LA COMTESSE DE LORT.

La Chesnaye-Desbois, dans son Dictionnaire de la Noblesse indique deux

familles nobles de ce nom: l'une dont il écrit le nom en deux mots et

qui était du bas Languedoc, l'autre dont il écrit le nom en un seul mot

et qui était de Guyenne; c'est sans doute à cette dernière

qu'appartenait la première Directrice du collège de Milan, non par la

raison insignifiante que ses contemporains écrivent tous son nom en un

seul mot, d'autant qu'elle même l'écrivait en deux, mais parce que La

Chesnaye dit que quelques membres de cette deuxième famille s'étaient

transportés en Lorraine. En effet, La Folie, dans le catalogue placé en

tête de son histoire pseudonyme de l'administration du royaume d'Italie,

nous apprend que Mme de Lort avait été chanoinesse; or, en 1785, parmi

les _dames nièces_ du chapitre de Bouxières-aux-Dames, abbaye située à 8

kilomètres de Nancy, où l'on ne pouvait être admis qu'en prouvant seize

quartiers de noblesse suivant les uns, neuf quartiers de chaque côté

suivant les autres, on trouve une dame de Lort et une dame de

Montesquiou[234]; et d'autre part, La Chesnaye nous dit qu'un arrêt qui

établissait la noblesse purement militaire de la famille Delort de

Guyenne, et que la Chambre des Comptes de Lorraine enregistra le 21 mars

1764, permit l'entrée de Mlle de Montesquiou, fille du chevalier

Delort, commandant de la ville, et de la citadelle de Nancy, au chapitre

de Bouxières. Ce chevalier et cette dame de Montesquiou sont évidemment

parents de Caroline de Lort: reste à savoir à quel degré, ce que

j'ignore.

En 1785, un membre de la même famille, De Lort de Saint-Victor, était

membre du chapitre noble de la cathédrale de Nancy; à la même époque, un

baron de Lort figurait parmi les Commandeurs de Saint-Louis pour le

service de Terre; sa promotion remontait au 1er septembre 1766. (_La

France chevaler. et chapitr._)

Je dois dire que M. Duvernoy, archiviste paléographe de

Meurthe-et-Moselle, qui a bien voulu, à la prière de M. l'inspecteur

général Debidour, consulter en ma faveur les archives et la bibliothèque

de Nancy, m'avertit que d'après une liste des dames qui composaient le

chapitre de Bouxières au moment où ce chapitre fut supprimé[235], Mme De

Lort avait pour prénoms Marie-Rose, que sa parente y est appelée

Marie-Thérèse-Agnès-Angélique De Lort-Montesquiou, et que ni l'une ni

l'autre ne porte le prénom de Caroline, invariablement attribué à la

Directrice du Collège de Milan. Mais l'assertion positive de La Folie

que notre Directrice avait été chanoinesse, l'uniformité avec laquelle

elle est appelée comtesse, me semblent exiger qu'on la reconnaisse dans

une des deux Dames du chapitre de Bouxières et qu'on admette qu'après la

Révolution elle aura pour une raison ou pour une autre signé avec un

autre prénom.

Je dois également à M. Duvernoy le début de la lettre patente précitée:

«Vu par la Chambre la requête à elle présentée par le Sr Maximilien De

Lort, chevalier, seigneur de Montesquiou-Levantès, commandeur des villes

et citadelle de Nancy, la dame Elisabeth-Agnès De Lort de Saint-Victor,

son épouse, et le sieur Ch. Frédéric De Lort de Saint-Victor, brigadier

des armées du Roi Très Chrétien, son lieutenant au Gouvernement de

Strasbourg, chevalier seigneur de Tanviller, Saint-Maurice et

Saint-Pierrebois, expositive que, étant originaires de Guyenne et du

pays de Comminges, mais se trouvant établis en Lorraine... (Registre des

arrêts d'entérinement de 1764; coté B. 258 aux Archives de

Meurthe-et-Moselle, pièce n°11).

D'après les registres de la paroisse Notre-Dame de Nancy, Maximilien De

Lort était mort le 6 décembre 1777, à l'âge de soixante-dix-sept ans

(Henri Lepage, _Archives de Nancy_, Nancy, Wiener, 1865, p. 372 du IIIe

vol.)

Mme DE FITTE DE SOUCY.

Une dame de Soucy est comprise, ainsi que la veuve de Bernardin de

Saint-Pierre, parmi les dames dignitaires de Saint-Denis, dont Louis

XVIII approuva la nomination le 26 mars 1816 (p. 400 de l'_Histoire de

la Légion d'Honneur_ par Saint-Maurice, Paris, Dénain, 1833) et portée

comme trésorière cette année-là et l'année suivante dans l'Almanach

Royal, d'où elle disparaît en 1818; c'est sans doute l'ancienne

Maîtresse du collège de Milan.

L'Instruction Publique en France et en Italie au dix-neuvième siècle · 第 70 / 96 题