1.--_Historique._

Si administrativement les Zemarig constituent une tribu indépendante,

on a vu ci-dessus qu'ethniquement, ils sont des Dieïdiba. Depuis

l'heure où leur ancêtre éponyme Chems ed-Din, dit Zemrag, c'est-à-dire

«le fort», rejoignit ses cousins Atjfara Brahim et Atjfara (Bekkaï)

dans le Brakna, ils ont vécu avec les Dieïdiba et ont fait partie

intégrante de la tribu. C'est de nos jours seulement qu'ils se sont

détachés d'eux.

La chronique des Zemarig commence donc avec Chems ed-Din, originaire

comme ses cousins, des Dieïdiba ou Id Eïleb du Hodh. Une tradition

le fait proprement le fils d'Atjfara (Bekkaï). Voici le tableau

généalogique de la tente du commandement:

Zemrag.

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Tegueddi. Baba Imijan.

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Taleb Mohammed, Brahim. Ba Ahmoud Agd Eïlek. Atjfara Saloum.

descendance | (Zmarig). \_________________________/

chez les Mohammedden. Quelques tentes chez les

Oulad Bou Sif. | Oulad bou Sif, le reste chez

Amar les Zemarig.

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Abd El-Qader.

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Mohammed. Mostafa.

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Sidi-l-Mokhtar. Chibani.

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Mohammed Sidi, ex-chef. Tofaïl. Limam, chef actuel.

C'est par suite d'un phénomène d'ordre économique qu'un certain nombre

de tentes Zemarig se sont agglutinées aux Oulad Bou Sif. Propriétaires

de chameaux, elles ne purent suivre les autres Dieïdiba dans leur lent

fléchissement vers le Sud. Obligées de vivre loin du fleuve, elles se

groupèrent auprès des Oulad Bou Sif pour être protégées, mais elles

sont restées en bonnes relations avec leurs cousins et ne renient pas

leurs origines.

Les Zemarig ont toujours été considérés un peu comme des parents

pauvres par les autres Dieïdiba.

Les Id ag Fara Brahim étaient la fraction qui avait le commandement

politique. Les Id ag Fara possédaient l'autorité religieuse et

judiciaire. Les Zemarig, tiers état, n'avaient plus qu'à obéir. Ils

se lassèrent de cette situation, et après des luttes fréquentes avec

les Id ag Fara Brahim, ils s'éloignèrent d'eux et vinrent se fixer à

Chabour, dans le Chamama. Chassés par les Toucouleurs, ils vinrent vers

Boghé et nomadisèrent entre Boghé, Al-Meriché, la rivière de Mal, et

Cascas. Ils entrèrent dans le système politique de l'équilibre local en

contractant alliance avec les Toucouleurs de Boghé et en luttant contre

ceux du fleuve. Leur dabaï était installé près de Boghé.

Depuis longtemps donc ils vivaient pratiquement séparés des Dieïdiba.

A la fin du siècle dernier, ils furent gravement pillés par les

Oulad Ahmed; ceux-ci étant les alliés des Oulad Biri, les Zemarig se

rapprochèrent des Dieïdiba et prirent part aux luttes de cette tribu

contre les Oulad Biri et Oulad Ahmed. Ce rapprochement amena leur

dissidence, à la suite d'Abd Al-Jelil, chef des Id ag Fara, lors de

l'occupation française (1904). A leur retour du Tagant ils furent

mis à l'amende à part. Les autres dissidents ayant refusé de faire

une répartition égale pour ces contributions, les Zemarig sentirent

renaître toute leur animosité. Ils demandèrent à vivre en dehors de la

tribu et, depuis, ils ont joui de leur autonomie.

Études sur l'Islam et les tribus Maures: Les Brakna · 第 45 / 245 题