Pendant l'exhibition, il y a six bougies sur la table de _l'Automate_.
Une question se présente naturellement: «Pourquoi employer tant
de bougies, quand une seule ou deux, tout au plus, éclaireraient
bien suffisamment l'échiquier pour les spectateurs, dans une salle,
d'ailleurs, aussi bien illuminée que l'est toujours la salle de
l'exhibition;--puisque, de plus, si nous supposons que _l'Automate_
est une pure machine, il n'y a aucune nécessité de déployer tant de
lumière, et même qu'il n'en est pas besoin du tout pour _lui_ permettre
d'accomplir ses opérations;--puisque, surtout, il n'y a qu'une seule
bougie sur la table de l'adversaire?» La réponse qui, la première,
se présente à l'esprit, est qu'il faut une lumière aussi intense pour
fournir à l'homme le moyen d'y voir à travers la matière transparente,
probablement de la gaze ou de la mousseline très-fine, dont est faite
la poitrine du Turc. Mais, quand nous examinons _l'arrangement_ des
bougies, une autre raison s'offre immédiatement. Il y a, disons-nous,
six bougies en tout. Il y en a trois de chaque côté de la figure.
Les plus éloignées du spectateur sont les plus longues;--celles du
milieu sont de deux pouces plus courtes,--et les plus rapprochées du
public sont encore plus courtes de deux pouces environ;--enfin les
bougies placées d'un côté diffèrent en hauteur des bougies placées à
l'opposite dans une proportion de plus de deux pouces,--c'est-à-dire
que la plus longue bougie d'un des côtés est environ de trois pouces
plus courte que la plus longue placée de l'autre côté, et ainsi de
suite. On voit qu'ainsi il n'y a pas deux bougies de la même hauteur,
et que la difficulté de vérifier la matière dont est faite la poitrine
de _l'Automate_ se trouve considérablement augmentée par l'effet
éblouissant des croisements compliqués de rayons,--croisements qui
sont produits en plaçant les centres d'irradiation à différents niveaux.