Au vrai sens du terme, les Oulad Ahmed sont des Brakna, c'est-à-dire
des descendants de Barkanni. Leur ancêtre éponyme, Ahmed, est un des
nombreux fils d'Abd El-Jebbar ould Kerroum ould Mellouk ould Barkenni.
Ils sont donc les cousins germains: 1º des Oulad Abd Allah (Oulad Siyed
et Oulad Normach, puisque Mohammed (fils d'Abd Allah et père de Siyed
et de Normach) et Ahmed ould Abd El-Jebbar sont tous deux petits-fils
de Kerroum; 2º des Oulad Biri, puisque Ahmed précité et Mohammed, père
de Biri, sont tous deux fils d'Abd El-Jebbar.
Ce sont donc de vrais Arabes hassanes, du groupe dit Marafra, ou
descendants de Marfar ould Oudeï ould Hassan.
Au début du dix-huitième siècle, les Oulad Ahmed, qui ne s'étaient
pas encore séparés des Oulad Biri, vivaient avec eux dans l'Iguidi,
entre Khroufa et Boutilimit, en bordure des Trarza, ou entremêlés à
eux. Quand les Oulad Abd Allah, après la conquête du Brakna, vinrent
se fixer dans l'Agan, sous le commandement d'Ahmeïada, les deux tribus
appuyèrent vers l'Est. C'est là que les Oulad Ahmed trouvèrent les
Oulad Abd Allah. Ils ne les quittèrent plus, fusionnèrent avec eux et
arrivèrent à considérer comme un insigne honneur d'être pris pour les
descendants d'Oulad Abd Allah, origine que les vrais Oulad Abd Allah
leur ont contestée à juste titre.
Des la séparation des Oulad (Mohammed ould Abd Allah en Oulad Siyed et
Oulad Normach), les Oulad Ahmed suivirent ces derniers et s'allièrent
à eux par des mariages, contractés presque exclusivement entre hommes
Oulad Normach et femmes Oulad Ahmed. Quoique considérant les Oulad
Ahmed comme des gens inférieurs, les Normach consentirent, par intérêt
politique, à leur laisser entendre qu'ils croyaient à une origine
commune. Ils affectaient de prendre pour des liens de fraternité ce qui
n'était qu'un cousinage. C'est ainsi qu'ils avaient pour eux les égards
et traitements qu'on se doit entre membres de la même famille. On sait
par exemple qu'il est une habitude chez les Maures, qu'ils soient
guerriers ou Berbères, c'est de ne jamais priser, ni fumer, ni parler
de femmes ou entendre parler d'elles devant un membre de sa famille,
qui ne soit pas de son âge.
Ces flatteries des Normach étaient intéressées, car, par suite des
guerres continuelles, le nombre de leurs guerriers avait diminué
considérablement et ils devinrent très inférieurs numériquement à leurs
adversaires: les Oulad Eli et les Oulad Siyed. C'est alors qu'ils
s'allièrent avec les Oulad Ahmed en leur faisant des cadeaux, en les
caressant, et en leur laissant piller indistinctement amis et ennemis.
Contrairement aux deux groupes Oulad Abd Allah, les Oulad Ahmed
n'exercèrent jamais leur suprématie sur la même région; ils vivaient
tantôt dans l'Agan, à côté d'Ouezzan, à Aleg, à Chogar, dans le
Chamama, près des Oulad Normach, tantôt à Tamourt Nadj, près des Ahel
Soueïd Ahmed.
Les Oulad Ahmed pillaient un peu partout, surtout là où il n'y avait
pas de danger, et ils méritèrent le surnom qui leur fut donné par les
tribus du Brakna, «les corbeaux».
Mollien qui fit, en 1817, le voyage de Podor et qui a laissé sur les
Maures des renseignements, généralement exacts, fait des Oulad Ahmed
une description peu flattée et non sans fantaisie.
