On n'admet les pensionnaires que de l'âge de cinq ans à douze ans
révolus, et sur le vu d'un certificat qui prouve qu'elles ont eu la
petite vérole ou qu'elles ont été vaccinées.
Les payements qu'on acquittera, comme il a été dit; d'avance, se feront
toujours en monnaie ayant cours légal.
Les pensionnaires ne pourront dîner dans leurs familles qu'une fois tous
les deux mois. Elles ne coucheront jamais hors du collège.
Tous les quinze jours, un jeudi, de quatre à six heures dans
l'après-midi, les parents pourront venir visiter leurs filles, mais
toujours dans le parloir et en présence de la directrice ou de la
sous-maîtresse.
Nul ne pourra pénétrer dans le pensionnat, sauf les personnes qui en
auront obtenu de la directrice une permission qu'il faudra faire
renouveler à chaque fois.
L'accès des chambres de l'étage supérieur est interdit à toute personne
autre que celles qui sont commises à cet effet, le médecin et le
chirurgien.
Toutes ces règles concernent également les demi-pensionnaires et les
externes pour toute la partie qui peut leur être appliquée.
Le supplément à payer pour les unes et pour les autres est réglé par la
directrice d'après les études et les leçons particulières que les
parents auront demandées.
Collèges de jeunes filles du Royaume de Naples, fondés par Joseph
Bonaparte et Joachim Murat.
Le plan de notre étude ne nous a permis que de faire quelques emprunts à
la notice que M. Benedetto Croce a bien voulu fournir sur ces collèges.
Nous n'avons garde d'en priver le lecteur. Voici donc la traduction de
la partie que nous n'avons pas employée:
Le décret de Joseph Bonaparte du 11 août 1807 (dont nous avons extrait
ci-dessus les dispositions fondamentales) fixait que cinq dames seraient
chargées de l'éducation des jeunes filles, sous la surveillance de
personnes qualifiées de première et de deuxième dames. Le règlement de
la maison d'Aversa devait être établi par une commission composée du
président du conseil d'administration du collège, du _capellano
maggiore_, de la première et de la deuxième dames, et de la plus âgée
des autres, et approuvé par la reine. Un décret du 1er septembre 1807
assigna pour local dans Aversa le couvent de l'ordre supprimé du
Mont-Cassin et les jardins attenants. Une décision du 2 novembre nomma
un administrateur des rentes du collège; une autre, du 27 novembre,
renvoya, à l'arrivée de la reine, les travaux d'appropriation. Ces
arrêtés et d'autres relatifs à l'administration de la maison se trouvent
aux Archives d'État de Naples, à la section _Ministero dell'Interno_,
fascicule 714. On y voit que, jusqu'au milieu de 1808, le collège
n'était pas encore installé.
Joseph Bonaparte avait aussi institué pour chaque province du royaume
une maison d'éducation pour les jeunes filles de bonne famille (_di
civili natali_); pour la province de Naples, cette maison fut établie au
ci-devant monastère des bénédictines de San Marcellino.
Joachim Murat, par un décret du 21 octobre 1808, disposa que le ministre
de l'intérieur prendrait les ordres de la reine, sous les ordres de
laquelle serait placé le collège d'Aversa, et qui en établirait le
règlement; le même décret mit une rente de 24,000 ducats à la
disposition du président de l'établissement, qui serait nommé par la
reine. Des lors, le collège put fonctionner.
Peu de temps après, ces deux institutions d'Aversa et de Naples furent
réunies dans le local de la première, sous le nom de Maison Royale
Caroline; une série de décrets de Joachim accrut les rentes et modifia
l'administration de cet établissement.
