Quand Maelzel, dans l'exhibition de l'intérieur de la caisse, a ouvert
la porte n°1, ainsi que la porte placée immédiatement derrière, il
présente devant cette porte de derrière, comme nous l'avons dit,
une bougie allumée, puis promène çà et là la machine entière pour
convaincre l'assemblée que l'armoire n°1 est entièrement remplie
par le mécanisme. Quand la machine est ainsi remuée, un observateur
soigneux découvrira que, pendant que la partie du mécanisme placée
près de la porte de devant n°1 reste parfaitement fixe et inébranlée,
la partie postérieure oscille, presque imperceptiblement, avec les
mouvements de la machine. Ce fut cette circonstance qui éveilla d'abord
en nous le soupçon que la partie postérieure du mécanisme pouvait être
disposée pour glisser aisément, _en masse_, et pour changer de place
quand l'occasion l'exigeait. Nous avons déjà établi que cette occasion
se présente quand l'homme caché ramène son corps dans une position
droite après la fermeture de la porte de derrière.
X
Sir David Brewster affirme que la figure du Turc est de dimension
naturelle; mais en réalité elle dépasse de beaucoup les dimensions
ordinaires. Rien de plus facile que de se tromper dans les
appréciations de grandeurs. Le corps de _l'Automate_ est généralement
isolé, et n'ayant pas de moyens de le comparer immédiatement avec une
figure humaine, nous nous laissons aller à le considérer comme étant de
dimension ordinaire. Toutefois on corrigera cette méprise en observant
_le Joueur d'échecs_ quand l'exhibiteur s'en rapproche, ainsi que cela
arrive souvent. Sans doute, M. Maelzel n'est pas très-grand; mais,
quand il s'approche de la machine, sa tête se trouve à dix-huit pouces
au moins au-dessous de la tête du Turc, bien que celui-ci, on s'en
souvient, soit dans la position d'un homme assis.