C'est près de ce fleuve (Sénégal) que l'on rencontre les Oulad
Ahmed, restes d'une tribu de Bédouins qui a été presque totalement
exterminée. Chassée des bords du Nil, où elle était établie, elle
vint se réfugier sur ceux du Sénégal, où elle exerça sa fureur
sacrilège, même sur les marabouts, crime impardonnable chez les
Maures. Le roi des Braknas jura leur perte; leur destruction suivit
de près sa menace. Réduits à un petit nombre, les Oulad Ahmed se
font remarquer par un caractère féroce; ils le cèdent pourtant en
ce point aux Ouladamins (Oulad Delim) qui errent dans le voisinage
de Portendic, car ceux-ci sont, dit-on, anthropophages. L'aspect
d'un Oulad Ahmed respire, comme celui du tigre, une soif de sang
que rien ne peut assouvir; son regard farouche se promène de tous
côtés, comme pour découvrir une proie; sa barbe est rare, mais
dure et hérissée; son corps est petit, mais plein de vigueur. Son
costume est comme celui des autres Maures, excepté qu'il n'a qu'une
tunique, qu'il serre autour de ses reins avec une ceinture. On
dirait, en voyant son air féroce, qu'il médite de venger la mort
de ses ancêtres et de se soustraire au tribut qu'on lui a imposé.
Le cri de mort que poussaient ces barbares, en pénétrant dans un
camp qu'ils voulaient piller, m'ont dit les Maures, ressemblait au
rugissement des bêtes féroces; il glace encore d'effroi les Maures,
lorsqu'on l'imite devant eux.
A notre arrivée dans le pays, la réputation des Oulad Ahmed était
toujours aussi brillante et nous pûmes constater, les premiers temps,
qu'elle était parfaitement justifiée.
On peut dire des Oulad Ahmed qu'ils ont le génie du mal, écrit le
lieutenant Duboc en 1907. Il n'y a pas de méfait qui se commette
dans le pays sans qu'on ne puisse y trouver la main de l'un
d'eux. Ils pillent les caravanes non armées, s'attaquent aux gens
inoffensifs, volent la récolte de gomme aux campements de captifs
qui sont isolés dans la brousse, leur enlèvent leurs guerbas d'eau
pour les faire souffrir de la soif. On peut se rendre compte que
le surnom qui leur fut donné par ceux qui ont à souffrir de leur
lâcheté, n'a rien d'exagéré.
Avec le temps on a compris que la meilleure solution à cet état de
choses était l'utilisation à notre profit de ces qualités guerrières.
Les Oulad Ahmed jouent désormais un rôle de couverture militaire sur le
front du Brakna. Au début de 1916, on a formé chez eux et avec leurs
meilleurs guerriers trois goums de 8 fusils chacun. Les armes, ainsi
que 600 cartouches, 12 rahla et 24 guerba, ont été confiés à Seneïba,
chef de tribu, de façon à lui permettre de faire partir directement
ses hommes de son camp de Chogar sur les traces de l'ennemi. Les Oulad
Ahmed se sont ainsi distingués à plusieurs reprises dans la poursuite
des rezzous Regueïbat. Ils font de plus de fréquentes reconnaissances
sur la ligne Al-Ouasta, In Tichilit, Ouezzan, et envoient les «chouf»
vers le Nord.
Pour bien comprendre l'historique des derniers événements et la
situation actuelle, il faut d'abord donner le tableau généalogique de
la tente princière des Oulad Ahmed.
_Tableau généalogique._
1. Ahmed,
ancêtre éponyme.