Le couvent de San Marcellino demeurait vide, mais il eut bientôt un
emploi analogue. Par un décret du 12 décembre 1810, Joachim maintint
dans son royaume les visitandines, «vu l'avantage que l'Empire français
et le Royaume d'Italie tirent pour l'éducation des filles de l'ordre de
la Visitation, rétabli et modifié par les décrets de notre auguste
beau-frère l'empereur Napoléon[220].» Voulant donc, disait-il, procurer
le même avantage à ses États, _où tant et de si grands motifs ordonnent
de multiplier les maisons d'éducation pour les deux sexes_, Joachim
autorisait à perpétuité les couvents de cet ordre actuellement établis
dans le royaume, permettait d'en instituer d'autres là où il serait
nécessaire et plaçait l'ordre sous la protection de la reine; les
visitandines étaient autorisées à recevoir des novices et à les lier par
des voeux simples, renouvelables chaque année, les voeux éternels
demeurant interdits à tous les membres de la congrégation, quelles que
fussent leurs conditions d'âge ou autres; les statuts de Saint-François
de Sales étaient maintenus, sauf à être revus et approuvés; l'Ordre
ressortirait pour le spirituel à l'évêque diocésain, pour
l'administration économique et pour l'enseignement au ministère de
l'intérieur. Un décret du 10 janvier 1811 assigna aux visitandines de
Naples le couvent de San Marcellino.
Ces Dames avaient alors pour supérieure une Française, Mme Eulalie de
Bayanne.--J'interromps ici la notice de M. Croce pour dire que Mme de
Bayanne était une des trois filles de Louis de Lathier, marquis de
Bayanne, qui, à l'époque où Lachesnaye-Desbois imprimait son
_Dictionnaire de la Noblesse_, étaient visitandines à Grenoble. Elle
était assez avancée en âge au temps de Murat, puisque sa naissance
remontait à l'année 1741, comme on peut le voir par son acte de baptême,
que je dois à M. Lacroix, archiviste départemental de la Drôme: «L'an
1741 et le 2e janvier a été baptisée Geneviève-Eulalie, fille naturelle
et légitime de Mre Louis de Lathier de Bayane, seigneur d'Oursinas et
autres places, et de dame Catherine de Sibeud de Saint-Ferréol, ses père
et mère. Le parrain a été M. François Blancher, soubsigné, et la
marraine a été Mlle Marguerite Bonal, aussi soubsignée.» Signé: Bayane,
François Blanchet, Marguerite Bonnard, le chevalier de Bayane, Victoire
de Bayane, Duperon de Ravel, Trévy curé[221]. Mme Eulalie de Bayanne
avait sans doute passé en Italie à la suite de son parent, le duc
Alphonse-Hubert Lathier de Bayanne, auditeur de Rote en 1777, plus tard
cardinal, qui mourra le 6 avril 1813. Revenons à la notice de M.
Croce.--Les autres soeurs et les professeurs du couvent furent (à en
juger d'après les noms rencontrés par M. Croce, qui n'a point trouvé
l'état complet du personnel) des natifs de l'Italie et même de Naples.
Le 27 février 1811, Murat approuva le règlement de l'institution; le 24
septembre de la même année, il mit à la charge de la municipalité de
Naples l'entretien de l'édifice, la dépense de la chapelle,
l'acquittement de la contribution foncière, etc.
Dans la correspondance du ministère de l'intérieur avec Mme de Bayanne,
on trouve une lettre du ministre en date du 31 mars 1811, où il lui fait
connaître que la volonté de Sa Majesté est qu'on forme non des
religieuses, mais des femmes utiles à la société civile, et prend des
mesures pour être informé, chaque semaine, de l'enseignement distribué
dans la maison et des progrès de chaque élève[222]. Le 22 août 1811, un
décret interdit de recevoir pour élèves à San Marcellino les enfants de
plus de douze ans; le 29 août, la maison fut autorisée à acquérir des
biens. Le 24 janvier 1812, le gouvernement approuva un règlement pour
les examens des élèves de San Marcellino.
Tous ces documents proviennent encore du fascicule 714.
Pendant ce temps, un établissement particulier de Naples, celui de Mme
Rosalie Prota, dans l'ex-couvent de San Francesco delle Monache, avait
acquis une grande réputation. Il existait donc alors dans le royaume
trois établissements importants pour l'éducation des filles.
