Les Oulad Ahmed se divisent en:
Oulad Bou Bakar ould Ahmed,
Oulad Bouïzi,
Ahel Heddi,
Oulad Al-Afna,
Rouïssat,
Oulad Moummou,
Oulad Akerroumt.
Les six premières fractions sont de pure origine Oulad Ahmed; les
Oulad Akerroumt se rattacheraient à Kerroum ould Mallouk par une autre
filiation que celle d'Ahmed, et ne seraient donc que les cousins des
Oulad Ahmed, mais ils sont aujourd'hui complètement nationalisés dans
la tribu.
Les Haratines Oulad Ahmed se divisent en:
Ahel Mbarek;--chef: Mohammed ould Eli ould Mahmoud.
Lembeïda;--chef: Mahmoud ould Samba.
Ahel Ahmed.--chef: Bou Bakkar ould Othman.
Ahel Bou Saïd.--Ahmed Salem ould Mohamedden.
Oulad Yarg.--Omar Ould Abd El-Beggar.
Goundaïa.--Brahim ould Bella.
Ils n'ont pas de chef général. En plus des fractions précitées, un
grand nombre de haratines vivent isolés par individus ou par tentes
dans les campements nobles.
Les nobles comprennent 62 tentes et 266 âmes; les haratines: 76 tentes
et 339 personnes, soit au total 138 tentes et 605 personnes.
Ils possèdent: les nobles: 5 chevaux, 33 chameaux, 50 ânes, 87 bovins
et 1.273 ovins; les haratines: 1 chameau, 79 ânes, 164 bovins et 3.863
ovins, soit au total, 5 chevaux, 34 chameaux, 129 ânes, 251 bovins,
5.336 ovins.
Comme tous les hassanes, les Oulad Ahmed n'apposent pas de marque de
feu à leurs troupeaux.
Leurs terrains de parcours sont: en hivernage, les rives de l'oued
Katchi, les environs de Diguet Mémé, et jusqu'à Chogar; en saison
sèche, le nord de Chogar et quelquefois le sud jusqu'à Boghé. Ils ont
été jadis les maîtres incontestés de l'Agan et de l'Akel, vers Chogar
Toro. On leur reconnaît encore aujourd'hui cette qualité.
Les notables de la tribu sont: _a_) Mokhtar et Mohammed Mahmoud, fils
tous deux d'Omar ould Bou Salif. Cette famille des Ahel Bou Salif, des
Rouïssat, est ralliée depuis longtemps à nous. L'un de ses membres,
Ahmed Louleï, a toutefois marché avec nous, et a servi comme partisan
dans de nombreuses occasions. Il suivit le capitaine Bablon à Akjoujt
et lui rendit des services, il fit les colonnes de l'Adrar, du Hodh, et
de Smara, tuant dans cette dernière de sa main un chef pillard. Ennemi
des Ahel Bou Bakkar, il est un peu le chef de parti de l'opposition,
surtout depuis qu'il a échoué à l'élection de chef de tribu. C'est
un excellent chef de partisan et un homme dévoué. Son cousin, Sidi
Mohammed, se rendit utile au lieutenant Duboc; _b_) Sidi Mohammed
Boun, notable qu'on avait chargé de surveiller Biram et qui se laissa
conduire par lui; _c_) Sidi Ahmed ould Deïna; _d_) Omar ould Omar Beyat.
Véritable tribu makhzen, les Oulad Ahmed sont armés par nos soins.
En outre du goum régulièrement constitué et dont il a été parlé plus
haut, ils fournissent des partisans auxiliaires. C'est pourquoi ils
sont détenteurs, par nos soins de 71 fusils, dont 31, modèle 92, et 20,
modèle 74, aux nobles; et 20, modèle 74, aux haratines.
Les Oulad Ahmed semblent profiter des bons conseils qu'on leur prodigue
depuis le début et portent de plus en plus leur activité vers des buts
plus lucratifs, sinon moins glorieux, que le pillage et la razzia.
Ils s'adonnent de plus en plus aux cultures et surtout à l'élevage.
Leurs cultures ont pris, ces dernières années, une certaine extension
et notamment par le développement des canaux d'irrigation. Ils ont la
coutume, à eux spéciale, de partager leurs lougans en longues bandes
orientées nord-sud, et abritées du vent d'est par des plantations de
gonakiers. Ils retardent ainsi, par l'ombre de cette haie bien fournie,
l'évaporation des eaux.
Moins encore que chez les autres hassanes, on remarque chez eux de
manifestations de piété. Le chef de la tribu, Seneïba, en est aussi le
marabout. D'être les cousins et champions des Oulad Biri, tolba par
excellence du Sud mauritanien, il suffit à l'islam des Oulad Ahmed.