Liste des professeurs de l'Athénée.
On nous pardonnera sans doute les lacunes de ce tableau qui, tout
incomplet qu'il est, nous a coûté de très longues recherches. Les
programmes des cours se publiaient tantôt en octobre, tantôt en
novembre, tantôt en décembre, quelquefois en janvier; un même journal ne
les publiait pas toujours: on voit combien pour trouver celui d'une
seule année il faut feuilleter de périodiques, quand on n'a pas la
chance rare de mettre la main sur les prospectus que l'établissement
publiait.
Pour les années antérieures à 1789, à la réserve de 1785, je ne puis
rien ajouter aux indications fournies dans mon étude, sauf que Chazet
(Éloge de La Harpe, 1805) compte, comme La Harpe dans sa Correspondance
Russe, Marmontel et Monge parmi les professeurs de la maison, et que
d'autre part on ne trouve rien à cet égard dans les _Mémoires_ de
Marmontel ni dans les notices composées sur Monge par son neveu Barnabé
Brisson et par Charles Dupin.
1784-1785.
Mithouard (chimie); Deparcieux (physique); Flandrin (hippiatrique); Sue
(anatomie); Prévost (mathématiques et astronomie); l'abbé Curioni
(italien); Lenoir (anglais); l'abbé Pelicer (espagnol); Friedel
(allemand) (_Liste de toutes les personnes qui composent le premier
Musée_... 1785).
1789-1790.
Aux professeurs que j'ai cités pour cette année, il faut, d'après la
_Chronique de Paris_, du 4 décembre 1789, ajouter l'abbé Ray, qui,
l'histoire naturelle ne pouvant être enseignée par un seul maître, se
chargea d'un cours de zoologie. Pendant cette année lycéenne, La Harpe
se fit quelquefois remplacer par Jacques-François-Marie de Boisjolin,
lecteur du duc de Montpensier; celui-ci, selon l'article que lui
consacre la _Nouvelle biographie générale_, aurait simplement lu au
Lycée les cahiers de La Harpe; mais l'article de la _Chronique de
Paris_, du 27 mars 1790, ne paraît pas réduire M. de Boisjolin à ce rôle
effacé. Le _Moniteur_ du temps donne de nombreux extraits du cours de
l'avocat de La Croix, sur lequel on peut consulter, outre la Table de ce
journal, pour la suite de sa vie, ses propres ouvrages: _Constitutions
des principaux États de l'Europe et des États-Unis d'Amérique_; le
_Spectateur français pendant le gouvernement révolutionnaire_. (En 1815,
il donna une édition retouchée de ce dernier ouvrage,) Le _Moniteur_ du
10 février 1790 donne des détails sur le cours de Fourcroy.
1790-1791.
La _Chronique de Paris_ du 9 janvier 1791 dit que le Lycée maintient,
cette année, avec les mêmes professeurs, les mêmes cours que l'année
précédente, savoir: littérature, histoire, physique, chimie, anatomie,
histoire naturelle, anglais, italien. Sur les leçons d'ouverture de
Fourcroy, Sue, Boldoni, La Harpe, voir le numéro de ce journal du 13
janvier 1791. Pendant cette année, le Lycée projeta un cours d'allemand
et ouvrit un cours de grec fait par un Grec (_ibid._, n°s du 11 février
et du 4 mai 1791.) Sur les embarras financiers du Lycée à cette époque,
voir ibid., n°s du 13 septembre et 26 décembre 1790 et du 9 janvier
1791. Consulter encore sur le Lycée le même journal, p. 139 du IIe
volume, p. 377 du IVe et le _Moniteur_ du 14 janvier 1791.
1791-1792.
Le registre des assemblées générales des nouveaux fondateurs du Lycée
donne, pour cette année, le 17 août 1792, à la fois les noms et les
honoraires: Fourcroy, 2000 fr.; Deparcieux, _id._; Garat, 1000 fr.; Sue,
1200 fr,; Roberts (Anglais), 800 fr.; Boldoni (Italien), _id._; Selis
(qui, à défaut de La Harpe, avait fait lire un cours de littérature),
300 fr.; Domergue, _id._ (Manusc. Bibliothèque Carnavalet). Durant cette
année, Cailhava fit un cours de littérature dramatique et Sicard donna
quelques séances.