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| | | | | |
2. Bou Bakkar. Rouizi. Al-Afna. Moummou. Rouis. Heddi.
____|_________________________
| | |
Fati Omran. Beïhoum. 3. M'haïmdat.
|
4. Mbodye.
|
5. Dadif.
|
6. Bou Bakkar.
|
7. Sidi.
____________|__________________________
| |
8. Mbarek. Biram.
| |
9. Sidi. Ahmoïmid.
______________|___________________________ |
| | | | | |
10. Seneïba. M'moïmed. Mbarek. Mohammed. Sidi Ahmed. Biram.
(1) Ahmed l'ancêtre éponyme, fils d'Abd El-Jebbar, a de nombreux
frères, Mohammed, l'ancêtre des Oulad Biri Qrah, Abhoum, Besserin,
Ajem, ancêtres des petites fractions Ida Qrahoua, Id Abhoum, Ida
Besserin et Ijouam, qui vivent chez les Oulad Biri, et enfin
Al-Gouassi, ancêtres de la fraction repentie (_tiab_) de ce nom, qui
vit chez les Tagat. Il a en outre six fils: (2) Bou Bakkar, chef
après son père, Rouizi et Al-Afna, Moumou et Rouis dont la postérité
constitua 4 fractions des actuels Oulad Ahmed; Heddi, dont la postérité
est éteinte.
(2) Bou Bakkar, fils d'Ahmed, eut 4 fils: Fati, dont la postérité est
éteinte; Omram et Beïhoum dont la postérité s'est fondue chez les Oulad
Ahmed; M'haïmdat, qui continua le commandement.
(3) M'haïmdat, (4) Mbodye, et (5) Dadif n'ont laissé aucune trace.
(6) Bou Bakar, fils de Dadif, et chef de la tribu vers le milieu du
dix-huitième siècle, est l'ancêtre de la tente princière actuelle
des Oulad Ahmed: les Ahel Bou Bakkar, et c'est pourquoi on voit les
personnages actuels ordinairement dénommés sous le nom d'Oul Bou
Bakkar, encore que quatre générations les séparent de leur ancêtre.
(7) Sidi, fils et successeur de Bou Bakkar eut deux fils: (8) Mbarek et
Biram, ancêtres des branches aînées et cadette de la tente princière.
C'est de là que partent les dissentiments et rivalités qui ont agité
les Oulad Ahmed pendant la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, et
jusqu'à nos jours.
A Mbarek succéda à la tête des Oulad Ahmed son fils (9) Sidi, et à
celui-ci son fils aîné (10) Seneïba. Nous allons voir successivement
les cinq fils de Sidi, ainsi que leur cousin Biram ould Ahmoïmid ould
Biram ould (7) Sidi et retracer aussi les événements actuels.
_Seneïba_, né vers 1865, était chef des Oulad Ahmed à notre arrivée;
mais d'un caractère mystique et formé à la piété par Cheikh Sidïa,
son maître, il avait de plus en plus tendance à se détacher des choses
politiques et à se consacrer à la prière. En fait, c'était son frère
immédiatement cadet, _H'moïmed_ qui exerçait le commandement. Seneïba,
circonvenu par Cheikh Sidïa, fit sa soumission, dès le début. Il fut
nommé chef de goum par Coppolani et reçut une mensualité de 300 francs.
Cette allocation lui ayant été supprimée, avec la disparition des goums
(1905), Seneïba partit en dissidence pour l'Adrar. Il assista à divers
razzis, dirigés contre nos sujets brakna, mais ne semble pas avoir pris
part à la surprise du convoi de ravitaillement d'Aslat (4 juin 1908),
bien qu'on le lui ait reproché. Quelque temps après, il partit pour le
Maroc avec un compagnon des Ahel Cheikh Al-Qadi (Dieïdiba) pour faire
le pèlerinage de la Mecque. Le Dieïdibi étant mort en route, Seneïba
n'eut pas le courage d'aller plus loin: il s'arrêta à Fez, revint à
Marrakech, et y vécut assez misérablement. Il demanda l'aman en 1911
et, autorisé à rentrer au début de 1912, sur la demande de Cheikh
Sidïa, alla se faire oublier et vivre dans la piété auprès de son
maître spirituel. Nous le retrouverons plus bas.
Au départ de Seneïba, son commandement fut disputé entre ses deux
frères, H'moïmed, déjà vu, et à qui sa conduite antérieure envers les
Oulad Siyed, alors qu'il exerçait le commandement au nom de Seneïba,
avait attiré bien des haines, et Mohammed, H'moïmed fut reconnu, mais
après une certaine période de tiraillements, il abandonna la partie
et se réfugia dans le campement de son cousin Biram ould Ahmoïmid.
