Les Hijaj du Brakna se partagent ethniquement et administrativement en
les fractions suivantes:
1º Oulad Hamdan; chef: Mahmoud ould Mohammed Mokhtar; 120 tentes et 580
âmes; 200 camelins, 958 bovins, 2.495 ovins, 164 ânes;
2º Oulad Abd En-Nabi: première sous-fraction administrative; chef:
Cheikh ould Taleb Brahim, qui a succédé à son frère Jeddou, tous deux
neveux de l'ancien chef Cheikh Mostafa ould Taleb Brahim, vieux et
cassé, 9 tentes et 28 personnes; 20 bovins, 270 ovins et 10 ânes;
deuxième sous-fraction administrative; chef: Mohammed ould Khalil, 20
tentes et 57 personnes, 131 bovins, 325 ovins et 20 ânes;
3º Haratines Hijaj; chef: Kaouri ould Obeïd; 40 tentes et 160 âmes;
74 bovins, 404 ovins et 12 ânes. Ces haratines sont pour la plupart
domiciliés dans le Chamama auprès de Mbagne. Un petit nombre d'autres
est resté nomade vers Bassi Nguidi.
L'ensemble comprend donc 189 tentes et 831 âmes. Le cheptel est de
200 camelins, 1.183 bovins, 3.494 ovins, et 206 ânes. Le feu de la
tribu est, comme il convient à ces fils de pèlerins, la marque «Makka»
ﺔﻜﻣ, qu'ils apposent sur la cuisse droite des animaux.
Les Hijaj se partagent, d'après leur genre de vie, en deux groupes: les
Oulad Hamdan, ou grands nomades du Nord (Amechtil et Akel) et les Oulad
Abd En-Nabi, rattachés récemment encore au Gorgol, ou petit nomades du
Sud-Est. On pourrait y joindre le groupe cultivateur des Haratines.
Fraction à chameaux, les Oulad Hamdan nomadisent dans le Nord-Ouest.
En hivernage, ils sont aux environs de Diguet Menné et dans l'Oued;
en saison sèche, à Chogar, et aux environs, à Oudnech et à Al-Ouasta.
Ce n'est que de nos jours qu'ils ont pu revenir vers ces puits
ancestraux. Vers 1900, victimes de plusieurs pillages de la part des
Oulad Bou Sba de l'Adrar, ils avaient été obligés de les abandonner et
s'étaient cantonnés à Diguet Memmé et à Chogar Tora. De nos jours, ils
n'échappent pas toujours aux rezzous, mais ils retrouvent en fin de
compte leurs pertes. C'est ainsi que pillés par les Regueïbat en juin
1914, ils rentrèrent peu à peu en possession de leurs chameaux, repris
par le peloton méhariste de l'Adrar.
Fraction à bœuf et à petit bétail, les Oulad Abd En-Nebi, ne possèdent
pas un seul chameau. Ils nomadisent dans un petit rayon, en hivernage,
vers Al-Kouïat et Al-Ousakat; en saison sèche, à Bassi Nguidi et à
Bilal.
Le cadi de la tribu est Mohammed Salem ould Jeddou, d'origine Ahel
Babouya, né vers 1865, savant professeur et juriste, élève et disciple
de Mohammed Lamin ould Cheikh Mohammed. D'une famille peu connue,
Mohammed Salem commence seulement à percer grâce à sa science et à sa
probité.
Les principaux notables sont: les deux fils de Cheikh Mohammed ould
Mohammed Lamin, à savoir: Cheikh Ahmed Mahmoud et Mohammed Lamin.
Cheikh Ahmed Mahmoud, né vers 1868, est le marabout le plus en vue
des Hijaj. Il passe déjà pour être un ouali. Élève et disciple qadri
de son père, il se rattache par lui aux grands Cheikhs Sidi Mohammed
ould Menni des Tagat, Cheikh Al-Qadi des Deïdiba, et Sidi-l-Mokhtar
Al-Kabir, des Kounta. Il est fort instruit, possède une bibliothèque
bien garnie et distribue l'enseignement coranique et supérieur à
une cinquantaine d'élèves, tant des Hijaj que des tribus voisines,
notamment Tadjakant et Id ag Jemouella. Ce Cheikh se confine de plus
en plus dans la piété et le mysticisme; il a fini par se désintéresser
complètement des affaires administratives et du commandement de la
tribu; il abandonne même souvent son école à son cadet. Il vit à
l'écart, ermite, plongé dans une quasi perpétuelle kheloua. Son seul
fils peut alors l'approcher, et quelquefois son frère Mohammed Lamin.
C'est un thaumaturge reconnu, au demeurant le marabout le plus notoire
du Cercle, après M'hammed ould Bekkaï, des Kounta. Son frère, Mohammed
Lamin, né vers 1870, de la même obédience, très intelligent et très
instruit, est moins confiné dans le mysticisme. Il dirige avec beaucoup
de savoir une école de trente élèves, où l'on voit, à côté des Hijaj,
des Tadjakant et des Dieïdiba. Quand son frère aîné disparaît dans
sa retraite, c'est près de cent élèves que comprend cette petite
Université nomade. Les deux Cheikhs ont distribué leur ouird à la
majeure partie de leurs contribules.
Les Hijaj sont tous qadrïa, relevant de deux obédiences différentes,
soit surtout celle de Cheikh Al-Qadi, des Dieïdiba, soit celle de
Cheikh Sidïa, en définitive par conséquent de la même source des Kounta
de l'Azaouad.
Les principaux notables de la tribu sont: chez les Oulad Hamdan,
Mohammed Fal ould Khalil; Mohammed Fal ould Bokhari, Ahmed ould Najid;
Mohammed Abd Er-Rahman ould Sidi; chez les Oulad Abd En-Nabi (1re
sous-fraction) Sidi Abd Allah ould Abaïdi, et (2e sous-fraction)
Youssef ould Aïssa et Brahim ould Salek; chez les haratines Ahmed ould
Biyad et Samba ould Al-Yarg.
Le maître d'école coranique attitré de la tribu est Ahmed Abd Ed-Daïm
ould Sidi ould Mokhtar Fal, né vers 1855, vieillard peu intelligent et
médiocrement instruit, mais honnête, sympathique et très en confiance.