En 1813, la Maison Royale Caroline fut transférée d'Aversa à l'édifice
de Naples, appelé les Miracoli, en vertu d'un décret du 6 septembre de
cette année. Des décrets de ce même jour, du 13 janvier et du 17
novembre 1814, en accrurent encore les rentes. La reine Caroline
déployait, en effet, une grande sollicitude pour ce collège, aidée, dans
son oeuvre intelligente, par le ministre Capecelatro, archevêque de
Tarente.
L'année 1815 ramena les Bourbons...
Le collège royal jouissait alors d'un revenu d'environ 40,000 ducats. La
direction et l'administration n'en relevaient d'aucun ministère[223],
parce qu'il était uniquement et directement gouverné par Caroline Murat;
Capecelatro, sous le titre de président, n'en réglait que la partie
morale. Un décret du 27 juin 1815 fit passer la maison sous la direction
du ministère de l'intérieur et en nomma président le prince de Luzzi,
dont un rapport, daté du 2 août suivant, constata que l'ordre et la
régularité qui y régnaient étaient absolument parfaits; le prince
proposait seulement l'adjonction d'un professeur de catéchisme, vu
l'importance suprême de cet enseignement...
Sans continuer l'histoire de ces établissements, nous nous en tiendrons
aux faits que voici:
En avril 1829, les visitandines quittèrent volontairement Naples, et
l'établissement de Mme Prota fut transporté au couvent de San Marcellino
qu'elles laissaient, et fondu avec leur collège.
La même année, la reine Isabelle de Bourbon, femme du roi François Ier,
prit la direction des deux maisons, des Miracoli et de San Marcellino,
qui reçurent respectivement les noms de _Primo_ et_ Secondo educandato
Regio Isabella di Borbone_; toute la différence entre les deux
établissements était dans la classe sociale à laquelle appartenaient les
élèves; la discipline et l'instruction étaient les mêmes dans l'un et
dans l'autre. Le premier, qui comprenait les enfants des familles les
plus relevées, comptait deux cents places gratuites; le deuxième en
comptait cent quatre; les autres places des deux collèges étaient
payantes. La reine nommait aux places gratuites. Le programme des études
et le règlement se trouvent dans l'ouvrage intitulé: _Napoli e luoghi
celebri delle sue vicinanze_ (Naples, 1845, 2e volume, p. 45-51)[224].
Après 1860, la distinction de naissance établie entre les élèves des
deux collèges a été supprimée. Un statut organique commun aux deux
maisons a été promulgué le 12 septembre 1861, puis modifié le 13 février
1868 et le 3 octobre 1875. La maison des Miracoli porte le nom de
_Collegio Principessa Maria Clotilde_; celle de San Marcellino s'appelle
_Collegio Regina Maria Pia_.
Pendant l'impression de ce volume, le hasard m'a fait connaître un
opuscule qui prouve une fois de plus l'estime dont jouissaient nos
collèges, et qui m'apprend en outre que Mme Prota, elle aussi, était
notre compatriote. C'est une brochure intitulée: _De la musique à
Naples, surtout parmi les femmes_. L'auteur en est la comtesse Cecilia
De Luna Folliero, qui a composé également des poésies et un livre
intitulé: _Moyens de faire contribuer les femmes à la félicité publique
et à leur bien-être individuel_. Ce dernier ouvrage a été traduit en
français, et le traducteur a réimprimé à la suite le susdit opuscule,
qui avait été composé et publié une première fois à Paris en 1826. Mme
De Luna Folliero reconnaît aux Napolitaines les plus heureuses
dispositions pour la musique, mais se plaint que trop souvent à Naples
les dames du monde, qui prétendent rivaliser pour les fredons avec les
chanteuses d'opéra, ignorent le premier mot de la musique vocale et
instrumentale. (Rappelons qu'un autre écrivain des Deux-Siciles, Ant.