Mohammed, resté seul, se fit bientôt haïr de ses administrés, qui
l'abandonnèrent pour la plupart, et allèrent planter leurs tentes dans
le campement de H'moïmed et de Biram.
Les dissensions se perpétrèrent jusqu'à 1908. Les deux partis se
dénonçaient eux-mêmes à Aleg. Par Biram, on arrivait à prouver, en
mars 1907, que Mohammed avait caché à plusieurs reprises, dans son
campement, Bakkar, le chef des Normach dissidents: et que de plus
il avait pris part lui-même à des vols à main armée; il fut donc
arrêté, ainsi que son jeune frère Sidi Ahmed, et condamné à 8 mois de
prison par le tribunal de cercle (1908). Cette aventure réconcilia
les frères ennemis. Par la complicité de H'moïmed, Mohammed et Sidi
Ahmed ne tardèrent pas à s'évader de la prison de Boghé. Ils pillèrent
les campements de leurs dénonciateurs et partirent en dissidence en
entraînant leurs frères, et notamment l'inquiet et indécis H'moïmed,
quelques Oulad Ahmed et le jeune Lobat, des Normach. Par la suite,
on revit maintes fois Mohammed dans les razzi qui s'abattirent sur
le Brakna, mais la voix publique prétend qu'il les accompagnait sans
armes, et sans prendre part aux pillages. Néanmoins, plusieurs fois,
des Oulad Ahmed restés loyalistes et attaqués par les dissidents furent
blessés et même tués; et ces faits soulevèrent contre les Ahel Bou
Bakar des haines inextinguibles.
C'est ici qu'apparaît Biram ould Ahmoïmid, chef de la branche cadette,
à la tête de la tribu. Jusqu'à cette date, il ne s'était guère signalé
que comme un coupeur de routes et un condottieri. Il accompagnait,
dit-on, Bakkar ould Ahmeïada, quand celui-ci, vers 1898, vint
assassiner Mohammed ould Sidi Elî, frère de l'émir. Vers 1901, mis à la
tête de leur campement par quelques tentes Oulad Ahmed, mécontentes de
Seneïba et surtout de H'moïmed, il fait bande à part et devient chef
ouvert de l'opposition. Il se rallia à nous, dès notre arrivée dans le
pays, et commanda plusieurs fois un goum de guerriers Oulad Ahmed. A
ce titre, il reçoit une mensualité de 300 francs qui lui est supprimée
en 1905. Mais plus prudent que son cousin Seneïba, il accepte la chose
sans esclandre. Après la fuite de Bakkar, il est accusé de complicité
et déporté au Sénégal. Il vécut paisiblement à Kaolak, et fut gracié et
1908. Peu après, le départ en dissidence de ses cousins de la branche
aînée le laissait maître de la situation. Il fut élu chef de la tribu.
Son commandement fut des plus médiocres; aussi, dès le retour de
H'moïmed, celui-ci fut-il remis à la tête de la tribu (octobre 1910);
mais ce n'était pas encore la bonne solution, H'moïmed ayant laissé
trop de haines derrière lui, et n'étant pas au surplus le représentant
héréditaire des Ahel Bou Bakkar. Biram fut donc réélu un mois après
(novembre 1910), mais cette fois avec deux assesseurs (Sidi Ahmed ould
Boun et Ahmed Louli), chargés de le surveiller et de contrôler ses
actes.
Cependant les Ahel Bou Bakar rentraient peu à peu; ce furent d'abord
les deux évadés de Boghé: Mohammed et Sidi Ahmed, puis le chef de la
famille, Seneïba lui-même (fin 1911). L'insuffisance du triumvirat,
qui gouvernait les Oulad Ahmed, se faisait sentir de plus en plus. Un
incident combla la mesure. Une occasion s'offrait pour eux de témoigner
de leur dévouement et de leur adresse: c'était la capture de Sidi
Lamin ould Bakkar ould Soueïd Ahmed, chef d'une bande id ou aïch qui
opérait à cheval sur les cercles du Tagant, de Gorgol et du Brakna.
