'y incorporèrent vraisemblablement.
Le chef actuel de la tribu est Cheikh Sidi Mohammed ould Moussa ould
Cheikh Mohammed Al-Mokhtar ould Kebd, nommé en 1914. En sa qualité
de représentant héréditaire des Ahel Kebd, il jouit d'une autorité
incontestée, et c'est au surplus un personnage dévoué; mais la tribu
n'est tout de même pas en main. Il y a trop d'éloquents bavards et
d'intrigants parmi ces chérifiens, d'ailleurs intelligents et ouverts.
Le cadi est Mohammed Mahfoudh ould Naji ould Sidi Youssef, des Oulad
Eïdyé. Né vers 1875, c'est un personnage sympathique et instruit. Il
relève dans l'ordre mystique de Mohammed Mahfoudh ould Cheikh Moustafa
ould Cheikh Al-Qadi, des Dieïdiba.
Les personnalités importantes de la tribu sont: _a_) Al-Mehaba ould
Taleb Imijen, né vers 1880, très instruit, juriste et traditionaliste;
_b_) Abd Allah ould Hamed ould Abd Allah, né vers 1885, professeur
intelligent et ouvert; _c_) Taïeb ould Hassen ould Sidi Ahmed, né vers
1875, professeur de renom; _d_) Mohammed Liman, qui après être resté en
dissidence dans l'Adrar de 1906 à 1912, fit sa soumission avec les Ahel
Soueïd Ahmed, et rentré dans le Brakna se signala au début par quelque
opposition; _e_) Cheikh Mohammed Mahfoudh ould Cheikh Taj al-Arifin
ould Cheikh Mohammed Lamin, vu antérieurement. Il serait toujours dans
le Sous, où il aurait fait, dit-on, sa soumission au Makhzen et aurait
épousé une fille de Haïda ould Mouïzz, le glorieux pacha de Taroudant.
Le recensement général des Id ag Jemouella a donné pour l'exercice
1918: 250 tentes et 2.275 personnes; 7 chevaux, 3 chameaux, 462
bovins, 1.602 ovins et 200 ânes. Les marques de la tribu sont soit le
[lamha ﻪﻟ], commun à tous, et qui s'appose sur la cuisse droite ou
à la naissance de la hanche, soit le narli [T] sur la hanche
et spécial aux Ahel Mokhtar ould Mohammed. On met souvent comme
contremarque un petit dal د sur le lam du [lamha ﻪﻟ].
La tribu nomadise en hivernage à l'ouest de Guimi et vers Bidi Ngal.
Les haratines sont en outre, en hivernage, au nord-ouest de Mouit et
aux environs de Guimi, en saison sèche, à Dielowar et Chogar. Depuis
leur conflit avec les Torkoz, on a interdit aux Id ag Jemouella la
région de Mal pour éviter tout contact entre ennemis. Ils sont un peu à
l'étroit dans la région de Guimi. On leur a donné en outre des tamourts
importants et non cultivés au nord de Kra Lemaoudou.
Les tombeaux les plus vénérés sont ceux de: _a_) Mohammed, dit Bilal,
ould Kamin, grand-père d'Abd Allah ould Ahmed, à Guimi; _b_) Abd
Er-Rahman ould Bilal, fils du précédent, savant et traditionaliste de
renom, mort vers 1880, à Nouadich (Tagant). Il est l'auteur du poème,
bien connu ici, qui donne en vers élégants la généalogie des Id ag
Jemouella (Cf. en annexe).
La tribu dans l'ensemble pratique l'ouird qadri. Les moqaddem locaux
sont au nombre de deux: Cheikh Ahmed Salem ould Bou Daha qui relève de
Sidi-l-Mokhtar ould Cheikh Al-Qadi, des Dieïdiba, et Cheikh Abd Allah
ould Mostafa, des Taleb Mohamedden, des Dieïdiba, considéré par les Id
ag Jemouella comme un maître.