Scoppa, avait soutenu que les connaissances musicales étaient moins
répandues dans sa patrie qu'à Paris.) Mais Mme De Luna Folliero termine
en exprimant l'espoir que l'éducation des napolitaines sera par la suite
moins négligée: «Déjà deux excellents établissements d'instruction
publique ont donné à Naples des jeunes personnes remplies de vertus,
d'esprit et de talents, dont l'heureux caractère empreint de cette
aimable franchise, de cette piquante vivacité qui caractérisent les
Napolitaines, leur fait soutenir sans crainte la comparaison avec les
femmes les plus distinguées de l'Europe. En un mot, elles ont tout ce
qu'il faut pour être des musiciennes parfaites, et font, par le double
charme de leurs vertus et de leur talent distingué, les délices et la
gloire d'un des plus beaux pays de la terre.» En note, elle désigne ces
deux établissements, celui des Miracoli et celui de Mme Prota: «Qu'il
soit permis à ma reconnaissance,» dit elle à propos de cette dernière,
«de rendre ici un hommage public au noble caractère et aux rares
qualités de cette dame aussi vertueuse que spirituelle. Née en France,
elle a transporté à Naples avec elle ses vertus, ainsi que les talents
qu'elle y avait acquis. Là, ses lumières l'ayant mise à même d'être à la
tête d'une grande maison d'éducation, son exquise sensibilité a fait de
cet établissement respectable le centre du bonheur pour les jeunes
demoiselles qui y sont élevées, et qui trouvent en elle une mère tendre
et éclairée. Cette digne Française, honneur de son sexe et de sa patrie,
a voulu en mon absence me remplacer à Naples auprès de mes filles, qui,
grâce à ses bontés, vont recevoir dans son institut une richesse qui
n'est point sujette aux revers de la fortune, une excellente éducation.»
Une des filles de Mme De Luna Folliero, Mme Aurelia Folliero, est en
effet devenue un écrivain distingué, et s'est notamment occupée de
l'éducation de la femme italienne, comme on peut voir dans un article de
la _Bibliografia femminile italiana_ (Venise, 1875), par M. Oscar Greco.
Pensionnat de jeunes filles de Lodi.
Voici la traduction de la notice que je dois à l'amabilité de M.
Agnelli, de Lodi.
La baronne Maria Hadfield Cosway fonda, en 1812, à Lodi, sous les
auspices de Franc. Melzi d'Eril, duc de Lodi, un pensionnat pour élever
les enfants de bonne condition dans les principes d'une saine morale et
faire d'elles à la fois de bonnes mères de famille et l'ornement de la
société.
À l'origine, le personnel se composait de maîtresses laïques sous la
direction de la fondatrice; mais l'instabilité de ce personnel se
prêtait mal à l'adoption d'une méthode fixe telle que la voulait Mme
Cosway. Cette dame, qui joignait à son talent de peintre la passion des
voyages, crut voir au cours d'une de ses excursions en Allemagne, en
visitant les maisons consacrées dans ce pays à l'éducation des jeunes
filles, que les meilleures étaient celles que dirigeait l'association
religieuse des Dames Anglaises. D'accord avec le gouvernement, elle en
appela quelques membres à Lodi pour son collège.
Dès lors, on nomma indifféremment cette maison Institut Cosway ou des
Dames Anglaises, et son existence légale fut constatée à l'occasion des
dispositions testamentaires de la fondatrice et sanctionnée dans un acte
du 7 juin 1833 par les soins de Me Giuseppe Carminali, notaire à Lodi.
Le zèle des Dames Anglaises, dont Mme Cosway n'eut jamais qu'à se louer,
le patronage de la municipalité de Lodi, ont maintenu la prospérité du
collège, qui est aujourd'hui en grande partie peuplé de filles et de
petites-filles d'anciennes élèves de la maison.
Le patrimoine du collège est, aux termes du testament de la directrice,
administré par une commission de cinq personnes; le revenu en est
administré par les Dames Anglaises. L'édifice est grandiose, bien
approprié à l'objet, et comprend: chapelle, vastes dortoirs,
réfectoires, salles pour les séances publiques, classes, bains et
cabinets de douches, bibliothèque, cabinet de physique, d'histoire
naturelle, gymnase, cours spacieuses, jardins, le tout bien aéré et
salubre.