Leur goum n'obtint aucun résultat, alors que les circonstances étaient
entièrement favorables pour en finir avec ces pillards. On alla donc
chercher Seneïba dans sa retraite spirituelle, auprès de Cheikh Sidïa,
et on l'invita à réconcilier les deux partis rivaux: celui du chef
Biram et celui de H'moïmed.
Les pourparlers s'éternisèrent et donnèrent lieu à des chassés-croisés
amusants. Biram et H'moïmed, inquiets de voir l'influence que Seneïba
reprenait rapidement, se rapprochèrent. Biram fit des avances et
H'moïmed y accéda en venant planter sa tente chez H'moïmed. Enfin
l'accord se fit en 1913. L'énergique intervention de Seneïba réalisa
l'unité de la tribu, et comme se fut à son profit que la chose se fit,
il fut nommé chef des Oulad Ahmed (fin 1913). Son frère H'moïmed et son
cousin Biram restaient chefs de leurs campements respectifs. Depuis ce
jour, l'administration des Oulad Ahmed est assurée convenablement.
Seneïba est aujourd'hui vieux, malade, usé. Il faut lui prévoir un
remplaçant. Ses candidats seraient ses frères Mohammed et Sidi Ahmed,
avec une certaine préférence pour le premier. Ahmed Louleï, lettré
distingué et notable de poids, se pose aussi en prétendant. Seneïba est
des plus instruits pour un guerrier. Il est toujours dans les meilleurs
termes avec Cheikh Sidïa. Son influence morale s'exerce au delà des
Oulad Ahmed.
H'moïmed, frère de Seneïba, est le chef du campement dit Oulad Ahmed
Blancs. Il vit tranquille chez lui et n'a que peu d'autorité.
Mohammed, frère des précédents, n'a guère fait parler de lui depuis son
retour. Après avoir été notre ennemi, de 1903 à 1905, puis de 1908 à
1910, il a servi comme partisan dans le Tagant, et comme chef de goum
pendant la colonne du Hodh. Il s'occupe surtout de chasse, et passe
pour un excellent guerrier actif et audacieux; il était très craint de
tous les marabouts locaux, et ses pillages lui valurent la condamnation
précitée. Aujourd'hui il exerce son allant sur les rezzous et ne craint
pas de travailler pour son propre compte. Il vit à part, craint et fort
respecté. C'est évidemment le seul successeur de Seneïba.
Sidi Ahmed, frère des précédents, semble avoir choisi Mohammed comme
modèle. Assez jeune au moment de notre arrivée, il se rallia avec
ses frères. Emprisonné en 1908 avec Mohammed et condamné à 6 mois de
prison, il s'enfuit avec lui et l'accompagna en dissidence. Il fit
partie des razzi et rentra en fin 1909. Il a servi comme partisan
de mars 1911 à mai 1912, et a rendu de très bons services dans les
recensements du cercle. C'est un très bon guide, parfaitement au
courant du pays. Chargé de conduire un goum contre des pillards Ahel
Soueïd Ahmed, il n'eut pas assez d'autorité sur ses gens pour obtenir
des résultats décisifs. Il fut d'ailleurs choisi à tort pour cette
mission, car il était apparenté par sa mère avec les principaux
pillards.
Biram ould Ahmoïmid, cousin des précédents, commande actuellement un
gros groupement Oulad Ahmed, sous l'autorité de Seneïba. Il n'a qu'une
valeur guerrière et une autorité relatives. Il passe pour être un
homme loyal, mais fanfaron et prêt à toutes les compromissions pour se
procurer de l'argent. Au demeurant, il n'y a rien à craindre de lui.
Un des frères des quatre Ahel Bou Bakar précités, Mbarek, a été tué en
1903 au cours d'un combat contre les Id Ou Aïch. Sa famille vit chez
Seneïba.