M. Saint-René-Taillandier, très-embarrassé évidemment de justifier
cette présence inconvenante de Mme d'Albany à la cour des ennemis
acharnés de son mari, laisse croire que la comtesse ne faisait ces
concessions à la cour de Saint-James que pour populariser en
Angleterre la gloire d'Alfieri. Il n'a pas réfléchi que son intérêt
réel était au contraire de faire disparaître cet adorateur postiche de
l'attention d'une cour sévère et puritaine, justement offensée d'une
cohabitation si expressive; et quand on sait, du reste, que la
comtesse rapporta de Londres la pension considérable que lui fit cette
cour, on ne peut raisonnablement douter que cette pension, si
offensante pour la mémoire de son premier mari, le Prétendant, n'ait
été l'objet et le prix du voyage. Elle en a joui jusqu'à sa mort.
Alfieri ne parut pas et disparut avec elle peu de temps après. Voilà
la vérité; la France menaçait, il fallait pourvoir par l'Angleterre à
la cessation de ces secours. Ils les obtinrent. L'honneur délicat de
la comtesse y resta, mais la vie des deux amants fut assurée. Voilà le
stoïcisme d'Alfieri! Excepté la prétention de l'orgueil dans cet
homme, tout était faux.