L'instruction est donnée par des institutrices italiennes pourvues des
diplômes de l'enseignement élémentaire et supérieur; on suit les
programmes officiels. Pour les langues française, anglaise, allemande,
il y a des institutrices appelées des maisons que la Congrégation
possède à l'étranger. Des maîtresses du dehors viennent donner les
leçons de musique, de dessin et de danse.
Le nombre des élèves varie de 70 à 90[225]; le prix de la pension est de
800 francs, non comprises les leçons de musique et de dessin, qui se
payent à part.
L'instruction se donne en cinq classes divisées chacune en deux
sections. Les trois premières embrassent l'enseignement élémentaire; la
quatrième prépare à l'instruction supérieure, qui s'achève en trois
années, c'est-à-dire dans la cinquième classe et dans deux cours de
perfectionnement. Puis, les élèves, quand elles le désirent, sont
admises au concours pour la patente normale supérieure qui a lieu dans
un établissement public. Le collège a figuré avec honneur dans ces
concours durant les années 1880 et suivantes.
Les jeunes filles sortent d'ordinaire une fois par mois pour aller dans
leurs familles, où elles passent de plus, tous les ans, les quinze
premiers jours d'octobre; le reste des vacances s'écoule pour elles à la
maison de campagne du collège, sur les hauteurs de San Colombano.
Un règlement intérieur détermine tous les détails d'administration,
d'instruction et d'éducation.
La notice de M. Agnelli se termine par deux citations. La première est
extraite du journal _La Donna_, dirigé par M. Vespucci: «Je n'hésite pas
à affirmer que le collège Cosway, de Lodi, est un des meilleurs de
l'Italie et qu'il se place dans le petit nombre de ceux qui peuvent
soutenir la comparaison avec les plus renommés de l'étranger» (Numéro 15
de la Ve année, 22 juillet 1879). L'autre citation est extraite du
dernier livre de Bonfadini: «Parmi les réformes pédagogiques dont
Francesco Melzi caressait l'idée, il faut mettre en première ligne
l'intérêt croissant qu'il porta aux nouvelles méthodes anglaises
d'instruction et d'éducation[226]. Ce fut lui qui, en 1812, acheta, à un
certain Luigi Piccaluga, l'ancien couvent de Santa Maria delle Grazie,
de Lodi, pour y installer un de ces établissements, qui acquit, par la
suite, tant de réputation sous le nom de Maison des Dames Anglaises. Ses
héritiers et successeurs continuèrent et parachevèrent ses intentions,
et, en 1833, le duc Giovanni Francesco céda, par acte notarié, à Mme
Maria Cosway, représentée par don Palamede Carpani, alors conseiller
inspecteur des écoles élémentaires, tout l'édifice de Lodi, où le
pensionnat a, depuis lors, siégé et fait honneur aux principes sur
lesquels il repose.
À cette notice, pour laquelle je renouvelle ici mes remerciements à M.
Agnelli, j'ajouterai seulement que, à juger de Maria Cosway par
l'article que le _Dictionary of national Biography_ de M. Leslie Stephen
lui consacre, on prendrait une idée un peu moins favorable, non pas
certes de son zèle ou de son intelligence, mais de sa gravité; cette
femme de peintre, peintre elle-même, qui, entre deux accès de vocation
religieuse, parcourt, à ce qu'il semble, l'Italie en compagnie d'un
ténor italien (à la vérité sexagénaire et castrat), paraît moins bien
préparée à la direction d'un pensionnat que Mme de Lort et Mme de
Bayanne. Mais enfin, en lui conseillant de fonder un pensionnat, le
cardinal Fesch avait sans doute trouvé le moyen de la fixer, puisque
Melzi d'Eril se félicita de l'avoir encouragée. L'oncle de Napoléon
aurait même voulu l'attacher à la France, car c'est à Lyon, d'après son
biographe, l'abbé Lyonnet, qu'il aurait voulu lui confier une maison
d'éducation[227].